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Michelle Esclapez (Traducteur)
ISBN : 207061266X
Éditeur : Gallimard Jeunesse (15/03/2007)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 178 notes)
Résumé :
"Un bienfaiteur, qui désire rester anonyme, offre de t'envoyer à l'université. En échange, tu lui écriras chaque mois une lettre donnant des détails sur tes études et ta vie là-bas, une lettre comme tu en écrirais à tes parents, s'ils vivaient encore."
Pour Judy Abbott, jeune orpheline élevée entre les murs d'un respectable et ennuyeux foyer, la proposition est aussi surprenante qu'inespérée. Elle accepte de bonne grâce de se plier aux exigences de son mysté... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
pile
  27 janvier 2012
Jerusha Abbott, dite Judy, a grandi dans un orphelinat. Quand elle atteint l'âge de 17 ans, l'un des bienfaiteurs de l'institution offre de l'envoyer à l'université pour 4 ans. Tous ses frais seront pris en charge, mais en échange elle devra lui écrire chaque mois une lettre comme celles qu'elle aurait écrites à ses parents s'ils vivaient encore. Dés son arrivée sur le campus, Judy s'exécute en écrivant sa première lettre. Comme elle a aperçu la longue silhouette de l'homme qui souhaite rester anonyme, elle s'adresse à lui en l'appelant Papa-Longues-Jambes
Papa-Longues-Jambes est un classique de la littérature enfantine, un roman américain de Jean Webster paru en 1912. Passé le premier chapitre où Judy apprend ce que lui offre son anonyme bienfaiteur et ce qu'il attend en échange, le roman devient le recueil des lettres de Judy. Comme il le lui avait annoncé, son bienfaiteur ne répond jamais. La correspondance à sens unique ressemble donc à un journal intime que Judy adresserait à un destinataire imaginaire. Mais son bienfaiteur ne lui a pas imposé cette correspondance par hasard. Il avait eu connaissance d'un de ses devoirs, où elle décrivait avec humour la journée du mercredi à l'orphelinat. Persuadé qu'elle est un écrivain en devenir, il l'envoie à l'université et lui offre en plus l'occasion de s'exercer à l'écriture par la correspondance, car “rien, selon lui, ne facilite autant l'expression littéraire que la forme épistolaire”. Judy se prend au jeu et lui écrit bien plus de lettres que nécessaire. D'une lettre à l'autre, ou même d'un paragraphe à l'autre pour celles écrites en plusieurs jours, on la voit passer de la joie à la tristesse, de l'optimisme au découragement, en passant par la colère, quand elle a le sentiment de ne pas être lue.
Judy est un personnage très attachant, parfois mélancolique, mais le plus souvent plein d'humour et de joie de vivre. Elle est d'autant plus touchante, qu'elle porte sur le monde qui l'entoure le regard de ceux qui ne font pas vraiment partie du groupe. Et pourtant, petit à petit, on la voit intégrer ce nouveau milieu et le faire sien.
L'université de Judy ressemble plus à une pension pour jeunes filles qu'à une véritable université. Comme au lycée, la formation est très générale. Elle y fait du sport, du latin, de la géométrie… Son retard culturel est tel, qu'elle se sent souvent en décalage par rapport aux autres étudiants. Mais ce qui fait tout le charme du roman est l'enthousiasme avec lequel elle découvre la littérature et le plaisir que peut apporter la lecture.
Papa-Longues-Jambes fait beaucoup penser aux Quatre filles du Docteur March, car Judy nous rappelle Jo, cet autre écrivain en herbe. Les deux romans véhiculent les mêmes valeurs de générosité et de partage, mais aussi militent à leur façon pour l'émancipation des femmes.
J'ai adoré ce roman ! Bien sûr j'ai deviné tout de suite ce qui nous est révélé à la fin, mais ça n'a absolument pas gâché mon plaisir de lecture. Ce roman m'a donné très envie de me procurer les autres titres de Jean Webster dont Mon ennemi chéri (qui serait la suite de Papa-Longues-Jambes) et Trois petites américaines. Il m'a aussi donné très envie de relire Les quatre filles du Docteur March. Ne vous fiez-pas à son titre qui peut paraître un peu bêta, ce roman est une petite merveille !
