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ISBN : 2226328831
Éditeur : Albin Michel (31/08/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.46/5 (sur 213 notes)
Résumé :
Une vague d’attentats ensanglante Charleroi. Morts et blessés s’accumulent. On soupçonne des mobiles religieux sous ces actes radicaux. Augustin, jeune stagiaire au journal local, se trouve pris, malgré lui, au cœur des événements. Pour prouver qu’il n’est pas l’idiot que tout le monde croit, il mène son enquête. Pour cela, il possède un don unique : il voit à travers les visages, percevant autour de chaque personne les êtres minuscules — souvenirs, anges ou démons ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  23 janvier 2017
Un roman profond, peut-être un peu trop mystique à mon goût, avec de longues réflexions sur Dieu et les religions.
Il faut être prévenu, le roman met en scène des fantômes qui hantent les vivants. « L'homme qui voit à travers les visages » voit plutôt les esprits qui se cachent parfois derrière les individus et influencent leurs actions et leurs idées.

Le contexte, celui d'attentats terroristes, sert de prétexte pour réfléchir à la violence des religions, avec l'interrogation : une violence qui vient de Dieu ou des hommes?

La réflexion est intéressante et selon ses convictions, elle touchera plus ou moins le lecteur. Par contre, et c'est ici que je décroche, le ton prend parfois la forme de longs discours. On croirait presque lire un essai plutôt qu'un roman. On explique en long et en large, si bien qu'on a un peu trop l'impression que l'intrigue n'est qu'un décor pour exprimer des idées. Presque en comble d'artifice, l'auteur se met en scène lui-même pour bien marquer les contours de sa pensée et de ses croyances.

Ce qui m'a agacée pourra en réjouir d'autres, car les réflexions d'Eric-Emmanuel Schmitt sont belles et apportent aussi de magnifiques pages sur l'écriture et la joie de vivre. Et au-delà de la forme, je reconnais que cela prend un certain courage à un auteur pour explorer de nouvelles avenues et pour se mettre à nu en exprimant à la fois ses doutes et ses convictions profondes.

