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EAN : 9782917689400
200 pages
Editions ActuSF (24/10/2012)
3.34/5   46 notes
Résumé :
On dit qu’il pouvait, par son chant, charmer les animaux et les arbres, sa voix fit chavirer les sirènes elles-mêmes. Mais son coeur appartenait à Eurydice, et lorsque la mort vint la lui ravir, Orphée se présenta aux portes des enfers, armé de sa seule lyre, afin de reprendre à Hadès l’âme de sa bien-aimée.

Robert Silverberg est l’un des derniers maîtres de la science-fiction américaine. Mais c’est dans la veine de Gilgamesh, Roi d’Ourouk que l’aute... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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BazaR
  03 novembre 2019
Robert Silverberg se confronte avec la mythologie grecque ! J'espérais que ça allait étinceler de partout, mais il faut bien reconnaître que je reste plutôt sur ma faim.
Je crois que c'est l'interprétation du personnage d'Orphée qui agit directement, et assez désastreusement, sur le style employé pour raconter l'histoire. Orphée relate sa vie à son fils Musée, probablement au travers d'un écrit ou d'un chant. Il explique que, pour lui, passé, présent et futur sont mêlés, comme s'il appréhendait les événements de sa vie à l'extérieur du temps. Pour lui ne règne qu'une espèce d'éternel recommencement, de renaissances et de morts infinies (peut-être un clin d'oeil à toute nouvelle lecture de sa « biographie » qui peut être vue comme une renaissance et une nouvelle mort), une conviction acquise par l'expérience que le Destin préside et que l'homme n'a pas le choix, ni le Dieu d'ailleurs. Cela entraine chez Orphée une attitude lasse et blasée qu'il transmet terriblement dans son dernier chant : même dans les moments les plus tragiques ou épiques, il a l'air de s'ennuyer… et cet ennui passe chez le lecteur.
Ou alors mon interprétation est totalement erronée et c'est encore pire : ça veut dire que le style de Bob Montagne d'Argent se dissout tristement avec les années (c'est son avant-dernier récit, je crois).
Car il est triste de lire d'aussi prodigieuses histoires mythologiques telles qu'Orphée et Eurydice et Jason et les Argonautes dans un style aussi plat. le babéliote Oliv dit qu'il a eu l'impression de lire un synopsis et cela traduit assez bien mon propre ressenti. Parcourez la rapide évocation par Silverberg de l'histoire de Phrixos et Hellé et allez lire ensuite la nouvelle L'esprit de l'Hellespont du même Oliv(ier Boile), vous comprendrez à quel point Silverberg a extirpé de son récit toute émotion tragique.
Cela étant dit, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Il m'est toujours agréable de lire un récit mythologique, et Orphée a participé à bien des aventures. Ce dernier chant permet de resituer chronologiquement certains mythes. Sa descente aux Enfers intervient assez tôt dans sa vie. Silverberg lui invente (je crois) une période égyptienne – qui aura lieu pendant la guerre de Troie – avant de prendre part à la quête de Jason pour la Toison d'Or. On ne peut qu'imaginer le magnifique récit qu'il aurait pu en tirer s'il s'en était donné les moyens. Sa peinture d'un Jason « courageux mais imbécile » et sa Médée si inquiétante (bon, elle l'est toujours, inquiétante) étaient des éléments de grande richesse pour un roman de la taille de son Gilgamesh (que je n'ai toujours pas lu, c'est pour l'an prochain, cochon qui s'en dédit).
Un aspect intéressant du récit est le rôle que l'auteur fait jouer à la musique dans la structure de l'Univers. Et la lyre qu'Apollon offre à Orphée fait de celui-ci une sorte de « manipulateur » de cette structure même dont il appréhende les arcanes mieux qu'un astrophysicien moderne. C'est en tout cas ainsi que j'ai compris le don d'Orphée.
