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EAN : 9782743636104
270 pages
Éditeur : Payot et Rivages (27/04/2016)
4.08/5   253 notes
Résumé :
Publié chez Gallimard en 1966 sous le titre " 1275 âmes"

Shérif de Pottsville, 1280 habitants, Texas, au début du vingtième siècle, Nick Corey mène une vie routinière pas trop fatigante dans la mesure où il évite de se mêler des affaires de ses administrés. Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et aux prochaines élections, il pourrait perdre sa place. Il déc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
4,08

sur 253 notes

ODP31
  24 janvier 2021
Les héros des romans de Jim Thompson n'en sont pas. Ils en ont parfois l'ambition mais ils présentent trop de carences en scrupules pour endosser l'armure du chevalier blanc. Ses personnages ont plutôt la cuirasse rouillée, la lance syphilitique et pointent au registre des désaxés irrécupérables. Même recyclés, ils ne vaudraient pas grand-chose en compost. le sheriff Nick Corey fait partie des légendes littéraires de cette corporation peu glorieuse.
Pottsville, est un bled paumé où vivote 1280 habitants. L'ordre est censé être assuré par ce sheriff à la mauvaise étoile, Nick Corey, carpette cocufiée par sa femme sous son toit, mis en boîte par les maquereaux du coin et toujours prompt à détourner ses pas au moindre danger. Comme la meilleure façon de ne pas voir la vérité en face, c'est de garder les yeux fermés, Corey fait des siestes qui ressemblent à des hibernations.
Sa prison prend la poussière, le crime se la coule douce et Corey consacre ses quelques volts à deux activités : dormir et fricoter avec les beautés locales. C'est le lapin de Duracell mais il ne peut pas être partout. Sa devise : ne pas se mêler des affaires des autres pour que leurs affaires ne deviennent pas les siennes. On ne mélange pas son linge sale. Trop fatiguant. Sa formule, plus politique que magique et répétée à l'envie: " Je ne dirais pas que vous avez tort, mais je ne ne suis pas sûr non plus que vous ayez raison." Un vrai centriste.
Méprisé par tout le village, sa réélection à son poste de sheriff n'est pas gagnée, même en accusant son adversaire de vouloir truquer le scrutin, et Nick Corey se met alors à éliminer tous ceux qui l'ont humilié ou qui contrarient ses projets. Cela fait du monde dans le viseur mais la vengeance est un produit dopant qui vaut l'injection d'EPO à l'insu de son plein gré. le lâche devient fourbe et fait en sorte que d'autres soient accusés de ses crimes, pratique facilitée lorsqu'on est le seul représentant du désordre dans un patelin. Immunité diplomatique du trou perdu.
N'étant jamais mieux servi que par soi-même, Nick Corey s'octroie aussi la narration du roman sans états d'âme, heureux de jouer le rôle de Dieu. Ode au narcissisme et dialogues qui ressemblent à des saillies d'Oscar Wilde...en moins poli.
La description du bonhomme n'est pas très sympathique mais je vous assure que ce roman, le chef d'oeuvre de son auteur, par ailleurs scénariste pour Kubrick, groom d'hôtel, employé dans une morgue, foreur de puits de pétrole, caddie dans un club de golf, buveur et tuberculeux à ses heures, mérite un petit détour par Pottsville.
D'ailleurs, Bertrand Tavernier en a tiré le scénario de son « Coup de Torchon », détournant l'action dans l'Afrique coloniale avec Philippe Noiret, Isabelle Huppert et Stéphane Audran.
Dans son indispensable dico des littératures policières, saint Mesplède auréole ce roman aussi amoral que férocement drôle.
Jim Thompson, qui n'avait rien d'un ange, mourut dans l'indifférence des sans grade dégradés et sa reconnaissance fut posthume. Il a trouvé sa place au panthéon des soiffards, broyeurs de romans noirs.
De la mauvaise graine réjouissante en ces temps aseptisés à la morale.
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Deslivresalire
  22 janvier 2020
Nick Corey est un brave gars, cocu et Shérif de Pottsville, 1280 âmes. Il ne sait faire que ça depuis toujours et connait sa ville et ses habitants comme sa poche.
Est-ce sa gentillesse ou sa bêtise qui l'ont amené à se faire forcer la main pour un mariage avec sa femme Myra, alors qu'il était à deux doigts d'épouser Amy ?
Est-ce aussi pour cela qu'il se fait insulter publiquement par ces deux macs qui tiennent le bordel de la ville ?
