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Svetlana Delmotte (Traducteur)Viktoriya Lajoye (Éditeur scientifique)
ISBN : 2207260410
Éditeur : Denoël (09/04/2010)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 259 notes)
Résumé :
Des Visiteurs sont venus sur terre. Sortis d'on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu'ils ont occupée pendant des années sans jamais correspondre avec les hommes, ils ont abandonné des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au risque de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait sans rien y comprendre les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d'un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  19 mars 2015
Certains livres se lisent sans déplaisir mais sans réelle passion non plus, et pourtant, même des semaines après la lecture, on y repense encore.
C'est le cas avec « Stalker » un roman de science-fiction pas déplaisant, mais où j'ai toutefois eu la tentation de sauter certains passages un peu rébarbatifs ou trop obscurs à mon goût.
L'histoire est pourtant originale, on suit plusieurs stalkers dans leur quotidien, un stalker, c'est un homme qui récupère au péril de sa vie des choses abandonnées des années plus tôt par d'étranges visiteurs non terrestres venus d'on ne sait où, et qui sont depuis repartis vers un ailleurs indéterminé, en laissant sur Terre des tas d'objets, comme des rebuts après un pique-nique.
Ces objets, pour la plupart, on ne sait même pas ce qu'ils sont ni à quoi ils servent, et la Zone, l'endroit où les visiteurs s'étaient brièvement installés, est désormais considérée comme hautement contaminée, car d'étranges maladies, infections et malformations touchent ceux qui s'en approchent.
L'écriture est rapide, saccadée, il y a beaucoup de dialogues (pas toujours compréhensibles d'ailleurs, car l'absence d'explications concernant tout ce phénomène est assez vite épuisante et frustrante pour le lecteur).
J'ai pourtant aimé cette ambiance qui n'est pas celle d'une fin du monde, ici, la vie s'accroche même si l'espoir lui, parait totalement illusoire, tout semble vain, noir, sinistre, la mort sous toutes ses formes semble s'être insinuée partout et dans tout.
J'aurais quand même aimé avoir plus d'explications à la fin, je me suis sentie un peu lésée, comme si on m'avait appâté avec une belle énigme mais qu'à la fin, on me disait :"t'as pas compris ? bah, tant pis !"
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jamiK
  24 juin 2019
Ce roman désespérant m'a totalement enthousiasmé, ce n'est pas un paradoxe, c'est juste de la science fiction russe...
J'avais vu le film d'Andrei Tarkovski à la fin des années 80, c'est un film très étrange, l'introspection des personnages, comme souvent chez ce cinéaste prend le dessus sur le genre, l'aspect science fiction n'est pour Tarkovski qu'un prétexte, un médium, et il s'est surtout concentré sur la dernière partie du roman. À la lecture de celui-ci, je ne m'y suis pas vraiment retrouvé, mais ma vision du film commence sérieusement à dater. Ce n'est qu'assez récemment que j'ai découvert qu'il était issu d'un roman de science fiction russe. J'ai tout de suite eu envie de le découvrir, mais j'ai pris le temps avant de me lancer. Je ne suis pas surpris par l'ambiance qui n'est pas sans rappeler l'ambiance du cinéma russe underground des années 70/80, avec des personnages taiseux, une économie qui ne fonctionne que dans l'illégalité, le trafic, les magouilles, les personnages qui s'autodétruisent, par l'alcool, la bagarre, du brouillard, une lumière blafarde, beaucoup de cigarettes, des odeurs nauséabondes, des friches abandonnées, des tas d'ordures, l'abandon, la saleté, la boue... c'est tout un monde en ruine, sans espoir. Un stalker est un homme qui va dans la Zone, une zone visité puis abandonnée par des extraterrestres. Les dangers sont multiples, mais ils y ont laissé de nombreux artefacts, d'une technologie infiniment plus avancée que la nôtre. le stalker se livre donc à un marché noir illégal au péril de sa vie. Ils sont nombreux à y laisser leur peau. le livre va se diviser en quatre périodes de la vie de Redrick Shouhart. On suit son évolution, dans cette société désoeuvrée, c'est noir. l'écriture est assez froide, s'attachant aux