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vilvirt
  28 mai 2012
Ce livre, un classique de la littérature jeunesse que je découvre seulement maintenant (il n'est jamais trop tard !) je viens de le dévorer en une journée ! (c'est dire...) et c'était peut-être trop rapide, au vu des nombreuses subtilités et des détails à côté desquels j'ai dû probablement passer !... (pas grave : je le relirai !)
Par quoi commencer ? Par où commencer ? Par qui ? Par Judy, bien sûr, héroïne et narratrice hilarante pleine de finesse de ce roman qui, à travers ses lettres (ceci est un roman épistolaire, il est important de le noter) nous délivre les grandes joies et petites peines de sa jeune vie, depuis qu'un mystérieux bienfaiteur décide de prendre son destin en main et de l'envoyer à l'université. Car Judy Abbott est une orpheline élevée dans un établissement bien sombre pour une jeune fille aussi imaginative et délurée qu'elle ! Son avenir ne s'annonce pas très gai jusqu'à ce que la directrice la convoque dans son bureau et lui explique sa nouvelle situation. Remarquée par l'un des bienfaiteurs de l'institution, Judy va pouvoir bénéficier d'une éducation supérieure à condition de rendre compte chaque mois des menus détails de son nouveau statut d'étudiante.
Qu'à cela ne tienne : Judy va s'empresser de remplir cette condition avec joie sur plus de trois années, au cours desquelles elle découvre les plaisirs de l'instruction, de la lecture, de l'amitié et surtout une liberté toute récente qu'elle ne se lasse pas d'évoquer à son mystérieux Papa-Longues-Jambes appelé ainsi en raison de sa silhouette entraperçue un jour au seuil d'une porte. Car Judy - comme toute bonne orpheline qui se respecte - n'a ni famille ni amis lorsque débute son apprentissage dans le "monde", et c'est avec un plaisir naïf et déstabilisant et une grande générosité de coeur qu'elle livre ses moindres ressentis et les mille et un détails de sa nouvelle existence où tout a saveur de nouveauté et de découverte. A la joie, d'abord, d'avoir quitté l'orphelinat dans lequel elle a vécu jusqu'à ses dix-sept ans, écartée des plaisirs simples de la vie, succèdent bien vite le bonheur d'apprendre, la révélation de la littérature à travers de grands auteurs anglais et américains qui vont peu à peu la pousser vers l'écriture, la naissance d'une grande amitié avec Sally, et le goût de l'indépendance.
Quoiqu'on devine très vite l'identité de son bienfaiteur, on ne peut pas s'empêcher d'apprécier les situations et de rire face aux exigences incompréhensibles qu'il impose à sa protégée - motivées vraisemblablement par la jalousie et un terrible besoin de surprotection.
Le plus frustant, c'est de n'avoir de cette histoire qu'un aperçu assez réduit depuis le point de vue exclusif de la jeune fille. Presque aucune réponse ne lui parvient de cet homme - uniquement quelques informations par le biais de son secrétaire - et les seuls mots qu'il adresse à Judy ne figurent pas dans l'histoire, elle se contente de les évoquer brièvement. On partage donc une part du mystère avec elle, et on est plus à même de comprendre sa frustration et son incroyable besoin d'amour et de reconnaissance qui ne suscitent que très peu de réponse tout au long de cette curieuse correspondance.
Les lettres sont émaillées de dessins cocasses qui illustrent certaines des situations les plus drôles que Judy est amenée à vivre - que ce soit lors de son séjour dans une ferme pendant l'été, ou tout au long de ses années d'études à l'université, entre activités sportives et réunions étudiantes.
En tout cas, j'ai aimé et vibré avec Judy ; j'ai ri, j'ai tremblé et tempêté avec elle - surtout lorsqu'elle décide de s'assagir mais se laisse finalement submerger par son côté taquin et sa nature bouillonnante - et c'est peut-être parce que j'ai trop rapidement dévoré ce livre pour en apprécier toute la finesse que je ne le défini pas (encore) comme un coup de coeur.
Lien : http://tranchesdelivres.blog..
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Olti
  02 février 2018
Bon... eh bien c'est parti ! En bref "meh."
J'ai beaucoup de mal à situer cette lecture entre "j'ai pas aimé" et "j'ai aimé mais...". Sincèrement, j'ai ri plusieurs fois, et apprécié nombreuses choses dans l'histoire... et à côté de ça, plus ça avançait et plus je la trouvais un peu dérangeante.
