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ISBN : 2809710554
Éditeur : Editions Philippe Picquier (06/01/2015)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 21 notes)
Résumé :
"La société civilisée est un champ de bataille où l'on ne voit pas le sang couler. Vous devez vous préparer à faire face. Vous devez vous préparer à tomber. Ceux qui restent debout dans la rue de la vie avec pour seul but la réussite sont tous des escrocs."

Rafales d automne occupe une place à part dans l'oeuvre de Sôseki, par la portée subversive de son propos, l'audace de son jugement moral sur son époque, qui est aussi un jugement politique.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  14 août 2019
Le roman débute par la description d'un professeur, ne souhaitant pas être traité comme le commun des mortels...convaincu qu'avec sa formation intellectuelle, il pourrait changer un tant soit peu le monde...Il se révèle trop orgueilleux, asocial, indifférent à ses renvois pour "insoumission" ou "insolence". Son épouse semble excédée de voir son époux rester en
marge; se moquant d'une carrière comme de l'argent !
Dôya renonce à l'enseignement, et se met à écrire des articles, des textes-enquêtes... contre une rétribution des plus modestes, quand il ne fait pas les choses gracieusement !!

Ensuite, nous faisons connaissance avec deux jeunes amis, dont l'un a été l'élève du professeur, ci-dessus décrit...Ces deux amis, très proches, sont aussi opposés que le jour et la nuit...
L'un, esthète, issu de famille aisée; l'autre , aspirant romancier à la santé fragile, qui tire le diable par la queue !
Nous assistons à leurs palabres, leurs visions de la vie et de la société, diamétralement contradictoires. Notre professeur malmené, Dôya, se retrouve à la porte d'un des deux jeunes gens, afin de réaliser une enquête sur les questions & attentes de la jeunesse...
Soseki doit, à travers ses personnages, transmettre ses propres convictions, colères... regrettant que la majorité des individus ne s'en tiennent qu'aux apparences , et à la position sociale...Texte qui a dû, en effet, paraître subversif, lors de sa publication initiale, en 1908....Soseki est très virulent vis à vis de cette société japonaise qui évolue dans un sens où les puissances de l'argent prennent toute la place au détriment des individus et des "hommes de bien"..., "savants comme tout homme de culture" !
Un roman philosophique, en quelque sorte !... Des digressions parfois un peu longues ou redondantes... mais ce texte reste étonnant, et toujours d'actualité dans un monde de plus en plus matérialiste !
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colimasson
  12 septembre 2015
Aujourd'hui tout se perd. le philosophe errant est une figure inconnue, le philosophe errant est devenu prof de philo anarchiste, content de se faire virer d'école en école, alourdi par le fardeau d'une épouse qui porte la culotte pour deux, mégère inconséquente qui rendrait dingue le plus équilibré des époux. Mais Dôya l'ignore. Dôya figure ce philosophe errant moderne autour duquel viendront peu à peu tournoyer deux jeunes hommes. D'un côté se trouve Nakano, plutôt bourge et bon vivant, et de l'autre Takayanagi, un type qui espère un jour porter une figure sombre de triple malheureux, une figure d'écrivain sans le sou. Ils tournoient pour apprendre, parce qu'ils sentent que ce Dôya peut les aider à mieux saisir le sens de leur vie.

Le livre raconte ainsi la transmission d'idées entre ces trois hommes, forçant sur le côté dissident sans parvenir toutefois à nous faire ressentir ce petit frisson d'angoisse, comme si nous aussi, lecteurs, étions parvenus à ce point de faille où l'on se sent à notre tour contaminé par la folie. Au contraire, ce discours de gentille amoralité libérée des conventions semble bien tristement banal, et on s'ennuie beaucoup plus vite que prévu.
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ericbo
  08 octobre 2017
Je reste partagé après cette lecture.
On retrouve le grand théme de Soseki, celui de la prééminence de l'homme de lettre sur le marchand et l'usurier. La noblesse des arts par opposition à la vulgarité du monde des affaires et du commerce.
On suit les déboires professionnels d'un enseignant qui peine à trouver sa place dans une société dominée par la recherche du profit au détriment de la culture. Il préfère donc quitter l'enseignement pour essayer de vivre de sa plume. Ce qu'il ne parviendra pas à faire.
