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ISBN : 2848591579
Éditeur : Zinedi (16/03/2017)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 9 notes)
Résumé :
« C'était à l'aube. Le jour diluait lentement la nuit. La Harpaille sommeillait encore et la campagne, plombée par un ciel gris, se reposait des hommes… Un vent à décorner les boeufs éparpillait une à une les traînées de brume dormante, emmêlées aux branches des peupliers. On entendait au loin sa basse sonore hurler dans les sapins, sinistre. » La mort rôde en 1914 dans ce hameau reculé des Vosges. Elle menace un étrange petit homme venu de l'Alsace allemande, en bu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Valmyvoyou_lit
  14 octobre 2017
Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai vécu cette lecture de la même manière que j'écoute une chanson pour la première fois : durant les deux premiers chapitres, je me suis dit que je ne savais pas si j'aimais ou pas. Ensuite, vient le moment dans la chanson pendant lequel je me dis qu'elle commence à me plaire et qu'elle plaira à d'autres. Puis, peut arriver celui pendant lequel je pense que j'aime cette mélodie. Et quand c'est la fin de la chanson, j'aimerais qu'elle continue, le final est une apothéose. C'est ce que j'ai ressenti avec "Pour que la mort ne crie pas victoire".

L'histoire se passe pendant la guerre de 14/18, dans un village des Vosges, La Harpaille. Un petit homme de un mètre quarante, qui cumule les disgrâces physiques, qui parle alsacien, concentre les peurs et les haines du village. C'est un rebouteux qui fait de l'ombre à Désiré, le vétérinaire. Ce dernier va profiter de l'arrivée des Allemands pour faire disparaître son concurrent. Cependant, il a oublié de prendre en compte l'amitié d'Octave pour le "Petit homme" le forgeron apprécié de tous. Celui-ci est au front lorsque les faits se passent...

Pendant les deux tiers du livre, le texte est brut. C'est-à-dire que l'auteur ne dit pas si tel personnage est bon ou mauvais, s'il faut l'aimer ou pas. Il vous dit ce qui se passe et vous vous faites votre opinion. Quand un personnage meurt, sa mort est décrite, tout simplement. Alexis Ruset ne vous dit pas s'il faut être triste ou pas. C'est vraiment une force de ce livre, je me suis attachée à des personnages, sans m'en apercevoir. le lecteur se fonde sur des actes pour éprouver des sentiments positifs ou négatifs envers ceux qui les commettent. Ce n'est que dans la dernière partie, que l'auteur parle vraiment de sentiments. Tout cela contribue à créer une tension dans le récit, mais aussi à une ascension des sentiments pour atteindre un final qui étreint le coeur.

Il m'a fallu deux chapitres pour entrer dans l'écriture de l'auteur, mais ensuite, je me suis laissé emporter. le style est recherché, mêlé à du patois vosgien (qui est traduit en bas de page😀). L'auteur s'amuse avec la langue française. Voici des exemples : "Il n'était pas devin, lire dans le marc de café n'était pas sa tasse de thé." Ou "Embobinées par ses boniments, elles s'arrachaient les médailles religieuses qu'il vendait sans scrupule à leur crédulité." Ou encore, cette phrase qui m'a amusée :"C'est lui qui avait accroché la carcasse au travail à ferrer, porter celle du réprouvé est pour lui un moyen de se décarcasser."

Ce livre dépeint la vie pendant la guerre, que ce soit au front ou à l'arrière. Il parle de jalousie, de rejet de la différence, de cupidité, de haine, de vengeance, de l'horreur de la guerre, de la vie dans les tranchées; mais aussi de remords, de justice, de réhabilitation, de solidarité, d'amitié, d'amour et de bonté. Et tout cela en seulement 216 pages.