Ou bien encore que le shérif du comté voisin le prend pour un débile profond ?
En tout cas, à l'approche des prochaines élections pour sa réélection, il commence sérieusement à s'interroger sur ce qu'il conviendrait de faire pour que les gens arrêtent de penser qu'il est inutile.
Alors il va agir...
A mon avis :
Jim Thompson joue pendant longtemps dans le récit sur l'ambiguïté du personnage principal, qui semble être un doux imbécile, comme une bonne part des habitants de la ville, mais qui progressivement se révèle être bien plus machiavélique que ce que l'on aurait pu croire. En tout cas, au bal des faux-culs il est au centre de la piste.
Il joue aussi sur l'ambiance qui règne, crasseuse, texane et du début du XXème siècle. On retrouve un peu des romans de Donald Ray Pollock dans la description, même si ça ne va pas aussi loin et si les personnages n'ont pas autant de profondeur ni de noirceur (Il faut dire que ce point de vue, D.R. Pollock y va fort !)
C'est donc d'abord une question d'atmosphère qu'il faut apprécier dans ce livre, qui donne cette impression au lecteur dans un premier temps, d'être soit dans la cinquième dimension, soit dans un monde parallèle où la bêtise régnerait partout en maître.
Et puis on redescend sur terre brutalement au premier meurtre, qui arrive sans crier gare. L'atmosphère glisse alors dans la noirceur, nourrie de l'attitude de ce shérif qui semble être tout à fait préméditée bien que présentée de manière innocente par l'auteur.
J'ai apprécié cet aspect des choses, qui force le lecteur à s'interroger sur la réalité de ce personnage : est-il stupide et chanceux, ou bien tout cela est-il prémédité et réfléchi ? Et ça s'applique finalement à l'ensemble des protagonistes et m'a laissé cette impression de flotter entre ces deux options avant d'en comprendre la finalité.
On s'amuse donc de certaines situations dans la première moitié de ce roman, qui devient plus sombre dans sa deuxième partie.
Et si c'est l'atmosphère qu'il faut apprécier, c'est que le scénario n'est pas d'une très grande originalité et qu'au fil des pages on devine assez facilement la suite des événements, sauf la fin, assez décevante...
A ceux qui s'interrogeraient sur le titre de ce livre que l'on retrouve parfois sous les termes "Pottsville, 1275 âmes" et non pas "Pottsville 1280 habitants", il s'agit bien du même roman. L'explication la plus probable de cette modification c'est que dans sa première traduction le nombre d'habitants a été modifié pour une facilité de liaison dans la prononciation du titre... c'est peu convaincant, mais c'est la raison que l'on retrouve le plus souvent.
Dans sa dernière version, le titre est ainsi redevenu plus conforme à celui d'origine (en anglais : "Pop. 1280").
Enfin, pour être complet, ce livre a été adapté au cinéma par Bertrand Tavernier sous le titre "Coup de torchon", film de 1981, à la différence près que l'action se situe en Afrique et non pas dans le Sud des Etats-Unis.
D'autres avis sur d'autres lectures sur mon blog :
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kateginger63
  04 septembre 2019
Tromperies et tracasseries dans un bled bien tranquille
*
Coup de pioche du mois d'août par @taganga2000.
Un livre acquis depuis un assez bon bout de temps. D'ailleurs je le possède également dans sa version antérieure, nommée 1275 âmes.
La nouvelle version (celle-ci) a été retraduite au plus près des mots, de la conjugaison, du style bien particulier de Jim Thompson. J'ai comparé plusieurs chapitres et je préfère de loin celle-ci. Avez-vous remarqué que le chiffre du nombre d'habitants diffère de 5 personnes. Vous allez comprendre cette différence à la fin de mon résumé, hé!hé!
*
Nous avons ici un anti-héros tellement loin de l'image du shérif débonnaire des petites bourgades poussiéreuses des USA.
Nick Corey est tellement futé qu'il pourrait concurrencer Columbo. A l'exception près qu'il est fainéant, retors, et menteur.
*
Focus sur une période troublée dans les années 20, où la ségrégation raciale bat son plein. Dans la bourgade tranquille il passe son temps à monter des machinations, à faire le ménage autour de lui. Egalement à trousser des jeunes dames. Les élections approchent, Nick va tout faire pour les gagner. Quitte à tuer. Mais rira bien qui rira le dernier.
*
"Je dis pas que vous avez tort, mais je dis pas que vous avez raison non plus" , voilà bien ce que Nick clame à qui veut bien l'entendre, ou qui lui cherche des noises.