Le petit livre ActuSF complète le court roman par un entretien qui a été réalisé par mail. La verve dont à l'occasion Robert Silverberg a pu faire preuve quand il parlait de ses oeuvres en est absente, format mail oblige je pense. du coup les réponses paraissent sèches, souvent inattendues par l'interviewer. Mais on y trouve des informations intéressantes, notamment sur son fix-up Roma Aeterna.
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boudicca
  05 décembre 2013
Au court de sa longue carrière d'écrivain, Robert Silverberg a souvent manifesté sa passion pour L Histoire, et en particulier pour la période antique avec des ouvrages tels que « Roma Aeterna », une uchronie consacrée à l'empire romain, le recueil « Le nez de Cléopâtre » ou encore « Gilgamesh, roi d'Ourouk », roman mettant en scène le fameux souverain antique de Sumer. « Le dernier chant d'Orphée » appartient évidemment lui aussi à ce type d'ouvrages, puisqu'il donne la parole au célèbre poète thrace qui nous relate son histoire. Si les avis sur le roman semblent plutôt partagés, il m'a en ce qui me concerne beaucoup plu, en dépit de son indéniable trop grande brièveté. Les amateurs d'histoire ancienne et de mythologie seront satisfaits d'y retrouver tous les éléments connus du mythe : l'ascendance divine d'Orphée ; son règne dans sa Thrace natale ; son talent incomparable pour la musique ; son amour pour Eurydice et la douleur de sa perte ; sa participation à la quête de la Toison d'or ; et enfin sa triste et douloureuse fin aux mains des Ménades.
Parmi la multitude d'épreuves et d'aventures relatées par le poète, deux épisodes en particulier se distinguent : celui de la perte d'Eurydice et celui de la quête de la Toison d'or. En ce qui concerne le premier, je ne peux m'empêcher d'être légèrement déçue car il n'occupe finalement qu'une place très limité dans le récit. le passage de la descente aux Enfers est cela dit particulièrement réussi, Robert Silverberg ayant pris la peine de détailler les différentes étapes de l'avancée du poète ainsi que les réactions suscitées par sa complainte sur les résidents infernaux. Il aurait toutefois peut-être été préférable de développer davantage la relation entretenue par les deux amants ainsi que le personnage d'Eurydice sur lequel on apprend finalement rien de plus. le second épisode d'importance est tout aussi célèbre que le premier, même si on a tendance à y oublier le rôle joué par Orphée. La quête de la Toison d'or occupe ainsi une part conséquente du roman et revient une fois encore sur tous les éléments connus et attendus du mythe : la rencontre avec Jason et tous les héros réunis pour l'occasion, leurs déboires le long du chemin, la rencontre avec la belle sorcière Médée...
Difficile malgré la brièveté de l'ouvrage de ne pas relever la grande culture de Robert Silverberg qui revient à plusieurs reprises sur des éléments très précis de la culture grecque : les différentes divinités, certains grands évènements tels que la Guerre de Troie ou la fondation d'Athènes, des éléments liés à la religion et aux cultes à mystères... Bref, si le roman n'est certes pas particulièrement complexe, les lecteurs peu familiers avec l'histoire antique et la mythologie grecque risquent cela dit d'avoir quelques difficultés à se repérer ou bien de passer à côté de certaines références. Enfin, sachez qu'au récit du poète succède une longue interview de Robert Silverberg (dans laquelle il exprime d'ailleurs sa profonde affection pour la France). Même si certaines questions peuvent paraître un peu saugrenues ou hors de propos, l'entretien a le mérite de retracer la carrière de l'auteur et d'aborder les différents grands thèmes que l'on retrouve souvent dans les ouvrages du maître.
Si « Le dernier chant d'Orphée » n'apporte au final rien de plus au mythe grec d'origine, voilà une lecture malgré tout fort agréable, que ce soit grâce à la qualité du style de Silverberg que parce qu'il est toujours bon de se replonger dans ces grands mythes antiques qui demeurent aujourd'hui encore bien présents dans la mémoire collective.
