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EAN : 9782290359082
448 pages
J'ai Lu (04/05/2022)
4.28/5   75 notes
Résumé :
Corée du Sud, années 1930. Sur l'île de Jeju, la plongée et la pêche sous-marine rythment le quotidien des femmes. Dans cette société matrifocale, les haenyeo travaillent pour subvenir aux besoins de leur famille pendant que les hommes s'occupent des enfants. Unies par leur amour de la mer, Mi-Ja et Young-sook, deux filles aux caractères opposés, aspirent à prendre la relève de leurs aînées. Au fil des ans, elles nouent une amitié profonde jusqu'à se considérer comm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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sur 75 notes
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rosulien
  14 septembre 2021
Haenyos. Île de Jeju-do. Corée du Sud
Comme moi ,beaucoup d'entre vous ne connaissent pas cette surprenante île où vit une société matriarcale depuis le 19° siècle
L'activité principale est la pêche sous marine où seules les femmes quelquefois âgées ont droit de participer
Avec beaucoup d'ironie , ces fameuses Haenyos considèrent que les hommes n'ont pas la capacité physique de plonger notamment dans les eaux froides nettement en dessous de 15°C.
Ils sont bien plus efficaces en restant à la maison pour les tâches ménagères et l' éducation des enfants
Présentées comme cela, ces femmes fortes dans tous les sens du terme m' ont paru bien sympathiques
Années 1930. Young-Sook et Mi-Ja sont deux jeunes amies qui rêvent d'intégrer ce groupe très hiérarchisé au niveau des compétences et de l'âge
L'histoire de cette amitié est très belle et j' ai cru, à ce moment, que c'était le sujet du livre
Mais Lisa See, avec beaucoup de talent et aussi avec de solides notions historiques, nous fait rentrer dans l' Histoire de la Corée et notamment les relation plus que houleuses avec le Japon
L'île sera occupée par les Japonais mais je vous laisse découvrir la suite de ce livre très riche et passionnant à tous les niveaux
Vous y découvrirez aussi la place du chamanisme , qui reste toujours très présent .
Je suis sûr que, comme moi, le livre terminé, vous irez faire vos recherches sur ces femmes très attachantes , féministes avant l'heure
Ce livre est une vraie bonne surprise car je m'attendais à une histoire plus convenue
L' irruption de l'Histoire dans le récit lui donne une vraie force et permet de découvrir une période bien sombre de la Corée et du Japon
Je ne connaissais pas Lisa See mais j'ai bien envie de découvrir les autres livres de cette auteure extrêmement connue
Je comprends maintenant pourquoi
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AudreyT
  04 août 2021
****
Sur l'île de Jeju vivent les haenyeo. Dans cette société matrifocale, elles ont un rôle primordial. Ces femmes exceptionnelles plongent en mer, en apnée, et subviennent aux besoins de leur famille. Elles maîtrisent leur champ de mer à la perfection, ne récoltant qu'à la bonne saison et en bonne quantité afin de ne pas épuiser les trésors du fond de l'eau. C'est à travers le regard de Mi-Ja et Young-sook, deux jeunes filles qui vont nouer au fil des ans une amitié solide, qu'on découvre le quotidien des habitants de Jeju. Mais cette île de Corée va connaître de nombreuses tensions et la relation des deux haenyeo va elle aussi être malmenée…
C'est toujours un plaisir de se plonger dans les romans de Lisa See. Documenté, détaillé, son univers est un dépaysement garanti.
Roman historique, l'île des femmes de la mer nous permet de découvrir le monde des haenyeo. Ces femmes plongent jusqu'à 20 mètres de profondeur, récoltent et vendent les produits de la mer. L'argent qu'elles gagnent sert à la vie de la famille, à l'éducation des enfants et aux offrandes aux déesses de l'île.
Les 2 personnages principaux, Young-Sook et Mi-Ja sont, comme dans de nombreux romans de Lisa See, des femmes courageuses, fortes et qui gardent la tête haute. Blessées par la vie, elles font face aux difficultés et aux deuils sans jamais perdre de vue leur objectif : être les meilleures mères possibles.