Ce récit est à resituer dans le contexte de l'ère Meiji, où le Japon s'engouffre dans la voie de l'occident, en essayant d'oublier son passé traditionnel. Soseki, à travers ce récit naturaliste, nous offre une fois de plus une réflexion sur cette époque de bouleversements de la société japonaise.
Pourtant, je n'ai été que moyennement convaincu. Beaucoup trop de longueurs et de répétitions. On comprend dès les premières page où il veut en venir. Un livre donc, dont on pourrait presque se passer. Je préfère relire "Je suis un chat" ou "le pauvre coeur des hommes".
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Sabrinaaydora
  23 mars 2019
À l'ère Meiji, le Japon prend la voie de l'occidentalisation. Les changements s'amorcent, et pourtant Dôya ne s'y retrouve pas. Ayant essuyé deux échecs en tant que professeur, il finit par venir s'installer à Tokyo avec sa femme, en essayant de vivre de sa plume. Il reproche principalement à cette société de dénigrer la culture au profit de la réussite et de la richesse. Sa situation lui convient. Il fera la connaissance de deux jeunes hommes, l'un qui se trouve être jovial, profitant de son quotidien et d'un autre, Takayanagi. Ce dernier espère lui aussi vivre de sa plume. Leur rencontre sera sujette à bien des questions.
Il s'agit du premier livre de Sôseki que je lis. Je ne pense pas qu'il s'agisse du dernier, certains de ses livres ayant déjà attiré mon attention. La lecture a été assez monotone, et irritante. Cette irritation vient du personnage de Dôya. J'entends son avis et sa façon de penser, mais ne suis pas d'accord avec lui et encore moins avec la façon dont il traite sa femme. La première parution du livre fut en 1907. La place de la femme n'était même pas imaginée autrement qu'en épouse, mais comme elle le précise : c'est à l'homme de faire vivre son foyer…
C'est surtout l'histoire de personnes qui ne parviennent pas à trouver leur place dans la société parce qu'ils pensent différemment et ne recherchent pas de profit, mais à mettre en avant la culture qui à elle seule est une véritable richesse. Mais peut-elle nourrir ? C'est l'épouse de Dôya qui le lui fait remarquer. Les personnages sont bien individualisés, chacun avec leur personnalité.
Je regrette le rythme lent du livre avec beaucoup de répétition, des longueurs. La partie assez exaltante a été le discours de Dôya où justement, il faut être assez attentif à son propos. J'ai apprécié les réflexions sur le rapport à l'argent, les classes sociales. Les propos sont intéressant.
En bref :
Une lecture manquant de rythme, mettant en réflexion la richesse de la culture et celle du profit et de la réussite.
Lien : https://lecturedaydora.blogs..
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Lekarr
  22 septembre 2019
Malgré déjà un bon siècle « Rafales d'automne » est un roman qui ne parait pas son âge. Son style est relativement moderne et son contenu l'est plus encore. Il faut dire que le message que Sôseki nous délivre par l'entremise de Shirai Dôya, le personnage central de son roman, est plus que jamais d'actualité. Il nous rappelle, entre autres choses, que le but de l'existence n'est pas d'accumuler les richesses mais de créer. Selon lui, une vie ne vaut que si elle est vécue pour la réalisation d'un idéal quel qu'il puisse être, grand ou petit. Ce qui doit nous motiver, ce n'est pas l'enrichissement, la recherche de la gloire ou le désir de conquérir la postérité, mais juste l'envie d'apporter sa petite pierre à l'édifice commun qu'est la société des hommes et des femmes. Un chemin bien difficile à emprunter comme le constateront les deux élèves de maître Dôya qui, chacun à leur manière, se fourvoieront.