Et, comme l'auteur, je terminerai par une question, une interrogation qui hante les adeptes des mots, pour qui écrivons-nous?
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isabelleisapure
  18 novembre 2016
Tout commence par un attentat, une bombe explose à la sortie d'une messe à Charleroi.
Au milieu du chaos, des cris et des gémissements, Augustin est là, paniqué et incrédule.
Augustin a le don de voir à travers les visages, il décèle et communique avec les morts qui continuent à entourer les vivants. Il perçoit des petits personnages qui dictent le bien ou le mal sur les épaules des gens. Et il voit sur l'épaule du terroriste, juste avant l'explosion, un homme barbu haut de quelques centimètres qui l'encourage à passer à l'acte.
EES nous propose un roman aux multiples facettes ; un côté ésotérique savamment mis en avant avec le don particulier du personnage d'Augustin, et narrateur de l'histoire. Il explore grâce à ses personnages, disserte, et extrapole sur la religion (les religions), sur la présence d'un Dieu, ce qui pousse les terroristes à agir.
« L'homme qui voyait à travers les visages » est un livre original, qui peut se lire comme une réflexion philosophique ou un roman à suspense.
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akhesa
  23 septembre 2016
EES nous invite a consulter les grands textes fondateurs et nous renseigne sur ce que sont les autres religions,les autres concepts religieux.Jolie prouesse,l'air de rien comme ca,pour aiguiser notre curiosite.Tout en ayant ete elevee dans la connaissance de Dieu,mais sans etre une activiste ou un extremiste de la religiosite,j'ai toujours ressenti une forme de respect vis-à-vis de la notion de Dieu.
EES est ici virulent avec Dieu,quelque soit son concept,ses régions du monde.J'ai eu un peu de mal avec certains passages concernant la barbarie de Dieu;il nous pousse dans nos retranchements,dans mon savoir et mes opinions.
J'aime beaucoup cette demarche,cette poussee vers l'avant;vers cette porte que l'on doit ouvrir si l'on veut continuer de penser et de reflechir.Cet ouvrage est véritablement bien concu.Jusqu'au dernier mot,EES nous pousse a l'esprit critique,nous pousse a nous depasser;a toujours poser plus de questions
A travers l'illustration de l'integrisme comme on le vit actuellement,EES tente de nous demontrer qu'il faut continuer a croire en l'homme,qu'il peut encore s'elever ...et peut-être jusqu'à Dieu...
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Analire
  01 septembre 2016
Après La nuit de feu, Eric-Emmanuel Schmitt poursuit sa quête mystique en se questionnant sur Dieu. Un roman troublant, qui coïncide avec l'actualité et qui cherche à faire réfléchir le lecteur par lui-même.
C'est sans doute l'actualité qui a insufflé son idée de roman à l'auteur. En effet, le livre s'ouvre sur un attentat, commis par Mohammed Badawi, place Charles-II à Charleroi, faisant état d'une dizaines de morts. Suite à ce massacre, les enquêteurs vont se baser sur le témoignage d'un témoin, le jeune Augustin, stagiaire dans le journal local de Charleroi. Il va leur raconter sa rencontre impromptue avec le djihadiste et la vision d'un second homme, plus petit, insufflant dans la tête de ce dernier ses recommandations. Mais Augustin va avoir du mal à se faire entendre, car ce second homme n'est autre qu'un fantôme.
Eric-Emmanuel Schmitt m'étonnera toujours. Dans un seul roman, tel que celui-ci, se regroupe nombre de thèmes et de styles différents. Il surfe sur l'actualité en parlant des vagues d'attentats, il incorpore des personnages fictionnels, mais aussi des célébrités réelles (telle que lui-même). Il s'enfonce dans des débats théologiques, tout en narrant une histoire spirituelle inconcevable. Bref, il arrive à jongler d'un thème à un autre, tout comme il le fait d'un livre à un autre ; en trouvant toujours de nouvelles idées et en changeant constamment de genre littéraire. Seuls quelques petits éléments présents dans son livre précédent - La nuit de feu - se retrouvent dans celui-ci.
Il y a tout d'abord le gros mystère qu'entoure l'irréel, le mystique, le religion. Au nom de quoi, pourquoi et pour qui, ce djihadiste sans problème, a-t-il, du jour au lendemain, voulu se faire exploser, lui, et de nombreux innocents ? Les débats sont lancés ! Pour permettre aux lecteurs de se faire sa propre idée sur la question, l'auteur va mettre en parallèle deux avis totalement opposés. D'abord, celui de la juge Poitrenot, qui pense que Dieu est responsable de toutes les ignominies que les hommes commettent sur Terre. Au contraire, Eric-Emmanuel Schmitt va tenter de donner son avis subjectif sur le poids des religions dans les actes terroristes. Selon lui, Dieu est une sorte d'écrivain incompris par les hommes, qui n'arrivent pas à comprendre clairement les textes saints.
Autre constance que l'on retrouve souvent dans les livres de l'auteur, sa propre apparition dans le cours de l'histoire. Dans La nuit de feu, nous suivions son propre cheminement vers l'apparition mystique du Sahara. Ici, l'auteur s'intègre dans son récit comme un personnage à part entière. de ce fait, il peut ouvertement parler en son nom et non pas à travers un personnage fictif. C'est vraiment original !
Laissez-vous entraîner dans l'univers singulier de Eric-Emmanuel Schmitt. Il proposera des idées philosophiques salvatrices pour faire face à la vague d'attentat qui s'abat sur la France. Je ne m'attendais pas à aimer autant ce roman. Bien écrit, original et d'actualité, il a tous les ingrédients pour satisfaire un maximum de lecteurs. On adore, on achète !
Lien : http://addictbooks.skyrock.c..
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BrunoA
  18 janvier 2017
Pour son dernier roman, Eric-Emmanuel Schmitt poursuit ses réflexions sur Dieu et la foi à travers un narrateur, Augustin Trolliet, qui a le pouvoir de voir les morts qui entourent les vivants et parfois les guident ou les influencent.
Le personnage, sans racines, vivant dans le plus total dénuement, exploité par un patron sans coeur et doté d'une sensibilité particulière constitue le support idéal pour entamer un dialogue sur Dieu, voire un dialogue avec Dieu.
A travers lui, l'auteur, qui parvient à se mettre en scène dans son propre roman, s'adresse au Créateur et lui pose des questions : qui écrit quand j'écris, Dieu est-il violent ou la violence est-elle perpétrée par les hommes en son nom ?
On dévore ce roman quasiment d'une seule traite tant on est pris par le fil de l'intrigue et par la profondeur des questions qu'il suscite chez le lecteur.
Comme pour les trois livres des monothéismes où on constate que c'est l'absence d'analyse qui conduit à l'ignorance et au dogmatisme, Eric-Emmanuel Schmitt nous amène à des questions fondamentales et à nous interroger sur notre propre perception de notre univers, sur notre rapport à la foi et sur nos propres convictions, ou croyances.
Un roman d'une richesse incomparable qui enrichit une bibliothèque et qui doit être relu à la lumière de nos propres expériences spirituelles.
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   19 septembre 2016
Agrégé de philosophie, le vrai Schmitt déploiera toutefois une fois de plus son immense talent d’écrivain pour nous faire réfléchir et nous amener à voir les choses autrement.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (130) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   08 décembre 2017
- « Vous paraît-il probable que je sois un terroriste?

