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EAN : 9782369140450
Libretto (13/02/2015)
3.87/5   105 notes
Résumé :
Depuis avril 1453 les forces du sultan Mohammed II se sont lancées à l'assaut de Constantinople, dernier vestige de l'empire byzantin. Depuis un millénaire, la fière cité s'est dressée devant les Perses, les Arabes, les Latins même. Elle a maintes fois repoussé tous ceux qui l'ont assiégée. Mais, aujourd'hui, exsangue, à bout de ressources matérielles et humaines, elle vit ses derniers jours.
Derrière ses remparts défendus par 8 000 soldats, marins, mercenair... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Constantinople, 1453.
La capitale chrétienne de culture grecque qui marque la frontière entre Orient et Occident est le théâtre d'un des plus grands sièges militaires de l'histoire ; assaillie par les Turcs du sultan ottoman Mehmet II, la perle de la Chrétienté, l'ancienne Byzance, prépare sa défense à l'abri de ses légendaires murailles et ce, malgré les terribles conflits d'intérêt qui opposent Grecs et Latins.

Du 12 décembre 1452 au 30 mai 1453, le récit de cette lutte entre assiégés et assiégeants est minutieusement narré dans un souffle épique attisé par les passions humaines de personnages historiques et fictifs en tous points remarquables. Et le tout, raconté par un auteur finlandais. Cela a de quoi surprendre, non ? Pourtant qui, lisant cette épopée, douterait un instant de l'érudition et du talent de Mika Waltari ? Déjà, Stefen Sweig avait décrit de manière assez lapidaire le célèbre siège dans ses "Très riches heures de l'Humanité" mais il l'avait fait de façon quasi journalistique - bien que sa verve donnât à son récit une couleur unique. Ici, Mika Waltari plonge en eaux profondes pour sonder la société, le religion, la psychologie et la passion amoureuse. Les balbutiements de l'oecuménisme, l'instabilité du basileus, les luttes hégémoniques des Génois et des Vénitiens et l'héritage culturel, philosophique et spirituel d'une population déshabituée à être dominée sont autant de facteurs aggravants de la situation et devant entraîner la ville impériale à sa perte.

Si le récit, de par le choix chronologique de la narration, accuse quelques longueurs, l'ensemble n'en demeure pas moins exaltant. En parallèle des actes militaires, la passion enfiévrée qui unit les héros Joannès et Anna (et qui n'est pas sans rappeler les amours de Marcus Vinicius et de Lygie dans le "Quo vadis ?" de Henryk Sienkiewicz), quoique traitée sans pathos excessif, aurait de quoi faire pâlir roméo et Juliette...

Pourquoi centrer tout un roman sur un événement historique en particulier ? Certainement parce que l'événement en question n'est pas du tout anodin et divise même des générations d'historiens depuis des lustres, les uns voyant dans la chute de Constantinople en 1453 la fin du Moyen-Âge quand les autres la situent en 1492 avec la découverte de l'Amérique. Ma lecture achevée - et bien qu'ayant depuis plusieurs années mon propre avis sur la question -, les violences des assauts et des représailles me font plus que jamais douter que l'homme soit bien entré dans la période Moderne au XVème siècle. Et, hélas, force est de constater qu'en bien des endroits, le Moyen Age subsiste encore de nos jours.


