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ISBN : 2757821601
Éditeur : Points (17/02/2011)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Maroc, 1578. Dix mille guitares à l'abandon sur un champ de bataille. Les Portugais sont vaincus. La dernière croisade de l'Europe s'achève par la défaite et la disparition du jeune roi Sébastien. Mort ou vif? On l'attend.

Son favori raconte. Sous sa peau dure de rhinocéros, il a gardé une part d'humanité. "Ce n'est pas tous les jours qu'on fait la connaissance d'un animal ayant traversé l'Inde dans sa largeur et qui, après avoir navigué de Goa à Lisb... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
bollengc
22 avril 2017
Avec Dix mille guitares, Catherine Clément nous offre un livre d'inspiration historique. Ce roman propose une interprétation de la guerre connue comme la guerre des trois rois qui eut lieu au Maroc à la fin du XVIème siècle, ainsi que des faits historiques connexes à cet évènement.
Le roman est construit comme une pièce de théâtre: on nous présente d'abord les personnages dans leur ordre d'apparition. La pièce est découpée en 3 parties principales, chacune relative à un personnage (Sébastien, puis Rodolphe et enfin Christine) et chaque chapitre correspond à une partie de l'histoire décrite du point de vue d'un protagoniste. Parmi les protagonistes, on retrouve entre autre la corne du bada de Sébastien, qui joue le rôle de relais dans ce roman et permet les transitions d'un personnage à un autre.
Malgré cette originalité dans la construction du roman, il est assez difficile à aborder. On entame le roman par le prologue qui est réellement indigeste et qui résume en 5 pages le contenu du livre. On lit en quelques phrases, juxtaposées parfois sans aucune liaison ni lien, une quantité d'information impossible à digérer puisqu'on nous introduit quasiment tous les membres des familles royales européennes ainsi que des les conflits politiques et religieux de l'époque.
Pour ceux qui n'ont pas été découragés et qui ont osé poursuivre, la suite est beaucoup plus reposante, les phrases sont construites et lisibles mais la narration faite par une corne de rhinocéros peut quand même perturber. Certains mettront en avant l'originalité de l'écriture.
Pour poursuivre sur une note plus positive, ce roman est quand même captivant pour une personne intéressée à L Histoire mais qui ne connaîtrait pas forcément ces faits. Une telle personne devra quand même s'armer de courage pour éventuellement chercher de son côté les références historiques aux personnages rencontrés dans le livre si elle veut pouvoir profiter du roman et comprendre les relations des dirigeants de cette époque.
On regrettera quand même que Catherine Clément n'ait pas stoppé son livre à la fin de la deuxième grande partie. La troisième partie sur Christine de Suède semble en effet complètement décorrélée du reste de l'histoire, mis à part la coupe faite avec la corne du bada...
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Bigmammy
19 juillet 2011
Voici une histoire singulière, racontée....par un rhinocéros unicorne offert au roi Sébastien 1er de Portugal par le vice-roi des Indes, et qui nous délivre ses mémoires à travers ses différents états : vivant, captif, mort, dépecé, devenu coupe ciselée dans un cabinet de curiosités.coupe_Chine
Et à travers lui, qu'on appelle familièrement le bada, la chronique de ses différents propriétaires, auquel il est très attaché. Car bien entendu, lorsqu'il est vivant, on vient le voir de loin, et lorsqu'il devient coupe libatoire, il voit tout....
C'est d'abord le jeune roi Sébastien, mystique et vierge, qui entreprend la dernière croisade pour conquérir le Maroc et la main de sa belle, fille d'un prétendant malheureux, et qui y laissera sinon la vie, du moins un bras et la moitié du visage.
Comme les dix mille guitares que les Portugais laissent derrière aux après le désastre d'Alkaser-Kebir (image plus poétique que les godillots des militaires Egyptiens après la guerre des Six jours).
Le Rhinocéros devient féroce et il faut l'abattre. Mais on conserve son squelette et sa corne qui devient coupe aphrodisiaque, et au fond de laquelle on fixe un bézoar......Voilà un mot que j'ignorais. Je vous laisse le plaisir de savoir ce que c'est, et là encore un prétexte pour philosopher sur la connaissance humaine....
Ensuite Philippe II d'Espagne, Rodolphe II l'Empereur d'Autriche, alchimiste épris de femmes mais fidèle à sa maîtresse, portraituré par Arcimboldo avec une poire en guise de nez, puis la fantasque reine Christine, éprise de philosophie et de René Descartes qu'elle fait venir auprès d'elle, pas seulement pour philosopher....
Le récit est alerte, documenté, plein d'humour. Les querelles de religions qui déchirent l'Europe entre 1577 et 1689 vues à travers un animal aussi étrange que ce rhinocéros resté hindouiste dans l'âme, qui dialogue avec le chien Patrocle, propriété du jeune roi Sébastien, mais aussi la chienne Cassiopée, la Mandragore légèrement excitée, les guépards et leur servant Pedro, le Golem et son créateur, vieux rabbi de Prague...l'oeil crevé de la Princesse Eboli, les bottes écarlates de l'ambassadeur Khevenhüller....