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Un très bon roman noir, célébré en son temps. D'un humour corrosif, cynique, car ne l'oublions pas, ce personnage est amoral. L'auteur a réussi - avec brio- à se tenir sur deux narrations : l'une où Nick raconte, commente et juge après-coup et l'autre où il est dans l'action et de ce fait ne réfléchit pas beaucoup. Je dirais que c'est ce qui fait le style, la "patte" de l'auteur.
Cette façon d'utiliser la conjugaison de manière habile est subtile et jouissive. L'auteur s'est bien amusé avec sa galerie de personnages.
C'est mordant, caustique et noir.
*
Alors, vous savez pourquoi il manque 5 âmes à Potts? Ils sont morts, pardi!
Juste la fin qui me paraît trop "ouverte". Est-ce au lecteur d'imaginer le destin de Nick?


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Bernard-BlaisePosso
  26 avril 2016
Les cleptomanes-traducteurs de la Série Noire sont pris enfin, et pour de bon, la main dans leur vilain sac : en cause, M. Duhamel, directeur de la Série Noire, avec quelques nègres à la solde, à l'époque du roman noir de 240 pages (moyenne).
L'objet d'un des litiges : rien qu'un des plus grands écrivains "noirs" américains du 20ème siècle, et un des trois plus grands, selon nous, avec Goodis et Hammet, un des plus cyniques, un désabusé chronique, habité par une écriture tellement singulière, des scénarios atypiques où les dialogues déjantés nous collent un frisson d'humour... noir, probablement inégalé dans le Genre. Encore que ce Genre ici n'obéit à aucune loi du genre, tout près de l'absurde, se tient ! ... et tend à la métaphysique.
1275 âmes traduit pour "pop 1280", a suscité nombre d'interrogations sur ces "5" âmes disparues : J.B. Pouy en a tiré une petite variante dans un roman qui part d'une bonne idée mais peine à trouver une conclusion convaincante et claquante.
En fait, tout le monde s'accorde à dire aujourd'hui que ce fut une question de phonétique... 1275 c'est mieux que 1280 avant "âmes"...
Le pire est encore le film de Tavernier "coup de torchon" qui déplace son intrigue en 1938, en Afrique noire, en pillant avec son co-scénariste Aurenche les "meilleurs" morceaux des dialogues Thompsoniens , je vous passe l'anachronisme, la présence de ces femmes mises en scène avec une vulgarité que Big Jim ne s'est jamais permise, ni ici, ni ailleurs.
Encore eut-il- fallu que nos apprentis-scélérats, ces deux autres, prennent la peine de lire le livre en version originale ! Mais bah...
Pourfendeur de toutes ces pratiques odieuses, véritable passionné-justicier d'oeuvre d'importance amenuisées, simplifiées, , François Guérif, encore une fois, a confié cette fois-ci à Jean Paul Gratias la relecture et une nouvelle traduction de "pop 1280".
Edifiant : voici dans le texte le début de l'interview du traducteur, accordé le 10 avril 2016, à l'occasion de la sortie de "Postville, 1280 habitants" :
« C'est un roman qui est sorti en 1964. Mais quand on lit le texte attentivement, on s'aperçoit que c'est censé se passer en 1917 ! Quand on traduit, on a le nez sur le texte, donc on voit tous les détails. L'information se situe au début du livre, dans une scène qui a été coupée dans l'édition de la Série noire... le shérif prend le train. Il va au bout du wagon pour se rendre aux toilettes, et là, il y a un type qui attend son tour en lisant le journal. La conversation s'engage : "Alors, comment ça se passe, est-ce que les bolcheviques vont renverser le tsar ?" Donc, forcément, 1917 ! Et ça continue avec la suite de la scène coupée, complètement délirante. L'homme qui lit dit : "J'ai vu entrer dans les toilettes une femme nue montée sur un poney tacheté." Et le shérif, un peu balourd, répond : "Mais que faisait une femme dans les toilettes pour hommes ?" Réplique : "C'était peut-être le poney qui avait envie de pisser..." Voilà, tout ce passage a disparu dans la traduction de la Série noire, signée Marcel Duhamel. Voilà ce qu'on se permettait à l'époque."
Tout le reste est à l'avenant. C'est un autre livre, une autre interprétation, une réparation. Salutaire.
Voilà le plus célèbre livre de Thompson, complètement réhabilité par une équipe magnifique et digne que cette traduction pointue, parmi d'autres réadaptations, vous permettra de savourer... pour le prix modique de 8 euros.
