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ISBN : 2878589807
Éditeur : Viviane Hamy (21/09/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Gina ira en pension. Son père adoré l’a décrété sans donner la moindre explication : « Ne dis au revoir à personne, amie ou connaissance. Tu ne dois pas dire que tu quittes Budapest. Promets-le-moi ! »
Elle doit oublier son ancienne vie et rejoindre, dans la lointaine province, Matula, une institution calviniste très stricte, reconnue pour la qualité de son enseignement.
Enfant gâtée, rétive aux règles, elle est vite mise en quarantaine. Seule soluti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  27 octobre 2017
Un inédit de cette grande dame des lettres hongroises, dévoré en 48
heures !
Comme dans mes souvenirs anciens de lectures de cette auteure, j'ai éprouvé une même sensation de densité, de sensibilité extrême pour analyser les situations, individuelles comme collectives…
Dans ce roman, un écheveau entrecroisé entre l'individu et l'histoire, accompagnant la description et l'analyse d'un amour absolu, fusionnel entre un père militaire [ en vérité, insoumis, et résistant] et sa fille unique, adolescente, qui du jour au lendemain se retrouve dans une pension calviniste , d'une sévérité sans pareille [ d'où son qualificatif de
« forteresse »], séparée de son père adoré, sans que ce dernier ne lui apporte aucune explication…
A tel point, que « notre » adolescente, Gina, imaginera que son père se prépare à se remarier, et que la nouvelle femme ne veut pas d'elle ! Nous découvrirons plus tard, qu'il n'en est rien.
Il faudra que Gina menace , après une évasion manquée, de recommencer pour que son père se décide à lui révéler la vérité, qu'il trouvait trop
lourde pour son enfant… Je n'en dirai pas plus !!
C'est là, que la Grande Histoire et l'histoire de la Hongrie [pendant le second conflit Mondial] entrent en scène ; Se dessine la figure d'un père rebelle, allant à l'encontre de l'opinion du plus grand nombre et de la propagande de l'état communiste… terrifiante !!
Heureuse de retrouver l'univers de cette écrivaine hongroise, découverte dans les années 2000, lorsque l'éditrice , Viviane Hamy nous l'a fait découvrir en France…
J'ai lu « La Balade d'Iza », « Rue Kabalin », mais le texte qui m'a durablement marquée, comme tant de lecteurs, se trouve être « La Porte » !
Ce roman, inédit, récit initiatique, d'apprentissage est publié pour le 100e anniversaire de la naissance de Magda Zsabo…
Nous y trouvons parallèlement à la trame historique, une analyse très subtile des états d'âme d'une adolescente, perdue dans un pensionnat inhumain, où par exaspération contre trop d'interdits, de règles absurdes, et par balourdise, Gina se met à dos toutes ses camarades, aux débuts de son entrée dans cette institution . Un lieu d'enfermement et de dressage, avec une cohorte de règles et de contraintes, même si le lieu reste réputé pour son enseignement !!!
A l'extérieur, un pays divisé, où les résistants refusant une guerre , leur paraissant inutile, sont pourchassés et tués…
"Ce fut une des expériences qui ne prirent sens que plus tard dans la mémoire de Gina. Tous ces soldats soudain muets, les yeux fixés sur elles- elle comprit plus tard qu'en voyant les Matuliennes, ces garçons qui partaient au-delà de la frontière avaient pensé à leurs enfants ou à leur famille, ils avaient pensé à leur lopin de terre, à leur jardin, au grand ordre de la nature qui fait mûrir les récoltes en automne, et à laquelle les hommes obéissent depuis la nuit des temps; et c'est ce que ces soldats auraient fait eux aussi, si le train ne les avait pas emmenés pour tuer ou être tués. (p. 205)"
Je profite de cette chronique pour remercier abondamment le travail d'excellence de son éditrice française, Viviane Hamy, qui nous a permis depuis de nombreuses années de lire cette femme de plume, elle-même personnage exceptionnel, résistante de la première heure au régime communiste, à l'univers romanesque si particulier ...
Un don de la narration, de la psychologie des personnages , un sens du suspens et des dialogues... Un tout, d'une très belle allure, envoûtant !!...
