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ISBN : 2743636106
Éditeur : Payot et Rivages (27/04/2016)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Shérif de Pottsville, 1280 habitants, Texas, au début du vingtième siècle, Nick Corey mène une vie routinière pas trop fatigante dans la mesure où il évite de se mêler des affaires de ses administrés. Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et aux prochaines élections, il pourrait perdre sa place. Il décide donc de commencer à faire le ménage…
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Bernard-BlaisePosso
  26 avril 2016
Les cleptomanes-traducteurs de la Série Noire sont pris enfin, et pour de bon, la main dans leur vilain sac : en cause, M. Duhamel, directeur de la Série Noire, avec quelques nègres à la solde, à l'époque du roman noir de 240 pages (moyenne).
L'objet d'un des litiges : rien qu'un des plus grands écrivains "noirs" américains du 20ème siècle, et un des trois plus grands, selon nous, avec Goodis et Hammet, un des plus cyniques, un désabusé chronique, habité par une écriture tellement singulière, des scénarios atypiques où les dialogues déjantés nous collent un frisson d'humour... noir, probablement inégalé dans le Genre. Encore que ce Genre ici n'obéit à aucune loi du genre, tout près de l'absurde, se tient ! ... et tend à la métaphysique.
1275 âmes traduit pour "pop 1280", a suscité nombre d'interrogations sur ces "5" âmes disparues : J.B. Pouy en a tiré une petite variante dans un roman qui part d'une bonne idée mais peine à trouver une conclusion convaincante et claquante.
En fait, tout le monde s'accorde à dire aujourd'hui que ce fut une question de phonétique... 1275 c'est mieux que 1280 avant "âmes"...
Le pire est encore le film de Tavernier "coup de torchon" qui déplace son intrigue en 1938, en Afrique noire, en pillant avec son co-scénariste Aurenche les "meilleurs" morceaux des dialogues Thompsoniens , je vous passe l'anachronisme, la présence de ces femmes mises en scène avec une vulgarité que Big Jim ne s'est jamais permise, ni ici, ni ailleurs.
Encore eut-il- fallu que nos apprentis-scélérats, ces deux autres, prennent la peine de lire le livre en version originale ! Mais bah...
Pourfendeur de toutes ces pratiques odieuses, véritable passionné-justicier d'oeuvre d'importance amenuisées, simplifiées, , François Guérif, encore une fois, a confié cette fois-ci à Jean Paul Gratias la relecture et une nouvelle traduction de "pop 1280".
Edifiant : voici dans le texte le début de l'interview du traducteur, accordé le 10 avril 2016, à l'occasion de la sortie de "Postville, 1280 habitants" :
« C'est un roman qui est sorti en 1964. Mais quand on lit le texte attentivement, on s'aperçoit que c'est censé se passer en 1917 ! Quand on traduit, on a le nez sur le texte, donc on voit tous les détails. L'information se situe au début du livre, dans une scène qui a été coupée dans l'édition de la Série noire... le shérif prend le train. Il va au bout du wagon pour se rendre aux toilettes, et là, il y a un type qui attend son tour en lisant le journal. La conversation s'engage : "Alors, comment ça se passe, est-ce que les bolcheviques vont renverser le tsar ?" Donc, forcément, 1917 ! Et ça continue avec la suite de la scène coupée, complètement délirante. L'homme qui lit dit : "J'ai vu entrer dans les toilettes une femme nue montée sur un poney tacheté." Et le shérif, un peu balourd, répond : "Mais que faisait une femme dans les toilettes pour hommes ?" Réplique : "C'était peut-être le poney qui avait envie de pisser..." Voilà, tout ce passage a disparu dans la traduction de la Série noire, signée Marcel Duhamel. Voilà ce qu'on se permettait à l'époque."
Tout le reste est à l'avenant. C'est un autre livre, une autre interprétation, une réparation. Salutaire.
Voilà le plus célèbre livre de Thompson, complètement réhabilité par une équipe magnifique et digne que cette traduction pointue, parmi d'autres réadaptations, vous permettra de savourer... pour le prix modique de 8 euros.
A relire d'urgence ! Merci.
BBP
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Mimeko
  23 mai 2016
Dans la petite ville de Pottsville, 1280 habitants, le shérif Nick Corey, dont la devise pourrait être "courage fuyons" dès qu'il doit prendre une décision ou une responsabilité, se mobilise néanmoins pour préparer sa réélection...Quelques évènements vont venir perturber sa petite promenade de santé : Tom Hauck le mari violent de Rose (qui est également la maîtresse du shérif) est assassiné, deux petits maquereaux disparaissent près de la maison close proche de la rivière, des rumeurs commencent à courir sur le compte du concurrent le plus sérieux du shérif et Myra sa femme acariâtre et le frère de celle-ci continuent à le dénigrer sérieusement...Alors que se passe t-il dans ce petit trou perdu ? quel lien entre tous ces évènements et d'ailleurs y a t-il réellement un lien?
