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EAN : 9782330130732
528 pages
Éditeur : Actes Sud (05/02/2020)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 280 notes)
Résumé :
La même année qu'Eva sont nés deux garçons dans le petit village flamand de Bovenmeer. Les "trois mousquetaires" sont inséparables, mais à l'adolescence leurs rapports se fissurent. Un été de canicule, les deux garçons conçoivent un plan : faire se déshabiller devant eux les plus jolies filles du village, et plus si possible. Pour cela, ils imaginent un stratagème : la candidate devra résoudre une énigme en posant des questions ; à chaque erreur, elle devra enlever ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (99) Voir plus Ajouter une critique
ninosairosse
  14 mars 2020
♫Souvenirs, souvenirs
Vous revenez dans ma vie
Illuminant l'avenir
Lorsque mon ciel est trop gris
On dit que le temps vous emporte
Et pourtant ça, j'en suis certain
Souvenirs, souvenirs
Vous resterez mes copains

Des larmes, des larmes, des larmes, des larmes
Roulent sur tes joues
Tu ne sais pas pourquoi tu pleures
T'as l'impression qu'on t'ignore
Quitter la fête avant la fin
Claquer la porte avec fracas
On ne s'inquiétera pas pour toi
Tu fais ça deux fois sur trois

Dans le courage et pour l'hommage
Je me raccroche aux souvenirs
Le temps qu'on calme, le temps d'un drame
Je me raccroche aux souvenirs
Pas qu'une photo mais un bonheur
Pas qu'une chanson pour laquelle on pleure
Me soutiennent dans mes propos
Et m'entraînent traînent traînent
Toujours plus haut♫
Souvenirs, souvenirs - Johnny - 1960 -
Trop vite - Izia Higelin - 2019 -
Les souvenirs - Joyce Jonathan - 2010 -
-----------------------♫-♪-♫-♫-♪-♫--------------------
Elle se souvient, réminiscenses :
des rendez-vous de ses vacances
quand ils faisaient les fous.
De la graisse plein les tifs
D'un shampoing mayo contre les poux
Trois glandus mais elle seule en soutif.
Elle en savait plus sur les autres, leurs rituels
que tout ce qu'on voudrait jamais connaître d'elle.
L'Europe c'est tout sauf l'Amérique
La mer du Nord touche l'Océan Atlantique
c'est la même eau qui les remplit.
bibine sans tétine vs tututte en plastic
Nique la mer, la moule des filles elle est salée
T'as 14 ans, qu'est ce t'en sais !?
Les génisses en rang brinquebalent leurs pis
suffirait qu'elles pètent à l'envers
pour absorber un mousquetaire...
un peu trop pervers.
Une énigme , un mystère
un pendu, une flaque parterre
Tu nous dis ce qui s'est passé
ou tu dois ...te déshabiller.
Passe la wassingue et retire tes fringues !
Sauve -toi, Je sais ce qui va se passer
Faut que Ces choses arrivent
avant de pouvoir les regretter !?
Compter les crocodiles, les touches du clavier
Pathologie, véritable nécessité
une responsabilité imposée
T.O.C, T.O.C, Il faut rentrer
le plus douloureux à présent
sécher tes larmes, l'ado les sang .
Cherche, pour se punir, se repentir
Délai de désagrégation ...des souvenirs
blacklister c'est harceler
Pour une Cinquième roue du carrosse
Même avec nino_cérosse.



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viou1108
  05 avril 2018
Trois fils narratifs qui alternent en continu, tissant une trame qui ne révèle son terrible dessin (dessein) que dans les dix dernières pages.
Le premier : une journée dans la vie d'Eva, le 30 décembre 2015, racontée par elle-même, presque minute par minute. Où l'on apprend que cette jeune professeure d'arts plastiques qui vit à Bruxelles s'apprête à retourner, pour la première fois depuis treize ans, dans son village natal de la profonde Campine anversoise, pour y solder quelques comptes, emportant dans le coffre de sa voiture un cube de glace. Lequel va, forcément, commencer à fondre à un certain moment.
