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Gabriel Iaculli (Traducteur)J.M.G Le Clézio (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070304622
240 pages
Gallimard (20/11/2003)
4.17/5   110 notes
Résumé :
"En écrivant "On nous a donné la terre", "Macario" ou "La nuit où on l'a laissé seul", Rulfo invente un langage qui n'appartient qu'à lui seul, comme l'ont fait Giono, Céline ou Faulkner à partir de leur connaissance de la guerre ou du racisme.
La langue de Rulfo porte en elle tout son passé, l'histoire de son enfance. Comme l'a dit son ami des débuts, Efrén Hernandez, Juan Rulfo est un "escritor nato", un écrivain-né. Son oralité n'est pas une transcription,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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sur 110 notes
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HordeduContrevent
  17 mai 2022
Un livre sensoriel servi par une plume magistrale. Une plume que je crois n'avoir jamais trouvée dans un livre jusqu'à présent, qui laisse des traces, des stries rouges vif, coup de fouet ou poudre de piment, lancés à nos yeux ébaubis. Les trouvailles stylistiques étonnantes m'ont incitée à les lire deux fois, ces nouvelles de Juan Rulfo, désireuse de m'immerger dans cette région du Llano, dans ses bruits, ses odeurs, ses couleurs.
Imaginez un endroit immense, une vaste plaine désertique, aride, où l'ombre des nuages est à la fois source d'espoir et source d'étonnement, où l'air est si chaud que les champs de canne dégagent des effluves douceâtre de miel, où la moindre goutte d'eau tombée miraculeusement du ciel fait un trou dans la terre y laissant une trace, « tel un crachat », goutte avalée aussitôt par cette terre poussiéreuse, dure, délavée, crevassée, infertile…un cuir de vache racorni par les morsures du soleil. Et le vent, incessant, balaie cette région toute minérale, sans lapin, sans oiseaux, où seuls les aboiements des chiens se font attendre au loin, et où quelques arbres rabougris peinent à cacher parfois l'innommable résultant des guérillas que se livrent certaines bandes.
« Il nous arrivait trop souvent de voir l'un des nôtres pendu par les pieds à un poteau au bord d'un chemin. Ils restaient là à se faire vieux et à se ratatiner comme des peaux tannées. Les vautours leur dévoraient le ventre, leur arrachaient les tripes et ne laissaient que la peau. On les pendait très haut et ils se balançaient comme des cloches au souffle du vent, des jours et des jours, parfois des mois, parfois réduits à des lambeaux de pantalon claquant au vent que l'on aurait étendus là ».
La nature semble au mieux indifférente à toutes les drames humains, majestueuse et immuable dans sa beauté, au pire elle accentue la petitesse et l'insignifiance humaine, « l'absurdité irréductible de l'histoire humaine » comme le souligne en préface J.M le Clézio, par sa force, sa rudesse, son austérité, métamorphosant les tracas en tragédies, la plaine en lieu de perdition, les hommes en vermine, illusions et espoirs immédiatement grillés et réduits en cendre.
« Nous n'étions qu'un noeud de chenilles grouillant sous le soleil, qui se tordaient dans la chape de poussière qui nous parquait tous sur le même chemin et nous menait comme du bétail. Nos regard suivaient les nuages de poussière, s'y arrêtaient comme s'ils buttaient sur un obstacle infranchissable. le ciel toujours plombé, au-dessus de nous, était une sorte de tâche grise et lourde qui nous écrasait. C'était seulement quand nous traversions une rivière à gué que la poussière était plus haute et plus claire. Nous trempions nos têtes échauffées et noircies dans l'eau verte, et pendant un moment, une fumée bleue sortait de nous tous comme la vapeur s'échappe de la bouche quand il fait froid. Mais on ne tardait guère à disparaitre encore une fois dans la poussière en se protégeant les uns les autres du soleil, de cette ardeur du soleil dont chacun avait sa part ».
