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ISBN : 2070146413
Éditeur : Gallimard (10/04/2015)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 906 notes)
Résumé :
Maud, vingt et un ans, cache sa beauté et ses idéaux derrière de vilaines lunettes. Elle s'engage dans une ONG et se retrouve au volant d'un quinze tonnes sur les routes de la Bosnie en guerre.
Les quatre hommes qui l'accompagnent dans ce convoi sont bien différents de l'image habituelle des volontaires humanitaires. Dans ce quotidien de machisme, Maud réussira malgré tout à se placer au centre du jeu. Un à un, ses compagnons vont lui révéler les blessures s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (188) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  02 juin 2015
Deux camions fatigués, quatre hommes, une femme.
Un modeste convoi humanitaire traverse la Bosnie en état de conflit. Un périple qui fait resurgir des images télévisuelles de guerre urbaine et de paysages campagnards vides, gris et inquiétants, où le danger semble tapi, insidieusement prêt à bondir.
Je me réjouissais de lire cette fiction "humanitaire" sur fond de géopolitique. J'en espérais à tort une nouvelle vision éclairante sur la guerre de l'ex Yougoslavie. Ce fut une erreur dont je suis seule responsable.
Car il s'agit d'un thriller, tout bonnement. Efficace mais au réalisme boiteux.
L'action ne prend jamais vraiment de hauteur par rapport au conflit et se résume à une course-poursuite dans des conditions géographiques et climatiques extrêmes, adoucie par une histoire d'amour plutôt improbable et très prévisible.
Bien sur, le roman montre bien un pays en guerre, avec des embuscades, des ruines, des charniers, des tractations inquiétantes aux check-points des différentes enclaves.
Mais il reste surtout centré sur les personnages en une sorte de huit clos, à l'atmosphère délétère. C'est un combat larvé de domination, de séduction, de machisme et de compétition masculine entre individus aux motivations différentes. Chaque protagoniste a été "travaillé", chacun dans son rôle et dans sa psychologie, mais j'ai parfois froncé le nez face à des situations peu crédibles dans les rapports humains et dans l'engagement de chacun.
En revanche, la tension et l'angoisse sont menées tambour battant et Jean-Christophe Rufin fait, comme toujours, un sans-faute par son talent à savoir raconter une histoire.
J'avoue pourtant une certaine déception pour un livre que je trouve assez moyen concernant la facette "aventure". J'en ai donc survolé les dernières pages jusqu'à la postface qui est, à elle seule, beaucoup plus intéressante, plus éclairante concernant la lourde machine mondiale de l'action humanitaire, sa neutralité angélique et son inévitable évolution vers l'engagement au "combat".
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Commenter  J’apprécie          806
Aela
  16 avril 2015
Un livre plein d'authenticité qui retrace l'épopée d'un convoi humanitaire dans la Bosnie en guerre au cours de l'hiver 1995.
Jean-Christophe Rufin, membre de l'Académie française depuis 2008, a su utiliser son expérience de French Doctor de l'Humanitaire pour rendre ce récit très vivant. On est très loin des visions romantiques autour de l'Humanitaire. Dans cette équipe de cinq personnes, une seule femme et quatre hommes. L'entente est loin d'être cordiale entre les différents membres de l'équipe. Très vite des tensions fortes apparaissent, en raison des personnalités très contrastées et des motivations différentes et qui ne sont pas toujours très claires.
Maud est une jeune femme charmante mais qui s'est embarquée dans l'Humanitaire pour mieux fuir ou tenter de fuir un mal-être certain, en raison surtout du climat familial qu'elle a connu.
C'est certainement la plus idéaliste du lot.
Le chef de l'équipe s'enfile joint sur joint. On va voir que un des personnages est agent de renseignement, un autre est un barbouze.
Tout ce petit monde va se tirailler dans les pattes, et encore plus quand on apprend que des explosifs ont été embarqués dans le convoi.
La question essentielle, et qui est toujours d'actualité: comment aider les populations de ces zones en guerre?
Faut-il uniquement leur apporter de la nourriture ou des vêtements, ou faut-il leur apporter aussi des armes et de quoi se battre?