Le deuxième : un été dans la vie d'Eva et de ses deux amis d'enfance, Pim et Laurens. L'été 2002, caniculaire, poisseux et moite, dans le village susnommé, raconté par elle-même, presque jour par jour. Où l'on observe le trio d'inséparables traîner son ennui à travers la campagne, comme chaque été. Mais cette année, les « trois mousquetaires » ont quatorze ans, âge critique et violent. Les hormones bouillonnent, les deux garçons imaginent un jeu qui consiste à faire se déshabiller les plus jolies filles du village. Eva y assiste en spectatrice et complice presque malgré elle, juste pour que les deux autres ne la rejettent pas. Parce qu'elle sent bien qu'elle, une fille, est nécessairement le maillon faible et que cette amitié d'enfance va, forcément, commencer à fondre à un moment certain, et se liquéfier définitivement le jour où le jeu pervers dérape dans une cruauté sans nom.
Le troisième, en pointillés, un point en avant, deux points en arrière : quelques anecdotes de la vie familiale d'Eva, racontées par elle-même. Où l'on contemple les parents – pathétiques – qui fuient leur mal-être dans l'alcool et les antidépresseurs, et les enfants – attachants – qui fuient le mal-être de leurs parents, le frère aîné en se passionnant pour les insectes, la petite soeur en développant anorexie et TOC, et Eva en se jetant à corps perdu dans son amitié avec Laurens et Pim. Mauvais pari... Et même si la relation solide et solidaire de la fratrie fait contrepoids avec celle, flottante, entre les trois amis, l'on sent bien que ce cadre familial n'en finit pas de fondre, et ne va pas tarder à se dissoudre définitivement.
Trois fils narratifs qui se tressent sans arrêt, distillent progressivement les pièces du puzzle, font croître le malaise et le sentiment de catastrophe imminente, jusqu'à éclairer la scène finale. Enfin, éclairer... Il vaudrait mieux dire « obscurcir »...
Car ce roman est d'une noirceur...
Mais il est phénoménal. Une claque, un coup de poing, un KO debout, un coup de tonnerre, ..., tout ça tout ça. J'ai rarement été autant secouée par une fiction. La scène cruciale m'a laissée nauséeuse et bouleversée, celle qui suit dans la boucherie, désespérée, et la scène finale me hante encore... Nostalgiques de la douceur de l'enfance, des tendres émois de l'adolescence et des belles promesses de l'âge adulte, veaux, vaches, cochons, abandonnez tout espoir, ici tout est dézingué, parfois au sens propre. C'est glauque, malsain et cruel, mais qu'est-ce que c'est bien rendu ! Une écriture faussement légère au service d'une double intrigue de plomb, une construction et un sens du suspense parfaitement maîtrisés. Dans un style cru et réaliste, à peine ironique, l'auteure décrit avec une grande justesse l'adolescence livrée à elle-même, l'exclusion sociale avec le mélange de compassion et de mépris pour ceux qui en sont victimes,  la vie quotidienne étriquée d'un bled de province où tout le monde se connaît et où tout se colporte sauf la vérité.
Ames sensibles amatrices d'air pur de la campagne, abstenez-vous, les seules odeurs ici sont celles de la fosse à purin et de la viande crue.
Un premier roman dérangeant, mais impeccable et sacrément culotté.
Merci à Renod, dont la critique m'a donné envie de lire ce livre!
PS : s'il y avait des reproches à faire, ce ne serait pas à l'auteure. D'abord, le titre français, qui traduit mal l'original : « Het smelt » (« ça fond ») : débâble évoque un changement brutal, soudain, et ne rend pas compte de la lente progression de l'intrigue. La couverture, ensuite : interpellante avec cette image de gamine sophistiquée, mais trompeuse parce que ne correspondant à rien dans l'histoire, hormis la perte de l'innocence.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Renod
  20 février 2018
Sur l'étal d'une librairie, la couverture de "Débâcle" retient mon attention. On y voit une petite fille à la moue boudeuse tenant à la main une cigarette*. Accroché par la quatrième de couverture, j'achète le roman ignorant encore qu'il s'agit du dernier phénomène littéraire belge.