Comme je l'ai déjà formulé précédemment, j'ai dévoré ce roman d'un trait, prise, captivée par l'amour fou de ce père pour son unique enfant, ses engagements contre le régime, ce qui lui vaudra d'y perdre la vie …les descriptions minutieuses de ce monde clos d'une pension de jeunes filles, de toutes les origines sociales !
Un microcosme des plus complexes , pouvant se révéler « cruel » mais aussi riche d'apprentissages, et de solidarité authentique entre les élèves, contre
cet autre système -miniature , obsédé d'obéissance et de soumission de ses « ouailles » !!
Sans omettre ce que j'ai appris, à travers ce roman, de l'histoire de la Hongrie !

Une lecture- choc… passionnante et bouleversante …qui me donne envie de relire ses autres écrits, avec un oeil différent, plus attentif…au contexte historique, et politique du pays…que je ne connais pas encore suffisamment !
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Archie
  02 décembre 2017
Magda Szabo est une écrivaine hongroise renommée dans son pays. Inédit en France, son roman Abigaël, qui date de la fin des années soixante, vient d'être traduit et publié à l'occasion du centenaire de sa naissance.
L'histoire se situe en Hongrie, pendant la seconde guerre mondiale. le personnage principal en est Gina, une adolescente de quatorze ans élevée à Budapest par un père veuf, un général, fort occupé en ces temps difficiles. Fille unique, Gina a mené jusqu'alors une vie d'enfant gâtée, très gâtée.
Un jour, sans raison apparente et alors qu'elle n'avait jamais été séparée de son père adoré, Gina se retrouve éloignée en province, cloîtrée dans un pensionnat de jeunes filles, une institution religieuse aux us austères et aux règles intolérantes. Rebelle à une situation qu'elle ne comprend pas, elle éprouve les pires difficultés à s'adapter à une nouvelle vie et à se nouer d'amitié avec les autres pensionnaires. Il lui faudra du temps pour entrevoir les intentions de son père… La mettre à l'abri.
La Hongrie est entrée en guerre aux côtés des Allemands, un engagement que tous ne partagent pas, même au sommet de l'armée. Une résistance et des tergiversations qui conduiront les Allemands à envahir la Hongrie, avec les conséquences qu'on imagine…
Dans le jardin du pensionnat où elle est recluse, Gina découvre qu'une statue féminine fait l'objet d'un culte secret de la part des jeunes pensionnaires, qui l'ont baptisée Abigaël. Une sorte de bon génie qui apporte quelques conseils et offre des échappatoires aux règles trop strictes de l'institution. Rien d'inconvenant, rien de surnaturel. Qui est derrière Abigaël ? Une femme ou un homme ? Est-ce la personne mystérieuse, que l'on surnomme le Résistant, qui fait tourner en bourrique les autorités de la ville en dénonçant de manière malicieuse et provocante une guerre menée stupidement et du mauvais côté par l'Etat Hongrois ? La découverte ne sera pas une grande surprise. Il est de bon ton pour les héros de se déguiser en antihéros.
Tout cela ressemble à un livre pour enfants. Disons pour grands enfants ! Comme Les malheurs de Sophie, que ma mère m'avait fait lire il y a très très longtemps, Abigaël est l'histoire d'une adolescente turbulente, souvent punie, parfois ostracisée. Qu'on se rassure ! Gina et les autres filles finiront par faire la paix et par s'embrasser Folleville. Toutes solidaires, bien que toutes amoureuses – platoniquement ! – du même beau professeur principal ! Restent les jeux, les potins et les cachotteries dissimulés aux professeurs et aux religieuses qui font office de surveillantes. Un personnel encadrant strict et sectaire, mais pas si méchant que cela. Et c'est pour la bonne cause, on est drôlement content de l'apprendre.
