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EAN : 9782914704977
248 pages
Éditeur : Jigal (01/01/2013)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 53 notes)
Résumé :
"En parcourant les derniers mètres avant la pension, Aïcha Sadia songea aux troubles ressentis face aux crimes atroces. Elle avait appris, il y a longtemps, que ces troubles ne forment en fait qu'un déguisement de l'âme. La mort, se dit-elle en poussant la porte d'entrée, pareille à une vieille enjôleuse n'en finirait sans doute jamais de fasciner les vivants..."

Août 1936, en Espagne, on assassine Garcia Lorca, accusé de sympathie républicaine. Août ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  15 mars 2013
Où se trouve le corps de Federico Garcia Lorca? Depuis cette nuit d'août 1936, cette question ne cesse de tarauder les chercheurs et les admirateurs du poète. Près d'un olivier, sur la route entre Viznar et Alfacar, Lorca et trois compagnons d'infortune, l'instituteur républicain Galindo, dit le boiteux, et deux anarchistes de la CNT, Juan Arcollas Cabezas et Fransisco Galadi Melgar furent exécutés. Au début de la guerre civile en Andalousie, l'heure est aux règlements de compte. Les trois hommes paient leur engagement politique de leur vie. Lorca, dénoncé par Ruiz Alonso, un voisin homophobe et jaloux, est quant à lui victime de rivalités séculaires entre familles grenadines, les Lorca, les Roldan et les Alba, qu'il a qualifiées de "pire bourgeoisie d'Espagne". Les Alba n'ont pas digéré "La Maison de Bernarda Alba", le poète va le payer de sa vie. Antonio Benavides, qui est un de leur proche, se charge de l'exécution et se vantera plus tard "Je lui ai mis deux balles, à cette grosse tête".
L'affaire Garcia Lorca ne cesse de faire couler de l'encre, dans la presse comme dans les romans. Dans un des derniers ouvrages parus, "L'Amant uruguayen, une histoire vraie" de Santiago Roncagliolo, l'amant de Lorca, Enrique Amorim, aurait volé le cadavre de son amant. Dans Beso de la muerte, Gilles Vincent nous offre une nouvelle variation sur l'assassinat et la quête de sa dépouille. Beso de la muerte s'ouvre sur cette nuit andalouse. Un groupe d'hommes, mené par Antonio Benavides de l'Escadron noir, s'apprête à exécuter les quatre prisonniers sur le bord d'une route. Un mystérieux Capitan à moto, qui semble redouté de tous, supervise les opérations, avec pour seule consigne, celle de ne pas laisser de traces: "Ce trou doit disparaitre des mémoires. Vous n'êtes jamais venus ici, nous ne nous sommes jamais rencontrés, jamais. le poète vous a échappé, vous ne savez pas ce qu'il est devenu. C'est tout."
En août 2011, le commissaire palois Thomas Roussel reçoit un appel de détresse de son ancienne compagne Claire Dandrieu: "El capitan, Thomas. El capitan." Son corps carbonisé est retrouvé le lendemain à Marseille. La commissaire Aïcha Saïda, chargée de l'enquête, va tenter d'élucider le meurtre et de percer l'identité du mystérieux capitan, avec l'aide de Roussel. El beso de la muerte est l'instant durant lequel on touche la vérité du doigt. Ce baiser fut-il fatal à Claire qui préparait un ouvrage explosif sur les commandos du G.A.L. et s'apprêtait à faire de fracassantes révélations sur les gouvernements Gonzalez et Chirac? Aux échecs, el beso de la muerte est celui donné par la dame placée à côté du roi adverse et secondée par un pion qui emporte la partie. C'est donc à une belle partie d'échecs que Gilles Vincent nous convie dans ce polar nerveux et ambitieux, qui parcourt plus de soixante années d'histoire espagnole, de la guerre civile à la transition démocratique, de la lutte anti-terroriste à la loi sur la Récupération de la mémoire historique. Ce polar concis (un peu trop peut-être) avec de beaux personnages, une femme intelligente et sympathique, ni super woman, ni traumatisée par un lourd passé, un immonde salaud qu'on aime détester, un ancien ministre de l'Intérieur et le classique flic fatigué ancien alcoolique qui traîne ses casseroles, est servi par une belle écriture. Il y a parfois quelques envolées lyriques, et l'enthousiasme contagieux de l'auteur qui parle de "république" au lieu de "démocratie" nous ferait presque imaginer le drapeau violet, jaune et rouge flottant au dessus de Las Cortes. "Etudier l'Espagne contemporaine, voyez-vous, c'est passer son temps à mettre de la lumière là où l'ombre s'obstine. (...) Fouiller les plaies de la guerre civile, mettre à jour des crimes impunis, jeter sur la place publique des noms qui, jusque-là, s'accommodaient du silence", dit un des personnages. El beso de la muerte, à travers l'histoire symbolique du corps de Lorca, illustre parfaitement la difficulté d'instaurer une véritable démocratie et de s'affranchir d'une longue dictature, dans un pays où des villages comptent plus de morts à l'extérieur des cimetières qu'à l'intérieur. L'épigraphe de Saint-Evremont ne laisse guère de place à l'optimisme. Mais réjouissons-nous, Beso de la muerte est un polar de très bonne facture dans lequel le mobile du crime n'est lié ni à la passion, ni à l'intérêt mais à l'amour de la poésie. Federico, Federico, que ne ferait-on pas en ton nom...