Voici l'histoire en quelques mots : Eva de Wolf vit à Bruxelles où elle enseigne les arts plastiques. Un soir, elle trouve dans sa boîte aux lettres une invitation qui lui a été adressée par un ami d'enfance. Pim a repris l'exploitation familiale et réside toujours dans le village où ils ont tous deux grandi. C'est l'occasion pour Eva de revenir à Bovenmeer, une bourgade située à la périphérie d'Anvers. La cérémonie attirera ses anciens voisins parmi lesquels devrait se trouver Laurens, l'acolyte de Pim. Elle décide de s'y rendre en emportant avec elle ses traumatismes et un pain de glace...
Une énigme a été habilement placée au coeur de l'intrigue ; le roman est empreint d'un mystère qui va s'éclaircir chapitre après chapitre. La narratrice détaille le déroulement de la journée de l'inauguration et revient sur une période clef de sa vie, l'été 2012. Pendant ces deux mois de vacances, elle a passé son temps libre aux côtés de Pim et Laurens. Désoeuvrés, le trio d'adolescent va orchestrer des jeux interdits au risque de franchir la ligne rouge. Les flashbacks éclairent les nombreux mystères d'un récit chargé d'une tension dramatique. L'atmosphère s'opacifie, la tension monte et le malaise s'installe.
L'auteure rend parfaitement la vie d'un village isolé, l'ennui des longues journées d'été pour les enfants qui ne partent pas, la cruauté des adolescents, les sentiments de mal-être et de solitude et la lente descente aux enfers d'individus en souffrance.
J'ai été marqué par le réalisme empreint de noirceur du texte. Lize Spit a un sens affiné de l'observation et sait s'arrêter sur du vécu ou des détails du quotidien pour en relever le côté sordide. le ton est tour à tour ironique et grinçant et sombre parfois dans le cynisme.
"Débâcle" est un roman coup de poing qui m'a rappelé "le dîner" d'Herman Koch par sa trame originale et son ton caustique. La littérature néerlandaise contemporaine nous livre une nouvelle oeuvre maîtrisée et... dérangeante.

*photographie de Frieke Janssens : https://www.boumbang.com/frieke-janssens/
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blandine5674
  27 juin 2020
Éva, qui habite Bruxelles, reçoit une invitation de Pim, le frère de Jan, qui aurait fêté son 30ème anniversaire. Elle va retourner dans son village natal pour la première fois depuis neuf ans. Un retour sur l'enfance de ces trois amis inséparables nés en 1988. Intermède : la photo de couverture me dérange tellement que je mets un cache le temps de la lecture. Jeux d'enfants ? Éveil de la sexualité jusqu'à la cruauté ? La petite soeur, avec ses tocs, est attachante. le comportement des parents ? On a la sensation de vivre à côté d'eux mais impossible de deviner pourquoi Jan est mort. le suspens est bien présent, on attend à chaque page que ça arrive. Que va faire Éva à cette commémoration ? Pourquoi ne voit-elle pas ses parents, frère et soeur ? Pourquoi transport-elle un énorme bloc de glace, en plein hiver, dans sa voiture ? Douche glacée à la finalisation de ces questions qui pénètre en nous, y laissant un fort malaise. Donc bien pour le suspens, mauvais pour âme sensible.
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Bazart
  24 avril 2018
Une fois n'est pas coutume, le roman "Débâcle " de l'auteur belge flamande Lize Spit attire l'oeil avant même d'attaquer une page.
Il faut dire que le livre-presque une fable d'une noirceur indéniable- frappe par sa couverture surprenante et dérangeante. Une fois qu'on a entamé la lecture, l'on s'aperçoit que le visuel choisit correspond parfaitement à la tonalité d'ensemble du livre.
Conte cruel voire macabre, « Débâcle » évolue sur deux époques conjointes pour un suspense inhérent à chaque période, deux périodes qui se rejoindront à un moment charnière du formidable récit .
