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ISBN : 2081217341
Éditeur : Flammarion (12/01/2009)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 98 notes)
Résumé :
"Je voudrais voir quelle force au monde peut détruire cette race, cette petite tribu de gens sans importance dont l'histoire est terminée, dont les guerres ont été perdues, dont les structures se sont écroulées, dont la littérature n'est plus lue, la musique n'est pas écoutée, et dont les prières ne sont pas exaucées.

Allez-y. détruisez l'Arménie. Voyez si vous pouvez le faire. Envoyez-les dans le désert. Laissez-les sans pain ni eau. Brûlez leurs mai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Pancrace
  25 février 2018
Laissez parler les p'tits papiers, papier de riz ou d'Arménie… Chantait Régine.
Vous allez pleurer, papier glacé… d'effroi devant l'ampleur du génocide arménien programmé.
En 1909, le mouvement des « jeunes turcs », Taalat Pacha, Enver Pacha, Djemal Pacha, s'empare du pouvoir à la suite du Sultan « rouge » Abdul Hamid II qui avait d'ailleurs déjà débuté une « épuration » en 1895. Ces arméniens avaient soi-disant déclenché le problème de l'intégrité de l'Empire ottoman. Tiens donc, ils étaient Chrétiens surtout !
La guerre de 1914 éclate, la Turquie s'allie à l'Allemagne contre la Russie, la France et l'Angleterre. Avril 1915, les Arméniens, sous prétexte d'être de connivence avec les russes, sont privés de leur liberté et seront déportés par centaine de milliers, massacrés, décimés, anéantis. Une honte !
Avec une verve qui ne se dément pas, Gilbert Sinoué fait reparaître ce passage de l'Histoire aux côtés d'une famille d'Erzeroum qui a collaboré à la création de l'Arménie dès 1896.
Pour ma part, papier buvard, le livre fermé le malaise persiste. Des questions subsistent :
Comment peut-on, papier crépon, tolérer que l'Humanité continue encore et encore à massacrer, décimer, anéantir des êtres humains sans que ces millions de morts atroces n'aient qu'à un seul instant aidé à calmer nos testostérones et nos âmes boursoufflés d'hypocrisie ?
Que l'on en soit encore à se poser la question de savoir si l'on doit reconnaître ou non le massacre des uns ou des autres, de savoir si l'on va s'excuser, v'la des années plus tard de tels ou tels exactions. C'est pas brillant, papier d'argent…trop cher trop grand, la vie n'a pas de prix. Et l'on en meurt, papier à fleurs.
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Corboland78
  28 mars 2012
Noé en débarquant de son arche au sommet du mont Ararat se serait exclamé Yerevants ! Ce qui signifie « c'est apparu », telle serait l'origine du mot Erevan désignant la capitale de l'Arménie. C'est aussi le titre de ce nouveau livre de Gilbert Sinoué qui a choisi le mode romanesque pour nous raconter les terribles épreuves endurées par le peuple Arménien. D'abord le « nettoyage ethnique » et les massacres de 1894-1896 perpétués par le Sultan Rouge Abdül-Hamîd II, l'Europe protestera mais n'interviendra pas, enfin et c'est le sujet de ce livre, le génocide du printemps 1915 organisé par le triumvirat qui dirigeait l'Empire Ottoman à cette époque, Enver Pacha (ministre de la Guerre), Djemal Pacha (ministre de la Marine) Talaat Pacha (ministre de l'Intérieur).
Le roman s'appuie sur des faits historiques avérés et des personnages ayant réellement existés au milieu desquels évolue la famille Tomassian. Achod qui vit en Arménie avec son père et ses enfants, sa fille Chouchane et son fils Aram à peine adolescents, tandis que l'aîné Hovanès, frère d'Achod, est député au Parlement turc. Petit à petit les décrets réduisent les droits des Arméniens, l'inquiétude fait place à la peur quand dans la nuit du 24 au 25 avril 1915 plusieurs centaines de personnalités arméniennes sont arrêtées. Quand la peur va laisser place à la terreur, le roman – qui est aussi l'Histoire – devient insoutenable, déportations massives vers le désert de Syrie, exécutions en masse au bord des chemins et actes de barbarie sauvage. Sur les 20 000 habitants d'Erzurum seuls 22 (!) échapperont aux massacres pour ne donner qu'un exemple des carnages qui au total feront 1,5 million de morts.