Humour noir, humour cinglant, au choix pour ce roman où les apparences brouillent complétement la réalité : une petite ville bien tranquille qui cache tromperies et manigances, un shérif pas si bête que cela, un autre imbu de lui-même qui martyrise son assistant.....Visiblement, Jim Thompson s'est beaucoup amusé avec cette galerie de personnages qui semblent bien sous toutes les coutures, qui pourtant ne vont pas tarder à craquer, c'est drôle mordant cynique et amoral mais tellement bien mené....Je n'ai qu'un bémol, la fin très ouverte, qui m'a un peu laissée sur ma faim.
Jim Thompson, un auteur que je vais continuer à découvrir...
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Renod
  27 juillet 2016
Je vais être direct : « Pottsville, 1280 habitants » a sa place dans le panthéon du roman noir. La version française précédente « 1275 âmes » m'avait déjà fortement marquée. L'avantage d'avoir une tête creuse, c'est que j'ai pu lire et « surkiffer » le roman une nouvelle fois au prétexte de sa réédition. Pottsville est un comté de l'Amérique rurale peuplé de 1280 habitants. Nous sommes en 1917, les rues et les esprits sont encore boueux et mal éclairés. La ville de Potts comprend une gare, un bordel, quelques commerces et un tribunal auquel le bureau du shérif est annexé. Nick Corey occupe la charge de shérif du comté. Il fait en sorte de rester à l'écart des problèmes de sa communauté et de ne sanctionner personne, ce qui arrange à peu près tout le monde car chacun a quelque chose à se reprocher. Nick est une personne affable, un peu lâche, crédule - on peut même dire qu'il est complètement niais - dont les principales occupations sont de courir la gueuse, manger et dormir. Alors oui, il ne dérange personne mais il est aussi vrai qu'il est de moins en moins respecté, ce qui va poser problème car les élections approchent. Nick va devoir défendre chèrement sa place et sa réputation. le simplet va se montrer calculateur, machiavélique et sans scrupule.
Le roman déborde de cynisme. Son personnage principal est sombre et amoral. Il est doué de tous les vices : débonnaire, menteur, calculateur, fornicateur, il usera de tous les expédients et montera les pires machinations pour parvenir à ses fins. Gare à ceux qui l'ont sous estimé. Mais c'est un jeu dangereux qui risque au final de lui brûler les doigts.
Jim Thompson parvient à travers ce brûlot à dénoncer ces justices d'exception qui n'ont dans le collimateur que les blancs pauvres et les Afro-américains. Car oui, Nick Corey est un salaud mais il possède également un supplément d'âme qui le différencie de sa communauté. Il sait parfaitement jouer de la crédulité et des mauvaises moeurs de ses pairs. La narration est impeccable, le récit est plein d'un humour corrosif, l'auteur distille quelques grossièretés mais aussi, et c'est là l'essentiel, quelques messages bien sentis. « Pottsville, 1280 habitants » est un roman que je qualifierai– au risque d'être pompeux - de « célinien ». Alors vous aussi, plongez vous dans la bible du cynisme. Et remercions les éditions Rivages noir d'avoir donné une seconde vie à un texte fondamental de ce genre.
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JIMEDE
  01 mai 2016
Du petit lait...
Je n'avais pas lu 1275 âmes, la "fameuse" première traduction de pop 1280, et me suis donc jeté sans a priori dans Pottsville 1280 habitants de Jim Thompson.
Suivre les tracasseries et le sursaut rédempteur du shérif Nick Corey est un régal : c'est drôle, noir, caustique, acide, déjanté, barré, insolite et... remarquablement écrit et traduit.
Un petit bijou de la littérature américaine qui rejoint le cercle fermé de mes cinq étoiles, ce qui vaut - une fois n'est pas coutume - cette courte critique faute de mots adaptés pour témoigner de ce plaisir de lecture.
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trust_me
  13 juin 2016
A Pottsville, 1280 habitants, il y a un shérif nommé Nick Corey. Un spécimen à part. du genre incapable, couard, lâche, feignant. du genre à se laisser malmener et humilier en public. du genre à ne jamais arrêter le moindre contrevenant. du genre qui n'a pas avoir inventé le fil à couper le beurre. Sauf que les élections approchant, le spécimen à part se doute qu'il pourrait perdre sa place au détriment d'un candidat bien plus compétent. Il décide donc de prendre les choses en main et de faire le ménage…
Avec « Une femme d'enfer », Pottsville est le plus célèbre roman de Jim Thompson. Un roman qui, en France, a eu l'honneur de porter le numéro 1000 de la Série Noire en 1966 et d'être adapté au cinéma par Bertrand Tavernier (Coup de torchon). Cette réédition en version intégrale offre enfin à ce polar jubilatoire la traduction qu'il mérite (Maurice Duhamel ayant clairement bâclé le travail dans les années 60, se permettant même de tronquer le titre original).