Je pensais que ce serait le format épistolaire qui me dérangerait, mais en fait pas du tout (à part pour la fin où je me pose quand même quelques questions et pour laquelle un narrateur omniscient aurait été le bienvenu pour moi).
J'ai apprécié le côté instructif et historique du récit dans la mesure où l'on suit le parcours de Judy et sa vie dans son université (de luxe) au tout début du 20e siècle.
J'ai apprécié le style et le ton de Judy. Plusieurs fois ses phrases me faisaient rire. Mais plus ça avançait et plus je me demandais si c'était un humour volontaire ou involontaire de sa part.
Les premières lettres m'ont l'air pleines de second degré mais plus ça avance, et plus ce qui fait rire a plutôt l'air d'être sa naïveté, son ignorance des codes sociaux ou de la culture commune des classes sociales élevées, et son émerveillement très enfantin sur tout et tout le monde. Et son jugement du même acabits.
D'un côté, j'avais envie d'aimer Judy pour ce que l'auteur essaye de nous dire d'elle :
elle est vive, spirituelle, pleine d'imagination, originale, spontanée, un peu rebelle presque... elle porte un regard critique sur les choses de son monde (la religion, la politique, les classes sociales huppées), elle demande le droit de vote, cherche sa place en politique, critique un peu le monde (elle est "socialiste")... bref, c'est moderne pour l'époque. Cela fait forcément un peu penser à Jo March aussi, le côté rebelle face à la société, ses codes, et son traitement de la femme...
... et parallèlement, les 3/4 de ces observations perdent de leur force et de leur pertinence quand on se dit que c'est peut-être juste du 1er degré enfantin. Une nana qui s'étonne et s'émerveille mais sans plus que ça. "Oh ce serait chouette si j'avais le droit de vote, hein papa ?!" "Est-ce que les femmes sont vraiment des citoyennes ? Je chais pas. Oh et j'ai acheté un nouveau chapeau au fait !"
Ses remarques un peu osées sont tellement mêlées à une forme de candeur naïve, de "par dessus la (longue) jambe (de daddy)" (ok cette blague est nulle) que j'ai trouvé que ça en annulait leur teneur. C'est très... gentillet.
J'ai un petit peu de mal aussi à croire en la réalité de Judy (et en sa naïveté), comme en toutes ses nouvelles et romans ratés où elle n'écrit que sur ce qu'elle ne connaît pas et exagère tout (c'est vraiment le 1er réflexe des écrivains ? J'aurais cru que non mais peut-être). Avec ses lettres, elle est tellement à l'aise, son style naturel est très fin et subtile (si c'est bien du 2nd degré), que j'imaginais mal ses écrits ampoulés et vides.
Ensuite : je sais bien que c'est l'ère edwardienne, époque puritaine un peu, tout ça... mais l'absence totale d'hormones et de sexualité m'a aussi rendu l'histoire peu crédible (et un peu cucul).
On est à une époque où l'adolescence, telle qu'on l'imagine aujourd'hui, n'existe pas. Certes. mais quand même... elle a 18-19 ans elle passe l'après-midi avec Monsieur-trop-beau-gosse, elle n'a pas vraiment "l'expérience des hommes" et... "c'était trop drôle, on a couru, on a bu du thé hihi ! We had the jolliest time!" ... (- -)' Seriously, girl?? O_o
Elle joue à la ferme, elle attrape des oeufs, elle tombe et se fait bobo aux genou, elle fait des taches de fudge sur le tapis, oh lala hihi... oooh et les belles robes, elle trouve ça frivole mais quand même, elle trouve ça tellement bien tout ça.
Bon, bien sûr sa personnalité coquette aussi est un peu agaçante mais pour une période où on matraque aux femmes que leur apparence est essentielle (remarquez, ça n'a pas changé tant que ça), je peux comprendre le poids de l'éducation sociale qui la rend "frivole". Mais c'est un peu triste qu'au début du roman, elle s'achète énormément de livres et d'objets pratiques, et qu'ensuite elle s'intéresse surtout aux chapeaux et belles toilettes.