- Oh non!

- Pourquoi?

- Parce que tu te poses des questions. Un intégriste n’a plus de questions, seulement des réponses.

- Il y a des intégristes intelligents.

- La croyance absolue ne relève pas de l’intelligence mais de la volonté. Elle ne représente pas une façon de connaître le monde, mais un engagement dans le monde. Le fanatique rencontre toujours des raisons de douter mais il ne veut pas douter. Il préfère tant sa fiction à la réalité qu’il nettoie la réalité à la kalachnikov dès qu’elle le contredit. Toi, tu cherches, tu ne prétends pas avoir trouvé… ». p. 423
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DanieljeanDanieljean   08 décembre 2017
« Comment pourriez-vous connaître quelqu’un qui ne se connaît pas lui-même et qui n’y tient pas?

- Socrate a pourtant conseillé : «Connais-toi toi-même.»

- Socrate se voulait philosophe, pas romancier ni dramaturge. Je ne me suffis pas, j’ai le culte des autres, lesquels m’intéressent davantage que ma personne. Je ne vaux que par mes trous, mes regards, mes absences. Un mur avec mille portes ouvertes, ça n’a plus vraiment l’air d’un mur. […]

- Je me fixe Platon comme modèle, monsieur Schmitt.

- Pourquoi?

- Le meilleur auteur de dialogues philosophiques.

- Et Diderot? Et Berkeley?

- Il faut que j’écrive à la Platon.

- Cherche-toi d’abord. On n’est pas l’écrivain qu’on décide, mais l’écrivain qu’on est. Ne te trompe pas. Hâte-toi encore moins. S’il existe, l’écrivain que tu es t’attend, patient, frais, intact, au bout de ta plume, après les milliers de phrases qui t’y conduiront, maladroitement, mais sûrement.» pp. 428-429
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DanieljeanDanieljean   08 décembre 2017
- « En réalité, tu me demandes si un des trois monothéismes vaut mieux que les autres?

- Oui.

- Aucun ne se tient à l’abri de la sottise. Aucun ne se tient à l’abri de l’intelligence. Dans chaque religion, le paresseux trouvera ce qu’il cherche, le pire. Dans chaque religion, l’attentif trouvera ce qu’il ne cherchait pas, le meilleur.

- Préparez-vous un quatrième livre?