La question a toute son importance avec les conflits que nous connaissons maintenant, au Proche Orient par exemple.
Le titre anglais peut surprendre sous la plume d'un académicien, mais ici cela sonne encore plus vrai.
Dans cette Bosnie en guerre, les check-points, points de contrôle, sont des limites entre des zones ethniques mouvantes, obéissant à l'autorité de petits chefs locaux.
Le but du voyage est de rejoindre Kakanj, après l'enclave du Bihac,.
Là des populations se sont réfugiées dans des mines.
C'est un livre prenant, loin des idées reçues et c'est ce qui fait sa force.
Il nous éclaire sur un conflit pas si lointain et qui a déchiré l'Europe, près de chez nous, à à peine deux heures d'avion.
Un grand roman d'un écrivain dont on connaît depuis longtemps le talent.
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joedi
  17 novembre 2015
Une fois de plus, je suis sous le charme de l'écriture de Jean-Christophe Rufin. Est-ce un hasard que la lecture de ce roman pendant les événements terroristes qui se sont déroulés ce vendredi 13 novembre à Paris ? Plutôt que d'écrire sur le roman lui-même, je choisis de retranscrire des bribes de la Postface de ce livre Check-point.
D'un point de vue métaphorique, le check-point est aussi devenu le symbole du passage d'un univers à un autre, d'un ensemble de valeurs donné à son contraire, de l'entrée dans l'inconnu, le danger peut-être.
Nous vivons aujourd'hui, en particulier depuis les attentats qui ont ensanglanté la France au mois de janvier 2015, un basculement de cet ordre. Nous sentons que nous sommes désormais devant une frontière mentale. La nécessité de sécurité tend à l'emporter sur toute autre considération.
... Car les victimes, désormais, ne sont plus lointaines mais proches. Celui qui souffre, ce n'est plus l'Autre mais nous-mêmes.
... C'est l'Europe qui se déchire, une Europe où tout le monde décide de s'armer pour se protéger contre la menace qu'il a peur de subir. Il y a dans ce passé déjà lointain un peu de notre présent et, je le crains, beaucoup de notre futur.
Ensuite, Jean-Christophe Rufin explique que c'est un de ces voyages humanitaires en Bosnie, au sein de la centrale thermique de Kakanj, qui lui a fourni la trame de son roman que je trouve passionnant.
Un coup de coeur qui parce que je l'ai lu pendant les attentats terroristes à Paris ce 13 novembre 2015 restera dans ma mémoire comme un hommage aux victimes.
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fanfanouche24
  20 décembre 2017
Vous me direz : "elle n'a vraiment peur de rien."..après tant de commentaires sur cet ouvrage... Et vous aurez bien raison !!
Pourquoi une einième chronique, alors qu'au contraire , je tente habituellement de chroniquer des livres qui sont passés au travers des médias ou de trop abondantes critiques... Mais là, j'ai envie de parler de ce roman , car il nous questionne tous, de façon très dérangeante , sur notre sens de charité et de l'aide à autrui !!!
Je n'ai pas pris connaissance des autres critiques avant de rédiger mes propres impressions..; mais je persiste toutefois, car les thèmes engrangés m'interpellent beaucoup trop , pour que j'en reste là, après ma lecture !
Un roman sur les limites de l'action humanitaire, même si les protagonistes décrits, sont engagés volontaires et motivés...Ils portent en eux leurs propres blessures, leurs ambivalences...ainsi que des motivations plus ou moins convaincantes !!
" Mais qui sont-ils, au juste, ces réfugiés ?
Maud se rendait compte qu'elle s'était contentée jusque-là de notions assez vagues. Elle n'était pas la seule.
