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ISBN : 2070178714
Éditeur : Gallimard (12/01/2017)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 267 notes)
Résumé :
Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche. Jane, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désœuvrée. Va-t-elle passer la journée à lire ? Va-t-elle parcourir la campagne à bicyclette en cette magnifique journée ? Jusqu’à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (102) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  06 février 2017
Second coup de coeur 2017 !
Berkshire, Angleterre, 30 mars 1924,
Un dimanche, le dimanche des mères, de nombreuses mères orphelines de leurs fils tombés à la guerre,
Une journée magnifique, lumineuse,
Jane la jeune servante orpheline des Niven va rejoindre le fils des voisins , Paul Sheringham, à Upleigh House, dans sa propre maison, dans sa propre chambre, pour la première et dernière fois.
Ce dimanche des mères, ils sont seuls dans le manoir. Une liaison de sept ans, qui doit prendre fin avec le prochain mariage de Paul avec une riche héritière de sa propre condition.
Mais la vie de Jane ne s'arrête pas à sa vie sexuelle et amoureuse. Bien que clôturant une liaison , cette journée lui ouvrira les portes de la liberté, une liberté qui avec sa passion des livres " pour garçons" , Conrad, Stevenson.....qu'elle emprunte à son employeur, vont crucialement changer son destin.
Le livre raconte cette unique journée, remémorée par Jane soixante ans plus tard.
Une journée qui la marquera à vie. Une journée que Swift nous raconte dans ses moindres détails, ancrés à jamais dans la mémoire de Jane. Une journée vécue, rêvée imaginée, fantasmée, où réalité et fiction s'entremêlent . Une journée qui débouchera sur un destin quasi fictionnel........
Ce qui semble une histoire simple d'amours interdits n'en est pas une. Elle est tout autre et je vous laisse la découvrir.
Mais le sel du récit est sans conteste la prose de Graham Swift, concise et envoûtante.
Chaque mot est à sa place et l'auteur s'y amuse (v.o). "Undo" par exemple pour dénuder, qu'il utilise suite to " undress", le mot approprié classique; "the shower" que Paul utilise en parlant de ses parents, littéralement un groupe de personnes insignifiantes; "Emmamobile" pour la voiture de Emma ,la fiancée de Paul; "orchid" ,Milly la cuisinière qui confond "orphan/orpheline" avec "orchid/orchidée"......jouer avec les mots, ce que fera aussi Jane ....beaucoup plus tard.
Cette journée remémorée dans le temps, pose aussi la question sur le rôle et la nature de la fiction, comment la fiction pourrait devenir réalité ? La vérité peut être imaginée aussi bien que la fiction peut découler de la vérité, et parfois même s'approcher plus de la vérité que la vrai vie.
Outre sa plume, l'autre point du génie de Swift est de se mettre avec succés dans la tête d'une femme . La Jane qui parle de Littérature, c'est lui. Un bel hommage à la femme à une époque où une situation comme celle de Jane était des plus précaires.
Un bijou littéraire de sensualité et de sensibilité !

