AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Gabriel Iaculli (Traducteur)J.M.G Le Clézio (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070304620
Éditeur : Gallimard (20/11/2003)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 73 notes)
Résumé :
"En écrivant "On nous a donné la terre", "Macario" ou "La nuit où on l'a laissé seul", Rulfo invente un langage qui n'appartient qu'à lui seul, comme l'ont fait Giono, Céline ou Faulkner à partir de leur connaissance de la guerre ou du racisme.
La langue de Rulfo porte en elle tout son passé, l'histoire de son enfance. Comme l'a dit son ami des débuts, Efrén Hernandez, Juan Rulfo est un "escritor nato", un écrivain-né. Son oralité n'est pas une transcription,... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
raton-liseur
  11 juin 2013
Quel recueil de nouvelles merveilleux ! Cela fait plus de dix ans que j'ai envie de lire ce livre, dont j'avais entendu parler lors de ma première visite au Mexique. Je ne sais pourquoi je ne l'ai pas lu avant, mais je ne regrette pas d'avoir attendu de mieux connaître ce pays avant de me plonger dans ces dix-sept nouvelles, car j'ai alors pu les savourer, et y retrouver toute la mélodie âpre des grandes étendues désertiques de ce pays mystérieux. Ces zones moins connues bien qu'elles représentent la plus grande part du territoire, occultées derrière les images plus habituelles des civilisations des zones plus tropicales.
Chaque nouvelle est un mélange à des degrés divers de fatalité, de douceur, d'inexorable, de dureté et de poésie. Ma note de lecture ne saurait rendre compte de la beauté de ces textes qui sont, sans emphase, comme des diamants dans leur gangue.
Pour ceux qui lisent l'espagnol, le texte est encore plus beau dans la langue originale, il a toutes les saveurs du parler local, avec des « mexicanismes » qui n'ont pu être retranscrits dans la traduction française, que je trouve moins fluide que l'original et ne retranscrivant pas toute la poésie simple de la langue de Juan Rulfo.
Malgré le tout petit nombre de textes de Juan Rulfo, il est considéré comme un grand nom de la littérature mexicaine. Je ne découvre avec ce recueil, qui est aussi sa première publication, et je suis moi aussi sous le charme. C'était un autre temps, celui du brigandage et des révolutions, de la vie dure et sans autre loi que celle du plus fort et du plus ambitieux, mais si les histoires sont celles d'un hier qui a connu bien des mutations, c'est toujours une image de ce qu'était le Mexique, et de ce qu'il est.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          173
Malaura
  20 juin 2011
Dans ce recueil de nouvelles parues en 1953, l'auteur mexicain Juan Rulfo (1917-1986) dévoile toute l'âpreté et la rudesse de sa terre natale.
Des histoires brèves montrant un monde pauvre réduit à l'essentiel.
Un pays déchiré par les guerres civiles où plane l'ombre des rebelles "cristéros", où la rudesse de la terre est encore accentuée par la violence de la nature, où la pauvreté conduit à des crimes sordides pour quelques pesos et où le désespoir et la solitude côtoient une immense rage de vivre.
La jolie préface de le Clézio nous apporte quelques éclaircissements sur cet auteur original qu'est Rulfo.
On comprend mieux l'univers désespérément pauvre et aride dans lequel a grandi l'auteur.
De belles nouvelles, d'autres moins, mais toutes, montrent (à travers un style très "oral") la tragédie d'un peuple miséreux et l'espoir auquel il faut se raccrocher pour survivre.
A découvrir.
Commenter  J’apprécie          141
cathe
  03 septembre 2015
Ce livre est une des oeuvres majeures de la littérature mexicaine et a été un coup de coeur pour moi en 2009 (Salon du livre sur le Mexique).