détails, normal, car dans la zone, il ne faut négliger aucun détail. le ton dégage une certaine neutralité, pas la moindre emphase. N'allez pas y voir non plus un roman de hard science, les explications restent évasives, et le système économique et politique est à peine abordé, ce n'est pas non plus ni une dystopie ni du post-apocalyptique, ça pourrait aussi bien se passer ici, demain que dans 100 ans. le personnage passe plus de temps à boire et à fumer qu'à causer, de tout cela se dégage une atmosphère lourde, oppressante, glaçante. Évidemment, il y a une critique de la société soviétique d'alors, on est en 1972 au moment de la publication, quelques petites dizaines d'années plus tard dans le récit. Cela transparaît dans ce roman, mais c'est surtout une longue allégorie sur le thème de l'espoir ou plutôt de son absence. J'ai vraiment adoré la fin, certes frustrante dans un premier temps et pourtant totalement inéluctable et finalement vraiment marquante. Très différent du film, ce roman n'en est pas moins fort.
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Biiip
  21 août 2012
J'attendais énormément de ce Stalker. Il faut dire que le bougre sait aguicher. Un titre accrocheur, une magnifique couverture, sobre mais explicite. Et surtout, une quatrième de couverture à faire saliver n'importe quel fan de science-fiction, dont je fais partie (bave). Mais ce qui m'a le plus intrigué dans cette fameuse quatrième de couverture, ce n'est pas tant le résumé de l'histoire, mais plutôt le petit paragraphe qui suit.
Il est dit que les frères Strougatski sont les auteurs de science-fiction russes les plus connus au monde et (comme pour achever ceux qui n'auraient pas encore cédé à la tentation), que le roman a eu un tel impact sur le XXe siècle que c'est sous le surnom de stalkers (du nom du livre donc) qu'on désigne les hommes et femmes ayant étouffé le coeur du réacteur en fusion de Tchernobyl...Il ne m'en fallait pas plus pour aller m'acheter ce trésor de la littérature russe. Je me suis précipite dans ma chambre, me suis enfermé à clef et, caressant la couverture, j'ai lâché dans un sifflement inhumain: "mon précieuuuuuuuux".
Hélas, j'ai vite déchanté après avoir passé le prologue, car il s'est avéré que Stalker n'était pas le livre tant attendu. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire. La première chose qui m'a gêné lors de ma lecture, c'est le flou (artistique?) sur les pièges que comporte la zone. Les noms (plus exotique les uns que les autres) n'aidant pas non plus à ce faire une idée de leur nature, je me suis retrouvé un peu perdu. Rien de bien méchant, mais j'ai trouvé ça étrange de donner des noms "enfantins" à des choses aussi horribles. Nous avons droit par exemple à des "calvitie de moustique" (j'essaye encore de comprendre pourquoi ce surnom), ou encore à de la "gelée de sorcière" et autres joyeusetés du même genre. Nous avons droit plus tard dans le récit à l'explication de ce que provoquent certains de ces pièges et aussi pourquoi ils portent des noms aussi bizarre. Je ne spoile pas grand chose en vous disant (et de toute façon on s'en doute) que c'est de l'argot de stalker et que même les scientifiques n'y comprennent pas grand chose...c'est dire.
Autre détail étrange, la technologie. L'histoire se déroule aux alentours de 2020 et nous parlons encore de cabines téléphoniques, de clous en guise de portes-manteaux, de machines à écrire...etc. Pourquoi pas, après tout, il y en a encore de nos jours. Mais où sont donc les téléphones portables, les ordinateurs et tous les autres joujoux technologiques qui devraient normalement exister et même être dépassés (ou au moins améliorés) en 2020. Je sais bien que le livre a été écrit en 1972, mais quand même, c'est pas comme si à cette époque là il n'y avait eu aucune source d'inspiration en littérature ou même au cinéma. Alors oui de temps en temps on entend quand même parler de quelques objets / inventions "futuristes" propre à l'univers du livre, comme la fameuse batterie "etak" par exemple, mais rien d'extraordinaire non plus.
de plus, le texte contient quelques clichés faisant toujours penser aux années 70-80 comme le port du chapeau et la légendaire petite bouteille de whisky cachée dans la poche intérieure d'une veste.