Leur amitié, qu'elles pensaient indéfectible, vole pourtant en éclat. Alors que Mi-Ja se débat avec sa culpabilité, Young-Sook elle n'arrive pas à dépasser sa colère et la trahison de sa soeur de coeur…
Dans le froid des fonds marins, ou le dos courbé sur leur champ de terre, le regard de ses femmes nous dévoile tout l'amour qu'elle porte à leurs enfants, la foi en leurs déesses, la difficulté du pardon. Leur destin exceptionnel force l'admiration, la tendresse et le respect…
Lien : https://lire-et-vous.fr/2021..
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BiblioJoy
  02 juillet 2021
Un roman poignant, empathique, fruit de recherches de qualité, enrichissant.
Puissance de l'amitié - Sororité - Culpabilité - Drames influant les destins - Long chemin du pardon.
COREE DU SUD – ILE DE JEJU - Des années 1930 à 2000.
« Une vieille femme est assise sur la plage, un coussin calé sous les fesses, occupée à trier des algues échouées. Jeju est sa maison, une île connue pour ses Trois Abondances : le vent, les pierres et les femmes ».
Sur l'île de Jeju la société est matrifocale, culture centrée sur les femmes. Leurs activités professionnelles régentent l'organisation familiale. La mère et la mer sont au centre de la vie sur Jeju guidée par des rituels ancestraux.
« Quand elle est dans la mer, elle est dans le ventre du monde ».
Plongée et pêche sous-marine tissent leur quotidien rythmé par les chants, les croyances, les traditions et rites chamaniques. Ces femmes plongeuses sont des haenyeo, véritables légendes vivantes de l'île de Jeju.
Sur cette île, Grand-mère Seolmundae veille… « Elle est le grand volcan au centre de notre île. Certains l'appellent mont Halla, le Pic qui Attire la Voie Lactée, ou la Montagne de l'Ile Bénie. Pour nous, elle est notre île. »
Chargées de leur panier sur le dos, les haenyeo entament leur dur labeur, unies par la passion de la mer.
Les mères guident les filles qui expriment respect et gratitude envers leurs aînées.
Amour – Inspiration – Pulsation – Souffle – le sumbisori (souffle et inspiration au retour à la surface).
« Chaque femme qui entre dans la mer porte son cercueil sur son dos (…) Dans le monde sous-marin, nous portons le fardeau d'une vie difficile. Chaque jour, nous évoluons entre la vie et la mort ».
Dans les années 1930 Young-Sook et Mi-Ja sont deux jeunes filles, amies de toujours elles sont comme des soeurs, ces « plongeuses novices » s'apprêtent à débuter dans ce métier plein de dangers « une plongeuse avide est une plongeuse morte ».
Dans le village, on reste toujours vigilant, méfiant, face à l'intrusion des pieds-fendus les « chokpari » - menace permanente du Japon colonisateur, à la fois voisin et ennemi cruel.
Occupation japonaise, Seconde Guerre Mondiale, guerre de Corée - atrocités et massacres, tout vacille ; Young-Sook et Mi-Ja seront ébranlées par ces conflits, des vies seront bouleversées, fracturées.
« Peu importe le nombre d'offrandes que l'on fait aux déesses, il est presque impossible de changer son destin ».
Un roman rendant hommage à ces femmes aux visages burinés par la mer, le soleil, le froid, le vent, visages à la couleur du cuir tanné, aux rides de tristesse et de joie.
Formidable exemple de courage, de persévérance et d'humilité, travaillant de l'aube au crépuscule, ces femmes forcent l'admiration et le respect.
Elles vivent par et pour la mer - leur deuxième maison, leur préférée.
« Je la connais mieux – ses rochers, ses champs et ses canyons – que je connaîtrai jamais l'intérieur de notre île, sans parler de l'intérieur de l'esprit de mon mari. La mer est l'endroit où je suis le plus en paix ».
*
Les haenyeo sont aujourd'hui de moins en moins nombreuses, leur tradition est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco.
*
J'ai adoré ce roman puissant, dur et magnifique. Une très belle découverte.
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Fuyating
  26 juin 2020
Un nouveau roman très réussi de la part de Lisa See ! Une lecture passionnante abordant divers thèmes, que ce soit au niveau anthropologique, sociétale, historique ou tout simplement sur la nature humaine.