Dès son entrée dans l'association, elle avait été frappée par le côté abstrait de l'humanitaire. On discutait géopolitique, situation des forces sur le terrain, enjeux stratégiques mais, finalement, les gens qu'il s'agissait d'aider restaient assez virtuels. Ceux qu'on appelait les "victimes" ou, en parlant de l'aide, les "bénéficiaires" étaient des êtres irréels sur lesquels nul ne semblait désireux de mettre un visage. Et le pire, c'était que, jusque là, cela lui convenait assez bien. Elle avait besoin d'aider et elle était satisfaite de savoir qu'il existait quelque part des personnes qui avaient besoin de secours. Mais ce sentiment renvoyait plutôt à elle-même qu'à eux. "(p. 55)

4 hommes, une femme, Maud (21 ans) se trouvent réunis pour une mission humanitaire, en Bosnie. Chacun arrive avec son passé, ses failles, ses engagements mais aussi ses désirs de fuite , pas avoués... Cinq personnalités affirmées. Dès le départ de la mission, les tensions sont des plus tangibles...
Un roman dérangeant, qui montre à quel point "l'enfer est pavé de bonnes intentions !!.... "
Comme l'annonce fort justement le 4éme de couverture, il s'agit un vrai "thriller psychologique" !!
Une fiction qui dit le meilleur et le pire des hommes et de l'action dite "humanitaire"... rien n'est tout blanc ou tout noir... et l'altruisme, le souci d'autrui peut être à la fois, source de générosité, d'empathie réelle, ou de fuites, camouflages de motivations plus ambiguëes, personnelles !
Les humanitaires ne sont pas des "Saints", ils trimballent comme chacun de nous, leurs "casseroles", mais nous avons trop fréquemment le réflexe élémentaire de les imaginer comme des "sur-hommes"...Ce roman a le mérite, en dehors du suspens intense , de faire des mises au point et de bousculer tout manichéisme , dans ce domaine délicat de "L'humanitaire" et de toute action caritative !!



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palamede
  23 juin 2016
A mon sens, le dernier roman de Jean-Christophe Rufin est plus intéressant pour comprendre la diversité et l'ambivalence des motivations des gens qui s'engagent dans les ONG et le rôle ambigu de ces mêmes ONG dans les conflits que pour l'histoire elle-même, un peu légère au regard de la guerre en Bosnie qui lui sert de toile de fond.
Le « French doctor » sait de quoi il parle pour l'avoir vécu. Son rôle de pionnier de MSF et son expérience de terrain dans les pays en guerre, les Balkans, le Nicaragua, l'Afghanistan, les Philippines ou le Rwanda donnent à son récit (hormis l'histoire d'amour un peu godiche) toute sa valeur et sa crédibilité.
PS : je pense que Gallimard devrait se séparer du stagiaire qui commence la quatrième de couverture par : Maud, vingt et un ans, cache sa beauté et ses idéaux derrière de vilaines lunettes. :-)
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critiques presse (9)
Telerama   24 juin 2015
Que poursuit-on quand on veut aider les autres ? C'est tout le sel de cette histoire, qu'on lit comme on regarde.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeJournaldeQuebec   22 juin 2015
Avec cet émouvant roman, qui jette un regard lucide sur l’action humanitaire, on assistera de près aux horreurs qui ont été perpétrées en Bosnie.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   15 juin 2015
Check-point, le très actuel nouveau roman de Jean-Christophe Rufin, expose les limites des bons sentiments.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaLibreBelgique   19 mai 2015
Il propose un roman passionnant nourri au terreau d’une vie contrastée.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Bibliobs   15 mai 2015
Voilà un road novel qui ferait un excellent road movie.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   04 mai 2015
Check-Point est un roman de combat. Sa sentence inaugurale est sans ambiguïté.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LePoint   14 avril 2015
Une héroïne, des milices, des faux-semblants : taux d'adrénaline maximum.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro   10 avril 2015
Jean-Christophe Rufin signe un roman plein d'angoisse inspiré de son expérience dans les Balkans.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LesEchos   08 avril 2015
Avec un sens aigu du suspense, Jean-Christophe Ruffin nous entraîne sur les traces d'un convoi humanitaire sous haute tension.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (142) Voir plus Ajouter une citation
SergePlennevauxSergePlennevaux   19 juillet 2015
La post-modernité" ...et la disparition des frontières : Alain de Benoist ( Boulevard Voltaire )
Sur le plan politique, la gouvernance se ramène de plus en plus à la gestion, l’État-nation est débordé par le haut (emprises planétaires) et par le bas (renaissance des communautés locales), et les frontières ne garantissent plus rien.

