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Pauline Réage (Traducteur)
EAN : 9782264037879
192 pages
Éditeur : 10-18 (16/10/2003)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Avec Le cher disparu, cette irrésistible satire des rites funéraires américains, Evelyn Waugh s'inscrit dans la lignée d'écrivains anglais qui, depuis Swift, ont su cacher sous la joie du rire un pessimisme manichéen. Humoriste redouté, Waugh est aussi considéré, pour la pureté et le classicisme de sa langue, comme l'un des maîtres de la littérature anglaise contemporaine.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  08 mai 2020
On l'oublie souvent de ce côté du Channel, mais sous les liens pragmatiques unissant la Grande-Bretagne à son enfant rebelle qu'est les Etats-Unis, il existe des sentiments ambivalents, marqués par la conscience aigüe d'un gap culturelle entre deux peuples en apparence si proches. La perception en est variable, allant de l'attrait pour le léger exotisme au franc mépris. On se souvient de Sting Chantant « I'm a legal alien, I'm an englishmen in New-York », des GI en route pour le Débarquement décrits par les Britanniques comme « overpaid, oversexed and over-here », de l'attrait pour le chic et l'accent anglais dans les films américains. C'est ce de ce décalage dont traite ici Evelyn Waugh, avec tout son humour et son ironie subtile.

Une jeune fille américaine bien sous tous rapports et légèrement cruche, travaillant dans un funérarium de grand standing, se trouve prise entre deux amours. D'un côté, il y a ce thanatopracteur du service d'à côté. Plus âgé qu'elle, mais un bon américain respectable, le genre futur bon père de famille, et qui donne de si beaux sourires à ses cadavres ! de l'autre, il y a ce jeune anglais, élégant, cultivé, irrévérencieux, qui lui écrit des poèmes et la désarçonne autant qu'il la fascine. Mais oh scandale ! Il travaille dans une entreprise de pompes funèbres pour animaux de compagnie !

Les enfants de l'oncle Sam se prennent quelques flèches de long-bow dans leurs parties charnues. Leur puritanisme, leur goût pour le blingbling et leur capacité à aseptiser tout ce qu'ils touchent, y compris la mort, sont autant de magnifiques cibles. Avoir placer l'histoire dans le monde on ne peut moins connu des thanatopracteurs accentue ces tendances jusqu'au ridicule, le macabre le disputant au grotesque involontaire.

L'écriture d'Evelyn Waugh, célèbre pour son élégance, a cela de particulier qu'elle possède à la fois un charme suranné et une étrange jeunesse. Il n'est pas toujours aisé d'y rentrer, mais la visite vaut qu'on en cherche la clé.
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diablotin0
  13 février 2017
Je ne sais plus pour quelle raison, ce livre était dans ma bibliothèque mais maintenant qu'il est lu, il va quitter cette bibliothèque, je n'ai pas envie de le garder. Je m'étais sans doute fiée à la quatrième de couverture qui nous promet une irrésistible satire des rites funéraires américains mais s'il y a, il est vrai, un ou deux passages qui font sourire, on est loin d'une satire irrésistible.
Les personnages sont toutefois hauts en couleur et je pense qu'une BD pourrait être sympa.
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Corboland78
  26 mars 2012
L'écrivain britannique de sexe masculin, contrairement à ce que son prénom – faux ami – pourrait laisser croire, Evelyn (Arthur St. John) Waugh né à Londres en 1903 est mort à Taunton dans le Somerset le 10 avril 1966. Il se convertit au catholicisme en 1930 et ses idées religieuses se manifesteront de manière de plus en plus visible au fur et à mesure de sa carrière, jusqu'à constituer le principal élément thématique de ses dernières oeuvres, coexistant avec un profond pessimisme. L'écriture de Waugh se caractérise par sa pratique très pure et raffinée de la langue anglaise et par son style sarcastique. le critique américain Edmund Wilson voyait en lui « le seul véritable génie comique paru en anglais depuis George Bernard Shaw ».
Avec un tel pedigree et au vu d'une critique élogieuse de la réédition de son bouquin le cher disparu écrit en 1948, je n'ai pas hésité à me jeter dans sa lecture. Ma déception n'en a été que plus grande. Mais revenons d'abord sur le sujet du roman.
Nous sommes dans le Hollywood des années 40 au coeur d'une communauté Anglaise qui tâche d'y faire bonne figure et représenter son pays dignement, « Il ne faut pas d'Anglais pauvre qui traîne à Hollywood ». le jeune Dennis Barlow se voit charger de l'enterrement de Francis Hinsley, son ami, qui vient de se suicider après avoir appris son licenciement. Dennis travaille, pour gagner sa vie, dans une entreprise de pompes funèbres animalière, les obsèques de son ami l'amènent à fréquenter une entreprise de pompes funèbres plus traditionnelle, mais gérée à l'américaine. C'est ce « gérée à l'américaine » qui est sensé donner tout le sel à ce roman.