« Rafales d'automne » est aussi une belle illustration du Japon à l'orée du XXème siècle. L'occidentalisation du pays est en marche. Les mentalités changent et les fondements de la société – shogunat, religion… - vacillent et cèdent la place à de nouvelles aspirations. le pays ne semble plus guère résister aux sirènes du modernisme et les anciennes traditions perdent chaque jour un peu plus de terrain. Les costumes trois pièces remplacent les kimonos, on fume des cigarettes et partout l'argent est roi. Sôseki se lance d'ailleurs dans une violente diatribe contre la puissance de l'argent et contre les bourgeois qui, fort de leur richesse, voudraient tout régenter, se mêlant de politique, d'éducation et même d'art…
Tout cela nous donne un roman qui flirte avec l'essai philosophique tout en nous proposant une belle histoire sur l'amitié et la confrontation des idéaux de la jeunesse avec les tristes réalités de l'âge adulte.

Lien : http://sfemoi.canalblog.com/..
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critiques presse (1)
Liberation   12 janvier 2015
Rafales d’automne est constitué pour une part importante de conversations polies, comme s’il fallait qu’une légèreté permanente englobe la violence des sujets traités, comme si c’était la seule manière de les aborder sans que leur cruauté ne détourne le lecteur.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   07 mars 2016
Le savant n'a pas d'argent, en contrepartie il comprend la raison des choses, le bourgeois ne comprend pas la raison des choses, en compensation, il fait du profit ... Celui qui, consciemment, imagine trouver de la raison là où il y a de l'argent, est le pire des imbéciles qui soit. La plupart des gens se font une fausse idée. Il est riche et respecté, c'est sûrement quelqu'un qui comprend le pourquoi des choses ... Seulement, voilà, c'est précisément parce qu'il ne consacre pas son temps à se cultiver qu'il a le temps de gagner de l'argent. La nature est équitable, elle ne favorise pas le même homme en lui permettant de s'enrichir matériellement et spirituellement à part égales. Désavouant cette vérité par trop évidente, certains riches ont une haute opinion d'eux-mêmes ...
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fanfanouche24fanfanouche24   13 août 2019
Takayanagi parlait peu, ne se mêlait à personne, il passait pour un misanthrope plein d'ironie. Nakano était un garçon ouvert, chaleureux, comblé de talents et aux goûts éclectiques. Depuis qu'ils étaient tombés l'un sur l'autre à l'improviste, ils ne se quittaient plus et entretenaient des rapports si familiers que leur relation était une énigme pour un regard extérieur. Le destin avait formé un ensemble de soie, Oshima doublé de Chichibu.
[**Deux endroits célèbres pour le tissage de la soie. Les kimonos en soi d'Oshima sont légers, souples et solides en même temps, de qualité supérieure ]
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polarjazzpolarjazz   29 juillet 2017
Quant à lui, il s'agitait pour sa subsistance, et pour cela strictement. C'était une activité aussi sèche que le vent d'automne, qui ne laissait pas de place au moindre rayon de chaleur. Il travaillait pour s'acquitter de la tâche qu'un destin sévère lui avait impartie, pour vivre enfin, et racheté le péché d'être venu au monde. Il se jugeait aussi intelligent que n'importe lequel de ces spectateurs qui butinaient le plaisir avec l'ardeur des papillons, et n'éprouvait nulle honte à l'idée de leur être comparé de ce point de vue. S'il ne parlait pas, ce n'était certes pas parce qu'il n'avait rien à dire ou que les gens ne l'estimaient pas. Mais il usait tout son temps à lutter pour vivre, et on ne lui donnait pas l'occasion de s'exprimer. S'il taisait ce qu'il avait à dire et que le monde voulait entendre en vain, c'est parce que le ciel lui liait les mains. C'était parce qu'on lui scellait la bouche.
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fanfanouche24fanfanouche24   13 août 2019
En revanche, mis devant un caractère authentique, il ne savait pas apprécier la qualité de l'individu sans tenir compte de sa position, de sa fortune, voir de son savoir ou de ses dons. Le monde était incapable de juger de la qualité fondamentale d'un individu en faisant abstraction des accessoires censés le parer, le jugement restait fondé sur ce fin vernis des apparences. (p. 65)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 août 2019
Vivre grâce au pouvoir de l'argent tout en le méprisant, revient à faire injure aux parents qui ont permis à leur enfant de naître. Si on méprise les hommes d'affaires qui produisent cet argent, la logique voudrait qu'on se laisse mourir de faim. (p. 8)
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Video de Natsume Soseki (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Natsume Soseki
Bonjour et bienvenue dans le monde de notre Vie Intérieure. Nous parlons aujourd?hui de la mort?
