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Jean Esch (Traducteur)
EAN : 9782743611392
637 pages
Payot et Rivages (02/05/2003)
4.04/5   63 notes
Résumé :
"La belle vie dans la sale industrie du rêve". Ainsi est sous-titrée cette extraordinaire biographie non autorisée de Dean Martin, chanteur, acteur, star, incarnation mythique du rêve américain, jouisseur invétéré... mais aussi petite frappe plus douée pour les mauvais coups que pour les études, homme trouble que la mafia a mis sur le chemin du succès. Un personnage hors du commun qui a connu les plus grandes étoiles (Sinatra, Jerry Lewis, Marlon Brando, Marilyn...)... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique

En écrivant ces lignes, j'écoute « Everybody loves somebody », un summum de la chanson cool, interprété par Dean Martin en 1964.

Sous le prétexte d'écrire une biographie du crooner américain, Nick Tosches nous fait le portrait de l'Amérique du 20ème siècle à travers le prisme du show-business, et de l'ascension d'un petit rital né en 1917 à Steubenville, Ohio et nommé Dino Crocetti. Tosches est avant tout un journaliste, son style s'en ressent ; une sorte de compte-rendu détaillé, précis ; un travail « à l'américaine » avec dates, adresses, chiffre$ ... et tutti quanti, c'est un peu rébarbatif mais l'écriture est dynamique et pleine d'anecdotes bien senties. Pour le reste ce récit est captivant. La nature complexe et charismatique de Dean Martin traverse cette époque inconséquente comme un personnage de tragi-comédie. On y croise d'abord les immigrés italiens cherchant le rêve américain, puis les mafiosi pendant la prohibition, les tripots et les cabarets puis les casinos (encore la mafia). On y trouve aussi le show-business et Hollywood, puis la télévision, les politiques de tout bords, les Kennedy's brothers en tête et toujours la mafia (le livre est sorti en France dans la collection Rivages/Noir). Traversant ce fatras sulfureux, la figure indifférente (Menefreghismo) et je-m'en-foutiste de Dean Martin, qui fut croupier, comique de stand-up (en duo avec Jerry Lewis), chanteur de charme, crooner (surtout crooner), acteur (comique ... et parfois dramatique), animateur radio et de télévision. Qui fut en haut de l'affiche dans tous c(s)es rôles, qui fut marié 3 fois et amateur de golf, qui fut riche, et même très riche, bref qui fut une immense star. Et comme il se doit l'histoire se termine par la décadence et la déchéance car : La vecchiaia è carogna (la vieillesse est une charogne), il décédera (de chagrin, après la mort de son fils) en 1995. Que reste-t-il de tout cela ? Quelques chansons intemporelles ... Everybody loves somebody ♫ sometime ♫ ... Allez, ciao amici.

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Travail remarquable de recherche. Un personnage de Dean assez misterieux et dont les motivations (la chanson a ses touts debuts) semblent s'évanouir avec les annes qui passent. La question est : que cherchait a construire Dean Martin ?Cependant le cote hagiographique prend le dessus sur le style de Toshes. Ce dernier reste un peu trop discret par rapport à son sujet. J'aimerai savoir quelle attirance avait Martin pour Tosches pour que ce dernier consacre des années de recherches et d'ecriture sur lui. C'est surtout aussi une image assez juste du patriarcat: durant les 600 pages de ce livre, les personnages femmins y sont decrits comme des meres aimantes au foyer ou des filles faciles ecerveles en bas nylon. Ce qui fait que l'on reste dans le theme « whiskey et petite pépé »...

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Ce livre est contreversé, mais quel travail.. ..je me suis regalé, la vie evidemment de dean martin, mais un formidable documentaire sur la toute puissante mafia, l'argent, les politiques et le show biz de l'epoque gangrené par la mafia .. et tous les artistes de l'epoque , Sinatra, Jerry Lewis, Gable et autres .. une pepite pour moi ce livre

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Superbe biographie très détaillée. Grâce à you tube ou deezer, j'ai pu écouter les titres cités tout au long de ce livre. Plein de bonnes chansons bien interprétées. Pareil pour les films. Ce livre permet également de connaître un peu mieux Jerry Lewis et du duo formidable qu'il formait avec Dean Martin.

