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Éditeur : L'Herne (01/01/1900)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 12 notes)
Résumé :
« Vivant aux Etats-Unis pendant la guerre, Bertrand Russell publie son « Outline of intellectual rubbish » (Esquisse de la foutaise intellectuelle)
en 1943, d’abord chez un éditeur de pamphlets socialistes et anti-religieux (Haldeman-Julius Publications), puis en 1950, année où il reçut le
Prix Nobel de littérature, dans une collection de ses écrits intitulée Unpopular Essays.
Désespérant de voir de « grandes nations, qui avaient guidé la civi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
pictura
  30 octobre 2013
Je connaissais le logicien Bertrand Russell. J'ignorais qu'il fut prix Nobel de littérature.
De la fumisterie intellectuelle, voilà un bon petit livre qui se lit très vite, court, simple, efficace. Moi qui m'imaginais suer à quelques grosses gouttes à sa lecture tant il peut être difficile de comprendre et suivre le discours d'un logicien.
D'emblée, il égratigne la religion. Il est très facile pour un athée de démonter les rouages du testament, de la bible, du coran. L'auteur donne des exemples et contre-exemples pour contredire l'institution religieuse, j'avoue, j'ai trouvé cela un peu facile. Non pas que je ne partage pas ses avis, au contraire, mais ce n'est pas là l'apanage de la logique. Par contre il le fait avec un cynisme raffiné et cinglant.
Ce à quoi le croyant répondra : les voix du Seigneur sont impénétrables. Imparable pour éviter les embûches.
Bref. Après la religion, Russell s'attaque aux fausses croyances. Il tente d'expliquer leurs origines, il parle des théories populaires, il emballe le produit avec un peu de psychologie, d'analyse. Son raisonnement est toujours pertinent et sonne aussi juste que la meilleure des cloches de la plus belle des cathédrales.
Viendra le tour de la politique. Extrait : « La politique elle-même est truffée de platitudes sentencieuses et erronées. »
Contre exemples judicieux à l'appui.
Il égratigne tout, tout le monde en prend pour son grade. (Même Aristote. Si si)
Il invective à tout va. Et comme c'est fait de manière intelligente, force argumentation et souvent drôle ou cynique, ses réflexions acerbes sont convaincantes.
« Un spécialiste de cette pathologie (exhibitionnisme) m'a assuré que pour les réformer, il suffisait de leur faire porter des pantalons qui se boutonnent par derrière et non par devant. »
De la fumisterie intellectuelle, ou comment remettre à plat les croyances d'un monde aveugle qui se veut intelligent. Il parlera aussi des femmes, de l'orgueil, la peur…
Je n'ai pas encore parlé de la préface. Souvent je ne la lis même pas. Peu m'importe ce qu'un agrégé ou un grand penseur a à dire sur un texte que je n'ai pas encore lu… J'ai fait exception par égard de la masse critique et des éditions L'herne (très beau livre au passage, beau dans le sens du toucher, de la qualité d'impression, de la qualité des feuilles, ben oui, désolé d'être aussi terre à terre, il y a parfois la forme qui plait aussi et qui peut être importante à bien des égards…. )
Et bien, cette préface est pertinente, ah non, ca je l'ai déjà dit, vite un synonyme, je trouve rien là ce soir…. Je la refais…
Et bien, la préface que d'habitude je ne lis pas, annonçait un livre un peu difficile à lire, (la conjonction de l'idée que les assertions factuelles se réfèrent à un monde indépendant de nous …) mais en revanche mettait parfaitement en place l'idée de ce livre, sa genèse avec des éléments de la vie de l'auteur riches et importants pour bien comprendre son état d'esprit. Je voulais dire que j'ai autant aimé la préface que le livre.
Je conclurais par une remarque personnelle, je trouve que l'auteur fait part d'une modestie touchante, il n'admoneste qu'à juste raison, dénué de tout orgueil, libre penseur, sans arrière pensée, le livre est un combat contre les dogmes et les croyances, construit avec humour, cynisme, intelligence et simplicité.

