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Héloïse Esquié (Traducteur)
EAN : 9782266300742
592 pages
Éditeur : Pocket (01/10/2020)
4.09/5   280 notes
Résumé :
À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu'elle lui succède. Mais le jour où Harley est en passe de reprendre les rênes de l'empire familial, elle décide de faire les choses à sa manière, même si cela signifie de quitter le chemin tracé par son pèr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (111) Voir plus Ajouter une critique
4,09

sur 280 notes

Kirzy
  06 octobre 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #28 °°°
Ce que je retiens de ce roman noir très réussi, c'est avant tout son incroyable héroïne, la puissante Harley, 22 ans, héritière malgré elle d'un empire criminel construit par son père, mais aussi d'une violence en bandoulière pour laquelle elle est surentrainée depuis son enfance pour être prête le jour où son règne viendra et qu'il faudra prendre possession de son territoire.
Du coeur et des tripes. C'est elle qui apporte toute sa force à une intrigue somme toute classique de guerre des clans emplie de fusillades, de trahisons et de corruption dans une Californie rurale du Nord racontée comme un western contemporain.
3 jours pour tout changer, 3 jours pour trouver une autre voie, 3 jours pour reprendre les rênes à sa manière et vivre sa vie loin des diktats familiaux ou masculins.
La première phrase harponne direct : « J'ai huit ans la première fois que je vois papa tuer un homme. » le récit se fait ensuite très habile, mêlant temps présent et passé de Harley qui nous permet de découvrir son éducation de tueuse d'élite. On s'attache irrémédiablement à cette héroïne à l'humanité profonde, pleine de doutes et de contradictions, animée par une détermination ahurissante, guidée par un féminisme instinctif qui la pousse à diriger un motel-refuge pour protéger des femmes battues, des laissées pour compte victimes de multiples violences.
J'ai dévoré les 600 pages comme une mort-la-faim, chaque fin de ( courts ) chapitres t'injectant une dose d'adrénaline ou de suspense qui te pousse à poursuivre. Même si on comprend assez vite dans quelle direction va se diriger le plan méticuleux de Harley, le plaisir de lecture est là, la fin est belle, entre ténèbres et rédemption. Fascinante Harley au « coeur en fil de fer barbelé » ( traduction du titre original « Barbed wire heart ».4
Lu dans le cadre du jury Grand Prix des Lectrices Elle 2020 ( n°12 )
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michfred
  23 février 2020
Y a un truc que je ne fais pas, c'est descendre un bouquin que je n'ai pas lu.
Juste après,  un autre truc que je n' aime pas,  c'est critiquer un bouquin pas fini.
Et juste après encore ,  c'est ne pas finir un livre. (Ça c'est mon côté bonne élève qui me fait ch*** depuis toujours. Mais je travaille ardemment à ma rééducation ! ).
Mais quand ledit bouquin est écrit- ou traduit?- sans le moindre soin, sans la plus petite originalité, voire avec des fautes,
- quand l'héroïne est une sorte de  croisement entre la  Turtle de Gabriel Tallent, sans le talent, justement,  et la Daronne, sans l'humour ni l'autoderision- miss Harley Mac Kenna a le second degré d'un aficionado du PSG et ne se prend pas pour un quartier de mandarine!
-quand tu as le sentiment d'être passée derrière le décor d'un théâtre de marionnettes et de voir les ficelles beaucoup plus que les marionnettes,
- quand , en posant ton doigt sur ta liseuse,  tu as l'impression que les % défilent comme une procession de pénitents dans la neige, et chargés de croix pesantes,
-quand tu vas à la table des matières et que tu vois avec horreur que tu n'en es qu'au chapitre 8 et qu'il y en a encore  51   comme celui-là....