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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation

Et dès le début, il (Jerry) fut impressionné également par le sens inné de la comédie de Dean. Pour Dean le monde était une blague obscène et il semblait en prendre conscience à chaque respiration. (...) Il n'avait pas seulement le sens de l'humour, il avait un sens de l'humour qui s'appliquait à tous les gens et à toutes les choses qui l'entourait.

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À contrecœur, il apprit l’orthographe des mots, car ne pas apprendre signifiait se retrouver à la traîne et refuser d’apprendre encore et toujours, ce qui serait plus insupportable que d’apprendre, d’oublier et de passer à autre chose. Et ça continua ainsi, jusqu’au moment où vous n’appreniez pas seulement l’orthographe de la pomme, mais aussi du ver qui était à l’intérieur ; jusqu’au moment où vous additionniez une pomme avec une autre pour en avoir deux, puis vous divisiez les deux par deux et vous vous retrouviez avec une seule pomme. Au point que lorsque la bonne sœur au catéchisme commença à parler d’Adam et Ève et de la pomme, Dino se représenta cette pomme comme celle qui était responsable de toute cette orthographe, ces additions, ces soustractions et divisions. Il y voyait le symbole du péché, de la chute. Dieu avait dit à Adam et Ève de manger tout ce qu’ils voulaient, sauf la pomme de l’arbre de la connaissance. Mais non, ça ne leur suffisait pas de manger ; ils voulaient la connaissance en plus, ces imbéciles, ils ne voulaient pas seulement manger, ils voulaient écrire ce qu’ils mangeaient, le diviser, l’additionner et le soustraire également. Voilà quel était le véritable péché originel. Et il en payait encore les conséquences aujourd’hui, avec toute cette orthographe, cette arithmétique cinq jours par semaine, plus les histoires de pomme du dimanche matin par-dessus le marché.

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Les artistes de music-hall étaient comme l'alcool, comme mes machines à sous et toute cette merde entassée dans l'entrepôt de Longie : un moyen supplémentaire pour un club de piquer du fric aux pigeons.

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Il n’avait jamais vu un ciel si vaste et terreux, habité par une fureur vide ; jamais il n’avait entendu pareils grondements sinistres et incessants, pareils hurlements assourdissants. C’était comme si le désespoir, ce plus humain de tous les états, avait pris l’ampleur d’une existence séparée de l’humanité, car ce n’était pas un sentiment de désespoir humain qu’il percevait ici, ni un quelconque désespoir céleste – il n’y avait pas de ciel – mais plutôt le désespoir des éléments eux-mêmes, de la terre et des feux de charbon, de l’humidité de l’air. Il avait imaginé le creuset au cœur de l’Amérique comme un gigantesque scintillement majestueux sous le soleil, comme le bouclier d’Énée dans le livre de contes, cent fois plus grand. Il avait imaginé un tas de choses. Comme lui avait dit son père, il y a longtemps : « Rêve dans une main, chie dans l’autre, et regarde quelle main est pleine. »

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Ce que Carnegie l’immigrant avait réussi en Amérique façonna le rêve de tous ceux qui vinrent par la suite. Certes, se disaient-ils, c’était un Écossais, et les Écossais étaient de sales radins qui rangeaient leur porte-monnaie où ils auraient dû ranger leur queue, mais ces nouveaux venus ne réclamaient pas des millions, ils voulaient juste, comme disaient les Siciliens, fari vagnari u pizzu, tremper leur nez. Après un certain temps dans ce pays, les pieds tendres découvrirent la vérité. L’inspiration du rêve et sa Némésis ne faisaient qu’une ; pourvoyeuse et destructrice. L’ennemi du travailleur était celui qui le payait, celui sans qui il périrait. Ainsi allait le monde après tout, l’ancien comme le nouveau. Aucun rêve ne changerait jamais cela, aucune American Federation of Labor ne transformerait en véritable pouvoir l’accumulation de l’impuissance et de l’insignifiance des rêveurs.

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Videos de Nick Tosches (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nick Tosches
Le 11.05.2021, Francis Dordor était l'invité de Antoine de Caunes dans “Popopop” sur France Inter. À la rubrique Livres de sa "Pop liste", “Blackface” de Nick Tosches.
Dans la catégorie : ChansonVoir plus
>Musique dramatique>Musique profane>Chanson (331)
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