C'est tout? Non, il y a aussi les femmes. J'insiste mais on se croirait encore une fois plus dans les années 70-80 qu'en 2020. A aucun moment, on ne parle des femmes au travail. On parle quand même beaucoup des scientifiques, mais il n'y a que des hommes. Peut-être une femme stalker alors? Après tout, comme dit dans le résumé du livre, il y avait des hommes et des FEMMES pour étouffer le réacteur en fusion de Tchernobyl. Non plus...mais que font-elles alors? Elles sont secrétaire, réceptionniste, ou femmes au foyer. Et je ne vous parle même pas de la soumission dans cette dernière catégorie. Les hommes sont de véritables pachas.
Je chipote? Bon peut-être un peu, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi les frères Strougatski ont choisi 2020 si c'est pour se retrouver sans aucun changement par rapport à la vie des années 70. Je veux bien que "la visite" ait pu bouleverser l'évolution aussi bien des moeurs que de la technologie, mais un retard de presque 40 ans...
Je peux comprendre que ces détails soient sans importance pour certains lecteurs, mais moi lorsque je lis que des visiteurs venus sur Terre, ont abandonné des objets et que nous sommes en 2020, j'imagine tout, sauf une stagnation de nos moeurs et technologies. Moi en tout cas, ça m'a bloqué.
Si il n'y avait que ça, je pense que j'aurais pu apprécier un peu plus Stalker. Malheureusement les mauvais points ne s'arrêtent pas là. Au début de ma critique je parlais d'un "flou", d'un manque de description et d'explication. Mais cela ne s'arrête pas aux pièges de la zone, mais s'étend sur une grande partie de l'univers du livre. Cela peut parfois avoir du charme dans certains récits, mais là c'est trop. A tel point que je me suis parfois demandé si lors de l'écriture du livre, les frères Strougatski n'ignoraient pas eux mêmes où ils allaient, créant ainsi l'univers au fur et à mesure de l'avancement de l'écriture. Evidemment les réponses (pas toutes, mais certaines) finissent par arriver, mais il faut attendre les deux dernière nouvelles pour ça, ce qui a (heureusement) un peu relevé mon intérêt pour Stalker.
Les bon points selon moi, se trouve justement dans ces deux dernière nouvelles (la troisième et la quatrième). Dans l'avant dernière, nous en apprenons un peu plus sur Richard H. Nounane, faisant ainsi une pause avec les péripéties du personnage principal Redrick Shouhart, dit "Red". Personnage que d'ailleurs je ne peux supporter tant il est macho, égoïste, méchant et vulgaire. Donc ce changement (dans mon cas) tombe plutôt bien et nous permet ainsi de comprendre l'évolution autour de la zone. C'est d'ailleurs dans cette nouvelle que j'ai pu véritablement, et pour la première fois depuis le début du livre, apprécier un dialogue. Enfin quelque chose d'intéressant et de constructif (et non simpliste et vulgaire comme auparavant), faisant avancer l'histoire et donnant vie à tout ce qui se trouve autour de la zone: Les stalkers, le marché noir, les entreprises, les scientifiques, la ville...etc. On sent bien depuis le début, que les frères Strougatski veulent concentrer l'essentiel de l'histoire sur les conséquences de la visite et non pas forcement sur la zone elle-même (bien qu'étant assez importante dans et pour l'histoire). Et c'est chose (enfin) faite...après avoir lu les 3/4 du livre. Mais bon, comme le dit l'expression: mieux vaut tard que jamais, et puis comme je l'ai déjà souligné, je trouve qu'à partir de cette nouvelle, tout va en s'améliorant.