- Je n’écrirai plus, Augustin. Je mets un terme définitif à ma carrière littéraire. Quand j’ai composé un livre (La Bible), c’était pour créer une relation; quand j’en ai composé trois (La Bible, le Nouveau Testament et le Coran), c’était pour créer une réflexion. Je n’ai pas eu de lecteurs à la hauteur de mon projet.

- Allons… vous exagérez.

- On ne comprend rien à mes livres. On les imprime, on les vend, on les achète, on s’y réfère, mais on les lis n’importe comment. J’ai mal à l’homme. » pp. 384-385
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DanieljeanDanieljean   08 décembre 2017
- « Le livre propose, le lecteur dispose. La lecture fait la qualité d’un livre.

- Vous affirmez cela? Vous?

- Naturellement. […] Le crétin crétinise le livre, tandis que le profond l’approfondit. Un livre équivaut à une auberge espagnole: le client y apporte son déjeuner.

- Comme d’habitude, si les malentendus prolifèrent, vous en déclinez la responsabilité!

- Le malentendu est commis par celui qui n’entend pas, non?

- Je résume votre argumentation : vous écrivez bien mais nous lisons mal.

- Mal lire ne consiste pas à jeter le livre. Mais lire revient à prendre un texte pour argent comptant, à l’avaler tout cru sans le mâcher avec son esprit. Bien lire implique une distance critique. » p. 381
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DanieljeanDanieljean   08 décembre 2017
« En un mouvement circulaire, je regarde les adolescents qui s’amusent et il me semble que je contemple une armée de somnambules. Ils ont pris congé de la réalité; baignés

d’hormones, aveuglés par le plaisir, ils blessent, tuent, mitraillent, déchirent, anéantissent des silhouettes dont ils ne savent rien. Je frissonne. L’inhumanité commence ici, au paradis du divertissement virtuel. Ils agissent comme nous agissons dans les rêves, sans usure, sans crainte des conséquences, impunis. Mentalement, je remercie mes parents anonymes de m’avoir laissé orphelin et de ne m’avoir jamais offert des jouets électroniques. Mes seuls compagnons de lutte contre l’ennui demeurent les livres. » p. 413
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Videos de Eric-Emmanuel Schmitt (73) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eric-Emmanuel Schmitt
Retrouvez l'émission sur: http://www.web-tv-culture.com/
Il est l'un des auteurs francophones. les plus lus et des plus conus, traduit en une quarantaine de langues. Eric-Emmanuel Schmitt a écrit une cinquantaine d'ouvrages, qu'il s'agisse de romans, d'essais, de recueils de nouvelles, tels « Oscar et la dame rose », « La nuit de feu » ou « La part de l'autre ». EES est aussi homme de théâtre, on se souvient notamment de « La nuit de Valognes » eou de « M. Ibrahim et les fleurs du Coran ». Elu en 2016 à l'académie Goncourt, EES délaisse le roman philosophique pour revenir à la nouvelle. Avec « La vengeance du pardon », il nous raconte, à sa façon, quatre histoires qui font basculer un destin. Quatre histoires d'hier ou d'aujourd'hui dans lesquelles la jalousie, la convoitise, la haine, la bêtise trouvent place. Et pourtant, quel que soit l'acte commis, il est toujours possible de se racheter, de vivre en paix avec sa conscience, de tendre la main à l'autre. On retrouve avec plaisir l'écriture fluide et légère d'EES, sa jolie façon de transmettre et de partager ses idées à travers des histoires originales, tantôt drôles ou dramatiques. Quel secret cachent les s?urs Barbarin ? Qui est ce William Golden englué dans sa fortune ? Pourquoi Marie Meunier rend-elle visite chaque jour en prison au meurtier de sa fille? Pourquoi la lecture du Petit Prince bouleverse t'elle tant ce grand-père ? 4 histoires qui nous interpellent, nous interrogent sur notre propre regard au monde et sur notre propension à pardonner. Une fois encore, EES nous parle au c?ur et à l'âme... « La vengeance du pardon » d'EES est pubié chez Albin Michel
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