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Oliv
  15 mai 2019
On ne peut pas dire que je sois un parfait béotien en matière de mythes grecs, pourtant Orphée est un personnage qui m'est assez peu familier. Jusqu'à présent il ne m'avait jamais vraiment intéressé, si bien que j'avais une seule image de lui, celle que tout le monde a, me semble-t-il : un jeune homme qui, armé de sa lyre, va chercher sa bien-aimée aux Enfers et se retourne sur le chemin pour la perdre de manière définitive... Mais Orphée tel que nous le présente Robert Silverberg n'est pas uniquement un musicien au talent exceptionnel. Par son art, il concourt à l'harmonie de la Création tout entière ; c'est cette fonction d'ordre cosmique, encore plus que son ascendance (fils d'un roi mortel, il est petit-fils de Zeus par sa mère) qui fait de lui une divinité. Pour le reste, résumer une novella d'une centaine de pages serait peu pertinent. Signalons juste que le lecteur y trouvera, bien sûr, le récit de la descente aux Enfers à la recherche d'Eurydice, mais pas seulement : par la suite, Orphée voyage en Égypte où il sert le Pharaon, règne sur la Thrace, part en quête de la Toison d'or sous les ordres de Jason, ou encore navigue aux côtés d'Ulysse. Une vie bien remplie, en somme !
Il ne faut pas s'attendre à une réinterprétation moderne du mythe, qui s'en servirait comme d'un prétexte pour aborder tel ou tel sujet à la mode. Au contraire, sur le fond comme sur la forme, l'ensemble est de facture très classique. Une réécriture de mythe antique, une narration à la première personne du singulier : quand on a lu l'excellent "Gilgamesh, roi d'Ourouk", la comparaison est inévitable, même si elle est injuste pour "Le Dernier chant d'Orphée" qui en une centaine de pages ne peut espérer atteindre le même niveau de développement et de profondeur qu'une œuvre quatre fois plus longue. En outre, l'auteur ne s'embarrasse pas de mise en scène sophistiquée : Orphée nous relate les faits marquants de son existence sur le mode "je vis ceci, je fis cela, nous avons rencontré un danger dont nous nous sommes sortis de cette façon"... En termes de technique littéraire, nous avons donc un récit usant du "tell" et délaissant le "show". Par conséquent, notamment dans sa partie consacrée à l'expédition des Argonautes qui occupe environ la moitié du récit, j'ai presque eu l'impression de lire un synopsis, et songé à ce qu'aurait pu être un grand roman d'aventures mythologiques qui donnerait vie aux personnages et aux événements ici esquissés... un roman qui aurait l'envergure du "Seigneur des Ténèbres" publié dans les années 80. S'agissait-il du projet initial de Silverberg, qui aurait voulu nous raconter une telle histoire mais qui, n'ayant plus son énergie d'autrefois (il a soixante-quinze ans au moment d'écrire "Le Dernier chant d'Orphée") se serait contenté d'une novella là où l'ampleur des événements appelait une vaste saga ? Ceci est particulièrement visible dans le récit d'une des dernières aventures d'Orphée : celui-ci part en expédition aux côtés d'Ulysse, les deux héros dépassent les Colonnes d'Hercule, naviguent sur l'océan et, comme une préfiguration de l'extraordinaire périple de Pythéas, se hasardent sur des terres lointaines qui semblent être la Scandinavie, ou l'Islande, le Groenland peut-être... Alléchant, non ? Sauf que ce voyage sera expédié en deux ou trois pages. C'est assez frustrant.
La lecture du "Dernier chant d'Orphée" ne suffira pas à en faire l'un de mes héros mythologiques préférés, mais je suis tout de même content de m'être rafraîchi la mémoire sur certains événements que j'avais plus ou moins oubliés, et d'en avoir découvert d'autres qui demandent désormais à être approfondis. Ce n'est sans doute pas un texte voué à marquer les esprits, il n'est pas entièrement satisfaisant en tant que tel, mais il a au moins l'immense mérite de stimuler l'imagination. On notera enfin un bonus toujours appréciable : cette édition est complétée par une longue interview de l'auteur qui semble dater d'une quinzaine d'années, c'est-à-dire avant la première parution du "Dernier chant d'Orphée" en 2010. Celle-ci revient entre autres sur sa carrière, ses thèmes de prédilection, son rapport au succès et à l'argent, etc. De toute évidence Robert Silverberg ignore la langue de bois, et il est amusant de le voir donner presque systématiquement une réponse à l'opposé de ce que l'interviewer a l'air d'attendre !
