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ISBN : 2917094095
Éditeur : Le Vampire actif (13/05/2013)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 13 notes)
Résumé :
« Tu m’avais dit marions-nous le 21 juin, au solstice d’été. C’est le jour le plus long. À Rochecreuse, à la montagne, où le soleil consume longtemps les cimes. »
Dans un face à face avec l’écriture, un homme se remémore sa nuit de noces, en suit le cours jusqu’à son apothéose tragique.
Avec ce quatrième roman qui mêle de nombreux motifs filmiques et littéraires et qui emprunte tour à tour aux registres du fantastique, du grotesque et du thriller, Roma... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
BooksnPics
  16 septembre 2013
Déstabilisant, troublant, glauque, tels sont les premiers adjectifs qui me sont venus à l'esprit à la lecture de ce quatrième roman de Romain Verger. Difficile de se positionner sur mon ressenti tant je suis sortie de cette lecture chamboulée, perdue... Tout en détails et ambiances, ce texte est exigeant tant dans sa forme que dans son écriture. Un véritable mélange de genres à tel point qu'il est difficile de classer le récit dans une seule catégorie: roman noir certes, mais aussi, récit fantastique, grotesque,...Un récit construit telle une tragédie grecque...L'ancienne étudiante de Latin-Grec que je suis n'y est d'ailleurs pas restée indifférente.
La scène s'ouvre sur notre narrateur…Tel un survivant, interné dans un hopital psychiatrique, il se remémorre dans les moindres détails sa nuit de noce, cette nuit du 21 juin, au solstice d'été, où tout a bousculé. ..
“Je passe ici le plus clair de mon temps à écrire. Je n'ai que ça d'ailleurs, le temps. Et le terrible ennui. Je l'écosse. Je le décompte en cris, cachets et convulsions. Je l'égrène en mots” (p. 12).

Commence alors une longue réflexion sur ce cauchemar que notre narrateur va nous faire vivre à travers moult détails tous plus sordides, grotesques les uns que les autres Etait-ce réel ou directement sorti de son imagination?
Un cauchemar mais aussi une souffrance… La souffrance d'un homme épris de son épouse, de cette femme rencontrée sur le net à peine quatre mois avant de l'épouser …
Au final un roman troublant où l'imagination du lecteur fait partie intégrante du travail de lecture.
Alors oui, l'écriture de Romain Verger est dense, exigeante, mais c'est cela qui en fait sa qualité. C'est cela qui fait que ce roman soit si “noir”, si troublant. Un “petit” roman certes puisqu'il ne fait ”que” 138 pages mais l'auteur sait y faire et nous emmène dans ce rêve apocalyptique sans crier gare. “Le personnel aussi connaissait mon histoire, mais je crois qu'il ne me jugeait pas et que ma situation lui inspirait plutôt de la compassion. Il comprenait bien que pour que j'en arrive à me crever les yeux, la vérité n'était pas aussi simple que ce que les experts avaient balayé d'un mot: irresponsable”. (p.22)
Ce roman, tout à la fois poétique et chaotique, fut donc une très belle première découverte de l'auteur mais aussi de la maison d'édition lyonnaise le Vampire Actif née en 2007. Je les remercie d'ailleurs ainsi que Libfly pour l'opportunité qui m'a été donnée de découvrir ce roman dans le cadre de la “Voie des Indés 2013”.