- quand tu as dans la tête l'inénarrable critique de Ziliz, qui n'a pas craint, elle, de s'arrêter au bout de 150 pages- ça fait quoi, 150 pages en % de liseuse?-,
alors, foin des principes,
foin des lois non écrites de l'Antigone de la lecture,  de l'ex prof que je suis,
foin des regards cinglants de ces lecteurs héroïques qui vont jusqu'au bout de leur pensum,
(et pardon à mes ouvreurs de piste favoris que je vais lâchement abandonner en rase campagne- cher Gruz, mea culpa!- )
j' abandonne Mon Territoire et je cède la place.
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tutesvuquandtaslu
  31 décembre 2020
J'ai lu Mon territoire de Tess Sharpe
C'est un coup de cœur pour moi.
J'ai découvert une petite pépite, un page turner unique en son genre.
Je n'ai jamais autant apprécié une "méchante".
Suivre cette jeune femme qui devra tout mettre en œuvre pour garder le contrôle des affaires familiales, des trafics créés il y a des générations.. C'est en retenant mon souffle pour elle que j'ai découvert sa vie, son courage et sa détermination.
Quel livre ! Quelle aventure qui se déroule sur 3 jours maximum..
L'ambiance, les méchants cruels mais justes. J'ai retrouvé un peu de la série Sons of Anarchy dans ces pages..
Je vous le recommande chaudement.
L'avez-vous lu ?
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Crossroads
  08 octobre 2019
Vous prenez Turtle , l'héroïne de My Absolute Darling, puis vous l'imaginez sans son langage à faire pâlir un charretier atteint du syndrome Gilles de la Tourette, vous voilà désormais en présence de notre nouveau petit prodige, j'ai nommé Harley McKenna.
Outre un traumatisme durable, occasionné dès l'âge de huit ans, et dû à la mort violente de sa mère puis à la découverte du vrai visage de son paternel, caïd du coin, gentil psychopathe à ses heures perdues -et des heures de ce calibre, il en a à revendre- tout va bien dans le pire des mondes, le sien.
Formatée à la dure pour succéder à daddy, elle allait lui montrer que l'hérédité en matière de violence avait des limites qu'elle se refusait à franchir, au risque de s'aliéner ce dernier, ce qui, en terme de bonne résolution, arrivait vraiment en toute fin de liste.
C'est qu'elle a de qui tenir, la gamine !
Des gênes qui ne trompent pas.
Un héritage chromosomique prédestiné à envoyer du bois sévère.
Un empire familial, spécifiquement en matière de drogue, ça se mérite.
Deux options, marcher dans les traces gémellaires du père ou s'en affranchir à ses risques et périls.
Outre une construction personnelle plus que délicate, Harley fait accessoirement dans la vengeance qui se mange froid et l'amour contrarié.
Vaste programme s'il en est, Mon Territoire se déguste plus qu'il ne se dévore.
Alternant brillamment présent, sur un court laps de temps, et divers tableaux aux couleurs patinées par le temps, l'album de famille s'égrène doucettement pour finalement dresser le portrait d'une gamine élevée dans la douleur et le ressenti, prémices annonciateurs d'une personnalité guerrière à la détermination sans faille.
J'ai aimé ce rythme faussement indolent, cette construction temporelle loin d'être originale pourtant, ce personnage faillible au destin hors norme.
Une fortune qu'elle se sera construite à grands coups de canif dans le contrat.
Un rapport père/fille orageux qui n'aura de cesse de s'auto-alimenter au fil du temps mais un amour latent qui suinte, malgré tout, par tous les pores de ces deux êtres que tout oppose.
Pour un premier roman, Tess Sharpe fait ici preuve d'une maîtrise narrative époustouflante.
Vous, je sais pas, mais moi, j'ai déjà la carte de fidélité !
Merci à Babelio et aux éditions Sonatine pour ce bienvenue en terr(itoir)e inconnue.