Merci à Babelio et ActuSF pour avoir proposé cette novella dans le cadre de Masse Critique.
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Aelinel
  12 mai 2019
Comme pour Songe d'une nuit d'octobre de Roger Zelazny, j'ai accepté le dernier chant d'Orphée de Robert Silverberg en service presse dans l'idée de découvrir la plume de l'auteur. Et à ce titre, je remercie les éditions ActuSF pour me l'avoir envoyé. En effet, Robert Silverberg fait partie de ces auteurs classiques en SFFF que je n'ai pas encore lu et dont les ouvrages comme le recueil de nouvelles uchroniques Roma Aeterna me faisaient de l'oeil. Adorant la mythologie et surtout le personnage d'Orphée (cela me rappelle quelques souvenirs de mon bac de latin avec Les métamorphoses d'Ovide!), cette Novella était parfaite pour débuter!
Bien avant la fameuse Guerre de Troie narrée par Homère, naît le demi-dieu Orphée, fils du roi de Thrace, OEagre et de la Muse de la poésie, Calliope. Avec une ascendance pareille, rien d'étonnant que le jeune garçon ne verse dans les Arts, d'autant plus que le dieu Apollon le prend sous son aile. Lui dispensant son savoir, le dieu solaire lui fait également don d'une magnifique lyre en or. Orphée devenu poète et musicien acquiert ainsi une solide renommée. Mais, les dieux peuvent s'avérer cruels et ce qu'ils donnent d'un côté, il peuvent aussi le reprendre de l'autre. Orphée l'apprendra à ses dépens lorsqu'il éprouvera l'amour pour la belle Eurydice puis la douleur de la perte…
L'édition d'Hélios se compose de trois parties :
– Une préface du traducteur Pierre-Paul Durastanti dans laquelle il replace le dernier chant d'Orphée par rapport à la bibliographie de Robert Silverberg.
– La novella le dernier chant d'Orphée de Robert Silverberg qui fait approximativement 120 pages (la plus longue novella de l'auteur depuis dix ans selon Pierre-Paul Durastanti).
– Une interview de Robert Silverberg par l'auteur Éric Holstein. J'en parle maintenant pour éviter d'y revenir plus tard mais j'ai trouvé l'interview vraiment très étrange, les questions d'Eric Holstein tombant souvent à côté.
Le mythe d'Orphée est l'un des plus connus de la mythologie gréco-romaine. Toutefois, contrairement aux autres héros, Orphée possède une certaine originalité et n'utilise pas la force (Héraklès, Achille), l'intellect (Ulysse) ou les femmes (Thésée, Jason) pour arriver à ses fins. Au contraire, il triomphe des épreuves en utilisant l'art (musique, chant et poésie) et les émotions qui en découlent pour faire fléchir ses adversaires :
– dans l'épisode très émouvant de la mort d'Eurydice, Orphée part aux Enfers afin de ramener son amante emportée par une morsure de serpent. Il émeut Perséphone et son époux Hadès par son chant et sa poésie afin qu'ils acceptent de laisser partir Eurydice.
– lors de l'expédition des Argonautes, au début, il n'a qu'un rôle pratique de chef de nage, c'est à dire qu'il rythme la cadence des rameurs par sa musique. Puis, il accompagne Jason sur le lieu de la Toison d'Or, gardé par un serpent géant. Il joue un rôle plus actif en aidant la princesse Médée à endormir le gardien.