C'est un recueil de nouvelles qui se déroulent pendant la "guerre des cristeros" dans les années 1920. le partage des terres au profit des paysans a commencé à se faire après la Révolution mexicaine mais la mauvaise répartition de celles-ci ajoutée à la mainmise de l'Etat sur la religion, donne lieu à une rébellion violente qui fera plusieurs milliers de morts. Rulfo avait six ans quand son père et son grand-père ont été tués et son enfance s'est déroulée pendant ces événements violents.
Ces nouvelles sont un hommage de Rulfo aux paysans, villageois, bergers, qui ont été les principales victimes de cette guerre. le thème principal est la terre . On comprend que cette terre qui leur a été attribuée, le LLano, est immense mais aride et incultivable et ils essaient désespérément d'en extraire quelque chose. Certains se résignent mais d'autres ne supportent pas de voir leur famille mourir de faim et dans plusieurs nouvelles c'est la vengeance qui est l'héroïne principale. Les grands propriétaires d'hacienda, le gouvernement, à qui faut-il s'en prendre ? Et quand on retrouve son père et son oncle pendus, que peut-on faire sinon se venger ? Les destins individuels se mêlent à l'histoire collective et on voit aussi bien la douleur d'une femme, le malheur d'un ami, que la révolte de tout un village qui, poursuivi par les soldats, met le feu à toutes les grandes propriétés du Llano.
La préface de le Clezio met en valeur cette oeuvre inclassable et rappelle la dureté et la cruauté de cette guerre qui a obligé ceux qui n'ont presque rien à se battre pour défendre ce presque rien face à des puissants aveugles. Ces textes très courts (quelques pages chacun) au style incisif sont suffisamment forts pour nous donner à voir cet univers sauvage et violent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Fandol
  06 octobre 2016
Ce recueil de dix-sept nouvelles écrites par Juan Rulfo (1918-1986), un auteur majeur de la littérature mexicaine contemporaine, permet de vivre au quotidien avec les habitants de cette campagne mexicaine où la pauvreté est extrême.
Ainsi, dans La Cuesta de la Comadres, on découvre que la mort d'une vache peut amener une fille à se prostituer. La nouvelle suivante, "C'est qu'on est très pauvre", montre bien la simplicité, la rusticité de la vie sur ce Llano, une région située à l'est de la capitale, Mexico. Dans "Talpa", c'est la mort qui rôde encore. Puis, "Maccario" est un récit à la limite de la folie, ne laissant pas le temps de respirer mais délicieux comme le lait de Felipa…
Enfin, il ne faut pas passer à côté du "Llano en flammes", la nouvelle qui a donné le titre à ce recueil. Ici, le style est un peu monotone, au début. Il faut du temps pour s'en imprégner mais, plus on lit, plus on apprécie. Nous sommes en 1925, pendant la révolte des Cristeros, cette terrible guerre qui opposa la population rurale insurgée contre l'État décidé à contrôler la religion et à fermer des églises. Juan Rulfo n'a pas son pareil pour décrire au plus juste les atermoiements et les doutes qui assaillent sans cesse l'être humain. Il fait souvent dialoguer les gens, rendant ainsi le récit toujours plus vivant même si…la mort rôde partout.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
henrimesquida
  22 janvier 2018
"En écrivant "On nous a donné la terre", "Macario" ou "La nuit où on l'a laissé seul", Rulfo invente un langage qui n'appartient qu'à lui seul, comme l'ont fait Giono, Céline ou Faulkner à partir de leur connaissance de la guerre ou du racisme.
La langue de Rulfo porte en elle tout son passé, l'histoire de son enfance. Comme l'a dit son ami des débuts, Efrén Hernandez, Juan Rulfo est un "escritor nato", un écrivain-né. Son oralité n'est pas une transcription, elle est un art, qui incube le réel et le réinvente. C'est cette appropriation qui donne à son écriture la force de la vérité. le Llano en flammes brûle dans la mémoire universelle, chacun de ses récits laisse en nous une marque indélébile, qui dit mieux que tout l'absurdité irréductible de l'histoire humaine, et fait naître la ferveur de l'émotion, notre seul espoir de rédemption." J.M.G. le Clézio
Dans ce recueil de nouvelles parues en 1953, l'auteur mexicain Juan Rulfo(1917-1986) dévoile toute l'âpreté et la rudesse de sa terre natale.