Ce roman, comme le livre précédent de Lisa See (« La mémoire du thé »), peut être lu comme une étude anthropologique. En effet, il est foisonnant de détails sur les haenyeo et la société matrifocale (une culture centrée sur les femmes). Nous en apprenons beaucoup sur ces nageuses de l'île de Jeju, leur travail, leur quotidien et leur solidarité entre plongeuses. Ce sont des femmes fortes qui font vivre leur famille. Elles seules ramènent de la nourriture et de l'argent tandis que leurs maris sont des hommes au foyer, font la cuisine et gardent les enfants. le récit est absolument passionnant et j'ai adoré suivre ces femmes qui s'entraident et prennent soin les unes des autres, chantant des chansons colorées et abordant des sujets parfois grivois (pour l'époque). La mer est toute leur vie, elle leur donne de quoi vivre, mais est aussi dangereuse et destructrice. J'ai également aimé le détail selon lequel elles se reconnaissent à leur sumbisori qui est unique (le souffle et l'inspiration qu'elles prennent quand elles fendent l'eau et reviennent à la surface).
L'auteure nous dévoile l'importance du chamanisme qui est très présent sur l'île. Les haenyeo y font souvent appel, même pendant l'interdiction des croyances. Cela leur permet d'essayer de trouver la paix à la mort de l'une des leurs et de pouvoir replonger sans crainte.
Nous y voyons aussi comment peu à peu le métier évolue et tentent moins les jeunes filles au fil du temps qui, grâce à leur mère, peuvent enfin faire des études (qui n'étaient avant destinées qu'aux garçons) et privilégier un métier moins dangereux.
Nous en apprenons également beaucoup sur l'Histoire de l'île de Jeju, ayant connu moults drames. Nous y découvrons la vie difficile sous occupation japonaise, les enrôlements de force de jeunes hommes dans l'armée pendant la Seconde guerre mondiale, puis l'arrivée des Américains et les massacres ayant suivis, connus sous le terme d' « Incident du 3 avril ». Il est terrible de voir le nombre de morts et de familles détruites, ainsi que l'impossibilité à de nombreuses personnes de partir de l'île ou de faire des études à cause de la culpabilité par association, culpabilité d'ailleurs pour la plupart du temps absolument pas prouvée.
Outre l'Histoire et la société coréenne, nous y trouvons également des thèmes universels : la puissance de l'amitié et de la solidarité, l'importance de la transmission, mais aussi la souffrance d'un deuil, le long chemin de la résilience et du pardon.
J'ai été très touchée par les deux héroïnes Young-sook et  Mi-ja, par la beauté de leur amitié, et bouleversée par leur destin et les drames auxquelles elles ont dû faire face.
Je vous recommande donc chaudement cette magnifique lecture, très touchante et passionnante. L'auteure a fait de nombreuses recherches pour écrire ce livre et nous fait part de sa bibliographie et de ses rencontres à la fin du roman.
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Mariloup
  13 octobre 2020
L'île des femmes de la mer de Lisa See est le seul roman que j'avais sélectionné lors de la masse critique organisée par Babelio, c'était celui qui me tentait le plus, celui que j'avais envie de lire depuis sa sortie. J'étais donc heureuse d'apprendre que j'allais le recevoir, le dévorer et le chroniquer. de plus, cela faisait longtemps que je voulais lire un roman de Lisa See et c'est aujourd'hui chose faite!
J'avais eu un gros coup de coeur pour le roman Filles de la mer de Mary Lynn Bracht dans le même genre, qui mettait aussi en avant les Haenyeo, ces femmes de la mer, bien que L'île des femmes de la mer est plus centrée sur elles alors que Filles de la mer se concentrait sur un autre sujet, notamment sur les femmes de réconfort pendant la Seconde Guerre Mondiale. Récemment, j'ai vu un documentaire sur ces fameuses femmes de la mer dont la pratique traditionnelle est encore présente bien que cela se perde avec le temps. Rien que ce documentaire m'a donné envie d'en savoir plus sur elles.
Que sont les Haenyeo de manière générale? Ce sont des femmes de tout âge, originaires de l'île de Jeju, au Sud de la Corée. Elles sont connues pour être de grandes plongeuses en apnée, courageuses et impressionnantes qui pêchaient pour nourrir leurs familles pendant que les hommes s'occupaient des enfants, malgré les très nombreux dangers de la mer. Elles sont représentatives d'une structure matriarcale sur l'île. Dans L'île des femmes de la mer, nous suivons la vie de Young-Sook et Mi-Ja, deux grandes amies, presque des soeurs, des Haenyeo des années 30 à 2008. Et quelle histoire!