« Il cessa de pleurer, et, le visage tourné vers le mur, il se mit à réfléchir, l?esprit obsédé par cette unique pensée : Pourquoi, pourquoi cette chose épouvantable ? Mais quoi qu?il fît, il ne trouvait aucune réponse. Et quand l?idée qu?il n?avait pas vécu comme on doit vivre se dressait devant lui, il chassait cette idée bizarre en se rappelant aussitôt la parfaite correction de son existence. Presque toujours le visage tourné vers le mur, il souffrait, seul, de ses souffrances insolubles, il se plongeait, seul, dans ses pensées insolubles. « Qu?est-ce donc ? Est-ce vraiment la mort ? » Et la voix intérieure répondait : « Oui, c?est la mort ». ? « Mais pourquoi ces souffrances ? » Et la voix intérieure répondait : « Comme ça, pour rien. » Tolstoï, La mort d?Ivan Illitch.
Comme tous les êtres vivants, nous allons mourir un jour. Mais à la différence des autres êtres vivants, nous en sommes conscients. Ce qui fait dire à Woody Allen : « Depuis que les humains se savent mortels, ils ont du mal à être tout à fait décontractés ». Alors, pour nous décontracter, nous nous efforçons de ne pas trop y penser : « L?homme est adossé à sa mort comme le causeur à la cheminée », écrit Paul Valéry.
Mais la mort parfois nous tire par la manche. Nous sommes impliqués de loin, par la disparition d?une connaissance ou d?une célébrité ; nous sommes en présence du corps sans vie d?un ami, près d?un cercueil, à côté d?une tombe? Ou, plus déstabilisant encore, nous sommes impliqués dans notre propre chair, au travers d?une maladie menaçante diagnostiquée chez nous.
Alors, nos illusions s?envolent. le temps de l?insouciance et des fausses croyances est terminé : nous ne pouvons plus faire comme s?il nous restait un temps illimité à vivre. Non, le temps qu?il nous reste n?est pas illimité. Pire, il est incertain, et peut-être serons-nous morts demain.
Face à la mort et au cortège de peurs qu?elle pousse devant elle, c?est notre vie intérieure qui peut nous donner force et lucidité. Sans un salutaire travail de l?âme, notre crainte de la mort influence et parasite notre vie. Les recherches scientifiques ont montré qu?en activant la peur de la mort, on pousse les humains à plus de matérialisme, plus d?égoïsme, plus de rigidité psychologique. A l?inverse, s?entraîner à un abord lucide, apaisé et réaliste, de l?idée de sa mort apporte peu à peu une forme d?apaisement et d?équanimité, envers une perspective qui ne réjouit, tout de même, personne ! C?était le conseil de Montaigne : « Otons-lui l'étrangeté, pratiquons-la, accoutumons-la, n'ayons rien si souvent en la tête que la mort. »
Alors, de notre mieux, accueillons les irruptions de la mort dans nos vies : devant les faire-part de décès, à l?écoute du glas de l?église voisine? Immobilisons-nous, et laissons toutes les images, les pensées et les souvenirs liés à la mort se répandre en nous ; efforçons-nous, simplement, de rester reliés à notre respiration, au souffle de la vie en nous et autour de nous.
Rendons-nous, de temps en temps, dans les cimetières ; prenons le temps d?y marcher dans les allées, de nous y asseoir ; et là encore, sans rien chercher, sans rien poursuivre, laissons-nous habiter par ces instants, observons cet environnement de vie et de mort mêlés. Restons là, à écouter le chant des oiseaux, le pas des visiteurs sur le gravier? J?ai souvent fait cet exercice avec certains de mes patients qui souffraient d?une anxiété de la mort, et nous en avons gardé, eux et moi, des souvenirs d?expériences très fortes, et paradoxalement très douces.
Connaissez-vous ce haïku du poète japonais Natsume Sôseki ? « Sans savoir pourquoi / J?aime ce monde / Où nous venons pour mourir. ». le contraire de la mort, c?est la naissance. Nous sommes entrés, nous allons sortir. Et entre les deux il y a la vie. Vous ne trouvez pas qu?elle est belle ?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
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