A Bovenmeer, sinistre patelin de la campagne belge flamande, où tout le monde se connaît, Laurents, Pim et Eva n'étaient que 3 bébés à naître en 1988. Fusionnels depuis l'enfance, l' été 2002 et sa destinée terriblement cruelle marquera la fin de leur amitié.
Eva va se trouver prise au piège de jeux sexuels orchestrés par ses deux copains de classe. Treize ans plus tard, elle décide de retourner sur les lieux du drame. Dès les premières pages, on accroche au style fort percutant, faussement léger de l'auteur et on va plonger dans les ténébres en suivant Eva, de son été en 2002 à son retour treize ans plus tard assoiffée de vengeance, sur les traces d'un passé qu'elle n'a pas digéré, et d'une débâcle qui suit sa propre destinée.
Roman uppercut sur l'enfermement du milieu rural et sur les contours toxiques de la violence et de la cruauté adolescentes - on pense parfois sur certains côtés à "Il faut en finir avec Eddy Bellegueulle", version hétérosexuelle dans lequel la cruauté et violence de vie sont servies par un style impeccable qui épouse avec une grande puissance qui instille un malaise autant insoutenable que délicieux .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (5)
LeDevoir   07 août 2018
Cri désespéré, Débâcle est une rébellion contre le pouvoir discrétionnaire et doit être entendu comme la revendication d’une existence libre pour les femmes, plus seulement reléguées à n’« être là que pour ne pas faire défaut ».
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LaPresse   04 avril 2018
Roman sur la cruauté de l'adolescence, les blessures d'enfance et les ravages du silence, le livre de Lize Spit est noir et douloureux, une réussite brillante menée par une raconteuse exceptionnelle et implacable. Elle vous chavirera.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   09 mars 2018
En Flandre, c’est le gros best-seller de l’heure. À votre tour de le découvrir !
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Lexpress   19 février 2018
Précise et tranchante, la langue de Lize Spit épouse avec force les contours toxiques de la violence et de la cruauté adolescentes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   13 février 2018
La jeune et jolie romancière flamande est en quelque sorte une anti-Elena Ferrante. Elle livre ici une fable d’une incroyable cruauté sur l’amitié et l’adolescence.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (89) Voir plus Ajouter une citation
LuneblancheLuneblanche   28 juin 2020
Si je pouvais, là, tout de suite, je me ferais unidimensionnelle pour remonter le temps, me glisser dans cette photo, infiltrer ce moment, prévenir Tessie de ce qui l'attend, lui chuchoter : "Sauve-toi..." A Jan, je crierais: "T'en fais pas, t'es le meilleur Michael Jackson que je connaisse !".
Je pourrais leur dire ça, mais ça n'avancerait à rien. Si une version trentenaire de moi-même s'était matérialisée sous mes yeux il y a vingt ans et m'avait dit "je sais ce qui va se passer, sauve-toi", je n'aurais pas bougé d'un pouce. Tessie et moi, on serait restées à notre place, pas du tout parce qu'on se croyait heureuses, mais parce qu'il faut d'abord que les choses arrivent avant qu'on puisse les regretter, et aussi parce que le sachet de pickles n'était pas encore vide.
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blandine5674blandine5674   27 juin 2020
Les gens qui veulent partir n’importe où ne cherchent pas forcément à se retrouver ailleurs, ils veulent juste ne pas rester là où ils sont.
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LuneblancheLuneblanche   28 juin 2020
Le père de Pim n'a jamais été un causeur. Des fois, j'aimerais savoir comment ça fonctionne au juste : est-ce que ce sont les taiseux qui deviennent paysans, ou les paysans des taiseux Ça m'aiderait à me faire une idée de ce qui nous attend avec Pim.
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LuneblancheLuneblanche   28 juin 2020
Papa dit toujours "ta mère" et maman fait exactement pareil : quand elle parle de lui, elle dit "ton père". Ce n'est pas tout à fait honnête. Quelque part, ils essaient de s'en tirer en faisant comme si c'était moi qui les avais choisis.
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blandine5674blandine5674   27 juin 2020
Plus quelqu’un a besoin de temps pour réfléchir, moins on peut en attendre de la sincérité.
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