Ce roman est une vraie mine d'informations! On sent vraiment que l'autrice s'est documentée, qu'il y a un vrai travail derrière pour que ce soit le plus réaliste possible et c'est tellement enrichissant! J'ai tellement appris sur les Haenyeo de jadis et celles d'aujourd'hui. J'ai pu voir l'évolution de cette pratique au fil du temps. J'aime le fait que ces femmes aient porté leur famille à bout de bras, qu'elles aient toujours gardé un lien avec Mère Nature, qu'elles ont maintenu l'équilibre en ne prenant que ce qui était nécessaire à la survie malgré les difficultés, qu'elles aient risqué leur vie pour prendre soin des leurs. J'ai apprécié cette solidarité entre femme de toute génération et de tout statut, cette transmission des valeurs et traditions de génération en génération. C'est quand même fou de savoir que cette pratique est désormais inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité de l'Unesco!
C'est aussi l'aspect historique qui m'a plu. Je ne suis pas très coutumière des épisodes de guerres et des événements dramatiques en Corée, en Asie de manière générale mais je commence vraiment à m'y intéresser. J'ai donc été ravie d'avoir les contextes suivants : l'avant/pendant/l'après Seconde Guerre Mondiale, la Guerre de Corée et un certain Incident du 3 avril qui fit des centaines de morts (de nombreux innocents tués). Ce fut très instructif et j'ai désormais hâte d'en savoir plus, je vais m'y intéresser de plus près.

Ce roman prend aux tripes, est émouvant même si pour ma part, je regrette de ne pas avoir au moins versé une petite larme et il y avait quand même un manque de rythme, pas mal de longueurs. C'est une lecture incroyablement féministe et inspirante, un récit à la fois beau et cruel. C'est une histoire de famille, d'amour, d'amitié, de survie, de valeurs, de traditions, de pertes, de douleur, de religions, de morts et de vie.
En bref, j'ai beaucoup aimé ma lecture avec laquelle j'ai tant appris, qui m'a inspiré, qui m'a fait voyager. Je ne regrette pas l'aventure! C'est le premier roman de Lisa See que je lis et je compte bien ne pas m'arrêter là, plusieurs de ses titres attendant bien sagement dans ma PAL. Belle découverte!
Je remercie Babelio et les éditions Pygmalion pour l'envoi et la découverte de ce roman que je voulais absolument lire.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
MalavellaMalavella   26 mars 2021
Sur cette bénédiction - et cet avertissement - Mi-ja me prit la main et nous sautâmes ensemble dans l’eau, les pieds en premier. Aussitôt, le choc du froid. Je m’agrippai à ma bouée, les jambes battant sous moi. Mi-ja et moi nous regardâmes dans les yeux. Il était temps d’avaler notre souffle d’eau. Ensemble, nous prîmes un souffle, un souffle, un souffle, emplissant entièrement nos poumons, élargissant notre poitrine. Puis nous descendîmes. Près de la surface, la lumière filtrait, turquoise et brillante. Autour de nous, les autres descendaient dans le canyon qu’avait décrit Mère, la tête pointée vers le fond, les pieds tendus vers le ciel. Ces femmes étaient rapides et puissantes, elles avançaient d’une longueur de corps, une autre longueur de corps, toujours plus profond dans l’eau d’un bleu toujours plus sombre. Mi-ja et moi peinions à prendre une posture si droite. Le pire pour moi, c’était le masque. Même à cette faible profondeur, sous l’effet de la pression, le bord en métal m’entaillait la peau. Il limitait aussi ma vision périphérique, créant un danger supplémentaire et m’obligeant à redoubler de vigilance dans cet environnement spectral.

