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EAN : 9782845742079
Éditeur : Le Verger (20/01/2017)
4.08/5   12 notes
Résumé :
Sylvain Tesson nous conte une chronique du vieux Rhin, dont les bords cachent une vie âpre et grouillante. Tendez l’oreille, écoutez dans la brume le pas d’un promeneur ou le remous d’une ondine… Amours, disparitions, crimes et secrets, c’est tout un fleuve de petites et grandes histoires qui traverse ces pages.

Ce texte a paru précédemment chez le même éditeur dans une autre collection en février 2004
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Lune
  31 janvier 2017
Après une première parution en 2004, les Editions le verger proposent à nouveau "Chronique des bords du Rhin" de Sylvain Tesson, géographe, écrivain du voyage, auteur d'aphorismes et de nouvelles.
Il nous livre ici un ressenti tout à fait personnel de l'ambiance rhénane, mélange de Lorelei, d'Ondine, de fleuve mystérieux malmené par les hommes, de nature et de berges enveloppées de brouillard que nul, bêtes ou gens, n'arrive à démanteler.
La première nouvelle : "Journal d'une fée du Rhin", s'ébauche dans une langue poétique, égratigne lorsque les Hommes détournent la nature et le sol, donne la parole à Ondine qui raconte amour, paix, aide accordée aux humains puis s'effondre en une mélancolie culpabilisatrice devant l'incompréhension et l'égoïsme humains.
La deuxième nouvelle "Où est-elle?" apporte dès le départ un autre ton qui semble léger, suscite le rire, fait mouche dans ses réflexions, se termine en apothéose que l'on ne révèlera pas ici.
On retrouve le Sylvain Tesson que j'aime tant : la précision du vocabulaire, ses réflexions qui stoppent un instant la lecture et se prolongent en nous, des observations lucides, de l'humour, des jeux (un exemple : le renversement littéraire de "Le songe d'une nuit d'été" en "Le songe d'un jour d'hiver"), de la poésie.
Bref un esprit affûté, vif et aux aguets qui réussit ici le pari de l'atmosphère des légendes germaniques.
A lire en veillée, au coin de l'âtre (réel ou imaginé), seul(e) ou à plusieurs.
Un plaisir délicat.
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NastasiaK
  09 février 2017
Chronique du bord du Rhin, de Sylvain Tesson se lit assez rapidement. N'est-ce pas là l'erreur ? La tendance à lire un petit livre assez vite… Pour savourer et se plonger dans ce recueil, il faut prendre le temps de découvrir, d'absorber les descriptions de la nature par l'auteur. L'amour que porte Sylvain Tesson à cette nature résonne à travers chaque page. Lorsqu'il décrit une atmosphère, le lecteur la ressent et l'imagine.
Dans la première nouvelle, Journal d'une fée du Rhin, l'histoire est centrée sur le Petit Peuple vivant aux abords du Rhin, en harmonie avec ce fleuve et plus particulièrement sur une ondine, une fée protectrice. le lecteur se laisse porter par l'écriture, le vocabulaire joyeux et chantant. A contrario, lorsque l'auteur évoque les Hommes, les mots employés sont plus strictes, plus négatifs. Cette nouvelle permet au lecteur de renouer avec les légendes, le côté fantastique qui berce l'enfance et qui une fois adulte n'est que pure romance.
Où est-elle ?, la deuxième nouvelle paraît au départ être une histoire ordinaire. le lecteur fait la connaissance d'un couple venant découvrir le Rhin et ses environs. La nature et notamment le brouillard tiennent ici un rôle central. Une disparition, des recherches, des incompréhensions… le côté irréel/réel se met en place doucement.
Ces nouvelles sont écrites comme des poèmes, une ode à la nature. En quelques descriptions, quelques pages, Sylvain Tesson bouleverse le confort du lecteur pour le faire voyager en terre inconnue.
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milbilou
  09 février 2017
Chaque voyage dans lequel Sylvain Tesson invite ses lecteurs est plein de découvertes et de sensations.