" the great truth of life, that fact and fiction were always merging, interchanging "
"la grande vérité de la vie, fait et fiction toujours se confondaient, se permutaient"

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marina53
  04 avril 2017
Mars 1924. L'Angleterre porte encore les stigmates de la guerre. Elle panse ses plaies et les mères pleurent leurs fils morts au combat. Ce 30 mars, en ce dimanche des mères, le soleil inonde la campagne. L'on se serait cru au mois de juin tant le climat est doux. En ce dimanche des mères, les maîtres des lieux, comme cela se fait, donnent congé à leur personnel. La plupart se rende justement auprès de leur mère. Mais pas Jane Fairchild, orpheline qui n'a personne à visiter. À Beechwood, au petit matin, les Niven se préparent afin de rejoindre, à Henley, les Hobday et les Sheringham. Un repas entre amis organisé afin sans doute de finaliser les préparatifs du mariage de Paul Sheringham et Emma Hobday. Jane, elle, en profitera peut-être pour lire au soleil ou encore parcourir à bicyclette la campagne de Berkshire. Mais, un coup de fil va modifier ses quelques projets. Paul, son amant depuis sept ans, l'appelle en douce afin qu'elle le rejoigne chez lui, à Upleigh House. Il a la maison pour lui seul, ayant dit à ses parents qu'il bûchait son droit avant de rejoindre sa fiancée, Emma. Ce sera la première et la dernière fois que les deux amants feront l'amour dans la chambre du jeune homme. Après, il s'en ira, mettant fin à cette liaison…
En ce dimanche des mères étonnamment chaud, Graham Swift nous entraîne au coeur de cette campagne anglaise, dans cette chambre inondée de soleil, là où Jane et Paul, dans leur simple nudité, se voient, s'observent, pour la dernière fois. Ce dimanche marquera à jamais la vie de Jane qui, 70 ans plus tard, alors écrivaine, reviendra sur ce jour si mémorable. Une journée qui, à la fois, marquera le début et la fin d'une nouvelle vie pour la jeune femme puisque à la fois sa personnalité, ses désirs et ses passions se dessineront. Graham Swift, de son écriture gracieuse et sensuelle, nous offre un roman étincelant, lumineux, d'une incroyable finesse et sensibilité. Il se dégage de ces pages une certaine musicalité, tant chaque mot sonne juste, une force émotionnelle et un brin de nostalgie. L'auteur évoque avec justesse la profession d'écrivain mais aussi le plaisir de la lecture, les notions de vérité/mensonge, réalité/fiction. Un roman délicat et d'une rare intensité...
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Piatka
  23 mai 2017
Ce court roman est une vraie réussite de sensualité, liberté et nostalgie. Il condense en une seule journée, à la fois un beau portrait de femme dont la vie bascule ce jour-là, et l'ambiance d'une époque et d'un monde aristocratique révolus.
J'ai souvent pensé à Stefan Zweig, pour la concision de narration, la précision de psychologie des personnages, c'est dire si l'histoire se lit avec plaisir et livre une réflexion intéressante sur le changement de destinée.
Il souffle surtout un incroyable vent de liberté sur cette histoire nichée au coeur de la campagne anglaise, le dimanche 30 mars 1924, jour traditionnel de congé pour les domestiques.
Jane, l'héroïne, orpheline et bonne de son état, a dû « partir avec une feuille vierge ou, plutôt, être soi-même une feuille vierge. N'être personne. ». Oui, mais voilà elle est dotée d'un appétit de vie inhabituel ce qui va lui permettre de dénouer progressivement les noeuds d'un destin à priori de servitude et de contraintes pour devenir écrivain.
« Nous sommes tous du combustible. Sitôt nés, nous nous consumons, et certains d'entre nous plus vite que d'autres. Il existe différentes sortes de combustion. Mais ne jamais brûler, ne jamais s'enflammer, ne serait-ce pas triste ? »
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iris29
  04 avril 2017
C'est Bookycooky et sa critique enthousiaste qui m'ont donné envie de lire ce livre , avant , je craignais qu'il fût mièvre ... pas du tout !
Ce tout petit livre (à peine 142 pages ) est empreint d'une grâce et d'un petit parfum de nostalgie positive (!) qui m'ont séduit .