Challenge ABC 2014 - 2015
Challenge AUTOUR DU MONDE
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"Aleô polis " ( la ville est perdue )
1453 : Constantinople, qui depuis un millénaire se dresse contre les Perses, les Arabes, les Latins ( Génois et Vénitiens ) vit ses derniers jours !
L'armée du Sultan Mehmed II qui dispose de 12 000 Janissaires turcs, de canons, de vaisseaux et d'armes de grande qualité s'apprête à détruire le dernier vestige de l'Empire Byzantin : Constantinople la chrétienne pour assouvir ses ambitions de pouvoir et y installer sa religion.
Les assiégés sont des mercenaires, des marins, des marchands et des notables, mais les rivalités, les coups bas font rage entre les Orthodoxes, les Byzantins, les latins qui veulent tous sauver la chrétienté et les nobles qui préfèrent servir les Turcs que la Papauté .
Parmi ces aventuriers venus pour défendre la ville, il y a Jean l' Ange qui est né grec, qui à 13 ans a été accusé de parricide, qui a du fuir se réfugier chez les Frères de la libre pensée, a rejoint l'armée chrétienne pour finalement se faire récupérer par le Sultan Mourad, puis par son fils Mehmed. Il a 40 ans, il est marié à une noble florentine et a 1 fils . Quand il rencontre Anna Notaras fille du Mégaduc de Constantinople : c'est le coup de foudre réciproque, mais ils sont distants, se blessent dans leur amour propre, puis se repentissent mais leurs corps s'entendent , s'appellent attirés par la force de l'amour ! C'est l'éternel défi entre la raison et les sentiments, entre " l'éros" et le "logos" , entre la rationalité et l'inéluctable force de la passion ! Elle veut qu'il se convertisse à la religion orthodoxe pour l'épouser, mais Jean est divisé entre son "être " et son" devoir", il est enclin au doute, à l'incertitude : si fragile et si fort en même temps, tourmenté par sa conscience ! Mais, dès qu'il l'épouse, le Mégaduc vient enlever sa fille qui va s'échapper et se réfugier chez des nonnes !
La bataille s'intensifie sur les remparts, les massacres, les tueries, les morts, la férocité de l'armée du Sultan, sa préparation parfaite et l'isolement de la cité lui donnent l'avantage ! Il est en train de réduire Constantinople en cendres , Anna a rejoint Jean déguisée en soldat : elle veut le sauver et lui demande de tout abandonner, de céder aux propositions du Sultan qui tente de corrompre les nobles qui sont déja de son coté !
C'est la dernière nuit avant la mort et, tous sont réunis pour recevoir une ultime bénédiction !
.
Mika Waltari nous offre un récit épique, romanesque, dramatique sur un fait historique qui a fait basculer le monde du Moyen âge vers les horizons nouveaux de la Renaissance et, nous fait vibrer avec les accents pathétiques d'un amour impossible !
L.C thématique d'août 2021 : le nom d'une ville dans le titre.