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musemania
  13 octobre 2019
Depuis sa sortie fin septembre, ce livre fait quasi l'unanimité sur les réseaux sociaux. Même si je ne lis pas les chroniques et critiques des autres blogueurs afin de ne pas brouiller l'opinion que je pourrais me faire du livre, il était difficile de passer à côté de ces louanges. J'avoue que j'étais assez dubitative dans le sens où les avis étaient très largement positifs. Lorsque tout le monde semble penser la même chose, j'ai un peur d'être ensuite déçue, ayant forgé une trop forte attente.
À la lecture des premières pages, j'ai eu quelques hésitations, me demandant si j'allais aussi apprécier ce thriller. Finalement, j'ai été agréablement surprise et me suis laissée transportée avec son héroïne, Harley.
A proprement parler, il me semble plus se rattacher à un thriller ou roman noir, qu'à un polar puisqu'il n'y a pas vraiment d'enquête policière. Avec une atmosphère très sombre, nous sommes loin des métropoles glamours des Etats-Unis, mais bien dans l'Amérique profonde. le récit se déroule en Californie du Nord, loin de toute grande ville, loin des strass et paillettes de Los Angeles et d'Hollywood.
Au fin fond des bois, où le peuple du cru vit reclus, loin des touristes et de la modernité, on y suit l'histoire d'Harley McKenna. Elle est une jeune femme, orpheline de mère dès son plus jeune âge et dont le père est un peu une sorte de mafioso locale qui trempe dans toutes les mauvaises combines : comme la drogue et les armes. Malgré ses vices, Duke a tenté d'élever du mieux que possible son unique fille, tout en lui inculquant un code de moralité strict. Ayant grandi dans une quasi solitude et ayant dû acquérir une certaine indépendance dès son plus jeune âge, Harley est en voie de marcher dans les traces de son patriarche. Pourtant, Harley souhaite prendre son destin entre ses mains, chose pas forcément évidente lorsque l'on est l'unique héritière du clan McKenna.
Harley a tout de l'héroïne des temps modernes : une personnalité forte, une identité qu'elle souhaite se construire seule, une battante qui ne baisse pas les bras. Je n'ai d'office pu que m'attacher à elle. Alternant dans les chapitres, le présent au passé, reconstruisant de la sorte l'enfance et l'adolescence de Harley et de sa famille, l'auteure sait n'en dévoiler qu'au compte-gouttes, donnant ainsi l'envie aux lecteurs de poursuivre sa lecture. A aucun moment, Tess Sharpe ne tombe dans la mièvrerie ou dans l'ultra-militantisme féministe. de ses failles et de celles de sa famille, Harley en a fait ses forces.
Il est indéniable que l'auteure dispose d'un talent certain et que pour un premier roman, elle a placé la barre très haute. Je pense qu'Harley me hantera encore longtemps car même une fois la dernière page tournée, elle ne peut être que difficilement oubliée.
J'ai lu ce thriller dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle 2020 - sélection Polar pour le mois d'octobre.
L'autre thriller qui n'a, cependant, pas été retenu était « La neuvième tombe » de Stefan Ahnhem aux éditions Albin Michel, qui me tentait aussi beaucoup; dommage…
Lien : https://www.musemaniasbooks...
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critiques presse (1)
LeMonde   30 août 2019
L’Américaine Tess Sharpe donne cœur et tripes à Harley, héritière d’un empire criminel dans le nord de la Californie. Une Patronne qui n’a pas froid aux yeux.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
JulitlesmotsJulitlesmots   04 septembre 2019
« J’ai huit ans la première fois que je vois papa tuer un homme. Je ne suis pas censée voir ça. Mais ces dernières semaines, depuis que maman est morte, chaque fois que tonton Jake s’absente, je suis complètement livrée à moi-même.