Le gouvernement libéral turc qui succédera au triumvirat en fuite vers l'Allemagne, décidera en 1918 de créer une commission d'enquête qui établira clairement les responsabilités des coupables, basées sur des preuves irréfutables et les principaux chefs seront condamnés par contumace. Pour autant, les gouvernements turcs successifs persistent à nier les massacres, jugés et condamnés par leurs prédécesseurs. A ce jour tous les pays, tels les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Danemark, n'ont pas reconnu le génocide.
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vallalectrice
  01 juillet 2017
Un livre touchant. Un témoignage historique d'un génocide de plus. Avec le point de vu des politiciens turcs et internationaux, et celui d'une petite famille qui sera détruite par le génocide. et un génocide comme d'habitude pas fait dans la dentelle mais dans l'horreur.Pas de jugement, juste des faits. un livre fort, qui ne laisse pas du tout indifférent. Avec toujours cette éternelle question : Il le savait tous, ils ont laissé faire.....Au nom de quoi ? de qui ? Donc tous coupables et jamais jugés. je parle des politiciens internationaux.
Avec en plus une préface de Charles Aznavour qui a les mots justes, les mots forts.....ceux d'un poète.
je suis vraiment dessolée pour toutes ces familles tranquilles, de tous ces enfants que l'on a empêché de vivre, que l'on a sacrifié délibérément au nom de Quoi ? Mystère.
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balrog
  09 avril 2013
Ce court roman historique permet de connaitre dans les grandes lignes ce qu'il s'est produit pendant et avant le Génocide Arménien. Nous assisterons au prétendu "déportement" du peuple Arménien et nous saurons pourquoi les Turcs (secondés par les Kurdes) ont commis toutes ces atrocités.
Un livre qui prouve une nouvelle fois que la bêtise humaine est infinie...
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Chouchane
  25 octobre 2011
Ce n'est jamais facile de lire un livre sur un génocide encore moins quand il s'agit de celui qui a bercé toute votre enfance mais ce fut une lecture salvatrice. Dès les premières pages la simplicité de l'approche et l'absence de pathos permet de mieux cerner les tenants et les aboutissants de cette période qui reste occultée par un déni de reconnaissance. le roman débute à la fin du XIX°, l'empire ottoman se délite, la minorité arménienne qui est la plus importante va devenir un bouc émissaire et les premiers massacres vont débuter. de fausses promesses en manipulations, le gouvernement des jeunes turcs va progressivement mettre en place ce qui sera le 1er génocide du XX°. Au travers d'une famille traditionnelle d'Anatolie on suit l'émergence de la monstruosité, Aram, Chouchane (hé oui !), Vahé, le poète Varoujean et d'autres nous conduisent vers le désert de der Zor en Syrie où les arméniens deviendront du sable. Quand on connait la fin, à chaque hésitation des protagonistes on s'entend dire partez, fuyez ... mais comment imaginer ? le livre se termine sur une note d'espérance et sur des repères historiques très éclairants. A lire !
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
balrogbalrog   08 avril 2013
Le Turc s'inclina devant le petit groupe.
- La paix soit sur vous, messieurs. J'aurais souhaité être porteur de meilleures nouvelles. Hélas...
Une voix questionna avec empressement :
- Un instant, Cavid Bey, que nous conseillez-vous de faire ?
Le Turc pencha la tête comme s'il confessait son impuissance.
- Achetez un turban blanc et gardez-le dans votre poche. Si vous vous sentez menacé, sortez-le, enroulez-le autour de votre fez et criez : "Je suis musulman !"
L'homme qui avait posé la question battit des paupières, abasourdi.
- Il n'en est pas question ! Quand mes frères Arméniens du Sassoun se sont fait massacrer, ont-ils renié leur foi ?
Mehmet Cavid eut un haussement d'épaules.
- Dans ce cas, achetez une arme.