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Dans l'histoire de l'humanité, la date de 1453 (prise de Constantinople par les Turcs), pour beaucoup d'historiens, est une date charnière. Beaucoup y voient la date où prend fin le Moyen-Age, et celle où commence l'Age moderne. D'autres pensent que c'est plutôt 1492, date de la découverte de l'Amérique. Moi je pencherais plutôt pour 1453 (mais je ne suis pas historien), parce que l'Amérique, il y a belle lurette qu'elle avait été découverte, et d'autre part, parce la chute de Constantinople ne signifie pas seulement la fin du Moyen-Age, mais aussi celle de l'Empire byzantin, autrement dit l'Empire romain d'Orient, héritier et continuateur (pendant quinze siècles) d'un système politique sans équivalent en puissance, zone d'influence et en longévité.
Le siège et la chute de Constantinople sont donc au coeur de ce roman historique de Mika Waltari. On y rencontre tous les grands personnages de l'époque, à commencer par les deux adversaires l'empereur Constantin XI et le sultan Mehmet II, ainsi que la foule des autres intervenants, militaires ou civils, avec toutes les incidences politiques des autres nations, notamment Gênes et Venise dont le rôle n'est pas toujours très clair, également toutes les divergences religieuses qui déchirent le monde de l'époque.
Un homme est témoin de ce drame qui se joue devant lui. Il tient un journal où il consigne ses observations, et aussi ses propres aventures, puisqu'il est aussi acteur dans cette tragédie. Il s'appelle Johannes Angelos, Jean l'Ange (il faut rappeler que Ange est un prénom très répandu dans le monde byzantin). Comme tous les héros de Mika Waltari (Sinouhé l'Egyptien, Turms l'Etrusque, Minutus le romain, c'est un être en constante quête d'identité. Personnage tourmenté, il a une vocation quasi christique. Et hautement symbolique : dans ce monde en ébullition, il est le reflet de tous les antagonismes, religieux, politiques, et sa quête, dans ces conditions ne peut être que pathétique. D'autant plus qu'il vit une intense histoire d'amour, qui aurait pu faire le contrepoids de sa destinée, mais qui en fait, en sera seulement une autre face. Comme cet autre Ange, l'ange noir qui lui apparaît aux plus mauvais moments de son existence. (On pense à Musset : cet inconnu vêtu de noir, qui me ressemblait comme un frère)
La destinée de Jean l'Ange est le fil conducteur du roman, mais il s'articule dans une vaste trame historique. Comme d'habitude, Mika Waltari dresse un tableau parfaitement crédible de l'époque et des évènements : s'appuyant sur une documentation rigoureuse, basée sur les historiens de l'époque (le seul accroc à cette honnêteté historique est le personnage d'Anna Notaras, qui avait à l'époque déjà quitté Constantinople pour Venise), il met son talent de conteur au service d'une histoire dense, palpitante, exaltante, alternant le sens du détail et les vues générales, les considérations politiques, religieuse et philosophiques avec la description réaliste du siège et de ses excès, il donne corps à des personnages exceptionnels auxquels il est impossible de ne pas s'attacher.
Un autre roman, intitulé « Jean le Pérégrin » et paru en 1982 (mais écrit antérieurement aux « Amants de Byzance ») raconte la vie de notre héros avant le siège. Mais c'est un roman totalement différent, beaucoup plus profond, beaucoup plus ciblé sur les querelles religieuses, moins dépendant également du cadre historique dans lequel il s'insère.
Avec ce roman, Mika Waltari affirme sa place dans le peloton de tête des grands auteurs de romans historiques. Mais quand on a déjà fait connaissance de « Sinouhé l'Egyptien », de « L'Etrusque » et du « Secret du royaume », on n'est guère étonnés, pas vrai, les amis ?
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Mika Waltari est un auteur finlandais qui nous a donné toute une série de romans historiques remarquablement écrits.
« Les amants de Byzance » est pour moi sans conteste le plus beau, le plus poignant aussi. Les derniers jours de Constantinople nous sont relatés avec minutie sous la forme d'une sorte de Journal tenu scrupuleusement par le héros Johannès Angelos. Cette forme littéraire permet de rendre à merveille la sombre atmosphère de ces jours de fin du monde : fin d'un monde en tout cas, celui de l'empire byzantin.
Nul doute que l'auteur ait respecté dans les moindres détails ces « derniers jours » de la cité. Nous assistons aussi aux querelles opposant les différentes parties en principe vouées à la défense de la ville.
La forme de « journal » permet de centrer l'intrigue sur cet Ange mystérieux dont l'extraordinaire destin ne sera révélé qu'à la fin de l'ouvrage. le lecteur peut suivre, le cheminement spirituel de cet homme dont la destinée sera scellée avec celle de sa ville.
Le livre serait déjà fort intéressant pour sa vérité historique et son incursion dans les méandres des âmes des protagonistes. Mais l'auteur nous offre un époustouflant miracle : celui d'un amour (qu'on devine impossible dès la première rencontre) d'une force et d'une pureté qui illuminent l'ambiance sombre du roman.
Magnifique fulgurance des paroles et des sentiments qui confèrent à cet amour la plénitude et l'accomplissement malgré les heures brèves accordées à Angelos et à Anna.
Les dialogues entre les deux amants que tout sépare, sont ciselés, percutants et vont à l'essentiel : on se croirait en plein coeur d'une tragédie grecque.
Pour moi, un des meilleurs ouvrages de ma bibliothèque. Un livre que j'ai lu et relu avec toujours le même enchantement.

Lien : http://patpantin.over-blog.com
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Ne vous fiez pas à la 4è de couverture... Les Amants de Byzance est bien un roman historique... Extrêmement bien documenté, dans un style tout à fait classique, ce roman plonge le lecteur au coeur de l'Histoire. Ensuite, il y a le roman d'amour.