Le récit traîne en longueur. Certes, l'auteure est parvenue à entretenir un certain mystère sur les péripéties et sur les incertitudes du futur pour Gina. Mais de nombreuses scènes donnent l'impression de se répéter. A plusieurs reprises, j'en suis arrivé à me demander ce que je faisais dans ce pensionnat de jeunes filles où j'avais l'impression oppressante d'être moi-même enfermé. Je suis désolé d'avouer que la fin du livre a été comme une délivrance.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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spleen
  03 décembre 2017
A l'occasion du centième anniversaire de la naissance de cette grande dame des lettres hongroises, les Editions Viviane Hamy éditent pour la première fois en français ce roman écrit en 1970, époque tardive de Magda Szabo , qui, pour des raisons politiques , avait arrêté d'écrire.
Ce roman, racontant les années de pension d'une jeune fille Gina, est au premier abord assez différent de la Porte ou de la Balade d'Iza que j'ai déjà lus et beaucoup aimés , c'est également un sujet que j'aborde sur la pointe des pieds car le roman dit "initiatique" est (trop) largement utilisé .
Gina, 15 ans, fille unique d'un général de l'armée , bien qu'elle ait perdu sa mère très jeune, a une enfance privilégiée et heureuse à Budapest , fréquentant la bonne société de la capitale grâce à sa tante .
Et c'est avec beaucoup d'incompréhension qu'elle se laisse conduire par son père , c'est une fille obéissante et leurs rapports sont empreints de mutuelle confiance ,  dans un pensionnat , Matula, loin de la ville et dont la discipline est particulièrement sévère, ce n'est pas pour rien qu'il est baptisé La forteresse  .
Elle se met d'emblée à dos les jeunes filles de sa classe, ne voulant pas se plier à leur jeux qu'elle trouve puérils , elle se retrouve rapidement isolée d'autant plus qu'elle doit se contenter  d'un coup de téléphone hebdomadaire et bref de son père, avec la consigne des enseignants de ne pas se plaindre , pas de visite ni de lettres et encore moins de séjours à Budapest.
Seule la statue de la sainte Abigaël au fond du parc lui apporte un soutien sous forme de mystérieux messages ...
Dans ce contexte quasi carcéral, viennent s'infiltrer  par petites touches les événements extérieurs, nous sommes en pleine seconde guerre mondiale  et les allemands sont aux portes de la Hongrie, sombres années qui seront suivies par l'arrivée des communistes . La résistance , même dans une petite ville perdue comme Arkod , se manifeste de façon discrète mais régulière et cela fait rêver les jeunes filles : connaissent-elles ce mystérieux résistant, est ce un de leurs professeurs ?
Gina, au caractère bien trempé, à la fois impulsive et fragile gagne l'amitié de ses camarades comme le coeur du lecteur qui suit avec plaisir cette chronique dans cette institution d'un autre temps . Je me suis laissée absorber par les rires , les petits secrets et les drames vécus par ces adolescentes au milieu de professeurs et de diaconesses qui si les uns et les autres ne dévient pas d'une discipline de fer, laissent parfois apparaitre une compassion toute humaine .
Très beau roman que je recommande après la lecture de ceux plus connus de Magda Szabo.
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montmartin
  29 novembre 2017
Le général, un veuf, et sa fille Gina sont inséparables et pourtant il l'envoie à présent dans une école privée, elle ne peut dire au revoir à personne, ni dire qu'elle quitte Budapest pour la province. L'institution Matula est l'école la plus sévère du monde, un ancien monastère qui ressemble plus à une forteresse qu'à une école. On lui prend toutes ses affaires personnelles, elle ne peut communiquer librement avec ses proches. Ici on pratique le sport en jupes-culottes et en bas car l'exhibition des jambes est jugée inconvenante. Gina va être rejetée par toutes les filles de sa classe, elle a l'impression d'être absorbée, de ne plus être elle-même.
Au fond du jardin, dans l'épaisseur du mur, se trouve une niche contenant une statue d'une jeune femme, Abigaël, on prétend qu'elle fait des miracles, quand on a de gros embêtements elle vous aide, mais il faut garder le secret. Qui se cache derrière Abigaël ?