Ce roman effleure une foule de sujets et fourmille d'anecdotes. Il transporte son lecteur et lui apprend bien des choses futiles ou utiles. Comme souvent, Catherine Clément oublie qu'elle aussi et une très sérieuse philosophe pour faire l'éloge de la tolérance. Ce qui n'est jamais superflu !
Pour ceux que la malheureuse expédition du roi de Portugal intéresse, lire à partir des pages 160 et suivantes dans l'excellente Histoire du Maroc de Bernard Lugan (chez Perrin)
Lien : http://www.bigmammy.fr
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Lefso
29 mai 2011
Durant les premières pages, je me suis demandée dans quelle bateau je m'était lancée en me proposant pour ce partenariat, car en effet, un rhinocéros, ou plutôt un brahmane du Bengale réincarné en rhinocéros me racontait son histoire, qu'il soit sous forme d'animal vivant, d'animal mort, de peau ou de corne. Très vite j'ai été rassurée par le plaisir que m'apporterait ce livre car je ne pouvait plus le quitter des yeux. Il fallait que j'en apprenne plus et encore plus sur ce fameux rhinocéros et son histoire.
Le "Bada", autre nom du rhinocéros va donc nous raconter son passage chez ses différents propriétaires. Je me suis permise de poster dans ma chronique les portraits des différents protagonistes de ce livre, afin de mieux les visualiser.
Le rhinocéros va être tout d'abord offert en 1577 à son premier propriétaire Dom Sébastien le Désiré, roi du Portugal par les Indes.
Puis, après la bataille des trois rois, c'est Phillipe de Habsbourg, roi d'Espagne qui en 1583 va en hériter.
Il sera tout au long de sa vie convoité par l'Empereur Rodolphe II de Habsbourg, empereur du Saint Empire germanique, qui finira par arriver à ses fins.

Finalement il arrivera en 1648 entre les mains de Christine Vasa, reine de Suède avec qui il partagera la vie un long moment.
C'est donc près d'un siècle de l'Histoire de l'Europe et du Maroc que nous raconte ce livre, par l'intermédiaire d'un rhinocéros.
Tous ces personnages historiques sont décrits avec le plus grand soin. Aussi bien leur histoires, que leurs désirs ou leurs contradictions. On peut voir au fil des pages que pour être monarque, il faut d'abord oublier la personne que l'on est. Si les désirs prennent le pas sur les obligations, le désastre ne pourra jamais être loin.
Le livre reprend également toutes les idées nouvelles qui vont apparaître à l'Homme pendant cette période comme l'héliocentrisme.
Catherine Clément, l'auteure de ce livre, sait nous tenir en haleine par des chapitres courts, des phrases directes et des dialogues nombreux. Car, en plus de nous parler, le rhinocéros a aussi la capacité de parler aux animaux ou aux choses qui l'entoure.
Étant extérieur à L Histoire, et surtout comme personne ne se soucie de lui en tant que personnage pensant de ce livre, le bada peut raconter les événements sans être taxé de parti pris lorsqu'il s'agit de religion. Car c'est bien là le thème principal de ce livre : la religion, les guerres qui en découle et la tolérance !
Bien sûr il faut faire la part des choses entre ce qui est avéré comme fait historique et ce qui ne l'est pas, mais passé la surprise du rhinocéros qui parle, tout le roman sonne juste, et on se prend à croire le romancé autant que le véridique ^^
Pour finir, je classerai ce roman parmi mes coups de coeur, car il m'a captivée d'un bout à l'autre. Et j'ai été complètement séduite par le message de paix qu'il véhicule.
Lien : http://lefso.blogspot.com/20..
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Apoapo
06 février 2016
Un bon "petit" roman historique s'étendant approximativement sur un siècle, entre la bataille des Trois Rois, dernière (crypto-)croisade de 1578 sur le sol du Maroc, et la mort de l'ex-reine Christine de Suède en 1689. Il a pour trois personnages principaux l'attachant roi Sébastien du Portugal, que l'on croit mort alors qu'il vit deux vies successives sur un laps de cent ans, l'empereur alchimiste Rodolphe de Habsbourg à Prague et enfin la reine Christine, transfuge, "trans-religieuse" et quelque peu hermaphrodite (j'avais envie de dire "trans-sexuelle" au sens étymologique qui n'est pas celui du dictionnaire).
Mais le véritable fil conducteur de l'histoire, c'est un rhinocéros, narrateur à ses heures, sous forme d'animal vivant ou de corne transformée en coupe, réincarnation d'un brahmane indien...
L'intrigue est bien menée, la lecture est rapide et prenante, la vision des relations chrétienté-islam concernant Sébastien est en harmonie avec celle des meilleurs romans historiques actuels - ceux qui ont raison d'être engagés -, la guerre (religieuse ?) de Trente Ans et en général l'épopée européenne de l'époque ne sont pas représentées sous un jour héroïque...