Je passe beaucoup de temps dans les bois ; je me perche dans les abris de chasse au cerf pour jouer ou je grimpe aux arbres pour voir jusqu’à quelle hauteur je peux arriver sans l’aide de personne. Parfois je pleure, parce que maman me manque. Parfois je ne peux pas m’en empêcher.

Mais je m’efforce de ne pas le faire en présence de papa.
J’aime les bois. Ils sont à la fois très bruyant et très silencieux, la bande-son et la berceuse de ma vie, d’aussi loin que je me souvienne. Lorsque j’escalade les grands chênes, me hissant de toutes mes forces, lorsque je me cramponne, saute et me balance le long des branches et de l’écorce tel un écureuil, je suis forcée de faire attention, sans quoi je risquerais de glisser et de tomber. Quand je grimpe, je n’ai pas à penser à l’absence de maman. Ni à papa, qui ne sait plus que tempêter dans un nuage de whisky, nettoyant ses fusils en marmonnant des imprécations contre les Springfield en réclamant du sang.

Ça fait trois semaines et demie que maman est morte, et déjà mes paumes sont gercées par l’escalade. J’ai des croûtes sur les genoux de la fois où je suis tombée du grand séquoia près de la rivière. Mes doigts sont tachés de jus de mûres et mes bras griffés par les ronces. Mes poches se gonflent des trésors que je trouve dans la forêt – des choses qu’elle aurait aimées : des plumes de geai bleu et des cailloux lisses parfait pour faire des ricochets, un gland éclaté qui ressemble à un visage.

J’entrepose les cadeaux de la forêt dans un abri de chasse au cerf. Tonton Jake a promis qu’il me ramènerait sur la tombe de maman, même si papa l’a fusillé du regard quand il a dit ça. Je veux lui apporter mes présents, parce que tonton Jake dit qu’elle est au ciel, qu’elle vieille sur nous.

Parfois, je lève les yeux et j’essaie d’imaginer ça. J’essaie de la voir.

Mais il n’y a rien d’autre que des branches et des étoiles.

Papa ne remarque pas que je suis tout le temps partie, au chaud dans l’étreinte de la forêt. Il a d’autres soucis en tête. «
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sylviedocsylviedoc   24 juin 2020
(note de l'auteure en fin de roman)
Les personnages néonazis représentés dans ce livre correspondent aux stéréotypes que l'on associe généralement aux suprémacistes blancs dans notre société : un homme sans éducation, pauvre, délinquant, dans un milieu rural. (...)il serait irresponsable de ne pas souligner que ce type d'individus ne représente qu'une facette de la peste suprématiste blanche profondément ouvertement et insidieusement enracinée dans notre pays et notre société.
Il n'y a pas que les hommes blancs ruraux qui portent des tatouages de swastikas, qui adoptent ces croyances haineuses et les appliquent. Il peut s'agir d'un collègue. D'un voisin. D'un membre de votre famille.Du politicien pour lequel vous avez voté. Du fils des voisins, ce jeune garçon bien habillé qui tond votre pelouse. Cette haine ne se limite pas au Sud, ni aux régions rurales minées par la pauvreté de ce pays. Elle est partout, un poison cousu dans la matière même de ce pays ; sa fondation, son passé et son présent. Et il faut la combattre, la dénoncer et l'éradiquer partout, en particulier lorsque vous bénéficiez de la puissance conférée par le privilège blanc, comme moi.
Tess Sharpe
(J'ajouterai juste : bon courage !)
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ZilizZiliz   23 septembre 2019
Elle vient de l'une de ces familles archi-fondamentalistes où les femmes ne sont guère plus que des pondeuses. Ils les éduquent à la maison, les marient jeunes, et s'arrangent pour qu'elles soient continuellement enceintes. […] Si un homme viole une fille, tout ce qu'il a à faire, c'est se repentir, et tout est arrangé aux yeux de l'idée qu'ils se font de Dieu… Les femmes représentent des tentations si terribles, après tout. Ils glissent l'affaire sous le tapis, rejettent la faute sur la femme, et puis ça recommence encore et encore et encore.
(p. 62)
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AllilyAllily   11 octobre 2019
Je pense à maman, à ce dont je me souviens d’elle. Des éclairs de robes colorées et de santiags, des bijoux volumineux argent et turquoise, le discret parfum de lys qui flottait autour d’elle. Son amour de la forêt et les petits trésors qu’elle récoltait ici : une brindille tordue ressemblant à un point d’interrogation, une mousse en forme de cœur sur une pierre. Son sourire, sa manière de me prendre dans ses bras et de me soulever de terre.

Avant je me demandais ce qui se serait passé si elle avait survécu. Mais plus je vieillis, plus c’est difficile. Ma vie est ce qu’elle est. Mon destin est écrit depuis le jour de sa mort. Et il est temps de le reprendre en main.
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aiguebeletteaiguebelette   25 octobre 2019
J'aime les bois. Ils sont à la fois très bruyants et très silencieux, la bande-son et la berceuse de ma vie, d'aussi loin que je me souvienne.
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