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Gaoulette
  27 mars 2019
Une agréable surprise alors que je n'aurais jamais ouvert ce livre. Ma binôme me l'a offert et je l'en remercie. Elle connait très bien mes gouts.
Beso de la muerte regroupe tout ce que j'ai du mal dans un polar. Quand la politique et l'Etat rentrent en jeu je suis loin d'être une grande fan. Mais Gilles Vincent tire son épingle du jeu et m'embarque dans son histoire où deux enquêtes se rejoignent.
Tout commence avec l'exécution du poète espagnol Federico Garcia Lorca. Donc la vérité dans ce polar, le dramaturge a vraiment été exécuté à Grenade et son corps n'a jamais été retrouvé. Gilles Vincent prend cette base et en crée une enquête haletante. Un lien entre les deux affaires? Oui et les deux commissaires qui entrent en jeu vont essayer de résoudre deux affaires dont une vielle de 30 ans.
Une affaire qui prend une tournure plus complexe qu'elle n'y parait. Je me suis passionnée par tout ce qui entoure l'affaire Lorca. Je l'avoue avoir fait mes petites recherches pour en apprendre un peu plus. C'est rondement mené et j'ai adoré la double intrigue. Un finalité qui m'a beaucoup surprise. Un polar qui fait plus réaliste que fiction.
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Moan
  07 juin 2015
En août 1936, Garcia Lorca est assassiné et enterré nul ne sait où.
En août 2011,le commissaire Thomas Roussel, le jour de son mariage, reçoit un coup de téléphone, un appel au secours de son ex-compagne Claire Dandrieu. Celle-ci passionnée de Garcia Lorca aurait fait une découverte très importante qui risque de secouer le monde politique . Mais le lendemain, un corps calciné est retrouvé sur des rails à Marseille. Sur le corps, Thomas Roussel reconnait la bague De Claire.
le commissaire Aïcha Sadia aidé du détective Sébastien Touraine son compagnon, vont faire des kilomètres pour résoudre cette affaire. Un voyage dans l'après-franquisme qui les mènera de Marseille à Pau, de Madrid à Grenade.
Un polar bien écrit qui tient en haleine jusqu'à la fin.
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Bazart
  27 février 2015
Le jour de son mariage, le commissaire Thomas Roussel reçoit un coup de fil de son ex, qu'il n'a pas vue depuis quatre ans, affolée, elle se dit en danger de mort. le lendemain son corps carbonisé est découvert dans la gare de triage Marseille Blancarde. Roussel le flic Béarnais saute dans sa Volvo pour retrouver la commissaire Aïcha Sadia dans la cité phocéenne.
L'enquête sera tordue à souhait, entre un secret d'état, la traque d'anciens Nationalistes, fantômes de la guerre d'Espagne et la mémoire du poète assassiné Garcia Lorca, nos deux flics vont avaler les kilomètres et les ennuis jusqu'à Grenade au sud de l'Andalousie pour un final amer. Il faut faire vite Roussel part dans cinq jours en voyage de noce….