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Sando
  17 septembre 2013
De l'asile où il est interné pour s'être crevé les yeux, le narrateur nous raconte comment, le jour de son mariage, sa vie a basculé dans les ténèbres. Entre Noëline et lui ça avait pourtant été comme une évidence. Tout s'est enchaîné très vite et quelques mois à peine ont suffi à sceller leurs destins... le mariage était fixé au 21 juin, le jour le plus long, à Rochecreuse. Mais une fois les voeux échangés, le narrateur sent que quelque chose cloche. La mariée s'isole en poussant des cris de démentes, la belle-mère ne cache pas sa méchanceté naturelle, la belle-soeur quant à elle se montre très entreprenante et les invités se distinguent par leur laideur… Très vite, le malaise s'installe, une tension que même l'alcool ne parvient pas à effacer. Et pourtant, ce n'est encore que le début du cauchemar…
C'est le premier roman que j'ai l'occasion de lire au « Vampire Actif » et je dois dire que je me suis complètement laissé prendre dans cet engrenage de l'horreur mis en place habilement par Romain Verger. Dès le départ, le ton est donné, on sait qu'un drame est arrivé, néanmoins il est impossible d'imaginer la violence à venir… L'auteur mêle savamment les genres avec une dose d'horreur, de fantastique et de roman noir à donner des cauchemars ! Comme la narration est faite à la première personne, il n'est pas toujours évident de démêler le vrai du faux, le réel de l'imaginaire. le narrateur étant interné en hôpital psychiatrique, on se demande jusqu'à quel point son témoignage est celui d'un dément. Mais la folie est bien au coeur du récit et elle contamine, progressivement, chaque personnage. Un texte sous haute tension, qui peut déstabiliser par son étrangeté !
Je tiens à remercier vivement Libfly et le Vampire Actif pour cette découverte réalisée dans le cadre de « La Voie des Indés » !
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Athouni
  29 mai 2013
Je n'avais jamais lu Romain Verger ni aucune publication des éditions du « Vampire actif » (Quel nom !) mais après « Fissions », je me suis promis d'être plus attentif à leurs travaux respectifs. Car « Fissions » est un très bon roman transfictionnel et noir qui ménage parfaitement ses révélations.
La nuit de Noces a viré au cauchemar. le lecteur n'en sait guère plus sinon que le narrateur, à la suite de cette nuit traumatisante, s'est crevé les yeux. le procédé est habile et le lecteur tenu en haleine. Il faut attendre les toutes dernières pages pour que tous les événements nous soient connus et l'horreur révélée.
Au thriller, « Fissions » mêle des éléments de grotesque, savamment dosés, crescendo, qui lui donnent sa principale couleur esthétique. Romain Verger a vraiment bien travaillé cette ambiance bizarre et inquiétante, notamment avec la belle-famille qui a tout de la galerie de monstres (physiques ou moraux). Il faut aussi mentionner une touche de fantastique (très légère) qui fait basculer le récit définitivement dans l'horreur.
Le tout forme une transfiction très convaincante, servie par une écriture au cordeau. Car, c'est un point qu'il ne faut pas omettre : Romain Verger a du style ! le lire est un régal.
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Charybde7
  20 mai 2013
La déflagration du récit est brutale, directement sur la plaie dès l'entame.
Le désastre a déjà eu lieu et le narrateur écrit, quelques heures chaque jour, et tente de comprendre, ou au moins de fixer les traces de cette destruction.
«Je prends les choses comme elles reviennent, dans le plus grand désordre, les attrapant à la gorge quand elles percent de ma camisole chimique. Ce sont tes cris, Noëline, le visage fêlé de tes soeurs ou la fosse emplie de nuit et de silence, les voeux du prêtre, pluies de riz et giboulées de roses, d'interminables routes entaillées dans le vide ou j'avance sans garde-corps, rasades de vodka, éclaboussures de sang, l'éblouissant crépuscule que dévore les crevasses.»
Romain Verger aveugle son lecteur, perdu dans l'incompréhension totale du drame qui s'est joué, et constatant ses traces, blessure, mutilation, médicaments, enfermement en hôpital psychiatrique … et, avec des cailloux blancs semés au fil des pages, l'horreur se révèle de cette soirée de noces qui a viré au cauchemar, avec cette écriture somptueuse au service de la monstruosité, comme une poésie de la souffrance au trait indélébile.
Dans un moment de dissolution de sa vie, rencontrant Noëline, le narrateur avait rêvé d'un amour idéal, d'une union de siamois. Écrivain ayant perdu le petit boulot qui le faisait vivre, il s'était retrouvé à brasser de la merde dans une déchetterie, envahi par la merde, incapable d'écrire, puis il était tombé sur Noëline, au hasard des clics d'un site de chat-roulette.
Leur mariage rapide, après seulement quatre mois, dans l'isolement d'une campagne fétide infestée d'insectes, auprès d'une belle- mère terriblement sadique qui ne fait qu'annoncer le reste de la noce, va virer au cauchemar. Dans cette foire aux monstres, le sol se dérobe, et on lâche la rampe du réel, et celle des certitudes tandis que l'on avance à tâtons vers la noirceur.