J'adore Thompson parce qu'il possède cette faculté unique de mêler le pessimisme à un humour noir dévastateur. Ici, Nick Corey le shérif de prime abord crétin est d'un cynisme et d'un machiavélisme à toute épreuve. Cocu et lui-même queutard invétéré, il se révèle manipulateur, perfide, cruel, retors. Avec ce personnage, Thompson pose un regard sombre et désespéré sur la nature humaine dans un style inimitable. Comme toujours chez lui, les âmes sombres sont synonymes de bêtise crasse et les dialogues peuvent à tout moment déclencher une incontrôlable hilarité. Exemple type de cet humour décalé et ravageur que j'adore :
"- Va te faire foutre ! Je ne te révélerai pas ce que j'avais décidé de te dire parce que j'ai le sens des convenances. Sinon, tu sais ce que je dirais ? Tu sais ce que je te ferais espèce d'ordure ? Je lèverais la jambe et je te pisserais dans l'oreille pour te vidanger le crâne de ce tas de merde puante qui te sert de cervelle !
- Allons, Rose, un peu de retenue. Tu ferais mieux de peser tes paroles, tu vas finir par dire des horreurs."

Un régal de bout en bout.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Citations & extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
belette2911belette2911   21 août 2016
– Ah, vous travaillez pour l’agence Talkington ! Eh bien, bon sang, je peux vous dire que j’en ai entendu parler, de votre agence ! Voyons un peu… C’est bien vous qui avez mis fin à la grande grève des cheminots ?
– C’est exact. (Il me montre sa dent de nouveau.) La grève des cheminots, ç’a été une de nos missions.
– Ah, sur ce coup-là, il vous en a fallu, du cran ! Quand je pense à ces cheminots qui vous bombardaient de morceaux de charbon et qui vous arrosaient à pleins seaux d’eau, alors que vous, les Talkington, vous n’aviez rien d’autre pour vous défendre que des fusils de chasse et des Winchester semi-automatiques ! Oui, vraiment, je vous tire mon chapeau !
– Pas si vite, shérif, permettez ! (Sa bouche se referme comme une boutonnière.) Nous n’avons jamais…
– Et ces voyous d’ouvriers du textile ! Ceux-là, vous les avez bien soignés, pas vrai ? Des gens qui gaspillaient leur salaire de trois dollars par semaine à mener la grande vie, et qui faisaient des histoires parce qu’ils devaient faire les poubelles pour ne pas mourir de faim ! Et puis, de toute façon, c’était rien que des étrangers, pas vrai ? Et s’ils n’aimaient pas ça, les bons rogatons de l’Amérique, pourquoi ils ne retournaient pas d’où ils venaient ?
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MimekoMimeko   23 mai 2016
- Rose, tu devrais arrêter de jurer comme un charretier. Ça risque de t'échapper à un moment gênant.
- Ouais, t'as raison bon sang ! C'est la faute à Tom, ce salopard de fils de pute, mais tu peux être foutrement sûr que je vais faire de mon mieux pour m'améliorer, bordel de Dieu !
- Parfait, Je vois que cela ne posera pas trop de problèmes.
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JIMEDEJIMEDE   30 avril 2016
Alors, je vais te dire ce qu'il faut faire avec ces deux macs. La prochaine fois qu'ils te donnent seulement l'impression de vouloir te chambrer, tu leur balances un coup de pied dans les balloches, aussi fort que tu peux.

- Hein ? Mais ça fait rudement mal, non ?

- Tu parles ! Pas si tu portes une bonne paire de bottes qu'ont pas un seul trou nulle part.
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MimekoMimeko   23 mai 2016
Mais je crois que beaucoup de mariages me donnent la même impression : tout pour la galerie et rien de sincère. Tout pour les spectateurs, et rien pour les acteurs.
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Amnezik666Amnezik666   20 mai 2016
Depuis toujours, je me montre aussi aimable et aussi poli qu’on peut l’être. Ce que je crois, c’est que si un type est gentil avec tout le monde, eh bien, les gens seront gentils avec lui aussi. Mais ça ne marche pas comme ça à tous les coups. La plupart du temps, apparemment, je me retrouve dans le pétrin, comme en ce moment. Et je ne sais vraiment pas comment en sortir.
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Videos de Jim Thompson (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Thompson
Bande annonce de "Coup de torchon" réalisé par Bertrand Tavernier, adaptation du roman "Pop 1280" ( "1275 âmes" ) de Jim Thompson
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