Quelle bonne idée d'utiliser une enquête de la sympathique commissaire Aïcha Sadia pour nous entrainer dans l'histoire ancienne et contemporaine de l'Espagne et du pays Basque.
Entre un ancien lieutenant du général Franco, un ex ministre de l'intérieur connu pour vouloir terroriser les terroristes, un prof de Fac amoureux d'une prof de lycée amoureuse de Federico Garcia Lorca, le poète assassiné le 19 aout 1936 dans la province de Grenade, nos deux commissaires vont avoir beaucoup de mal à tricoter la vérité perdue dans une pelote de mensonges. Mais bon, Roussel sera à l'heure pour son voyage de noce !
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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vincent34380
  26 janvier 2014
Le roman commence très fort avec la description de l'exécution de prisonniers par les soldats fascistes menés par « El Capitan », « trois pauvres types et un poète, la prise de la soirée ». le poète, homosexuel, sera exécuté de la manière la plus dégradante qui soit, en une ultime humiliation, et enterré dans cette fosse commune à Viznar. Il avait pour nom Federico Garcia Lorca, et est considéré par beaucoup comme le plus grand poète espagnol.
De nos jours : Thomas Roussel, flic fatigué et alcoolique repenti, reçoit le soir même de ses noces avec Délia Cabrini, médecin toxicologue qui l'a guéri de ses addictions, un appel au secours De Claire, son ex-compagne. le lendemain, le cadavre calciné De Claire est retrouvé à Marseille. Les derniers mots De Claire: « El capitan, El capitan »! Sont-ils le lien qui relie ces deux meurtres, à travers l'espace et le temps ?
La commissaire Aïcha Sadia et son équipe, accompagnés de Thomas Roussel vont, de Marseille à Madrid, en passant par Montpellier et Toulouse, suivre la piste trop évidente peut-être et qui paraît avoir été tracée pour eux, par un manipulateur qui semble devancer leurs faits et gestes.
Ce polar est très bien ficelé, et s'appuie sur une documentation solide, avec un grand souci du détail et de la vérité historique, des alliances et des accords politiques de l'époque, par la mise en scène d'événements et de personnages réels, pour certains encore vivants.
L'auteur nous donne à voir des personnages profonds, complexes et tourmentés, comme Thomas Roussel, et Claire dont la passion et la quête éperdue de justice confinent à la folie. Les personnages secondaires ne sont pas négligés pour autant et, de Estéban à Joaquin Vargas et Sébastien Touraine, ont tous une certaine épaisseur.
C'est très bien écrit, pas mené sur un rythme endiablé, et malgré la complexité de l'intrigue et ses multiples ramifications, ça se lit sans difficulté car structuré en chapitres très courts. On se laisse totalement embarquer par l'auteur, pas à pas, nous prenant par la main pour nous conduire, de retournements en coups de théâtre, jusqu'aux collines de Viznar, où tout a commencé, pour un final surprenant.
Gilles Vincent nous livre là une magnifique histoire, où la passion extrême conduit à tous les excès.
Une réussite que ce roman, sur lequel souffle l'esprit de Federico Garcia Lorca, symbole du peuple d'Espagne en lutte contre toutes les oppressions, toutes les dictatures. Il ne pouvait laisser indifférent l'andalou qui est en moi, et c'est déjà un de mes gros coups de coeur de l'année !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
collectifpolarcollectifpolar   04 septembre 2019
Extrait du prologue
17 août 1936.