Romain Verger a brûlé le manuscrit de son livre et en a tiré de magnifiques photos qu'on peut voir sur son site, mais « Fissions » va continuer de nous brûler les yeux.
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Charybde2
  08 décembre 2013
Écriture de précision, noirceur inégalée ancrée dans l'ordinaire faussement blafard.
Publié en 2013 chez le toujours étonnant Vampire Actif, le quatrième roman de Romain Verger confirme le singulier talent de l'auteur pour créer, dans un cadre initialement quotidien, voire banal (des douleurs de dos de « Zones sensibles » au mariage à préparer de ces « Fissions », en passant par la tranquille mission scientifique de « Forêts noires »), des récits autres, étrangers, authentiquement inquiétants, où la raison du lecteur semble glisser, accompagnant le doute, puis l'angoisse, des protagonistes, pour basculer in fine dans une folie cauchemardesque dont on ne s'échappe pas.
Création d'un climat paysan séculaire aussi lourd que madré que ne renierait pas le Pierre Jourde de « Pays perdu » ou même de « Festins secrets », quête acharnée de bonheur ordinaire qui résonne avec le Philippe Annocque du formidable « Liquide », indices troublants pointant vers une fêlure de l'axe du monde, sur laquelle le narrateur ne peut justement mettre le doigt, mais que l'on sent croître, comme nous en régalent certaines des plus sombres nouvelles de Mélanie Fazi, Romain Verger déploie ici un art tout en densité, télescopant avec minutie les quêtes illusoires de légèreté mises en oeuvre par des personnages que guette à chaque instant le poids d'un regard passé, et les failles présentes, proprement infernales, où ils vont s'abîmer, qu'elles soient simplement esquissées ou, dans ces « Fissions » plus que jamais auparavant, gravées dans la souffrance de la chair.
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Charybde7Charybde7   19 mai 2013
Je prends les choses comme elles reviennent, dans le plus grand désordre, les attrapant à la gorge quand elles percent de ma camisole chimique. Ce sont tes cris, Noëline, le visage fêlé de tes sœurs ou la fosse emplie de nuit et de silence, les vœux du prêtre, pluies de riz et giboulées de roses, d’interminables routes entaillées dans le vide ou j’avance sans garde-corps, rasades de vodka, éclaboussures de sang, l’éblouissant crépuscule que dévore les crevasses.
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loeilquifumeloeilquifume   18 juin 2013
Je passe ici le plus clair de mon temps à écrire. Je n’ai que ça d’ailleurs, le temps. Et le terrible ennui. Je l’écosse. Je le décompte en cris, cachets et convulsions. Je l’égrène en mots.
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Charybde2Charybde2   08 décembre 2013
Qu’ont-ils fait de nous, Noëline, qu’ont-ils fait de toi ? Peut-on mieux dévoiler l’amour à ceux qui s’y destinent qu’en les séparant comme on tranche les siamois, en taillant dans la chair et brisant l’os iliaque, dans le vif des deux, en dédoublant le mal, en répliquant la nuit ? Pour te retrouver, te voir, je suis du bout des doigts les nouveaux traits de mon visage, cette page de braille qu’est devenue ma face : arêtes, séracs, fissures, escarpes, l’exact calque en trois dimensions de ce pays montagneux dans les plis contractés duquel a couvé notre union. Il ne nous aura guère fallu une vie entière pour qu’à l’image de ces couples que de longues années de vie commune façonnent l’un en miroir de l’autre, nous en venions à nous confondre.
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loeilquifumeloeilquifume   18 juin 2013
Je ne pensais qu’à Noëline, à cette perdition où la menaient inexorablement nos noces ; et assis là, il me semblait l’y pousser avec les autres, lâchement, comme si l’on m’eût moi-même tenu la main, bandé les yeux et chloroformé.
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SkrittSkritt   28 octobre 2013
Peut-on mieux dévoiler l'amour à ceux qui s'y destinent qu'en les séparant comme on tranche les siamois, en taillant dans la chair et brisant l'os iliaque, dans le vif des deux, en dédoublant le mal, en répliquant la nuit ?
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