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Christian Cler (Traducteur)
EAN : 9782020239813
306 pages
Seuil (02/11/1996)
3.94/5   18 notes
Résumé :

Les livres précédents d'Oliver Sacks nous ont montré l'originalité de sa démarche : aborder des maladies ou des affections comme autant de " mondes " particuliers, autant de modes d'existence et de conscience spécifiques.

C'est à un voyage dans le monde de la surdité qu'il nous convie cette fois-ci, en nous racontant, tout d'abord l'histoire de ce monde.

La difficulté pour les sourds d'entrer dans le langage les a longtemps fai... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Cassiopee42
  22 novembre 2022
La principale difficulté de ce livre est la place prise par les annotations, les notes de bas de page, parfois plus importantes sur une même feuille que le texte lui-même. Il leur arrive d'être tellement longues qu'elles envahissent plusieurs pages consécutives et lorsque vous revenez au texte, il faut quelques secondes pour reprendre pied dans la lecture et le thème abordé dans le paragraphe.
Si l'on fait abstraction de cet écueil, c'est une lecture abordable, instructive, intéressante et plutôt complète. Elle se compose de trois parties.
La première partie retrace un historique de la surdité agrémenté de nombreux renvois à d'autres ouvrages ou articles ainsi qu'un début de réflexion sur langue des signes ou oral pour les personnes souffrant de surdité, la place des sourds dans la soiciété.
La deuxième partie, la plus longue et très intéressante d'un point de vue des connaissances qu'elle apporte, se penche sur la langue des signes, son utilisation, sa place dans la vie des sourds. L'auteur aborde aussi la relation à l'autre, et comment les signes sont la parole. le dilemme de certains parents, qui veulent que leur enfant soit bien chez les sourds mais aussi chez les entendants (et pour cela avoir la possibilité de communiquer des deux façons de peur de ne sentir appartenir à aucun des deux mondes.)
Il développe la langue des signes en la présentant, en expliquant comment elle utilise l'espace, la position des mains, les yeux et le visage du signeur. Comment un même signe peut être modifié dans l'espace pour donner différents sens (exemple avec le « signe » regarder qui peut vouloir dire surveiller, dévisager, fixer des yeux, regarder longtemps…)
Il nous rappelle que la langue des signes ( à ne pas confondre avec le français signé ou l'américain signé) est une langue à part entière avec une syntaxe grammaticale qui lui est propre.
La troisième relate une grève en Mars 1988 à l'Université de Gallaudet, destinée aux sourds et malentendants, située à Washington où l'enseignement est bilingue. Les étudiants ont manifesté pour obtenir un président d'université sourd.
Cette partie développe les relations entre sourds et entendants et démontrent combien les personnes sourdes revendiquent d'appartenir à une communauté d'où la nécessité d'un responsable qui les comprenne.
Je côtoie des élèves sourds, je pratique la LSF (langue des signes française) depuis 2004. J'ai donc apprécié cet essai qui m'a donné d'autres éléments pour mieux comprendre la communauté sourde, les respecter encore plus si cela est possible, les connaître et les aimer pour ce qu'ils sont, comme ils sont avec toutes leurs richesses (ce dont je ne doutais pas et dont je suis persuadée depuis des années.)