"La poussière soulevée par les pneus de la camionnette formait un large sillon beige, une cicatrice floue au travers la nuit bleutée de Grenade.Le chauffeur faisait craquer les vitesses, freinait à grand bruit à l'amorce de chaque virage, tandis qu'à l'arrière, coincés entre les miliciens, les quatre prisonniers se cramponnaient pour ne pas valdinguer.Les cris des soldats les avaient cueillis en plein sommeil. Des gifles sans sommation, des insultes, des coups de pied au cul et, pour finir, des cordes nouées autour de leurs poignets ramenés dans le dos.Deux anarchistes, un instituteur boiteux et un poète : la prise de la nuit.La camionnette s'était ébranlée dans la poussière de l'été, avait traversé la ville muette, poursuivie par un jeune garçon à bicyclette qui avait pédalé au beau milieu des avenues désertes en hurlant : «Papa ! Papa !»À bout de souffle, il avait perdu de vue la carcasse métallique, jusqu'à ne plus discerner que le nuage beige se fondant dans les larges rues de la ville.Le gamin avait alors fait demi-tour, laissé l'air de la descente lui sécher les larmes, sachant au fond de lui qu'on emmenait son père bien au-delà du monde des vivants. Persuadé que les fascistes l'exécuteraient comme tant d'autres ces jours-ci qu'on voyait pourrir sous le soleil au fond des impasses, fusillés à genoux ou abattus d'une simple balle dans la nuque.Les faubourgs une fois derrière elle, la camionnette ralentit l'allure, s'enfonça sur la route caillouteuse qui escaladait les collines au nord-ouest de la ville.Après quelques kilomètres, sous la lueur de la lune qui perçait au travers des nuages, apparurent des corps affalés au milieu des talus. Des communistes, des anarchistes ou de simples républicains, fusillés par grappes le long de la route.Le 20 juillet, Grenade était tombée sans grande résistance aux mains des rebelles fascistes. Depuis, on exécutait à tour de bras. Dans les ruelles, les arrière-cours et les campagnes environnantes, les salves résonnaient toute la journée jusque tard dans la nuit. Les milices phalangistes arrêtaient tout ce qui était suspect de sympathie républicaine, et les hommes, des paysans pour la plupart, étaient passés par les armes sans autre forme de procès.La camionnette bâchée, une fois à mi-distance des villages de Viznar et d'Alfacar, quitta la route et s'engagea sur un chemin étroit qui menait à une ferme nommée «Cortijo de Gazpacho». Elle parcourut une centaine de mètres et s'immobilisa à flanc de colline.Les portières claquèrent dans la nuit ainsi que les ordres, comme des coups de fusils. La ridelle métallique s'abattit dans un grand bruit de tôle. Le chef des miliciens demanda aux quatre prisonniers de s'avancer de quelques mètres, jusqu'au bord d'un trou, sans doute creusé là par quelque paysan dans l'espoir d'y trouver de l'eau.- Toi, le poète, tu te mets sur le côté. Les autres, à genoux.
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RoggyRoggy   17 août 2014
Le général ne fut pas avare de ses mots.
La mémoire des vieux, se dit Aïcha en écoutant Vargas, l'agencement de leurs souvenirs obéit à des règles de classement que seule la vieillesse est capable d'inventer, Malhabiles à discerner les détails des heures tout juste passées, c'est à l'évocation des jours lointains, des instants logés aux confins de leur mémoire, que leurs yeux se mettent à briller. Et les paroles s'enchaînent, libérées, livrant dans leur moindre détail, les jours qu'on pensait relégués à jamais...
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BazartBazart   27 février 2015
« La violence, déclara-t-elle. C’est ça leur message. Vous avez raison, Roussel, ces types auraient pu l’arroser d’essence, mais s’ils ont préféré le lance-flammes, c’est simplement pour nous montrer de quelle violence ils sont capables. C’est ça leur message. Capables de tout pour faire taire quelqu’un. Pour terroriser aussi ceux qui savent quelque chose. »
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YvPolYvPol   02 mai 2013
En dépit de la gravité de l'instant, elle ne put s'empêcher de sourire à l'accent de son interlocuteur. Un mélange de Raimu et de Fernandel qui les avait tous fait rire lors de la prise de fonction d'Agostini en 1986. Mais cette musique pagnolesque dissimulait une main de fer et un caractère bien trempé, rompu à toutes les combines. Très vite après le débarquement place Beauvau du nouveau ministre de l'Intérieur, la loi "Sécurité et Liberté" avait effacé le sourire des fonctionnaires de police. (p.107) ?
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JuinJuin   28 juillet 2015
- Vous parlez juste, madame. Quand un homme, espagnol de surcroît, a traversé comme moi le XXe siècle, sa route est jonchée de rancœurs de toutes sortes. Et le ressentiment ne s'éteint pas forcément avec la mort des hommes. La haine, je le sais pour l'avoir maintes fois observé, transcende parfois les générations. (p 159 )
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Vidéo de Gilles Vincent
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Entretien avec Gilles Vincent, lauréat du Prix Cezam Inter CE 2014 avec Beso de la muerte, publié chez Jigal
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