17 nouvelles comme autant de braises incandescentes, se déroulant dans l'État du Jalisco, région rurale du centre-ouest du Mexique, au début du 20ème Siècle, dans lesquelles nous croisons des gens simples, de pauvres hères ; des paysans de terres fertiles expropriés par de gros propriétaires tentant de vivre désormais en se déplaçant sur leurs nouvelles terres, celle du Llano, stériles, dans une fournaise les laissant hagards, au bord de la folie ; des croyants gardant espoir en priant, en honorant les Saints ; des hommes et des femmes trompant les leurs tout en cherchant désespérément la rédemption ; des sanguinaires se battant pour des causes perdues d'avance au sein de commandos sanglants ; des simples d'esprit croupissant dans des chambres crasseuses infestées de cafards.
Chaque nouvelle est un petit monde à elle seule, sans lien avec la suivante et pourtant le passage d'une nouvelle à l'autre se fait avec bonheur, oui l'ensemble est harmonieux et offre autant de facette de vies possibles trouvés dans cette région, autant d'exemples de destins sertis du sceau de ce lieu si brûlant qu'il ressemble certainement à l'enfer. Comme si le Llano vouait sa population à la misère, aux maladies, à la fatalité, à la violence, à l'esprit de vengeance, à la loi du plus fort et à celle du Talion…à la damnation.
L'écriture est vraiment éblouissante, une écriture qui claque, magnifique et étonnante, sensorielle et métaphorique, qui donne à voir des paysages couleur sépia, à ressentir les ondulations de chaleur, à toucher le cuir de ces peaux ridées et tourmentées, si semblables à la terre sur lesquels ces pauvres gens tentent de vivre…Je ne sais hélas pas parler espagnol, j'imagine que ce texte est encore plus beau dans sa langue d'origine mais malgré tout, je voudrais souligner la remarquable traduction de Gabriel Iaculli.
Chose intéressante, nous avons pu comparer deux traductions différentes d'un même passage avec @Elea, possédant de son côté le recueil traduit par Michèle Lévi-Provençal, je vous laisse découvrir ce beau passage dans ses deux traductions et apprécier ces deux versions qui montrent à quel point le travail de la traductrice ou du traducteur est important :
Traduction de Gabriel Iaculli : « On ne dit pas ce qu'on pense. Ça fait longtemps qu'elle nous a quittés, l'envie de parler. Elle nous a quittés avec la chaleur. On parlerait bien volontiers, ailleurs, mais ici, c'est trop fatiguant. Ici, on parle et avec cette chaleur qu'il fait dehors, les mots grillent dans la bouche, ils se racornissent, là, sur la langue, et finissent par vous étouffer ».
Traduction de Michèle Lévi-Provençal : « Mais nous nous taisons. Il y a longtemps que nous n'avons plus envie de parler. La chaleur nous en a ôté le goût. Ailleurs, on aimerait parler mais ici, c'est trop dur. Ici, quand on parle, les mots cuisent dans la bouche sous l'effet de la chaleur et se dessèchent sur votre langue, à vous en couper le souffle. ici, c'est ainsi, alors personne ne parle ».
Un classique des lettres mexicaines et surtout un auteur, Juan Rulfo, à découvrir absolument. Un grand merci à @JeffreyLeePierre, à @Mermed et à @Elea de m'avoir donné envie de lire ce livre sublime avec leurs belles et convaincantes critiques. Cette lecture fut un véritable coup de coeur et me donne envie de découvrir enfin la littérature mexicaine, et de façon plus générale, la littérature sud-américaine, que je connais si mal, si peu.
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elea2022
  05 mai 2022
C'est un véritable coup de coeur que ce recueil de nouvelles hautes en couleurs, en odeurs, en sensations diverses – on n'oubliera pas de sitôt la morsure du soleil sur les pentes des collines, ni la fraîcheur suave ou âpre de la nuit – toutes rendues inoubliables par la qualité extraordinaire de l'écriture, si dense et puissante qu'elle se fait oublier. Nous y sommes plongés…
Je me demande même comment j'ai pu garder ce trésor si longtemps sans le lire ; peut-être une réminiscence de ma prof d'espagnol, qui en avait plein la bouche et prononçait le titre en articulant exagérément. Mais passons, c'est une erreur bien réparée, ouf !