Dans le « journal d'une fée du Rhin », le lecteur découvre le monde merveilleux des protecteurs de ce fleuve impétueux, un monde dans lequel se relaient les ondines de la mythologie germanique et des fées, comme « leurs soeurs d'Outre-Oural qui sillonnent d'un village à l'autre pour recueillir les offrandes que les sibériens…disposent à leur intention sur les seuils des isbas ». Tels des témoins, ces êtres fabuleux : ondines, elfes, lutins, accrochés à la fourrure d'un chevreuil pour s'isoler du froid, ou se balançant ici et là sur les pétales des fleurs, épient les gestes des humains. C'est ainsi qu'un matin, les « membres du Petit Peuple du fleuve », virent arriver les Hommes qui entreprirent de corriger le cours du vieux fleuve « comme s'il ne coulait pas comme il eût fallu ! ».
En quelques pages Sylvain Tesson traduit parfaitement le pouvoir que s'octroie l'Homme sur la Nature, cherchant à la dompter à grands renforts de matériels, dérangeant sans scrupules ses habitants, allant jusqu'à exterminer des espèces.
Certains passages sont dignes d'un conte. Dans un texte aussi court, il faut bien s'appeler Sylvain Tesson pour parvenir à évoquer un sujet grave avec autant de poésie.
Je ne résiste pas à citer ces deux dernières phrases de l'Ondine: « Assise sur une branche de peuplier déportée au-dessus du fleuve, je regardais les lampions du spectacle. Et ce fut la première fois en de longs siècles d'existence que je sentis en moi poindre la solitude ». Quelle gravité, et quelle beauté !
La seconde nouvelle « Où est-elle ? ».
Comment convaincre celle « qui était née sur une île française des tropiques où sa mère chantait Aïda dans une traduction maori pour une assemblée de sauvages réunie de force par le clergé de l'endroit », mais il décida que leur destination serait les Bords du Rhin.
C'est au cours de leur promenade au bord du fleuve, à travers le voile blanc qui reposait sur le paysage entier qu'il se rendit compte que son aimée avait disparu.
Malgré le brouillard et le froid anesthésiants, tout le village y compris les gérants des « Pieds dans l'eau » se mobilisent…
Difficile de parler plus de l'histoire sans en distiller « l'intrigue » !
Moins enchanteresse à mon goût que la première, mon regard sur l'écriture et le style est le même. Des métaphores, des références littéraires et historiques, un vocabulaire d'une grande richesse, de la gravité, de l'humour, une grande imagination, enfin, du talent simplement.
J'aurais envie de citer de nombreuses phrases que j'ai d'ailleurs relues plusieurs fois pour encore mieux m'en imprégner. Suivez-moi dans ce court voyage aux bords du Rhin, vous ne reviendrez pas indifférents !



Lien : http://mireille.brochotneant..
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BruC
  15 mars 2020
Fleuve européen stratégique, frontière naturelle et inspirateur de contes et légendes, peu de cours d'eau se prêtent aussi bien à des histoires merveilleuses que le Rhin. Sylvain Tesson en fait le sujet de deux nouvelles dans le recueil Chronique des Bords du Rhin (éd. le Verger).
L'auteur du Prix Médicis 2011 Dans les Forêts de Sibérie et du plus récent Sur les chemins noirs (Gallimard), propose deux pérégrinations plus dépaysantes et aventureuses que ne le laisse à penser cette chronique (ou ces chroniques ?) sur un fleuve relativement mal connu dans notre pays.