En tant que plongeuses novices, Yu-ri, les Kang, Mi-ja et moi pouvions seulement descendre de deux longueurs de corps, mais j’observais ma mère disparaître dans l’abîme noir du canyon. J’avais toujours entendu dire qu’elle pouvait atteindre vingt mètres, parfois plus, en un seul souffle, mais mes poumons me brûlaient déjà et mon cœur battait dans mes oreilles. Je donnai un coup de pied pour remonter, j’avais l’impression que mes poumons allaient exploser. Dès que je perçai la surface, mon sumbisori éclata et se répandit dans l’air. On aurait dit un profond soupir – aaah – et je m’aperçus que c’était exactement comme Mère me l’avait toujours décrit. Mon sumbisori était unique. De même que celui de Mi-ja, que je découvris quand elle fendit l’eau à côté de moi. Wheeee. Nous nous sourîmes, avalâmes à nouveau notre souffle d’eau et replongeâmes. La nature me disait quoi faire. Quand je remontai à nouveau à la surface, j’avais un oursin à la main. Ma première prise ! Je le plaçai dans le filet accroché à mon tewak, pris une autre série de profondes inspirations et redescendis. Je restais dans le champ visuel de Yu-ri, même si nous faisions surface à différents intervalles. Dès que je cherchais Mi-ja, je la trouvais à moins d’un mètre de l’une des sœurs Kang, qui restaient elles-mêmes proches l’une de l’autre.
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MalavellaMalavella   26 mars 2021
(Saut en avant vers 1968)
Nous étions accroupies devant le bulteok quand un homme nous cria dans un mégaphone :
« Aujourd’hui, les grand-mères plongeuses partiront à deux kilomètres pour travailler en profondeur. Je demanderai au capitaine de déposer les plongeuses juniors dans une crique riche en oursins. Nous n’avons pas de plongeuses novices aujourd’hui, donc pas besoin de nous en préoccuper. Je vous dis toujours qu’il nous faut davantage de plongeuses novices. S’il vous plaît, continuez à encourager les jeunes femmes de votre famille à rejoindre le collectif. »
Il était déjà assez énervant qu’un homme nous dise quoi faire, mais qu’il crie dans un mégaphone rendait la situation encore plus insupportable. Nous étions peut-être dures de l’oreille, mais tout le monde avait toujours réussi à me comprendre quand nous étions assises autour du feu pour discuter du programme de la journée. J’étais toujours la cheffe de notre collectif, et les autres haenyeo se tournèrent vers moi pour remettre cet homme à sa place.
« Comment sommes-nous censées recruter des plongeuses novices si vous avez changé les règles pour dire qui peut plonger ?
— Ce n’est pas moi qui ai changé les règles, cria-t-il, indigné.
— Très bien. Pas vous. Des politiciens loin d’ici ont fait une loi, mais que savent-ils de nos pratiques et de nos traditions ? »
L’homme bomba le torse. Ce n’était vraiment pas sa faute, mais la loi adoptée six ans plus tôt qui n’autorisait qu’une seule plongeuse par famille – sans nous demander notre avis – avait été un coup terrible pour les foyers dont le revenu dépendait des grand-mères, des mères et des filles.
« Depuis toujours, si une femme se marie ou déménage, elle perd ses droits dans son village, dit-il.
— Et alors ? Il y a des années, quand je me suis mariée et que je suis partie dans un autre village, j’ai tout de suite été acceptée dans le collectif. Maintenant, une femme ne peut demander une licence qu’après avoir vécu soixante jours dans un nouveau village. Et si sa mère ou sa belle-sœur est déjà plongeuse, alors…
— S’il ne peut y avoir qu’une seule plongeuse par foyer, comment pouvons-nous amener nos filles en mer ? intervint Yang-jin.
— Et même si je pouvais les amener, pourquoi le ferais-je ? ajoutai-je.
— Vous allez me parler de Joon-lee, c’est ça ? » demanda l’homme avec un profond soupir.
Oui, car je savais que cela l’agaçait.
« Ma fille cadette fréquente l’université à Séoul.
— Je sais, je sais.
+ Lire la suite
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FuyatingFuyating   25 juin 2020
Personne ne choisit une amie pour nous ; nous nous rapprochons par choix. Nous ne sommes pas liées par une cérémonie ni par la responsabilité d'enfanter un fils ; ce sont les moments qui nous lient. L'etincelle quand nous nous rencontrons. Les rires et les larmes. Les secrets gardés, chéris et protégés. L'émerveillement que quelqu'un puisse être tellement différent de toi et pourtant comprendre ton coeur comme personne d'autre.