Le recueil comporte 17 nouvelles et un ajout tardif de texte « retrouvé », intitulé « Après la mort » (tout un programme). Rien ne dépare dans cet assemblage, chaque nouvelle joue son rôle en nous liant à la suivante, de même qu'elle reste un monde bien complet et clos sur lui-même. J'ai rarement vu un tel équilibre dans la composition d'un recueil. Je ne dirais pas que c'est une promenade de santé, vu les sujets abordés, mais on ne compte pas le temps en regardant défiler le paysage, même si le train s'apparente plutôt à un wagon à bestiaux ou de transport de marchandises qu'à une confortable voiture de Première classe.
Pour dire l'essentiel : ces nouvelles se déroulent dans des lieux, et quels lieux ! Elles font agir ou interagir des hommes, et quels hommes ! Tout le Jalisco (Etat du Mexique d'où est originaire Rulfo) du début du XXème siècle se présente à nous, le Llano en particulier, la vaste plaine aride, balayée par la poussière, qui, si elle n'est en feu que dans la nouvelle centrale de ce nom, est toujours un lieu de perdition, où le soleil tue ou rend fou. le décor est comme une photographie surexposée, terriblement blanche, baignée d'une lumière aveuglante, où tout est sec, où la rédemption d'une ombre n'est pas même acquise. Les hommes passent à travers, hagards, parfois chassés de leurs terres par la réforme agraire qui les a expropriés au bénéfice des grands propriétaires, parfois en troupe, rebelles en commandos sanglants ou pourchassés pour les pendre ou les fusiller.
Peu d'entre ces hommes valent la corde pour les pendre, il faut bien le dire : dans presque toutes les nouvelles, ils marchent main dans la main avec la mort, ils ont commis des crimes et leur tour est proche. Cela posé, on sent bien que la violence inouïe qui leur est faite chaque jour n'est pas étrangère à leur dureté minérale. L'amour-même est rarement un souffle doux et parfumé, il ne fait qu'attiser de sa chaude haleine la braise déjà rougeoyante du meurtre ou de la violence. La religion n'est qu'une mascarade hypocrite, la politique, n'en parlons même pas... L'alcool fait le reste, et il ne fait pas bon vivre dans les parages de ces hommes - d'ailleurs, ils sont souvent seuls, abandonnés de tous, et n'ont en tête que leur pauvre survie, et quelques moments de tranquillité.
Pourtant, si le contenu de ces vies est tragique, ce n'est pas le ton adopté par l'auteur, dont l'écriture est à la fois fluide et heurtée, pleine de sève et sèche comme un coup de trique. Je dois dire que la traduction* m'a paru parfaite, pas une fois je n'ai pensé lire un texte traduit. Surtout, c'est de la bouche même de ces hommes, faibles ou mauvais, lâches ou courageux, que sortent les formules qui font mouche, les images les plus denses et riches. Par eux la langue se fait chair, sueur, peurs et pleurs, rires et soupirs. Ce n'est pas l'auteur qui parle pour les gens de peu, ce sont eux qui s'expriment, racontent, nous parlent au-delà des pages, et l'intérêt réside même souvent dans le hors-champ – qui raconte ? Avec qui ? Dans quel but ?
Je ne saurais conclure que par ces mots : allez-y, ne craignez pas les flammes, le rio n'est jamais loin, et vous aurez trouvé en chemin la quintessence de l'humanité, de la vie et de la mort, rien de moins !
* traduction de Michelle Lévi-Provençal, édition Maurice Nadeau, 1987.
Merci à @JeffreyLeePierre, @Fandol et @JulienDjeuks, dont les critiques m'ont décidée à m'y coller enfin.
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JeffreyLeePierre
  27 avril 2022
Juan Rulfo, que j'ai découvert grâce à Babelio, est un météore des lettres mexicaines. Quelques nouvelles qui composent ce recueil, un court roman, tout ça en quelques années au milieu du vingtième siècle, et puis s'en va. Ou plutôt, s'en retourne à sa vie. Mais le peu qu'il a laissé suffit à lui assurer une belle postérité, y compris via Gabriel Garcia Marquez qui assurait que sa lecture avait relancé son inspiration au point d'écrire Cent ans de solitude.
Les dix-sept nouvelles sont des histoires d'hommes et de femmes réduits à l'os par la misère crasse qui sévit dans le Jalisco, une région rurale du centre-ouest du Mexique.