Dans l'Angleterre de 1924, il est une coutume à laquelle les aristocrates, se prêtent volontiers :" le dimanche des mères" . Pendant cette journée, les patrons accordent généreusement une journée à leur domesticité afin que ces braves personnes puissent aller voir leurs mères . Une petite journée de liberté dans un monde de servitudes élastiques et de dur labeur... Ce jour là, Jane ne sait pas trop quoi en faire, et pour cause : elle est orpheline . C'est alors qu'un coup de fil arrive, son voisin et amant (depuis 7 ans ) , Paul Sheringham l'invite chez lui . Ils seront seuls dans sa grande maison , les bonnes en congé pour la journée, et ses parents , occupés à déjeuner et fêter la future union du jeune homme avec une jeune fille de bonne famille . Seuls pour la première fois dans sa maison et dans son lit et aussi seuls pour la dernière fois . Après ce rendez-vous, Paul partira à un déjeuner prévu avec sa riche fiancée , après ce rendez-vous, ils n'auront plus l'occasion de se revoir , le mariage étant prévu 15 jours plus tard .
Entremêlant la petite histoire et la grande , Graham Swift nous offre le portrait d'une époque, d'une classe sociale qui disparaît dans le fracas de la guerre , ainsi qu'une autre qui émerge , saisissant toutes les opportunités qu'offre l' intelligence . Cette petite bonne deviendra une écrivain célèbre , cette journée particulière nous la montrera dévorant les livres, "habitant" les bibliothèques, et découvrant la magie des mots .
Il nous offre aussi ,un subtil regard sur les rapports employeurs/employés quand tombent (presque ! ) les masques , dans la nudité ou le chagrin .
Je n'avais pas fait attention au prénom de l'écrivain et ai réalisé en cours de lecture qu'il s'agissait d'un homme . J'en ai été très surprise au départ puis réflexion faite , je n'ai pas été étonnée : une plume sensuelle et délicate qui n'hésite pas à balancer deux ou trois mots crus sans aucune vulgarité, une déambulation totalement libre dans la maison , un amour pour la "littérature pour garçons" .. . Oui , tout ceci contribue à donner à ce roman qui aurait pu tomber dans la mièvrerie, une touche d'originalité qui fait qu'il ne ressemble à aucun autre ...
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jeunejane
  23 août 2017

1924: l'Angleterre porte encore le deuil de ses jeunes hommes perdus à la guerre. C'est le cas des familles dans lesquelles nous arrivons dans le roman.
30 mars , c'est le dimanche des mères en Angleterre.
Les domestiques ont congé pour rendre visite à leur mère.
Jane Fairchild, orpheline, est employée chez les Niven.
Elle a une aventure depuis plusieurs années avec le jeune voisin, Paul Sheringham. Comme c'est souvent le cas, les maîtres ont des aventures avec les bonnes. La littérature nous en a livré de nombreux exemples.
Dans deux semaines, Paul se marie avec une jeune riche voisine, Emma Hobday.
Aujourd'hui, dans sa maison vide de domestiques et de parents, Paul a donné rendez-vous à Jane pour vivre leur dernière rencontre.
C'est très librement qu'ils vont la vivre et l'auteur va nous raconter la scène de façon très naturelle, sans fausse pudeur.
Emma se promènera nue après le départ de Paul parti rejoindre sa fiancée.
Un drame se déroulera ce jour-là.
Nous retrouverons Jane à l'âge de quatre-vingts ans, devenue célèbre et ce sera vraiment intéressant d'avoir son regard sur les évènements.
Graham Swift nous livre un très beau roman d'ambiance dans une Angleterre de début du vingtième siècle dans une société qui avait été bouleversée par la première guerre mondiale.
Je m'attendais à un livre conventionnel, et bien pas du tout.
Un vrai régal!
