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EAN : 9782298115703
274 pages
Éditeur : France loisirs (20/08/2015)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 6 notes)
Résumé :
L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, « délégué » de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l'ex... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
JeanLouisBOIS
  29 novembre 2018
N'est pas Orwell qui le désire !
En 1948, George Orwell fait paraître 1984, une dystopie alimentée par les régimes totalitaires politiques (communistes ou fascistes) et manifeste les excès irréversibles vers lesquels ces sociétés risquaient de se diriger. Dans les pas d'Orwell, Boaulem Sansal avec 2084 tente une réécriture de 1984. Remise au goût du jour, la dystopie est devenue une évolution d'un totalitarisme religieux à forte composante musulmane. En effet, l'auteur semble voir dans l'islam une des pires craintes surgissant du chaos de ce début de siècle et un système des mieux armés pour prendre le contrôle de l'occident et peut-être du monde. Heureusement, il y a toujours un réfractaire : ici, c'est Ati qui nous permet de naviguer dans les différentes composant ce macrocosme : les renégats, les soumis et les dirigeants. Son seul espoir se résume à trouver une frontière pour pouvoir fuir vers un hypothétique étranger. Une aventure à rebondissements où l'on découvre l'organisation de cette dystopie avec sa langue particulière l'Abilang qui sert aussi bien à manipuler qu'à contrôler les masses, ses codes sociaux (ici religieux essentiellement), ses vérités flottantes(textes sacrés, Histoire, mythes, ennemis, …). Finalement, rien de très nouveau dans l'imagination des écrivains depuis les années 1950 sauf la nature exclusivement religieuse de cette dystopie.
Pourtant, c'est peut-être là que le bât blesse : l'auteur semble confondre la religion avec les excès et les détournements dont elle a été historiquement et est encore l'objet. Il suffit de relire l'épigraphe pour en être convaincu : « La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité. » La religion (ici toute religion par le fait même d'exister) apparaît foncièrement blâmable et nocive, elle doit être combattue comme essentiellement antihumaniste. le roman s'attaque surtout à la religion musulmane ce qui reste trop sommaire. On sait très bien qu'il n'y a pas un seul mais de multiples rites de confessions musulmanes de par le monde, qui ne s'entendent pas toujours entre elles et qui, du fait même de leur proximité, sont parfois prêtes à en découdre. Même si les religions sont de plus en plus mobilisées pour rassembler des peuples et parfois avec une certaine complaisance de leur part, elles sont rarement la cause principale, première ou même, déterminante des conflits ; c'est bien le pouvoir temporel, quel qu'en soit la forme, qui est le but ultime. C'est pourquoi il me semble qu'un totalitarisme uniquement religieux ne soit pas envisageable en tant que tel et passe à côté de l'essentiel. Heureusement, 2084 se lit facilement et avec grand plaisir quant à la réflexion sur les pouvoirs et les individus ce qui rattrape partiellement sa lacune fondamentale.


Lien : https://blogs.mediapart.fr/m..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   29 novembre 2018
Reconstituer un monde disparu est toujours à la fois une façon de l'idéaliser et une façon de le détruire une deuxième fois puisque nous le sortons de son contexte pour le planter dans un autre et ainsi nous le figeons dans l'immobilité et le silence où nous lui faisons dire et faire ce qu'il n'a peut-être ni dit ni fait. (p.241).
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   29 novembre 2018
La soumission et la révolte sont dans un rapport amoureux: la soumission est infiniment plus délicieuse lorsqu'on se reconnaît la possibilité de se libérer, mais c'est aussi pour cette raison que la mutinerie est impossible, il y a trop à perdre, la vie et le ciel, et rien à gagner, la liberté dans le désert ou dans la tombe est une autre prison. (p.51).
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   23 novembre 2018
Quel meilleur moyen que l'espoir et le merveilleux pour enchaîner les peuples à leurs croyances, car qui croit a peur et qui a peur croit aveuglément. (p.28).
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   29 novembre 2018
La dictature n'a nul besoin d'apprendre, elle sait naturellement tout ce qu'elle doit savoir et n'a guère besoin de motif pour sévir, elle frappe au hasard , c'est là qu'est sa force, qui maximise la terreur qu'elle inspire et le respect qu'elle recueille. (p.196).
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   29 novembre 2018
Pour que les gens croient et s'accrochent désespérément à leur foi, il faut la guerre, une vraie guerre, qui fait des morts en nombre et qui ne cesse jamais, et un ennemi qu'on ne voit pas ou qu'on voit partout sans le voir nulle part. (p.105).
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Vidéo de Boualem Sansal
Reconnaissable au premier coup d??il grâce à son immense baobab coloré, le salon africain vous fait découvrir la richesse de la littérature du continent noir en mêlant des auteurs encore méconnus à des écrivains réputés. Et c?est également au salon africain qu?a lieu chaque année la remise du prix Ahmadou Kourouma.
Autour du thème « Les chercheurs d?Afriques », les romanciers et essayistes invités reviennent sur les blessures du continent, mais aussi sur ses gloires, sa grandeur et ses aspirations.
Outre les hôtes vedettes de cette édition 2019, Maryse Condé, Prix Nobel « alternatif » 2018 et le rappeur Abd al Malik qui présente son livre/album le jeune Noir à l?épée (Présence africaine/Musée d?Orsay/Flammarion) inspiré de l?exposition du Musée d?Orsay « le modèle noir de Géricault à Matisse », sont annoncés Abubakar Adam Ibrahim, Eugène Ebodé, Mia Couto, Françoise Vergès, Adame Ba Konaré, Elizabeth Tchoungui, Boualem Sansal, Beyrouk, Clemente Bicocchi, Jean Bofane, Tania de Montaigne, Armand Gauz, Ndèye Fatou Kane, Henri Lopes ou Bessora.
Plus d'infos sur https://salondulivre.ch
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