le dernier récit par exemple, est entièrement consacré à la zone. Pas juste trois ou quatre pages comme dans les précédentes nouvelles, mais bien l'intégralité du texte. Et là je dois avouer que les auteurs ont fait preuve de talent. La zone est comme un terrain miné, chaque faux pas peut être fatal. Aussi, c'est avec un rythme lent et angoissant que nous suivons ces deux stalkers en quête du saint Graal des artéfacts extraterrestre, la "boule d'or". J'ai beaucoup aimé ce qu'on fait les frères Strougatski de la zone. Faire d'un immense périmètre extérieur, une sorte de huis clos. On ressent comme un enferment, oppressant et étouffant. le temps semble avancé au ralenti, parfois même s'être tout simplement arrêté. La logique devient illogique et/ou inversement.
Vraiment, les auteurs ont créé un univers au potentiel énorme. J'en vient presque à me dire qu'il aurait été bon que les frère Strougatski offrent leur idée à un écrivain de talent, car j'ai parfois eu l'impression de lire un livre pour enfant. Des dialogues (pour la plupart) un peu fades, vulgaire et hachés. Un manque de descriptions sur tout en général. Des ellipses de plusieurs années entre les nouvelles...etc. Je me dis qu'avec un meilleur style et surtout, plus de page pour compensser ces fameuses ellipses, j'aurais pu adorer ce livre. Non pas que je l'ai detesté, mais comme dit au début de ma critique, je pense que j'attendais trop de cette oeuvre. de plus, je pense m'être gaché la lecture involontairement en restant bloqué sur certains détails. D'ailleurs, chose étrange, mais bien que n'ai pas accroché plus que ça au livre, j'ai envie de lui laisser une seconde chance. Alors que d'habitude, si je n'aime pas ou que j'ai été simplement déçu par un livre, je n'ai pas forcement envie d'y remettre le nez. Là, malgré ses nombreux défauts, quelque chose m'attire, et me pousse à une seconde lecture. Je me dis qu'avec certaines explications en main, je pourrai peut-être l'apprécier un peu plus.
Toujours est-il que pour le moment, je donne mon avis tel quel après ma première lecture, en espérant que je changerai mon opinion par la suite. Car même si il ne sera jamais un livre culte à mes yeux, je peux néanmoins comprendre qu'il ait eu autant de succès lors de sa sortie qui date quand même d'il y a 40 ans.
Un livre à lire au moins une fois pour se faire une opinion sur une légende de la science-fiction russe.
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LesPetitesAnalyses
  12 octobre 2019
Dans la Zone, le ciel n'est plus. Les oiseaux qui survolaient le vaste territoire mordent maintenant la poussière au milieu des carcasses de voitures. Seules quelques personnes osent pénétrer ce lieu interdit où l'atmosphère peut passer du glacial au brûlant en une fraction de seconde. C'est de cette manière que les Stalkers risquent leur vie. La gueule brûlée par les phénomènes surnaturels de la Zone afin d‘en extraire les matières premières et les ramener en lieu sûr.
Avec cet écrit sobrement intitulé Stalker: Pique-Nique au bord du chemin, écrit entre 1970 et 1972, les frères Strougatski ont pondu un roman crasseux qui continue d'influencer les codes de la science-fiction. Analyse.
Stalker est d'abord un style d'écriture qui va de pair avec l'ambiance générale de l'histoire. On y respire l'alcool à plein nez et les phénomènes étranges n'ont de cesse d'exacerber la violence des protagonistes. Cela se reflète dans leur langage, jamais avare d'insultes:
“J'en ai la chair de poule. Va te faire…! Mais quel crétin: Parler de choses pareilles avant de partir? Ces binoclards, il n'y a rien à faire, ils pigent que pouic!”