A relire d'urgence ! Merci.
BBP
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Renod
  27 juillet 2016
Je vais être direct : « Pottsville, 1280 habitants » a sa place dans le panthéon du roman noir. La version française précédente « 1275 âmes » m'avait déjà fortement marquée. L'avantage d'avoir une tête creuse, c'est que j'ai pu lire et « surkiffer » le roman une nouvelle fois au prétexte de sa réédition. Pottsville est un comté de l'Amérique rurale peuplé de 1280 habitants. Nous sommes en 1917, les rues et les esprits sont encore boueux et mal éclairés. La ville de Potts comprend une gare, un bordel, quelques commerces et un tribunal auquel le bureau du shérif est annexé. Nick Corey occupe la charge de shérif du comté. Il fait en sorte de rester à l'écart des problèmes de sa communauté et de ne sanctionner personne, ce qui arrange à peu près tout le monde car chacun a quelque chose à se reprocher. Nick est une personne affable, un peu lâche, crédule - on peut même dire qu'il est complètement niais - dont les principales occupations sont de courir la gueuse, manger et dormir. Alors oui, il ne dérange personne mais il est aussi vrai qu'il est de moins en moins respecté, ce qui va poser problème car les élections approchent. Nick va devoir défendre chèrement sa place et sa réputation. le simplet va se montrer calculateur, machiavélique et sans scrupule.
Le roman déborde de cynisme. Son personnage principal est sombre et amoral. Il est doué de tous les vices : débonnaire, menteur, calculateur, fornicateur, il usera de tous les expédients et montera les pires machinations pour parvenir à ses fins. Gare à ceux qui l'ont sous estimé. Mais c'est un jeu dangereux qui risque au final de lui brûler les doigts.
Jim Thompson parvient à travers ce brûlot à dénoncer ces justices d'exception qui n'ont dans le collimateur que les blancs pauvres et les Afro-américains. Car oui, Nick Corey est un salaud mais il possède également un supplément d'âme qui le différencie de sa communauté. Il sait parfaitement jouer de la crédulité et des mauvaises moeurs de ses pairs. La narration est impeccable, le récit est plein d'un humour corrosif, l'auteur distille quelques grossièretés mais aussi, et c'est là l'essentiel, quelques messages bien sentis. « Pottsville, 1280 habitants » est un roman que je qualifierai– au risque d'être pompeux - de « célinien ». Alors vous aussi, plongez vous dans la bible du cynisme. Et remercions les éditions Rivages noir d'avoir donné une seconde vie à un texte fondamental de ce genre.
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Citations et extraits (82) Voir plus Ajouter une citation
belette2911belette2911   21 août 2016
– Ah, vous travaillez pour l’agence Talkington ! Eh bien, bon sang, je peux vous dire que j’en ai entendu parler, de votre agence ! Voyons un peu… C’est bien vous qui avez mis fin à la grande grève des cheminots ?
– C’est exact. (Il me montre sa dent de nouveau.) La grève des cheminots, ç’a été une de nos missions.
– Ah, sur ce coup-là, il vous en a fallu, du cran ! Quand je pense à ces cheminots qui vous bombardaient de morceaux de charbon et qui vous arrosaient à pleins seaux d’eau, alors que vous, les Talkington, vous n’aviez rien d’autre pour vous défendre que des fusils de chasse et des Winchester semi-automatiques ! Oui, vraiment, je vous tire mon chapeau !
– Pas si vite, shérif, permettez ! (Sa bouche se referme comme une boutonnière.) Nous n’avons jamais…
– Et ces voyous d’ouvriers du textile ! Ceux-là, vous les avez bien soignés, pas vrai ? Des gens qui gaspillaient leur salaire de trois dollars par semaine à mener la grande vie, et qui faisaient des histoires parce qu’ils devaient faire les poubelles pour ne pas mourir de faim ! Et puis, de toute façon, c’était rien que des étrangers, pas vrai ? Et s’ils n’aimaient pas ça, les bons rogatons de l’Amérique, pourquoi ils ne retournaient pas d’où ils venaient ?
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MimekoMimeko   23 mai 2016
- Rose, tu devrais arrêter de jurer comme un charretier. Ça risque de t'échapper à un moment gênant.
- Ouais, t'as raison bon sang ! C'est la faute à Tom, ce salopard de fils de pute, mais tu peux être foutrement sûr que je vais faire de mon mieux pour m'améliorer, bordel de Dieu !
- Parfait, Je vois que cela ne posera pas trop de problèmes.