Il n'est donc pas étonnant que Robert Silverberg ait repris le mythe d'Orphée car ce dernier est issu d'une longue tradition artistique depuis l'Antiquité. En effet, il n'est pas rare de trouver le célèbre chanteur et musicien sur des fresques ou des mosaïques de villas romaines, entourés d'animaux sauvages pacifiés par son charme. Il a également inspiré la littérature classique (Les métamorphoses d'Ovide) et contemporaine (la pièce de théâtre Orphée (1926) de Jean Cocteur adapté plus tard au cinéma en 1950) ainsi que la musique, notamment des Opéras (L'Orféo de Monteverdi en 1607) ou des ballets (Orpheus d'Igor Stravinski en 1947).
Pour en revenir au texte de Robert Silverberg, il se caractérise par sa forme testamentaire. En effet, le narrateur est Orphée lui-même et s'adresse à son fils Musée pour lui narrer sa vie. le titre le dernier chant d'Orphée et le début de la novella augurent donc de la fin sans surprise.
Le personnage d'Orphée est très drôle dans le sens où il est très conscient d'être un demi-dieu. Il semble assez sûr de lui et de son Art, se pense supérieur aux Humains et trouve Jason très stupide! Mais, il n'en est pas pour autant rebutant car ses épreuves (la perte de son amour pour Eurydice, son rôle dans l'expédition des Argonautes et sa fin atroce) attire la sympathie du lecteur. Quant au style littéraire de Robert Silverberg, je suis assez partagée : si la première partie sur Eurydice est assez poétique et émouvante, la seconde partie sur l'expédition des Argonautes manque un peu de souffle épique. C'est raconté de manière très linéaire et anecdotique : j'aurais voulu que cette partie soit un peu plus développée.
En conclusion, je suis très heureuse d'avoir découvert la plume de Robert Silverberg : ma lecture du dernier chant d'Orphée a été très agréable mais sans être le coup de coeur auquel je m'attendais. Toutefois, cette novella a éveillé ma curiosité et il me plairait de lire aujourd'hui Roma Aeterna.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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LaGeekosophe
  12 mai 2019
Première incursion dans l'univers de Robert Silveberg pour ma part ! Ce mastodonte de la science-fiction américaine ne m'est pas inconnu de nom ceci dit. Je suis en ce moment très intéressée par les réécritures de mythes. Alors cette réédition dans la collection Hélios m'avait bien sûr beaucoup tentée !
Tout d'abord, j'ai beaucoup apprécié la plume de l'auteur. Fluide, poétique et envoûtante, elle m'a rappelé par certains côtés celle d'Ursula le Guin dans Lavinia. En effet, nous suivons Orphée, qui raconte son existence exceptionnelle à son fils, Musée. Lyrique et pleine de charme, on est facilement emportés par cette histoire, encore plus lorsqu'on est fan de mythologie grecque.
Tous les éléments du mythe d'Orphée sont là. La mort dramatique d'Eurydice. le passage par les Enfers. le voyage avec les Argonautes, sorte d'Avengers à la sauce grecque antique. J'ai beaucoup apprécié cette dernière partie, ayant beaucoup oublié de la quête de Jason pour retrouver la Toison d'Or.
Les aventures d'Orphée permettent à l'auteur d'explorer des thèmes recherchés. La notion de destinée est très présente, mettant en avant la problématique du déterminisme et du livre-arbitre. Car Orphée, de par son ascendance divine, connaissait déjà l'aspect implacable de son existence. La question de la filiation mais celle de de l'amour comme de la connaissance et de l'héritage sont aussi évoquées. L'oeuvre se dote alors d'une certaines profondeur philosophique qui amène à la réflexion.
Autrement, j'ai trouvé certains passages un peu longuets. C'est paradoxal étant donné que cette novella est assez courte. Je regrette également que l'auteur ne se soit pas plus emparer du mythe pour le rendre plus spécifique. Au fond, on suit simplement les aventures d'Orphée telles que décrites par les mythes, avec juste quelques ajouts. C'est dommage, car cela rend l'oeuvre un peu scolaire malgré la grande sensibilité de l'écriture, et elle ne marque donc pas autant les esprits qu'escompté.