Des histoires brèves montrant un monde pauvre réduit à l'essentiel.
Un pays déchiré par les guerres civiles où plane l'ombre des rebelles "cristéros", où la rudesse de la terre est encore accentuée par la violence de la nature, où la pauvreté conduit à des crimes sordides pour quelques pesos et où le désespoir et la solitude côtoient une immense rage de vivre.
La jolie préface de le Clézio nous apporte quelques éclaircissements sur cet auteur original qu'est Rulfo.
On comprend mieux l'univers désespérément pauvre et aride dans lequel a grandi l'auteur.
De belles nouvelles, d'autres moins, mais toutes, montrent (à travers un style très "oral") la tragédie d'un peuple mis
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   14 octobre 2017
Les grillons, je ne les tue pas, jamais. Felipa dit que si les grillons font toujours du bruit, sans s'arrêter, même pas pour respirer, c'est pour qu'on entende pas les cris des âmes qui souffrent au purgatoire. Le jour où il y aura plus de grillons, le monde se remplira des cris des âmes saintes et on partira tous en courant, épouvantés. Et puis, moi j'aime rester comme ça, l'oreille tendue pour écouter le bruit des grillons.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
SophieChalandreSophieChalandre   23 novembre 2016
Quelques jours plus tard, alors que nous passions à gué l'Armeria, on est encore tombé sur Petronilo Flores. On a fait demi-tour, mais trop tard. C'était comme s'ils nous fusillaient. Pedro Zamora a pris la tête en partant au galop sur ce tout petit étalon roux qui est la meilleure bête que j'aie jamais connue. Et on a filé derrière lui comme des moutons, couchés sur l'encolure des chevaux. N'empêche que la tuerie a été terrible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
SophieChalandreSophieChalandre   23 novembre 2016
Ils nous dirent:
-Du village jusqu'ici c'est à vous.
Nous avons demandé:
- Le llano?
- Oui, le Llano. Tout le Llano Grande.
Nous avons fait la grimace pour dire que le Llano, nous n'en voulions pas. Que nous voulions ce qui est près de la rivière. Depuis la rivière jusqu'à là-bas, les plaines où sont les arbres et la bonne terre. Pas ce vieux cuir de vache qui s'appelle Llano.
Commenter  J’apprécie          90
AelaAela   02 mars 2011
Comme dit mon papa, si mes soeurs se sont gâtées, c'est parce qu'on est très pauvres à la maison, et que c'étaient de vraies têtes de mule. Toutes petites, elles n'arrêtaient pas de se plaindre. Dès qu'elles ont grandi, elles sont allées avec les plus mauvais des hommes, qui leur apprenaient de vilaines choses. Elles apprenaient vite et elles comprenaient très bien les coups de sifflets quand on les appelait tard dans la nuit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
AelaAela   02 mars 2011
Después de tantas horas de caminar sin encontrar ni una sombra de árbol, ni una semilla de árbol, ni una raíz de nada, se oye el ladrar de los perros.
Uno ha creído a veces, en medio de este camino sin orillas, que nada habría después; que no se podría encontrar nada al otro lado, al final de esta llanura rajada de grietas y de arroyos secos.
Commenter  J’apprécie          10
Video de Juan Rulfo (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Juan Rulfo
"Pedro Paramo" de Juan Rulfo : un grand classique de la littérature mexicaine - Un livre, un jour - France 2
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
autres livres classés : mexiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les classiques de la littérature sud-américaine

Quel est l'écrivain colombien associé au "réalisme magique"

Gabriel Garcia Marquez
Luis Sepulveda
Alvaro Mutis
Santiago Gamboa

10 questions
248 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature sud-américaine , latino-américain , amérique du sudCréer un quiz sur ce livre
.. ..