Ce style direct et brumeux à la fois reflète l'atmosphère brutale de la Zone. Il est difficile d'avoir des détails précis sur cette fameuse partie de territoire où les extraterrestres ont laissé des traces plus inattendues les unes que les autres, mais la force de ce genre d'écriture est de laisser de l'espace à notre propre imagination.
Comme l'expliquera Boris Strougatski dans la postface, le vocabulaire utilisé est délibérément rugueux et c'est ce qui dérangera la maison d'édition. Elle tentera, pendant plus de huit ans, d'atténuer la vulgarité présente dans le roman, avant de céder et de sortir le livre dans sa version originale.
Tarkovski a, très tôt, compris le potentiel cinématographique du roman et en a fait un film culte sorti en 1979. La trame de base est la même mais le propos du film a une portée directement plus philosophique. Considéré comme une oeuvre majeure du 7ème art le Stalker de Tarkovski permet une deuxième lecture plus profonde du roman. Ainsi la violence de Redrick Shouhart (le personnage principal) n'est qu'un faire-valoir pour tenter de sonder la nature humaine: Pour faire face à des situations inconnues l'être humain utilise ses vieux réflexes que sont l'exploitation et l'égo:
“C'est ainsi que chez nous, à Harmont, on appelle ces têtes brûlées qui, à leurs risques et périls, pénètrent la Zone et y volent tout ce qu'ils peuvent trouver.”
Au delà de cette relation privilégié entre le film et le roman, bon nombre de films de science-fiction reprennent les codes du livre Stalker. Même dans la mini-série déjantée "Coincoin et les Z'inhumains” de Bruno Dumont il est question de phénomènes extraterrestres incompréhensibles.
Ce roman est aussi devenu culte grâce un événement bien réel lui puisque l'on a donné le nom de Stalkers aux hommes et aux femmes qui ont tenté d'étouffer le coeur du réacteur en fusion de Tchernobyl lors de la catastrophe du même nom. Ou quand la réalité rattrape la fiction. Il suffit de changer la visite extraterrestre dans la Zone par un accident nucléaire et le roman ne dirait pas autre chose que la réalité de Tchernobyl en 1986:
“Nous enfilons les combinaisons, je vide le petit sachet d'écrous dans la poche sur ma hanche et nous clopinons à travers toute la cour de l'Institut vers la sortie de la Zone. C'est comme ça, les règles, chez eux, faut que tout le monde voie: voilà les héros de la science qui vont se faire trucider sur l'autel au nom de l'humanité, de la connaissance et du Saint-Esprit, amen. Ça ne rate pas ; de toutes les fenêtres jusqu'au quatorzième pointent des têtes compatissantes, tout juste si on n'agite pas des mouchoirs. Seul manque l'orchestre.”
Ces mises en perspectives, tout d'abord avec la culture cinématographique de science-fiction et ensuite avec l'accident de Tchernobyl, me semblent importantes pour comprendre le roman à sa juste valeur.
Conclusion:
Stalker: Pique-nique au bord du chemin est une oeuvre qui se lit sans respiration. le genre d'histoire qui peut nous avaler d'une traite, tel un shot de vodka dans un bar, et nous recracher en plein dans une zone où nos sens sont mis à rude épreuve. Par ici des sables mouvants, par là de l'air vicié qui nous brûle soudainement la gorge. Stalker peut être cela. Mais cela peut tout aussi bien se révéler d'un ennui profond pour celui/celle qui n'est pas près à se frotter à des phrases simples qui s'enchaînent aussi rapidement que des actions de type série B. C'est typiquement le genre d'histoire que l'on aime ou que l'on déteste pour des raisons identiques mais nous ne pouvons pas sous-estimer le pouvoir d'influence que continue à avoir un tel livre dans la culture “SF”.

Lien : https://lespetitesanalyses.c..