Evelyn Waugh y trouve matière à se rire des travers de la civilisation moderne. Que tout le livre repose sur les rites funéraires était assez audacieux, qu'il nous en décrive tous les aspects poussés à leurs limites les plus extravagantes dans les moindres détails pouvait certainement choquer et faire son effet à l'époque où le livre a été écrit, mais de nos jours, la fiction elle-même dépassée par la réalité nous a habitué à pire et/ou à plus amusant. Tout le côté incongru du propos de l'auteur paraît bien banal, ou déjà lu ou vu ailleurs, maintenant. Je reconnais que c'est assez injuste pour l'écrivain, il était pionnier mais ne lisant son ouvrage que maintenant, j'ai été très déçu.
Je devine que ce livre a été féroce et drôle, doté d'un certain humour noir, mais à notre époque il est dépassé et s'il est dépassé c'est qu'il ne doit pas être aussi bon que cherche à nous le faire penser le texte au dos du bouquin. Heureusement le roman est court. Quant à Evelyn Waugh, il faut très certainement l'aborder par un autre opus que celui-ci.
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stcyr04
  06 août 2017
Dennis Barlow, jeune expatrié britannique, obscure poète, officie dans une entreprise de pompes funèbres pour animaux à Los Angeles. Il découvre un jour son colocataire pendu à une poutre de leur bungalow; l'homme âgé, - unique spécimen d'aristocrate anglais travaillant pour des studios hollywoodien, n'ayant pas supporté d'avoir été évincé de son job. La communauté britannique locale l'incitant à prendre en charge les formalités d'inhumation du cher disparu, Dennis est amené à découvrir l'univers paisible et enchanteur des Célestes Pourpris, paradis céleste de carton-pâte des défunts fortunés, et à faire la rencontre d'Aimée Thanatogenos, naïve jeune femme travaillant comme thanatopracteur dans ce cimetière de prestige.
Dans cette comédie grinçante et satirique, Evelyn Waugh illustre l'aspect férocement mercantiliste de la société américaine avec sa standardisation et le côté factice des attitudes professionnelles. L'humour réside entre autre dans la litote permanente qui entoure l'univers particulier des pompes funèbres et dans le parti pris un peu sarcastique et cynique de la narration.
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Livretoi
  06 juin 2015
Suite au décès d'un ami, Dennis Barlow se renseigne dans une entreprise funéraire sur toutes les modalités de la procédure : embaumement, soins esthétiques sur le corps et le visage du défunt pour le rendre présentable, habillement, cercueil vitré, enterrement ou crématorium, urnes funéraires. Il s'éprend d'une jeune employée, Aimée Thanatogénos. Lui-même travail dans un funérarium pour animaux beaucoup moins réputé que celui où la Belle travaille. Il déclame et lit des poèmes à sa dulcinée mais a un comportement distant et flegmatique à son égard. Quand elle apprend qu'il n'est pas l'auteur des poèmes et qu'il travaille dans cet endroit finalement indigne d'un poète, elle se tourne déçue vers un autre prétendant encore moins délicat. Après une nouvelle déception elle décide de se suicider. C'est Dennis qui brûlera son corps.
Maintenant que vous connaissez la fin, vous voilà dispensé(e) de lire ce roman que je ne recommande pas. En cela je rejoins le commentaire de Mariecloclo.
Sur la quatrième de couverture on peut pourtant lire le commentaire suivant : " Avec le Cher disparu cette irrésistible satire des rites funéraires américains, E. Waugh (1903-1966) s'inscrit dans la lignée d'écrivains anglais qui, depuis Swift, ont su cacher sous la joie du rire un pessimisme manichéen.
Humoriste redouté, Waugh est aussi considéré, pour la pureté et le classicisme de sa langue, comme l'un des maîtres de la littérature anglaise contemporaine."
J'ai lu ce livre pour l'humour que j'espérais trouver. Très long à démarrer, je l'ai trop rarement trouvé drôle (malgré l'extrait), l'histoire n'est pas d'un grand intérêt, les personnages ne sont pas attachants. Une déception.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   26 mars 2012
-Alors là, vous êtes injuste, Aimée. Je suis atterré de m’apercevoir que vous avez cru ça. C’est moi qui devrais être déçu d’avoir eu la sottise d’être amoureux de quelqu’un d’aussi ignorant que vous, d’une jeune fille à qui les trésors les plus célèbres de la littérature sont inconnus. Mais je fais la part des choses. Vous avez des standards culturels différents de ceux auxquels je suis habitué. Vous êtes sans aucun doute plus versée que moi dans les sciences et dans l’instruction civique. Mais dans le monde en train de mourir d’où je viens, la manie des citations est un vice national. Personne n’aurait l’idée de faire un discours dans un banquet sans citer un poème. Autrefois, c’était du latin ; maintenant, ce sont des vers anglais. Les députés du parti libéral, à la Chambre des Communes, citent tout le temps Shelley : les tories et les socialistes ne se lèvent pas pour se plaindre d’être déçus quand ils découvrent que ces fleurs de rhétorique ne sont pas originales. Ils préfèrent rester tranquilles et faire semblant de l’avoir toujours su.