+ Lire la suite
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MalavellaMalavella   27 mars 2021
Agriculteurs, pêcheurs, ouvriers et haenyeo participèrent à la grève, ainsi que des policiers, des enseignants et des agents des postes. Les hommes d’affaires quittèrent leur bureau au port, dans les banques et les entreprises de transport. Les commerçants fermèrent boutique. La grève fut un succès immédiat et écrasantmais les dirigeants la qualifièrent d’influencée par les rouges. Cela poussa le gouvernement militaire américain à faire front avec les plus intransigeants et le gouvernement du continent pour envoyer des membres de l’Association des Jeunes Hommes du Nord-ouest pour aider à maintenir l’ordre.
Je me rendis au bulteok non pour travailler mais pour échanger des informations. Tout le monde avait quelque chose à dire, mais aucune bonne nouvelle.
« La plupart des hommes de l’Association des Jeunes Hommes du Nord-ouest se sont enfuis de la zone au nord du 38e parallèle. Ce sont les pires ! » bouillait Gi-won.
Sang-mun aussi avait réussi à fuir le territoire sous contrôle communiste, j’avais donc une idée de ce que cette expérience pouvait faire à un homme.
« Beaucoup d’entre eux sont des bandits, des délinquants, des criminels », renchérit Ki-yeong, ma voisine. Puis elle ajouta une nouvelle triade, presque comme un slogan : « Ils sont féroces, violents et sans pitié.
— J’ai entendu dire ça aussi, concorda Gi-won. Ils sont arrivés ici sans rien. C’est dire à quelle vitesse ils ont dû fuir de chez eux. Maintenant, on leur dit de se payer sur la bête. Vous allez voir. Ils vont être encore plus voraces que les Japonais quand il s’agira de voler notre nourriture et nos autres ressources. »
Mais ce fut la fille de Ki-yeong, Yun-su, qui rapporta l’information la plus effrayante.
« Une amie m’a raconté qu’ils se comportent comme des chiens enragés quand il s’agit de communisme. Ils détestent Jeju parce qu’ils croient qu’on est des rouges. J’ai entendu dire qu’ils appelaient l’île le Petit Moscou. Ils appellent Jeju l’île aux cauchemar."
+ Lire la suite
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MariloupMariloup   13 octobre 2020
"Quand nous allons à la mer, nous partageons le travail et les dangers. Nous récoltons ensemble, trions ensemble et vendons ensemble, car la mer elle-même est notre bien commun."
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Vidéo de Lisa See
« Inspirée par des faits réels, Martha Hall Kelly a tissé l'histoire de trois femmes durant la Seconde Guerre mondiale, une histoire qui montre le courage, la lâcheté et la cruauté de ces années. Cette part de l'Histoire ? et de l'histoire des femmes ? ne doit jamais être oubliée. » Lisa See, auteure de Filles de Shanghai
« Un roman qui met en lumière les souffrances de ces femmes, et de tant d'autres. J'ai été émue aux larmes. » San Francisco Book Review
À New York, Caroline Ferriday travaille au consulat français. Mais lorsque les armées hitlériennes envahissent la Pologne en septembre 1939, c'est tout son quotidien qui va être bouleversé.
De l'autre côté de l'océan, Kasia Kuzmerick, une adolescente polonaise, renonce à son enfance pour rejoindre la Résistance. Mais la moindre erreur peut être fatale.
Quant à l'ambitieuse Herta Oberheuser, médecin allemand, la proposition que lui fait le gouvernement SS va lui permettre de montrer enfin toutes ses capacités. Mais une fois embauchée, elle va se retrouver sous la domination des hommes...
Les vies de ces trois femmes seront liées à jamais lorsque Kasia est envoyée à Ravensbru?ck, le tristement célèbre camp de concentration pour femmes. À travers les continents, de New York à Paris, de l'Allemagne à la Pologne, Caroline et Kasia vont tout tenter pour que L Histoire n'oublie jamais les atrocités commises.
Un premier roman remarquable sur le pouvoir méconnu des femmes à changer L Histoire à travers la quête de l'amour, de la liberté et des deuxièmes chances.
Plus d'infos sur le livre : http://www.editionsleduc.com/produit/1393/9782368121931/
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