- Une arme ? Ce serait pure folie. Si je tuais un seul de mes agresseurs, on massacrerait tous les miens. Non. Finalement, je préfère m'en remettre à Dieu.
- A Dieu ?
- Oui. Dieu est miséricordieux.
- Miséricordieux, répéta Cavid en écartant d'un petit geste un fil imaginaire du revers de sa veste. Bien sûr.
Il soliloqua en se dirigeant vers la porte.
- Le monde entier baigne dans le sang. Et Dieu est miséricordieux...oui.
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PseudoPseudo   11 janvier 2012
Page 110 :

- Mais, mon petit, l'Arménie n'est pas uniquement un espace géographique, c'est une identité. Réfléchis un peu. As-tu essayé d'imaginer le nombre de peuples qui nous ont traversés ? Occupés ? Tyrannisés ? Ces envahisseurs ont pu raser nos maisons, dévaster nos champs, mais ils ne seront jamais parvenus à éradiquer notre mémoire. La mémoire arménienne, sache-le, est immortelle. Souviens-toi que nous avons été le premier royaume officiellement chrétien de l'Histoire, un îlot de foi dans un océan de paganisme. C'était il y a plus de mille six cents ans. Et que vois-tu aujourd'hui ? Nous sommes toujours là, ancrés plus solidement que jamais dans notre religion. Et la sainte cathédrale d'Etchmiadzine, la reine de nos cathédrales, est toujours debout. Souviens-toi que c'est dans nos vignobles que le patriarche Noé s'est enivré ! Que ce même Noé, en débarquant de son arche au sommet du mont Ararat, s'est exclamé : Yerevants ! "c'est apparu !"

Yerevants = Erevan
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ChouchaneChouchane   04 juin 2012
De quoi naît le bonheur sinon du malheur ? Observe ceux qui nous entourent. Parmi eux, il y en a qui ont perdu des êtres chers au cours de ces dernières années, qui ont souffert, versé des larmes, qui ont cru mourir de douleur. S'ils n'avait pas connu ces heures tragiques, crois-tu qu'ils seraient capable de vivre pleinement ces instants de fête ? Méfions-nous des vies sans tourment. Elles nous installent dans un état de torpeur et nous donnent l'impression d'être immortel.
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PancracePancrace   24 février 2018
Souviens toi que c'est dans nos vignobles que le patriarche Noé s'est enivré!
Que ce même Noé, en débarquant de son arche au sommet du mont Ararat, s'est exclamé: Yerevants! " C'est apparu".
-D'où le nom de la ville d'Erevan? C'est une légende, bien entendu?
-Qui sait? Peut-être. Mais si tu veux continuer à rêver, entre la légende et la réalité, préfère toujours la légende.
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PseudoPseudo   10 janvier 2012
C'était en 1895. Un 28 décembre. Le soleil était à peine levé lorsque des escadrons de hamidiés déboulèrent dans la ville (Urfa, ville de naissance du prophète Abraham). Après avoir pris position devant le gümrük hani, le caravansérail des douanes, ils exigèrent que tout le bétail que possédaient les familles arméniennes leur soit remis. La demande était criminelle puisque ce bétail était leur seul bien. Ils supplièrent, protestèrent, les Kurdes restèrent intraitables. Alors tous les hommes en état de se battre prirent les armes. L'affrontement fut terrible. Il dura des jours entiers et des nuits. Finalement, à bout de forces, à court d'eau et de nourriture, une délégation composée d'une dizaine de chefs de famille décida de se rendre auprès du vali pour implorer son soutien. Le gouverneur les écouta attentivement, donnant l'impression qu'il comprenait leurs doléances et qu'il était même disposé à y répondre favorablement. C'est au moment où ils allaient repartir qu'il donna l'ordre de les arrêter. On leur lia les poignets derrière le dos. On les aligna comme des bêtes, et on les fit mettre à genoux. Le gouverneur tira son yatagan du fourreau et récita un verset du Coran :
"Accomplissez pour Allah le pèlerinage et l'Umra. Si vous en êtes empêchés, alors faites un sacrifice qui vous soit facile." Les dix émissaires eurent la tête tranchée.


(page 97)
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