La postmodernité correspond à ce monde « liquide » théorisé par Zygmunt Bauman, où tout ce qui était durable et solide semble se désagréger ou se liquéfier. C’est un monde de flux et de reflux, un monde de mouvances migratoires néo-nomades, caractérisé par le désinstitutionnalisation et la déterritorialisation des problématiques. Sous l’effet d’une logique économique qui a balayé tout idéal de permanence s’instaure le règne de l’éphémère et du transitoire, dans la production et la consommation des objets, tout comme dans les comportements, comme en témoignent la fin des engagements politiques de type sacerdotal, la désaffection des églises, des syndicats et des partis. La foi religieuse est privatisée, on se compose des croyances à la carte, et tous les modes de vie deviennent socialement légitimes. La vogue de l’idéologie des droits de l’homme et la croyance au pouvoir régulateur du marché se conjuguent pour légitimer la promotion des droits et l’affirmation de la « liberté des choix », tandis que l’explosion de la logique du marché entraîne la commercialisation de tous les modes de vie. Deux mots anglo-saxons résument bien cette tendance générale : le « selfie » et le « zapping », autrement dit l’obsession de soi et la volatilité des comportements, qu’ils soient électoraux ou amoureux.

Avec l’actuelle réforme de l’école, l’éternelle querelle entre les « Anciens » et les « Modernes » reprend du poil de la bête. L’enseignement du grec et du latin, c’est moderne, postmoderne ou archaïque ?

Ce n’est rien de tout cela. Car le grec et le latin, tout comme ce qui est de l’ordre de la culture authentique, ne sont ni d’hier ni de demain, mais de toujours !
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   11 décembre 2017
- Mais qui sont-ils, au juste, ces réfugiés ?
Maud se rendait compte qu'elle s'était contentée jusque-là de notions assez vagues. Elle n'était pas la seule. Dès son entrée dans l'association, elle avait été frappée par le côté abstrait de l'humanitaire. On discutait géopolitique, situation des forces sur le terrain, enjeux stratégiques mais, finalement, les gens qu'il s'agissait d'aider restaient assez virtuels. Ceux qu'on appelait les "victimes" ou, en parlant de l'aide, les "bénéficiaires" étaient des êtres irréels sur lesquels nul ne semblait désireux de mettre un visage. Et le pire, c'était que, jusque là, cela lui convenait assez bien. Elle avait besoin d'aider et elle était satisfaite de savoir qu'il existait quelque part des personnes qui avaient besoin de secours. Mais ce sentiment renvoyait plutôt à elle-même qu'à eux. (p. 55)
+ Lire la suite
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fredhofredho   09 juillet 2015
[...] - C'est ça qui est terrible dans ce pays. Il est moche
Elle le regarda avec étonnement. Avait -il deviné ses pensées ou partageaient-ils les mêmes?
- ça doit être mieux l'été?
- à peine. De toute façon, dans ces montagnes, le paysage est toujours triste.
Ils traversèrent un village. Le bas des murs était taché par la boue grise et des charrettes à foin piquait du nez dans les cours.
- ici, la seule chose qui mette un peu de couleur dans le paysage, c'est le sang.
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palamedepalamede   14 juin 2016
Il se moquait pas mal de savoir comment vivaient les gens qu'ils allaient secourir. La seule chose qui lui importait, comme aux autres, ceux qui travaillaient au siège devant leur ordinateur, c'était d'avoir trouvé des " bénéficiaires ". Grâce à eux, l'association allait pouvoir recevoir l'argent de l'Union européenne et la machine caritative continuerait de tourner.
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AelaAela   16 avril 2015
- Pomotch! annonça placidement Lionel.
C'était le mot magique, l'un des seuls qu'on leur ait fait apprendre pendant les deux journées de préparation au départ que l'association avait organisées à Lyon. Il signifiait "aide' et constituait l'expression la plus simple et la plus facilement compréhensible pour dire qu'ils étaient des humanitaires.
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