Sans être précisément datées, ces histoires se déroulent dans les années 1920, voire un peu plus tard. Sourde ou explicite, la violence est une constante. Elle ajoute sa brutalité aux dures conditions de vie pour ces paysans qui ont récemment bénéficié de la redistribution des terres dans des contrées très moyennement à pas du tout fertiles.
Tout cela est écrit avec une sécheresse qui fait écho à celle de ces régions désolées. La narration est parfois chorale, mêlant les pensées de quelques personnages, style que l'auteur développera ensuite dans son roman. Mais là, il n'y a guère plus de graisse dans son style que dans les métabolismes de ses personnages.
C'est bref, dur et admirable. Fortement recommandé.
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raton-liseur
  11 juin 2013
Quel recueil de nouvelles merveilleux ! Cela fait plus de dix ans que j'ai envie de lire ce livre, dont j'avais entendu parler lors de ma première visite au Mexique. Je ne sais pourquoi je ne l'ai pas lu avant, mais je ne regrette pas d'avoir attendu de mieux connaître ce pays avant de me plonger dans ces dix-sept nouvelles, car j'ai alors pu les savourer, et y retrouver toute la mélodie âpre des grandes étendues désertiques de ce pays mystérieux. Ces zones moins connues bien qu'elles représentent la plus grande part du territoire, occultées derrière les images plus habituelles des civilisations des zones plus tropicales.
Chaque nouvelle est un mélange à des degrés divers de fatalité, de douceur, d'inexorable, de dureté et de poésie. Ma note de lecture ne saurait rendre compte de la beauté de ces textes qui sont, sans emphase, comme des diamants dans leur gangue.
Pour ceux qui lisent l'espagnol, le texte est encore plus beau dans la langue originale, il a toutes les saveurs du parler local, avec des « mexicanismes » qui n'ont pu être retranscrits dans la traduction française, que je trouve moins fluide que l'original et ne retranscrivant pas toute la poésie simple de la langue de Juan Rulfo.
Malgré le tout petit nombre de textes de Juan Rulfo, il est considéré comme un grand nom de la littérature mexicaine. Je ne découvre avec ce recueil, qui est aussi sa première publication, et je suis moi aussi sous le charme. C'était un autre temps, celui du brigandage et des révolutions, de la vie dure et sans autre loi que celle du plus fort et du plus ambitieux, mais si les histoires sont celles d'un hier qui a connu bien des mutations, c'est toujours une image de ce qu'était le Mexique, et de ce qu'il est.
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Fandol
  06 octobre 2016
Ce recueil de dix-sept nouvelles écrites par Juan Rulfo (1918-1986), un auteur majeur de la littérature mexicaine contemporaine, permet de vivre au quotidien avec les habitants de cette campagne mexicaine où la pauvreté est extrême.
Ainsi, dans La Cuesta de la Comadres, je découvre que la mort d'une vache peut amener une fille à se prostituer. La nouvelle suivante, "C'est qu'on est très pauvre", montre bien la simplicité, la rusticité de la vie sur ce Llano, une région située à l'est de la capitale, Mexico. Dans "Talpa", c'est la mort qui rôde encore. Puis, "Maccario" est un récit à la limite de la folie, ne laissant pas le temps de respirer mais délicieux comme le lait de Felipa…
Enfin, il ne faut pas passer à côté du "Llano en flammes", la nouvelle qui a donné le titre à ce recueil. Ici, le style est un peu monotone, au début. Il faut du temps pour s'en imprégner mais, plus je lis, plus j'apprécie.
Nous sommes en 1925, pendant la révolte des Cristeros, cette terrible guerre qui opposa la population rurale insurgée contre l'État décidé à contrôler la religion et à fermer des églises. Juan Rulfo n'a pas son pareil pour décrire au plus juste les atermoiements et les doutes qui assaillent sans cesse l'être humain. Il fait souvent dialoguer les gens, rendant ainsi le récit toujours plus vivant même si…la mort rôde partout.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
HordeduContreventHordeduContrevent   16 mai 2022
San Gabriel émerge de la brume mouillée de rosée. Les nuages de la nuit ont dormi au-dessus du village, cherchant la chaleur des habitants. Maintenant le soleil va paraître et la brume se lève doucement, enroule son drap, laisse des effilochages blanches sur les toits. Une vapeur grise à peine perceptible, attirée par les nuages, monte des arbres et de la terre mouillée ; mais elle s'évanouit aussitôt. Et à sa suite apparait la fumée noire des cuisines, à l'odeur de chêne brulé, qui couvre le ciel de cendres.