En conclusion, cette réécriture ravira les aficionados de la mythologie ! le dernier chant d'Orphée est un récit sensible doté de belles réflexions sur l'humanité et le destin qui ne manquent pas de profondeur. Cependant, j'ai l'impression que Robert Silveberg aurait pu plus s'écarter du mythe pour nous offrir une relecture plus personnelle et plus marquante.
Lien : https://lageekosophe.com/
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critiques presse (1)
Elbakin.net   02 mai 2019
Le mythe d’Orphée ne date pas d’hier - attention, voici un scoop ! - mais il est ici repris et raconté avec un talent de conteur hors pair de la part de l’auteur. C’est donc un vrai plaisir de replonger dans une telle matière.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   02 janvier 2014
Tu vas me demander pourquoi je me suis retourné. Après tout, Hadès me l'avait formellement interdit. Voici ma réponse : aucun de nous ne peut dévier de la route que lui ont tracée les dieux. Je devais me retourner et jeter ce coup d’œil fatal, tout comme Oedipe a dû assassiner le vieillard rencontré à la croisée des chemins. De la même façon, Agamemnon, grand seigneur parmi les hommes, a été contraint de ramener à Troie sa maîtresse Cassandre, provoquant le courroux de sa cruelle épouse, Clytemnestre. Et Jason, sur son Argo, n'a eu d'autre choix que de s'attirer la vengeance sanglante de Médée.
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BazaRBazaR   05 novembre 2019
Dans les années à venir, je le sais, certains philosophes affirmeront que nous sommes seuls maîtres de notre destin et que ce sont nos propres décisions qui façonnent les événements jalonnant notre existence. Ces hommes en seront sincèrement convaincus, c'est évident. D'où leur probable consternation s'ils apprennent un jour que ces idées qu'ils professeront auront été implantées dans leurs esprits par Zeus le Père en personne parce qu'elles relèvent de son grand dessein pour le cosmos et les créatures qui le peuplent.
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OlivOliv   14 mai 2019
"Je suis Orphée. Tu sais pourquoi je suis ici...
— Oui, je le sais. Tu veux retrouver ton épouse."
Je ne lui laissai pas l'occasion de m'annoncer que cette requête me serait refusée. Je devais attendrir Perséphone avant qu'elle ne profère un mot d'interdiction. Maniant ma lyre comme Zeus manie sa foudre, je tissai un filet ensorcelé dont j'enveloppai la souveraine du royaume des ténèbres. Je lui chantai l'amour d'Orphée et Eurydice, la mort d'Eurydice, mon désespoir, mon errance, l'espoir que j'avais de la retrouver, et j'implorai Perséphone. Je la suppliai de me rendre mon épouse, au nom de cet aspect de Dieu que l'on nomme l'amour ; ainsi, je pourrais à nouveau sillonner le monde en en chantant les merveilles et les joies.
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BazaRBazaR   03 novembre 2019
Car le son de la lyre est unique. Contrairement à la flûte, elle ne transperce pas les tympans ; elle ne fait pas trembler les collines comme le roulement d'un tambour, ne remplit pas le cœur d'une ardeur guerrière ainsi que le ferait l'appel d'une trompette. Elle suscite d'autres émotions, et des émotions non moins grandes, car elle accompagne parfaitement la voix humaine, s'adaptant à ses modulations comme le corps d'une femme épouse celui d'un homme.
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boudiccaboudicca   28 novembre 2013
C'est la musique qui me rend indispensable ; c'est elle qui fait de moi le demi-dieu que je suis. A travers elle, je contribue à apporter du sens au cosmos. La musique, ce sont les mathématiques des dieux. Mes chants, mes quartets, mes symphonies, la plus humble de mes mélodies, tous alimentent la clarté sous-jacente qui donne sa cohésion à l'univers.
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Vidéo de Robert Silverberg
Ancienne colonie, la planète Belzagor a été rendue à ses deux espèces intelligentes. Des scientifiques décident d'assister à leur rituel secret, la cérémonie de la renaissance... Dessin : Laura Zuccheri Oeuvre originale : Robert Silverberg Scénario : Philippe Thirault
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