Le premier de ces voyages, Journal d'une Fée du Rhin, s'inspire des légendes rhénanes. L'auteur donne la parole à une narratrice, une figure mythologique de ces contrées : "Je suis fille d'ici. Je suis née de la respiration du Rhin. Un feu follet qui caracolait sur la berge du vieux fleuve féconda un soir d'été une nuée blanche qui en ouatait la surface. J'ai jailli de cette noce célébrée par l'air et l'eau." La fée du Rhin parle du fleuve dont elle est l'une des gardiennes. le lecteur est invité à laisser de côté sa raison et de retrouver son âme d'enfant crédule. Oui, les fées existent, semble nous dire Sylvain Tesson, qui use d'une langue onirique, chantante et fragile comme du cristal. Cette première nouvelle n'est pas simplement un morceau de prose poétique. Elle nous parle aussi de notre époque : des transformations du Rhin, de la modernité dévastatrice et de ses habitants intrusifs, voire criminels. Malgré cela, la fée veille sur les lieux et les hommes "en prêtresse heureuse de ce temple végétal."
La deuxième nouvelle, Où est-elle ?, fait du Rhin le décor d'un conte tour à tour romantique, mystérieux, tragique puis grotesque. le narrateur accepte à contrecoeur d'accompagner sa petite amie en Alsace pour un périple en amoureux. Cette Lorelei fantasque, "aux yeux un peu violets", fille d'un montreur d'ours transdniestrien et d'une obscure chanteuse d'opéra tcherkesse, conduit son amant sur les rives du Rhin. Mais au cours de la promenade, la jeune femme s'évanouit. Son ami, incrédule, part à sa recherche. Bientôt, une battue est organisée : où est-elle ? Et surtout qui est-elle ? Sylvain Tesson se fait conteur féroce, dans une histoire sur la folie digne d'Edgar Allan Poe.
La Chronique des Bords du Rhin se referme après un moment rare de dépaysement autour du Rhin que nous pensions - à tort - connaître.
Lien : http://www.bla-bla-blog.com/..
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ChristopheHUART
  01 mars 2021
Chroniques des bords du Rhin regroupe deux nouvelles qui sont liées entre elles par un lieu géographique très précis situé sur les rives du fleuve.
La première partie "Journal d'une fée du Rhin" ressemble à un conte de fées. Il met en scène deux mondes que tout oppose : les fées qui vivent en harmonie avec la nature et ont une forme de bienveillance envers les autres et les Humains qui transforment et remodèlent les bords du Rhin pour répondre à leurs besoins sans pour autant préserver l'harmonie de ces lieux. Ces deux mondes interagissent.
Quant à la seconde nouvelle "Où est-elle ?", elle met en scène un couple venu se ressourcer sur les bords du Rhin. Lors d'une balade, elle disparait laissant place à des recherches et à un suspense qui nous tient en haleine.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
BruCBruC   15 mars 2020
Je suis fille d’ici. Je suis née de la respiration du Rhin. Un feu follet qui caracolait sur la berge du vieux fleuve féconda un soir d’été une nuée blanche qui en ouatait la surface. J’ai jailli de cette noce célébrée par l’air et l’eau.
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NastasiaKNastasiaK   09 février 2017
Les Hommes, qui s'imaginent toujours que la Nature attend qu'ils s'occupent d'elle, entreprirent en effet de corriger le cours du vieux fleuve comme s'il ne coulait pas comme il l'eût fallu!
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XynthiaXynthia   28 février 2018
Un matin, ce ne fut ni auprès des scarabées ni dans les replis des fourrures que nous surprirent les reflets de l'aube, mais dans un fracas d'apocalypse. Les Hommes, qui s'imaginent toujours que la Nature attend qu'ils s'occupent d'elle, entreprirent en effet de corriger le cours du vieux fleuve comme s'il ne coulait pas comme il l'eût fallu !
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XynthiaXynthia   28 février 2018
Nous marchâmes le long du Rhin. Sans en voir la surface. Et nous-mêmes, il fallait que nous nous embrassions pour nous distinguer le visage, si bien que ce jour-là, les gens qui ne s'aimaient pas ne pouvaient pas se voir !
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Vidéo de Sylvain Tesson
Sylvain Tesson nous emmène en voyage au bout du monde. Sur les traces de Rimbaud, des Ardennes à l'Afrique, de la Belgique à Londres, l'écrivain voyageur chemine avec le poète des "Illuminations" et d' "Une saison en enfer" dans "Un été avec Rimbaud" (Éditions des Équateurs).
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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