Là-bas, au loin, les sommets sont encore dans l'ombre.
Une hirondelle a traversé les rues et ensuite a retenti le premier tintement de cloche de l'angélus du matin.
Les lumières se sont éteintes. Alors une tache couleur de terre a couvert le village qui a ronflé encore un peu, endormi dans la chaleur du matin.
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HordeduContreventHordeduContrevent   15 mai 2022
Après tant d'heures passées à marcher sans même rencontrer l'ombre d'un arbre, ni une pousse d'arbre ni une racine de quoi que ce soit, on entend l'aboiement des chiens.
C'est que parfois, au milieu de ce chemin qui n'en finit pas, on a eu l'impression qu'il y aurait rien ; qu'on ne trouverait rien de l'autre côté, au bout de cette plaine sillonnée de crevasses et de ruisseaux à sec. On entend les chiens aboyer, on sent dans l'air l'odeur de la fumée et on la savoure, cette odeur des gens, comme une espérance.
(incipit)
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HordeduContreventHordeduContrevent   15 mai 2022
On ne dit pas ce qu'on pense. Ça fait longtemps qu'elle nous a quittés, l'envie de parler. Elle nous a quittés avec la chaleur. On parlerait bien volontiers, ailleurs, mais ici, c'est trop fatiguant. Ici, on parle et avec cette chaleur qu'il fait dehors, les mots grillent dans la bouche, ils se racornissent, là, sur la langue, et finissent par vous étouffer.
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HordeduContreventHordeduContrevent   17 mai 2022
On sentait les balles nous fouetter les talons comme si on posait le pied sur un nuage de sauterelles. Et quelque fois, les tirs, de plus en plus nourris, frappaient de plein fouet l'un de nous, qui tombait avec un craquement d'os.
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SachenkaSachenka   14 octobre 2017
Les grillons, je ne les tue pas, jamais. Felipa dit que si les grillons font toujours du bruit, sans s'arrêter, même pas pour respirer, c'est pour qu'on entende pas les cris des âmes qui souffrent au purgatoire. Le jour où il y aura plus de grillons, le monde se remplira des cris des âmes saintes et on partira tous en courant, épouvantés. Et puis, moi j'aime rester comme ça, l'oreille tendue pour écouter le bruit des grillons.
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Videos de Juan Rulfo (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Juan Rulfo
L'écrivain espagnol Enrique Vila-Matas vient partager au Collège de France sa vision toute singulière de l'écriture.
Radicalement pas original (Bastian Schneider) Extrait de la grande conférence du 24 mars 2017 avec la participation de Dominique Gonzalez-Foerster
Plus d'information : https://www.college-de-france.fr/site/grandes-conferences/Enrique-Vila-Matas.htm
Le dernier livre d'Enrique Vila-Matas, Mac et son contretemps, vient de sortir aux éditions Christian Bourgois.
Enrique VILA-MATAS est né à Barcelone en mars 1948. Son oeuvre a été presque dans sa totalité publiée chez Christian Bourgois Editeur : Abrégé d'histoire de la littérature portative, Suicides exemplaires, Enfants sans enfants, Bartleby et compagnie, le Mal de Montano, Paris ne finit jamais, Docteur Pasavento, Explorateurs de l'abîme, Journal volubile, Dublinesca, Perdre des théories, Impressions de Kassel, Marienbad électrique, Mac et son contretemps. Elle a été traduite en 37 langues et couronnée par de nombreux prix littéraires : le prix Médicis étranger, le prix Rómulo Gallegos, le prix Rulfo, le prix Ennio Flaiano, le prix Elsa Morante, le prix Mondello, le prix Gregor von Rezzori, le prix Formentor, le prix national de Catalogne Chevalier de la Légion d'honneur en France, membre du convulsif Ordre des Chevaliers de Finnegans', fondateur de la Société de "Réfractaires à l'abrutissement général" (Nantes), et recteur (inconnu) de l'Université inconnue de New York. Divers ouvrages critiques ont été publiés sur son oeuvre ainsi qu'un livre d'entretiens avec son traducteur français actuel.
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