Cette histoire d'une jeune fille recluse pendant la seconde guerre mondiale ne m'a pas enthousiasmé. Certes l'écriture particulière de l'auteur est agréable à lire, les personnages sont singuliers Peter Kalmar, le professeur principal dont toutes les filles sont amoureuses, Zsuzsanna la préfète, la sainte saucisse, Konig un prof faible, couard et empoté. La description de l'éducation Calviniste très rigoureuse et uniquement faite d'interdits, l'arrivée du communisme et la résistance qui se met en place présentent un intérêt certain, mais cette enquête autour de la mystérieuse Abigaël semble aussi longue que le temps qui passe dans cette institution désuète. le lecteur a parfois l'impression de lire Les malheurs de Sophie ou les petites filles modèles de la comtesse de Segur. Un livre qui peut intéresser les jeunes lecteurs à qui ce livre était destiné.
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lucia-lilas
  31 octobre 2017
De certains livres, on sait qu'on ne les oubliera jamais.
Pour moi, Abigaël fait partie de ceux-là, de mes livres cultes qui ont ce quelque chose de fascinant, de mystérieux, de grave qui les place au-dessus des autres.
C'est pour le 100e anniversaire de la naissance de Magda Szabó (1917- 2007) que les Éditions Viviane Hamy publient ce roman d'initiation devenu un classique beaucoup lu en Hongrie, notamment par les jeunes, et pour la première fois traduit en français.
Peut-être connaissez-vous du même auteur La Porte, prix Fémina étranger en 2003 ? Si ce n'est pas le cas : courez chez votre libraire !
Dans Abigaël, nous sommes à Budapest pendant la Seconde Guerre Mondiale. Georgina Vita, jeune fille choyée et gâtée, mène une existence heureuse avec son père, un général veuf qu'elle aime d'un amour fusionnel, et Marcelle, sa gouvernante française obligée de regagner rapidement son pays. Gina doit donc entrer en pension. C'est la décision de son père et elle est irrévocable. L'adolescente fait tout pour y échapper, propose de rester avec sa tante Mimó qui s'occupera d'elle. Elle refuse de quitter son lycée Atala Sokoray, toutes ses amies et le jeune lieutenant dont elle est secrètement tombée amoureuse. Non, ce n'est pas possible !
Mais son père demeure inflexible et Gina ne comprend pas pourquoi cet homme plein d'amour pour sa fille semble soudain vouloir l'éloigner … A-t-il une maîtresse ? Oui, c'est sûrement ça, pense Gina, il veut se remarier.
« Ne dis au revoir à personne, amie ou connaissance, ni même au personnel. Tu ne dois pas dire que tu quittes Budapest. Promets-le-moi ! » lui souffle son père avant de la quitter. Pourquoi tant de mystères ?
C'est ainsi que Gina sera conduite à Árkod, au Nord-Est du pays, au bout du monde pour elle et son nouvel établissement scolaire, la sévère institution calviniste Matula, l'effraie terriblement. « Massive, austère, blanche. Les fenêtres sont petites, la porte cochère renforcée de ferrures, et il y a des grilles aux fenêtres. Cet endroit doit être très vieux et ne ressemble pas à une école, mais à autre chose. A une forteresse. » On a envie d'ajouter : à une prison !
Pourquoi son père l'abandonne-t-il ainsi sans lui donner aucune explication ?
La jeune fille est prise en charge par soeur Zsuzsanna, la préfète d'internat, qui lui demande tous ses objets personnels avant de lui remettre une triste blouse sans ornements…. C'est le désespoir !
Il va lui falloir maintenant se faire de nouvelles amies, accepter des jeux qui ne lui sont pas familiers, se plier à une discipline de fer et à une vie austère dont elle n'a pas l'habitude.
À la limite, Gina serait prête à faire un effort si au moins elle savait pourquoi son père qu'elle aime tant la laisse seule et si loin de lui.
Et, croyez-moi, la jeune fille est loin d'être au bout de ses peines: elle va devoir se plier à la vie en communauté, s'intégrer au groupe des jeunes filles, accepter des règles très strictes, apprendre à connaître et à respecter chacun de ses professeurs, être capable de dépasser les apparences, cesser d'être une petite fille fière, impatiente et capricieuse… autrement dit, grandir...
Pas si simple !
En est-elle capable ?
Et si fuir s'avérait finalement être LA solution ?