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colimassoncolimasson   29 mars 2019
Et pourtant, je me fais du mouron. J’ai tellement de problèmes que je me ronge les sangs.
Par exemple, je me mets à table devant, disons, une demi-douzaine de côtes de porc, quelques œufs sur le plat et une fournée de petits pains chauds avec du gruau de maïs trempant dans la sauce, et je n’arrive pas à avaler mon repas. Enfin, pas jusqu’au bout. Je commence à ressasser tous ces ennuis que j’ai en ce moment, et voilà que je me lève de table avant d’avoir fini mon assiette.
Pour le sommeil, c’est pareil. C’est presque comme si je ne dormais plus du tout. Je me mets au lit en me disant, cette nuit, c’est sûr, je vais bien roupiller, mais il n’y a rien à faire. Il me faut au moins vingt à trente minutes, peut-être, avant de fermer l’œil. Et puis, à peine huit ou neuf heures plus tard, voilà que je me réveille, les yeux grands ouverts. Et impossible de me rendormir, aussi claqué, aussi fourbu que je sois.
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colimassoncolimasson   16 avril 2019
Tu parles ! T’es pas son frère, t’es son gigolo ! C’est pour ça qu’elle veut toujours t’avoir sous la main, pour se faire ramoner la cheminée quand l’envie lui en prend. Parce que t’es monté comme un bourricot et qu’elle a le feu au fourneau ! […]
Je t’ai vu la trombiner ! J’ai grimpé sur l’échelle des peintres et j’ai regardé à travers le carreau, et bon sang, tu y allais de bon cœur. A la façon dont tu lui ramonais la boutonnière, t’as bien failli tomber dedans !
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Michel7090Michel7090   05 février 2018
Je ne lui en veux plus autant qu’avant, parce que j’ai vu beaucoup de gens assez semblables à lui. Des gens qui cherchent des réponses faciles aux grands problèmes. Des gens qui tiennent les Juifs ou les Noirs pour responsables de toutes les calamités qui leur tombent sur la tête. Des gens incapables de comprendre qu’un nombre incroyable de choses vont forcément mal tourner dans un monde aussi vaste que le nôtre. Et s’il existe une explication à cet état de fait – et il n’y en a pas toujours – eh bien, elle n’est sans doute pas unique, car dans ce cas on peut trouver des milliers de réponses possibles.
Mais voilà comment il était, mon père – semblable à ces gens-là. Ils achètent un livre quelconque écrit par un type qui n’en sait pas plus long qu’eux sur quoi que ce soit (sinon il n’aurait pas besoin de pondre un bouquin), et sa lecture est censée leur donner toutes les solutions. Ou bien ils s’achètent une boite de pilule. Ou ils disent que ce sont les autres qui créent tous les problèmes, et que la seule chose à faire, c’est de se débarrasser d’eux. Ou ils affirment qu’il faut déclarer la guerre à un autre pays. Ou…Dieu sait quoi encore.
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Vidéo de Jim Thompson
L?action se déroule sur une journée, un samedi de Pâques. Tôt le matin, la foudre s?abat sur Richard Weatherford, pasteur respecté d?une petite communauté de l?Arkansas. Son jeune amant vient lui réclamer le prix de son silence : 30 000 dollars. Marié, cinq enfants, prêcheur intégriste, toujours prompt à invoquer la figure de Satan pour stigmatiser les homosexuels, embarqué dans une croisade pour la prohibition de l?alcool, Richard va tout faire pour préserver la façade de respectabilité qu?il a patiemment construite. A n?importe quel prix. Au nom du bien. Au bout de ce samedi noir, la petite ville sera à feu et à sang, mais Richard Weatherford aura réussi à sauver sa réputation?
Fils d?un prêcheur baptiste, Jake Hinkson continue à régler ses comptes. Après L?Enfer de Church Street et Sans lendemain, Au nom du bien enfonce le clou avec une rage jouissive. Admirateur de Flannery O?Connor et de Jim Thompson, Hinkson livre un texte polyphonique, radicalement noir, portrait au tranchoir d?une petite communauté étouffante, prisonnière de valeurs hypocrites et d?une morale d?un autre âge. En bon auteur du Sud, il pousse le jeu jusqu?à son paroxysme. La fin, qui se déroule un an plus tard et montre le pasteur dans son prêche de Pâques, droit devant l?armée des âmes bien pensantes, est un monument de cynisme ravageur. Entre-temps, Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche. Michel Abescat Dry County, traduit de l?anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides, éd. Gallmeister, 320 p., 22,60 ?.
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