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yeKcim
  18 octobre 2018
J'abhorre les superstitions : passeur de feu, homéopathie, religion, théories complot,… si je ne déteste pas les gens qui continuent à croire, par manque d'information ou incapacité à une trop importante remise en cause, je n'arrive pas à supporter l'idée que l'humanité se complaise dans ses absurdités. J'estime pire encore, qu'on laisse parfois se propager ses idées, pour des raisons pratiques court-termistes, ne voyant pas (ou feignant de ne pas le comprendre), qu'à long terme, ces pratiques placent au même niveau dans l'esprit des moins initiés à l'épistémologie, des pratiques coûteuses et intellectuellement complexes mais enrichissantes avec des techniques de zozos. Quid des financements des recherches scientifiques ou médicales lorsque les décideurs croiront avoir été soignés par le don d'un magnétiseur ? Quid de l'enseignement de la théorie de l'évolution lorsque les politiciens ne comprendront plus la différence entre une théorie scientifique et un conte théologique ? Quid de la confiance envers les acteurs de la santé, lorsque des pharmaciens sans hygiène mentale (ou mercantiles) dévalueront les produits "chimiques" face à des alternatives homéopathiques soi-disant "naturelles" ? Il me semblerait tellement plus judicieux d'étudier l'effet placebo pour le maîtriser sans créer des schémas-réflexes de médication (alternative, systématique et hors prescription avisée, qui plus est). Il me semblerait tellement plus intéressant de comprendre les mécanismes de la douleur pour que nos enfants contrôlent ceux-ci plutôt que de ne laisser le choix qu'entre la subir, la médicaliser ou faire appel à une magie inexplicable… Bref, j'abhorre les superstitions…
Alors lorsque j'apprends qu'il existe un texte de Bertrand Russell, philosophe rationaliste fondateur de la logique contemporaine, qui s'attaque à la fumisterie intellectuelle de son époque, je ne peux que plonger avec délice. Si le texte n'a rien à voir avec la logorrhée qui sert d'introduction à cette critique, ne vous attendez pas non plus à une argumentation particulièrement bien structurée, développant consciencieusement des concepts philosophiques qui vous permettront de déconstruire les discours obscurantistes, il s'agit là plutôt d'une courte raillerie ! Comme si, admettant qu'il sera impossible de faire disparaître la superstition, Bertrand Russell, victime de censure religieuse comme le rappelle très bien Jean Bricmont dans sa préface, choisissait a minima, de profiter d'un texte pour se défouler. Un pamphlet amusant qui permet à un lecteur rationaliste de se sentir moins seul, de savourer quelques moqueries, de constater que de grands penseurs sont passés par les mêmes questionnements… En quelques pages, ça réconforte et donne le sourire.
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Pirouette0001
  20 octobre 2013
Quel régal ! Livre savoureux, irrévérencieux mais combien d'actualité !
Russel se moque de la crétinerie ambiante à son époque -il faut dire qu'il a écrit cet ouvrage en 1943-, mais qui l'est tout autant à toutes les époques de l'histoire.
Je recommande chaudement cette lecture, brève par ailleurs, l'ouvrage ne dépassant pas la centaine de pages.
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petitours
  13 novembre 2013
Parangon de fumisterie intellectuelle et admirateur du parcours de libre penseur de Bertrand Russell, j'avais de hautes attentes à l'égard de ce texte. Acerbe au possible, l'auteur travaille au corps avec un humour très british les faiseurs de préjugés, les prêcheurs, les imbéciles heureux qui sont nés quelque part, les racistes, les joueurs de pipeau, les tartuffes et j'en passe. On peut regretter toutefois qu'il s'attaque à des hommes de paille dont les rhétoriques, bien qu'ayant fait date, ne soient plus vraiment d'actualité. On peut regretter aussi que le texte soit plus un pot-pourri déstructuré, une diatribe en catalogue, qu'un argumentaire étayé. Mais si l'on cherche à se distraire en bouffant du curé, du sophiste, ou tout autre penseur de clocher, alors force est de reconnaître que c'est de la bonne artillerie.
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davidmunnich
  03 octobre 2013
Dans ce court et vif pamphlet, Russel met au jour les préjugés, idées reçues, superstitions qui sont les nôtres encore aujourd'hui, et qui sont bien trop répandues, en particulier chez les "intellectuels"....
Chez les dévôts, les politiciens, les écrivains, mais aussi les hommes et les femmes..., la rationalité cède fréquemment la place à un langage tout fait, à la fumisterie ou à l'orgueil.
En cela, nos préjugés modernes n'ont rien à envier à ceux des hommes de l'antiquité, des égyptiens ou des grecs.
Un texte vivifiant et caustique qui n'a pas pris une ride et qu'il faudrait diffuser bien largement à nos responsables politiques, journalistes, décideurs, concitoyens.....
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
picturapictura   05 octobre 2013
Afin de mettre cet orgueil en sourdine, rappelons-nous que l’humanité n’est qu’un épisode éphémère dans la vie d’une petite planète nichée dans un recoin de l’univers et que pour autant que l’on sache, d’autres galaxies abritent peut-être des êtres qui nous sont tout aussi supérieurs que nous ne le sommes aux méduses.
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Pirouette0001Pirouette0001   20 octobre 2013
La peur collective favorise l'instinct grégaire et la cruauté envers ceux qui n'appartiennent pas au troupeau.
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StevoStevo   18 novembre 2013
Si la moindre contradiction vous met en colère, c'est qu'inconsciemment vous vous savez incapable de justifier l'opinion qui est la vôtre.
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picturapictura   04 octobre 2013
La persécution est une arme propre à la théologie, et non à l’arithmétique : l’arithmétique, en effet, repose sur un savoir, mais la théologie repose simplement sur des opinions.
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Pirouette0001Pirouette0001   20 octobre 2013
L'homme est un animal crédule, il a besoin de croire et, à défaut de fondements solides à sa croyance, il se contentera de fondements bancals.
Commenter  J’apprécie          120
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