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ACdeHaenne
  27 octobre 2014
Redrick Shouhart est un stalker. Contre rétribution, il accepte de pénétrer dans la Zone près de la ville de Harmont ; là où, quelques années auparavant, des extra-terrestres ont abandonné des objets extraordinaires représentant une petite fortune pour ceux qui savent les utiliser. Mais être stalker n'est pas sans risque. Entrer dans la Zone peut se révéler dangereux, à la limite de la légalité parfois et, surtout, laisser de graves traces psychologiques...

Avec ce Stalker, il s'agit de ma première incursion dans l'oeuvre pour le moins foisonnante des frères Strougatski (je dirai en fin de chronique pour quelle raison cela est important). Par là-même, ce roman marque mon entrée en littérature de science-fiction russe (pour ne pas dire soviétique). A vrai dire, j'aurais pu tomber beaucoup plus mal.
Le titre original de ce roman paru en 1972 est Pique-nique au bord du chemin (c'est d'ailleurs le sous-titre de la dernière version poche, parue chez FolioSF en 2013). le pique-nique est ici celui des extra-terrestres qui se sont arrêtés au bord du chemin (notre Terre) et y ont laissé des miettes de leur technologie, très certainement obsolète de leur point de vue. Et les humains ne sont ici que de pauvres créatures réduites à l'échelle inférieure, un peu comme des fourmis qui viendraient chercher ces restes de repas. Dans ce roman, des extra-terrestres nous ne sauront rien, ou pas grand-chose. Ils sont partis depuis bien longtemps et seule cette technologie qui reste incompréhensible pour le genre humain laisse en creux une preuve de leur passage. Mais ce n'est pas sans conséquences sur l'humanité. Si certaines personnes s'y retrouvent (comme souvent), nombreux sont ceux qui souffrent plus ou moins directement à cause de ces objets. Les stalkers bien sûr, qui sont en première ligne, mais aussi leur famille. Par effet de ricochet, c'est la société toute entière qui se trouve perturbée. En effet, la Zone a parfois une influence assez étrange sur son environnement immédiat. Quand elle donne une nouvelle "vie" aux gens qui sont morts et enterrés depuis bien longtemps, par exemple (Fabrice Gobert a-t-il lu Stalker avant de créer sa série Les Revenants ?). Il plane d'ailleurs une drôle d'ambiance mélancolique sur ce roman. Est-ce cela que l'on appelle "l'âme russe" ? Je ne saurais le dire...
Ce court roman fourmille d'idées, qui sont toutes traitées de façon intéressante. Ce n'est pas un traité de philosophie, mais les deux frères Strougatski savent apporter par leurs écrits un éclairage sur le monde qui nous entoure, sans jamais être moraliste. D'ailleurs, en faisant le choix de placer cette histoire dans une ville imaginaire mais dont le nom est à connotation anglo-saxonne (pas russe, ou soviétique, en tout cas), ils parviennent à rendre leur propos universel. Ils observent les petits travers de la société, mais se gardent bien de dire que tel système est meilleur que tel autre. En effet, le départ (plus que l'arrivée, dont il n'est pas question ici) des extra-terrestres semble avoir niveler les relations entre les individus, tout en les exacerbant. Oui, ça semble paradoxal, mais c'est ainsi que j'ai ressenti ma lecture enthousiaste de ce Stalker. Seulement voilà, une seule lecture ne me paraît pas tout à fait suffisante pour bien appréhender toute la richesse de ce qui y est dit. J'y reviendrai très certainement bientôt pour m'y replonger...
Bref, vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aapprécié ce grand petit livre, petit par le nombre de pages, mais grand par ce qu'il raconte - qu'il n'a pas fini d'ailleurs de me raconter, longtemps après que je l'ai refermé - et la façon dont il est raconté. Parce que, oui, le style développé par Arkadi et Boris Strougatski est magnifique. Je ne sais pas si on peut qualifier un style de roublard, mais c'est le mot qui me vient quand je pense à la plume des deux frères russes.
Lien : http://les-murmures.blogspot..
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
lamantalolamantalo   26 mars 2012
- Je vais vous le dire, prononça Valentin. Imaginez un pique-nique...