Je remercie beaucoup le site Simplement pro et les Éditions Zinedi pour l'envoi de ce service presse.
Lien : https://www.facebook.com/Val..
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JML38
  13 juin 2017
La meilleure façon de présenter ce roman d'Alexis RUSET sans rentrer dans le détail de l'intrigue est de rapporter les mots de l'auteur qui écrit dans une courte préface:
«L'intrique de ce roman se situe dans la campagne perdue d'une France rurale aujourd'hui disparue, où les rebouteux et les sorciers coexistaient avec les médecins et les vétérinaires, où Dieu et Satan, le Bien et le Mal, se disputaient les consciences. Elle débute comme un conte et vire au drame lorsque la mort trouve la guerre comme complice»
C'est une magnifique histoire que nous conte Alexis RUSET sur le thème du rejet de l'autre lorsqu'il est différent et qu'il concentre les craintes d'une population rurale en proie aux superstitions toujours tenaces en ce début de 20ème siècle, à l'approche d'une guerre qui va exacerber les tensions et attiser la haine et la jalousie jusqu'à l'extrême.
Ce récit nous dévoile le côté le plus sombre de la nature humaine profitant de la faiblesse de l'innocent pour protéger ses intérêts, la lâcheté d'individus qui laissent parler leur instinct primaire et reportent leur peur sur une victime expiatoire persuadés de leur bon droit et protégés par la force du groupe.
Mais il nous montre également en contrepoint de beaux sentiments et de belles personnes.
C'est à la fois un conte rural, un drame, un roman noir sur le thème de la vengeance, un témoignage réaliste de l'horreur de la première guerre mondiale et une belle histoire d'amour et d'amitié.
L'ensemble est servi par une superbe écriture, très poétique dans les descriptions des paysages, des saisons et des sentiments et particulièrement prenante dans la narration des événements dramatiques.
Un superbe roman d'une grande puissance émotionnelle.
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Marieemmy
  28 août 2018
Avant le début de la 1ere guerre mondiale, un Alsacien qui fuit les exactions des Allemands occupant son pays arrive dans un hameau reculé des Vosges. Différent, il se trouve en butte à l'hostilité et à la méfiance des paysans superstitieux ainsi qu'à la haine du vétérinaire, qui voit d'un mauvais oeil ce rebouteux guérir des bêtes qu'il n'a pas su soigner. Seul le forgeron, homme solide et droit, et sa famille lui offrent leur amitié. Une fois la guerre déclarée, les habitants vont profiter d'une occupation temporaire de leur village par l'armée allemande pour le dénoncer et se réjouir de son exécution. Depuis le front où il se bat, le forgeron, ami du « petit homme » va exiger réparation.
J'ai eu du mal à entrer dans l'univers d'A Ruset: à la lecture des 5ers chapitres, je ne savais toujours pas si j'allais aimé ou non, finir le roman ou non... Mais finalement, je suis rentrée dans l'histoire, j'ai commencé à apprécier les personnages et l'intrigue...
Il s'agit plus d'un conte rural dramatique qu'un roman, assez sombre. Divers sujets sont évoqués: la peur,la lâcheté, l'intolérance, la vengeance,pouvant conduire les hommes à commettre le pire et à échafauder les pires stratagèmes Derrière l'horreur des champs de bataille et le tragique décrits, il y a tout de même de l''amour et de l'amitié et un peu d'espoir...
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steph89
  21 juin 2017
Un étonnant petit homme juché sur un bouc et spécialiste des potions arrive à la Harpaille une bourgade vosgienne.
Mais au moment de la Première Guerre, un alsacien venu d'Allemagne éveille suspicion et haine même si il est altruiste. Ses seuls amis sont Joseph, un vieil homme qui inspire le respect dans le village et ses deux enfants (Lea et Octave le forgeron), ainsi que la vieille femme où chacun va chercher son pain.
Mais la guerre éclate et Octave est appelé sur le front. Entre jalousies et magouilles certains vont vouloir tirer la couverture à eux et sauver leur peaux coûte que coûte.
J'ai beaucoup apprécié ce roman car l'écriture en est belle tout en restant tout à fait accessible. Les personnages sont intéressants par leurs contrastes et reflètent aussi bien la bonté que la bêtise humaine. Ce livre m'a également fait sourire lorsque l'auteur utilise le patois ou bien lors de la description de scènes très théâtrales.
Bref un heureux mélange entre poésie, histoire et terroir.
Merci à masse critique pour cette jolie découverte.
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pierrette73
  18 octobre 2017
A l'aube de la Grande Guerre de 1914. Un petit homme au visage disgracieux et à la silhouette difforme, arrive dans le bourg de la Harpaille en chevauchant un bouc. L'étrangeté de la monture avec ce petit être bizarre heurte les esprits des villageois ancrés entre croyances religieuses, superstitions et paganisme. Suspicieux devant une telle monstruosité physique, ils le traitent en paria dans cette Alsace tiraillée entre la France et l'Allemagne au gré des conflits guerriers. Et même s'ils apprécient le savoir en herboristerie et les prodiges de guérisseurs du petit homme, son allure bizarre les impressionne, voire les effraie.
Face à ces hostilités affichées et attisées par les notables comme l'instituteur et le vétérinaire Désiré, le petit homme rencontrera de la bienveillance comme l'accueil chez une vieille, recluse dans sa bicoque qui fabrique du pain, compatissante de sa laideur. L'amitié que lui portera Octave, le forgeron du village fort de sa popularité et de sa musculature avantageuse lui épargnera des méchancetés car Octave, comme sa soeur Léa qui vivent avec leur père Joseph, le patriarche du village baignés dans le respect d'une charité sincère et chrétienne.
Quand l'annonce d'une guerre pronostiquée courte et facile survient, la mobilisation d'Octave l'éloigne du village et privera le petit homme de sa véritable protection. Les mauvais esprits donneront alors libre-court à toutes les infamies pour lui faire misère ; Désiré le vétérinaire est d'ailleurs le plus teigneux à se débarrasser de celui qu'il perçoit comme un dangereux concurrent de sa propre compétence. Pour réaliser son plan machiavélique, il met en scène des complices complaisants, des comparses manipulés pour attiser l'exaspération des troupes allemandes.
Mais si le plan est presque parfait, c'était sans compter sur bien des facteurs…
MON AVIS, j'ai ADORE
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Lien : http://lesparolesenvolent.bl..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
steph89steph89   07 juin 2017
Les pieds dans la glaise et la tête dans les étoiles, il vivait en osmose avec la nature et dans l'adoration de son créateur.
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Valmyvoyou_litValmyvoyou_lit   14 octobre 2017
Embobinées par ses boniments, elles s'arrachaient les médailles religieuses qu'il vendait sans scrupule à leur crédulité.
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Valmyvoyou_litValmyvoyou_lit   14 octobre 2017
C'est lui qui avait accroché la carcasse au travail à ferrer, porter celle du réprouvé est pour lui un moyen de se décarcasser.
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pierrette73pierrette73   20 octobre 2017
Il lança à sa victime un regard affûté comme un couteau et dit au bourreau en tranchant dans le vif par une réponse assassine : « Si j'étais vous, je dormirai que d’un œil »
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Valmyvoyou_litValmyvoyou_lit   14 octobre 2017
Il n'était pas devin, lire dans le marc de café n'était pas sa tasse de thé.
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