Je commence à découvrir un aspect des biographies de fiction qui semble intéresser Catherine Clément : la double vie, le passage à une période d'ombre heureuse et de réserve épanouie après les fastes troubles d'une période de royauté (comme pour "son" Jésus). Serait-ce un thème indien ? (Je pense à Siddhartha de Hesse). A vérifier par d'autres ouvrages du même genre, qui ne manquent pas chez cette auteure dont je continue de me passionner...
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JMLire17
02 juillet 2017
Les dix milles guitares sont celles des soldats portugais qui restent sur le champ de la bataille des trois rois, lors de la dernière croisade, qui voit la défaite et la disparition du jeune roi Sébastien dont son peuple ne sait pas s'il est mort, où s'il a survécu, ce qui fait de lui un mythe, dont la résurrection est toujours attendue. Catherine Clément nous entraîne dans un incroyable voyage, en diagonale dans l'Europe des XVI et XVII ème siècle. Une épopée qui mène le lecteur du Portugal au Maroc avec le roi Sébastien, en Espagne avec le Roi Philippe II, en Autriche avec l'empereur fou Rodolphe, en Suède et Norvège avec la reine Barbare Christine. Les pas du lecteur sont guidés par un rhinocéros, dont le roi des Indes avait fait cadeau au roi portugais et que l'auteur utilise comme narrateur. L'animal, qui garde un peu d'humanité de sa vie antérieure, selon la religion de son pays d'origine, se retrouve dans les ménageries de tous ces souverains, qui lui accordent, à l'époque, de grands pouvoirs, à lui-même, ils assimilent sa cuirasse à celle de leur armure et à sa corne, la soi-disant force aphrodisiaque. A travers ce roman, avec fantaisie, mais avec une grande érudition, Catherine Clément nous montre la violence des guerres de religions, nous fait croiser toute une galerie de personnages de ces siècles dont Descartes, et le peintre italien Giuseppe ARCIMBOLDO que j'ai personnellement redécouvert par la lecture de ces 450 pages de plaisir.
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Citations & extraits (4) Ajouter une citation
LefsoLefso29 mai 2011
Au Maroc, la première fois qu'elle l'avait vu marcher, Jasmine avait trouvé le jeune roi magnifique. Le dos droit, superbe et poussiéreux. Son gant de cuir se crispait sur une grande épée.
Le lendemain, elle avait entendu sa voix. Fluette, aiguë. Il parlait arabe avec rugosité. Elle aurait bien aimé écarter la tenture, mais sa nourrice veillait.
La deuxième fois qu'elle l'avait vu, ils étaient seuls dans le noir. Déguisée en homme, la princesse l'avait attiré dans le patio. Ils avaient échangé des propos sur la chasse au faucon, et le roi l'avait farcie de bourrades lorsqu'elle avait prétendu être une fille. À la lueur des torches sur les remparts, son visage présentait un menton un peu lourd. Quand le soleil se leva, Jasmine vit le bleu de l’œil. Il la prenait toujours pour un garçon.
Elle arrêta sa décision. À l'issue de la cérémonie de la garde d'honneur, elle lui fit porter un billet.
Ce serait à la fin du jour, à l'heure où les milans tournoient sur les ordures. Le rendez-vous avait été fixé hors des murs, dans un creux de rochers. Elle l'attendait en tenant les rênes de sa jument, et lui, enchanté d'être au bord de la mer, poussa un peu trop sa monture. Elle faillit tomber, sa jument s'échappa. Ils coururent tous deux pour la rattraper , et c'est là, en calmant l'animal, qu'il vit en Jasmine une fille qui tremblait.
Il ôta son chapeau, la saisit dans ses bras, l'assit sur la jument, s'inclina.
Sa taille, tout venait de là. Il était si massif que ses rêves étoilés paraissaient accessibles. À l'endroit précis où Hercule avait écarté les colonnes sur la mer intérieur, ce jeune roi de dix-sept ans était l'incarnation de la puissance.
Jasmine lui avait confié ses craintes et ses espoirs. La fragilité de son père. Le destin de royaumes qui s'étaient tant battus, tant aimés, et le projet fou de réunir enfin les deux couronnes. N'était-il pas venu, le temps de la paix entre le Portugal et le Maroc ? Des deux côtés, on accusait l'autre d'être infidèle à Dieu, et il n'était qu'un Dieu, un seul...
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josteinjostein17 juin 2011
Je me suis bâtie ma religion personnelle où Dieu n'entrave pas la liberté de l'Homme;
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josteinjostein17 juin 2011
Nous sommes à la veille d'un nouveau commencement fondé sur la science, et non sur la croyance.
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josteinjostein17 juin 2011
Mon devoir de mère est une chose, mais mon devoir de reine en est une autre.
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