Nounane sursauta.
- Comment avez-vous dit ?
- Un pique-nique. Imaginez : une forêt, un chemin, une clairière. Une voiture passe du chemin dans la clairière, apparaissent des jeunes gens, des paniers à provisions, des jeunes filles, des transistors, des appareils photo et des caméras... On allume un feu, on dresse des tentes, on branche la musique. Et le lendemain matin, ils repartent. Les animaux, les oiseaux et les insectes qui la nuit, épouvantés, avaient observé le cours des événements, sortent de leurs abris. Que voient-ils ? Sur l'herbe tachée d'huile traînent de vieilles bougies, un filtre à huile, des chiffons, des ampoules grillées, quelqu'un a laissé tomber une clé à molette... Les garde-boue ont laissé des saletés ramenées d'un marécage... et, évidemment, les traces du feu de bois, des morceaux de pommes, les papiers de bonbons, les boîtes de conserve, les bouteilles vides, un mouchoir, un couteau de poche, des journaux déchirés, de la petite monnaie, des fleurs fanées venues des autres clairières...
- J'ai compris. Un pique-nique au bord du chemin.
- Exactement. Un pique-nique au bord de je ne sais quel chemin cosmique. Et vous me demandez : reviendront-ils ou non ?
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okkaokka   25 janvier 2018
Seigneur, mais quelle salade ! Toute ma vie, je me suis battu contre le capitaine Quaterblood, et lui, toute sa vie, il s'est battu contre Rauque et ne voulait de moi, sombre idiot que je suis, qu'une seule chose : que je laisse tomber le stalkérisme. Mais comment le laisserais-je tomber s'il me faut nourrir ma famille ? Aller travailler ? Et si je ne veux pas travailler pour vous, si votre travail me fait mal au cœur, pouvez-vous le comprendre ? Voilà ce que je crois : si un homme travaille parmi vous, il travaille toujours pour l'un de vous, c'est un esclave et rien d'autre, tandis que moi, je voulais toujours être moi-même, tout seul, pour me foutre de tout le monde, me foutre de votre ennui et de votre cafard...
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frankgthfrankgth   09 octobre 2011
Dans un million d'années, l'instinct sera formé et nous ne commettrons plus ces erreurs qui représentent, probablement, une propriété inséparable de l'intellect. Et alors, si quelque chose change dans l'univers, nous deviendrons tranquillement une race en voie de disparition, de nouveau précisément parce que nous aurons perdu la faculté de commettre des erreurs, c'est à dire, d'essayer des variantes différentes, non prévues par un programme rigide.
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valuniversvalunivers   26 octobre 2011
Le fait même de la Visite est la découverte la plus importante non seulement de ces treize dernières années, mais de toute l’histoire de l’humanité. Il n’est pas tellement important de savoir qui étaient ces visiteurs. Il n’est pas important de savoir d’où ils sont venus, ni leur but, ni pourquoi ils sont restés si peu de temps, ni où ils sont passés après. Ce qui compte, c’est que, maintenant, l’humanité le sait avec certitude : elle n’est pas seule dans l’univers. J’ai peur que l’Institut des cultures extra-terrestres n’ait plus jamais une chance de faire une découverte aussi fondamentale.
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BernachoBernacho   03 novembre 2016
Me voilà assis sur le banc, les genoux vidés, la tête vidée, l'âme vidée, en train de siffler l'alcool comme de l'eau. Je suis vivant. La Zone m'a lâché. Elle m'a lâché, la salope. Ma chère garce. La vache. Je suis vivant. Jamais les novices ne pourront comprendre. Personne d'autre qu'un stalker ne pourra jamais comprendre.
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Il est difficile d'être un dieu Bande Annonce du film Un film réalisé par Alexeï Guerman Date de sortie : 11 février 2015 Nationalité : Russe Titre original : Trudno Byt Bogom Genre : Science Fiction Il est difficile d'être un dieu Bande Annonce du film © 2014 - Capricci
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