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critiques presse (5)
LeJournaldeQuebec   13 mars 2017
Cette élégante histoire d’amour se déroulant dans l’entre-deux-guerres a réussi à me toucher en plein cœur.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Lexpress   13 février 2017
Dans ce bref roman de formation, ciselé comme un joyau, chaque détail, chaque silence, compte.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   27 janvier 2017
Graham Swift enchante avec un portrait de femme qui voit s’ouvrir son destin.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   20 janvier 2017
Sensualité et nostalgie se disputent la vedette dans ce roman de Graham Swift.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   11 janvier 2017
Une journée particulière dans la vie d'une jeune employée de maison. Fulgurant roman du Britannique Graham Swift, limpide et étincelant.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
LucreciaLucrecia   06 novembre 2017
Elle deviendrait écrivain et parce qu'elle était écrivain, ou parce que c'était précisément cela qui l'avait incitée à devenir écrivain, elle était obsédée par le caractère changeant des mots. Un mot n'était pas une chose, loin de là. Une chose n'était pas un mot. Cependant, d'une certaine façon, les deux - choses - devenaient inséparables. Tout n'était-il qu'une pure et simple fabrication ? Les mots étaient comme une peau invisible qui enveloppait le monde, qui lui conférait une réalité. Pourtant vous ne pouviez pas dire que le monde n'existait pas, ne serait pas réel si vous supprimiez les mots. Au mieux, il semblait que les choses pouvaient remercier les mots qui les distinguaient les unes des autres et que les mots pouvaient remercier toute chose.
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PiatkaPiatka   15 mai 2017
Elle pédala dur au début, puis se mit en roue libre et acquit de la vitesse. Elle entendait ronronner son vélo, elle sentait l'air gonfler ses cheveux, ses vêtements et, semblait-il, ses veines. Le sang chantait dans ses veines et elle en aurait fait autant si la force irrésistible de l'air ne l'avait pas empêchée d'ouvrir la bouche. Jamais elle ne saurait expliquer cette totale liberté, cette folle impression que tout était possible. Dans tout le pays, des bonnes, des cuisinières et des nounous avaient été "libérées" pour la journée, mais y en avait-il une qui fût aussi libre qu'elle ?
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missmolko1missmolko1   22 janvier 2017
Elle deviendrait écrivain et vivrait jusqu'à quatre-vingt-dix-huit ans. Elle verrait deux guerres mondiales, vivrait sous le règne de quatre rois et d'une reine. Et presque deux reines puisqu'elle avait dû être conçue - tout juste - sous le règne de la reine Victoria. «Conçue puis oubliée».
Elle avait dix ans et elle était dans un orphelinat lorsqu'un grand paquebot heurta l'iceberg, faisant quelques orphelins de plus. Elle en avait douze lorsqu'une femme se jeta sous les sabots d'un cheval royal. Elle venait d'en avoir quinze lorsqu'elle travailla quelque temps, un été, dans une grande maison - elle n'avait encore jamais vu semblable palais - où elle appris tout ce qu'il fallait savoir sur les émissions nocturnes.
Elle vivrait assez longtemps pour devenir presque centenaire et pour comprendre qu'elle avait probablement connu, vu - et écrit - suffisamment. Cela lui était égal, disait-elle d'un ton enjoué, si elle ne parvenait pas jusqu'à l'an 2000. C’était deja un miracle qu;elle fût arrivée jusque-la. Le chiffre 19 avait marqué sa vie et dix-neuf ans , c’était un bien bel âge, ajoutait-elle en souriant.
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marina53marina53   04 avril 2017
On n'entendait que le gazouillis des oiseaux au-dehors, le silence de la maison vide, un silence étrangement audible, comme si elle retenait son souffle, et les frissons de l'air sur leurs corps venus leur rappeler, même s'ils contemplaient le plafond, qu'ils étaient entièrement nus. (...) Elle ne voulait ni dire ni demander quoi que ce soit susceptible de mettre en péril la possibilité de rester ainsi pour toujours.
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jeunejanejeunejane   23 août 2017
Le premier mai était le jour de naissance qu'on lui avait attribué, par approximation et sans doute aussi parce qu'un premier mai c'était une bien jolie date, tout comme Jane Fairchild était un bien joli nom. Certaines mères, disait-on, laissaient dans le balluchon un mot précisant le nom et la date de naissance du bébé...
A bien y réfléchir, le nom ne devait avoir été qu'une idée de toute façon. N'importe quel nom n'était-il pas juste une idée?
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