Heureusement, au fond du jardin, se cache une statue de jeune fille que tout le monde surnomme Abigaël et qui a un don : oui, elle fait des miracles, on peut lui confier ses peines sous forme de messages écrits, elle fera tout pour réconforter, consoler, apaiser celle qui souffre.
Mais qui se cache derrière cette statue ? Qui est toujours là pour soulager la peine des pensionnaires ? Qui est Abigaël ? Encore un autre mystère…
Je le dis clairement : ce livre est un pur délice, vous allez partager le quotidien des Matuliennes, découvrir des personnages fascinants, des portraits extraordinaires, il vous faudra tenter de percer des mystères épais comme les murs de Matula !
Le suspense omniprésent et l'intrigue captivante m'ont tenue éveillée bien tard : j'ai adoré l'atmosphère mystérieuse et inquiétante de ce livre, ce huis clos un peu étouffant élèves/professeurs, l'évocation de la vie quotidienne dans ce pensionnat et la présence angoissante de la guerre qui menace et se rapproche chaque jour de Matula…
Mes enfants auront eu leur Harry Potter, moi j'ai mon Abigaël… et il est… génial !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   26 octobre 2017
A présent, Gina comprenait à quel point ce qui est bon devient plus intense encore quand il faut se battre pour l'obtenir; quelle force on acquiert à vivre comme une corde invisible qui les reliait toutes, à éprouver ensemble bonheur et chagrin, à s'enthousiasmer ensemble, à espérer, attendre, s'inquiéter ensemble, à aider ensemble celui qui en a besoin (...) (p. 192)
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fanfanouche24fanfanouche24   27 octobre 2017
En attendant qu'on lui dise d'entrer, elle considéra la porte avec un attachement qu'elle n'avait pas ressenti jusque là. Les impeccables chiffres quatre de Kerekes, l'exigence de Hadjù de bien suivre la mesure des cantiques, l'ordre qu'il fallait respecter, les interdits qu'il ne fallait pas transgresser, la vie quotidienne de la forteresse, tout cela lui semblait à présent bienfaisant et sécurisant. Ce monde en noir et blanc était un monde propre, rigoureux, qui n'avait rien à voir avec l'indignité et la traîtrise, l'infamie, la mort ou le danger. (p. 360)
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fanfanouche24fanfanouche24   26 octobre 2017
Pourquoi n'ai-je pas compris que dans cette sombre jungle de lois, de règles et d'interdits, quelqu'un, non une figure de pierre, mais un être véritable se dissimule derrière ta statue Empire et vient en aide à qui en a vraiment besoin ? Abigaël, la classe ne pardonne rien, et ici l'affection- si tant est que mes éducateurs en aient pour moi- est lointaine, impersonnelle,matulienne, elle procure la sécurité, mais pas de chaleur. Je me suis échappée d'ici, j'avais tellement besoin d'un contact humain. (p. 176-177)
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fanfanouche24fanfanouche24   25 octobre 2017
Gina était au centre de la vie de son père, et dans une certaine mesure, de sa tante... Et voilà qu'elle se retrouvait toute seule dans ce monde massif, elle n'avait personne pour lui faire des reproches ou lui venir en aide, personne (...)
dès que la classe se retrouva seule, Gina eut l'impression d'être sous une cloche de verre qui la séparait des autres et même de l'air. (...)
Elle avait compté sans la terrible discipline de ces Matuliennes. Elles n'étaient pas comme les autres, on les avait dressées dès l'enfance à se taire. (p. 80)
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fanfanouche24fanfanouche24   26 octobre 2017
Ce fut une des expériences qui ne prirent sens que plus tard dans la mémoire de Gina. Tous ces soldats soudain muets, les yeux fixés sur elles- elle comprit plus tard qu'en voyant les Matuliennes, ces garçons qui partaient au-delà de la frontière avaient pensé à leurs enfants ou à leur famille, ils avaient pensé à leur lopin de terre, à leur jardin, au grand ordre de la nature qui fait mûrir les récoltes en automne, et à laquelle les hommes obéissent depuis la nuit des temps; et c'est ce que ces soldats auraient fait eux aussi, si le train ne les avait pas emmenés pour tuer ou être tués. (p. 205)
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