Lien : https://wcassiopee.blogspot...
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Bruno_Cm
  25 mai 2021
Oliver Sacks est plutôt doué pour rendre compte de façon scientifique et pointue un sujet sans perdre complètement le béotien. Même si par moment il faut s'accrocher un peu.
Le monde des sourds est peu connu. Un livre comme celui-ci en donne quelques aperçus et clés de compréhension.
Une très importante partie concerne le langage, l'ASL, ses spécificités, son évolution, ses critiques, ses rejets, ses retours, ses combats (une partie entière est consacrée à la grève de Gallaudet pour obtenir un président d'université sourd). L'ASL qui donne une identité spécifique aux sourds, et crée quelque part un peuple sourd. Peuple tenant à sa particularité.
Entre les sourds de naissance, prélinguaux et suite à une maladie ou autre, postlinguaux, il y a là aussi un monde, des frontières plus ou moins poreuses. Sacks sans en faire des tonnes défend clairement la langue signée, qui permet aux enfants et à tous d'entrer dans la sphère de la communication pleinement, humainement.
A noter que l'ASL par certains points de vue et dans certains contextes se révèle supérieure ou plus efficace... de là à ce que nous l'apprenions tous... Et faire un monde meilleur...
Un livre intéressant donc, qui fait un peu réfléchir et découvrir... Si vous le trouvez...
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Manou-5
  19 janvier 2016
Ce livre nous fait découvrir le "monde des sourds" : une découverte en douceur, avec un regard différent. Accessible à tous et principalement destiné aux personnes qui ne sont pas spécialisées dans ce domaine, ce livre offre une vision nouvelle de l'inconnu, de l'étranger, de l'autre.
Très bien écrit et accessible : une belle réussite!
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vero12
  18 mars 2020
Un livre intéressant pour comprendre un peu mieux "le monde des sourds". J'apprend la langue des signes française et on aborde aussi ces sujets là. Je ne suis pas surprise qu'on ait longtemps pris les sourds pour des "idiots" congénitaux, c'est encore parfois le cas malheureusement.
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Sabylandes
  11 avril 2018
Un auteur toujours aussi intéressant à lire ! Quelles analyses !!
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Citations et extraits (149) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   07 juin 2021
...les paroles de la mère, et le monde où elles s'inscrivent, doivent correspondre à l'expérience sensorielle du nourrisson : elles ne deviennent signifiantes qu'en étant corrélées ou confirmées par ses sens, qu'en rencontrant ses propres expériences du monde. C'est ainsi, et ainsi seulement, qu'il peut passer de la sensation à la "signification"', s'élever au-dessus de ses perceptions pour entrer dans l'univers des concepts - et que son expérience peut elle-même se charger de signifiance, grâce à cette intériorisation du langage maternel.
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Bruno_CmBruno_Cm   16 juin 2021
... la communauté sourde constitue un ensemble supranational qui est comparable, en quelque sorte, à la diaspora juive ou à d'autres groupes ethniques et culturels transnationaux ; et elles dénotent peut-être l'apparition d'une communauté sourde paneuropéenne qui pourrait s'étendre un jour bien au-delà de l'Europs, dans la mesure où la communauté sourd recouvre en fait le monde entier.
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Bruno_CmBruno_Cm   14 juin 2021
Mais les Signes ont aussi un "caractère" intrinsèquement biologique, car ils s'enracinent dans une gestualité, une iconicité, une visualité radicales qui les différencient de toutes les langues parlées. Le langage procède - biologiquement - du tréfonds de notre être en tant qu'il découle du besoin irrésistible de penser de communiquer qu'éprouve le sujet humain. Mais il naît également et il es transmis - culturellement - dans les régions les plus élevées, en cela qu'il concrétise notre historie, nos visions du monde, nos images et nos passions.
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Bruno_CmBruno_Cm   11 juin 2021
L'idée ancienne selon laquelle la perte de l'audition susciterait parfois une "compensation" au niveau de la vision ne peut être simplement imputée à l'usage des Signes. Tous les sourds - mêmes les sourds postlinguaux qui vivent encore dans un monde de paroles - voient leur sensibilité visuelle s'affiner et tendent à faire davantage appel à la visualité.
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Bruno_CmBruno_Cm   03 juin 2021
Au XVIe siècle, soutenir que la compréhension des idées ne dépendait pas de l'audition des mots étaient une thèse révolutionnaire. [...]Il a toutefois existé des langues exclusivement réservées à l'écrit ; pendant plus d'un millénaire, l'élite de la bureaucratie chinoise usa d'un langage érudit qui n'était pas destiné à être parlé et restait même inintelligible à l'auditeur qui tentait de le lire à haute voix.
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Vidéo de Oliver Sacks
« Les jardins et la nature sont souvent plus efficaces que n'importe quel medicament. » Oliver Sacks Qui soigne son jardin soigne son âme : s'occuper ne serait-ce que de quelques fleurs à sa fenêtre aide à se reconnecter à soi et aux autres. Voltaire ne disait-il pas qu'il « faut cultiver notre jardin » ? Grâce au jardinage, les prisonniers récidivent moins, les ados à risques retrouvent des repères, les personnes souffrant de syndrome post-traumatique gagnent une forme d'apaisement, les personnes âgées une meilleure forme physique et morale… et tout le monde y trouve son équilibre. S'appuyant sur les données scientifiques et sur son expérience de psychiatre et de psychanalyste, tout autant que sur sa pratique, vitale pour elle, du jardinage, Sue Stuart-Smith, explore le pouvoir reparateur du lien avec la nature. Best-seller en Angleterre, traduit dans dix langues, un livre inspirant sur les effets thérapeutiques du jardinage et sa capacité à apaiser notre stress dans le monde moderne.
Sue Stuart-Smith, psychiatre, psychanalyste, enseigne à la Tavistock Clinic de Londres. Avec son mari, Tom Stuart-Smith, paysagiste anglais, ils ont créé le magnifique Barn Garden, dans le Herfordshire.
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