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triplidiotriplidio   30 décembre 2009
- Avez-vous apporté des photographies de votre Cher Disparu ? Cela aide énormément à redonner la personnalité. Etait-ce un vieux monsieur très gai ?
- Non, plutôt le contraire.
- Faut-il que j'inscrive serein et philosophe ou critique et résolu ?
- La première chose, je crois.
- C'est l'expression la plus difficile à obtenir, mais Mr. Joyboy en fait sa spécialité - avec le joyeux sourire des enfants. Votre Cher Disparu n'avait pas de postiche ? Et quel était son teint habituel ? Nous classons généralement le teint en trois catégories : rural, athlétique et universitaire, c'est-à-dire rouge, bronzé et pâle. Universitaire ?
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LivretoiLivretoi   06 juin 2015
Extrait où l’employée Aimée Thanatogénos interroge Dennis sur la façon dont on doit préparer le mort pour la cérémonie funéraire :

- Comment votre Cher Disparu a-t-il passé ? demanda-t-elle.
- Il s’est pendu.
- Le visage est-il très défiguré ?
- Abominablement.
- C’est tout à fait normal. Mr Joyboy s’en occupera sans doute personnellement. Tout est dans le toucher, n’est-ce pas, il faut masser pour décongestionner et faire circuler le sang. Mr. Joyboy a des mains merveilleuses.
- Et vous, qu’est-ce que vous faites ?
- Les cheveux, la peau et les ongles, et c’est moi qui donne les consignes aux embaumeurs pour l’expression et la pose. Avez-vous apporté des photographies de votre Cher Disparu ? Cela aide énormément à redonner la personnalité. Etait-ce un vieux monsieur très gai ?
- Non, plutôt le contraire.
- Faut-il que j’inscrive serein et philosophe ou critique et résolu ?
- La première chose, je crois.
- C’est l’expression la plus difficile à obtenir, mais Mr Joyboy en fait sa spécialité – avec le joyeux sourire des enfants. Votre Cher Disparu n’avait pas de postiche ? Et quel était son teint habituel ? Nous classons généralement le teint en trois catégories : rural, athlétique et universitaire, c’est-à-dire rouge, bronzé et pâle. Universitaire ? Et les lunettes ? Un monocle. Le monocle est toujours difficile parce que Mr. Joyboy tient à faire pencher un peu la tête pour que la pose soit plus naturelle. Il est difficile de faire tenir les pince-nez et les monocles une fois que la cher a durci. Et bien sûr le monocle a l’air moins naturel quand les yeux sont fermés. Est-ce que vous y tenez particulièrement ?
- Non, non, éliminons le monocle.
- Comme vous voudrez, Mr. Barlow. Mais naturellement Mr. Joyboy peut parfaitement s’en arranger.
- Non, je crois que votre argument des yeux fermés est sans réplique.
- Très bien. Votre Cher Disparu a-t-il passé avec une corde ?
- Avec des bretelles.
- Cela devrait être facile à arranger. Quelquefois il reste une ligne qu’on ne peut enlever. Nous avons eu le mois dernier un Cher Disparu qui avait passé avec du fil électrique. Même Mr. Joyboy n’a rien pu y faire. Il a fallu enrouler une écharpe autour du cou jusqu’au menton. Mais des bretelles cela devrait très bien donner.
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myloubookmyloubook   24 février 2008
« … Sur le sein gauche, que le soutien-gorge faisait pointer, étaient brodés les mots : Hôtesse funéraire.
- Puis-je vous être utile à quelque chose ?
- Je suis venu pour des obsèques.
- C’est pour vous ?
- Sûrement pas. Est-ce que j’ai l’air tellement moribond ? »
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MaliseMalise   14 octobre 2013
Aimée Thanatogenos parlait la langue de Los Angeles ; les écoles et l'université du lieu lui avaient maigrement meublé l'esprit ; on s'y cognait à tous les angles. Pour se présenter au monde extérieur, elle s'habillait et se parfumait selon les injonctions des réclames ; on pouvait à peine distinguer chez elle le corps et le cerveau du produit standard, mais son âme - ah ! son âme - était une chose unique et qui venait de très loin ; cette âme n'était pas née aux entêtants vergers des Hespérides, mais à l'air pur de l'aube sur les montagnes, aux cols de l'Hellade où volent les aigles. Un cordon ombilical de cafés et de fruiteries, d'ancêtres aux métiers louches, receleurs et souteneurs, unissait Aimée, qui n'en savait rien, aux hauts lieux de sa race.
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Videos de Evelyn Waugh (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Evelyn Waugh
Bande annonce de la mini-série Decline and fall (2017), adaptation du roman d'Evelyn Waugh, publie en france sous le titre Grandeur et décadence.
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