C'est dans cet ordre que j'ai perçu ce livre. le siège de Byzance est incroyablement bien rendu. C'est érudit sans être lassant.

Assez peu enclin à ce genre littéraire, je suis un peu resté à quai quand il s'agit d'aborder la romance. Mais je ne me suis toutefois pas ennuyé. Ce qui est déjà bon signe.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Il vouulait lui enseigner la modération, la justice, la maîtrise de soi. Il voulait qu'il s'inclinât devant le seul Dieu et connût la vérité du pouvoir et de la vie àterrestre. Mais Mohammed a appris la modération pourpouvoir être immodéré, la justice pour en abuser, la maîtrise de soi pour mieux obéir à ses désirs. Il accomplit ses dévotions, mais dans son cœur il est incrédule. Toutes les religions sont dépourvues de valeur à ses yeux. Il lit le grec et le latin, l'arabe et même le persan. Il connaît les mathématiques, la carte du monde, l'histoire et la philosophie. Constantinople est pierre de touche. Depuis son enfance, la conquête de cette ville a été l'objet de ses rêves. E n l'abattant il se prouvera qu'il est supérieur à tous ses ancêtres. Reconnais-tu maintenant les signes ? Il est l'homme de l'avenir. Et je ne veux pas vivre cet avenir.
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... Pendant des années, j'avais été à l'école des derviches, j'avais évité la viande, je ne voulais porter atteinte à aucun être vivant. Mais ce soir, j'avais envie de frapper de tuer. Tuer un homme, mon semblable. Le corps barbare se révoltait contre l'âme. Mon sang grec haïssait les Latins; j'éprouvais, plus fort que jamais, mon déchirement intime. La soif du meurtre me brûlait. Jamais encore je n'avais éprouvé cette sensation. Elle me venait avec l'amour. L'ébranlement de l'amour avait ouvert en moi , des abîmes secrets. Non, je ne reconnaissais plus ma propre nature.
Elle me saisit le bras. La vie avait réapparu sur son visage.
_ Ne prends pas ton épée, tu le regretterais.
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_ Ne me raconte pas de balivernes. Un homme intelligent ne cherche pas le martyre à ton âge. Naturellement, le cardinal Isidore nous a promis, à moi et à mes hommes, que saint Pierre lui-même emporterait par les cheuveux tout droit au paradis ceux qui tomberont sur les remparts de Constantinople en défendant la foi. Mais, moi, je me contente de l'île de Lemnos, et j'aime autant la couronne de duc que la couronne d'épines. Que veux-tu donc ? Parle franchement ou détale.
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Richesse et pauvreté, puissance et crainte, honneur et honte, savoir et ignorance, rien n'a d'importance en soi. Ce qui compte, c'est ce que nous faisons de nous et ce que nous voulons être.
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Puis il n'y eut plus ni chaleur ni froid, ni lumière ni ténèbres. Il n'y eut plus que le non-être. Dieu était en moi. J'étais en Dieu.
Dieu était.
Je tenais une petite pierre à la main. Quand mes doigts se relachèrent, elle tomba entre mes genoux. Ce bruit me réveilla. Mon extase n'avait duré que le temps de la chute d'une pierre. Quand l'homme éprouve Dieu, il n'y a point de différence entre un instant et une journée entière. Dans la réalité de Dieu, le temps n'existe pas.
Peut-être que j'avais changé. Peut-être que je rayonnais. Peut-être que j'aurais pu accomplir des actes surnaturels, guérir des malades, rappeler un mourant à la vie par le simple contact de ma main. Mais je n'avais pas besoin de me prouver qui j'étais. Preuves et témoignages sont pour ceux qui doutent. L'incertitude et le doute appartiennent à l'homme. Je n'ai pas douté. Par là, je suis l'égal des anges. Mais je suis revenu de l'absence de liens aux chaînes du temps et de l'espace. Mon esclavage est désormais pour moi non plus un fardeau, mais une grâce.
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