Toute sa "fraîcheur", sa spontanéité, et sa naïveté qui effectivement donnent une lecture agréable... ça m'a aussi et SURTOUT donné l'impression de bien plus suivre le quotidien d'une jeune ado, que d'une FEMME de 18, 19, 20, et 21 ans.
Vous allez me dire "certes mais c'est le tout début du 20e siècle, on élève les jeunes filles dans une bulle"... d'accord mais... et Lizzy Bennet 120 ans avant ? Vous trouvez qu'elle a l'air d'une petite fille candide et immature ?
Et la sexualité, même si non nommée, était clairement présente et sous-entendue dans Pride&Prejudice. Il y a une tension autour (pour Lydia lorsqu'elle s'enfuit et vit à Londres hors mariage, c'est ça que ça veut dire, pour la présence des officiers qui "échauffe" ces dames...). Je ne suis pas choquée que la sexualité ne soit pas directement mentionnée dans ce récit, mais qu'elle soit totalement effacée, alors qu'on est dans une université qui réunit 400 jeunes filles tout juste sorties de l'adolescence...
Judy lit tout de même énormément de livres, elle doit bien savoir que le sexe ça existe, et que l'avenir d'une femme "de la haute" est généralement de faire un mariage arrangé et de voir son mari avec une (ou des) maîtresse(s) ou qui va au bordel. Elle ne se pose pas de questions quand elle est courtisée par un gars riche, genre "oui euh, et la fidélité, vous êtes ok ou bien ?" ? Non. On croirait qu'elle vit dans un conte, dans sa tête, déconnectée du monde.
Certes elle était à l'orphelinat enfant, et ensuite à l'abri dans son université, mais tout de même... elle n'a pas même d'hormones un petit peu qui la travaillent ? le désir, l'attirance physique, ça n'existe pas pas pour elle ?
Avec tout ça, on arrive au point vraiment dérangeant pour moi. Donc, très bien, mettons que Judy est vierge et pure et candide et naïve et que donc, elle n'est pas une femme mais plutôt une petite fille.
Elle correspond avec un homme qu'elle va appeler "Daddy" (pour certes, le petit nom anglais des araignées faucheuses, daddy-long-legs, mais tout de même...) , qui a 14 ans de plus qu'elle, et qui est donné comme un chouilla misogyne (il ne scolarise QUE des garçons normalement, Judy est la 1ère fille qu'il aide car normalement il ne s'en préoccupe pas blablabla... bon j'imagine que c'est censé rendre Judy plus exceptionnelle, mais ça rend le bienfaiteur surtout moins sympathique).
Homme qui va se plaindre qu'elle n'est pas assez "GENTILLE ET DOCILE" car elle essaye de gagner un peu d'indépendance, qui va d'ailleurs plusieurs fois essayer (et parfois réussir) à l'empêcher de fréquenter d'autres hommes ou à faire différemment de ce qu'il lui dit de faire, et que oui, à la fin elle va épouser car, ouf, elle l'aime.
Tout l'aspect "born sexy yesterday" (la jeune naïve qu'un homme plus sage et expérimenté va regarder évoluer et former... pour la garder pour lui à la fin) et un peu pygmalion de Judy, "paternalisée" par l'homme qui l'épouse à la fin, m'a vraiment, vraiment dérangée, d'autant plus qu'elle fait vraiment enfant, petite fille, et non femme (elle décore ses lettres de pitits dessins pour montrer à Daddy son quotidien...)
Oui elle a une chouette personnalité, de l'imagination, de l'effronterie, bref, elle dénote des héroïnes classiques d'un monde patriarcal du 19-20e, bien sûr, je ne peux pas le nier ! Mais dans le même temps... elle finit bien mariée, avec son "papa" (... ... ...) et elle n'est qu'une autre figure clichée. La femme-enfant qui est certes impertinente MAIS parce que c'est une enfant, donc elle peut jouer avec les limites (on insiste énormément sur son imagination, sa principale qualité, trait traditionnellement prêté aux enfants).
Et l'homme qu'elle épouse attend d'elle certes sa jolie petite imagination (elle le fait tellement "rire") et sa jolie petite bouille, mais qu'elle soit aussi gentille et soumise.
J'ai trouvé dérangeant aussi que jamais le bienfaiteur ne corresponde, en tant que tel, avec Judy. Il crée un détachement genre "je te mécène mais c'est tout" tout en se mêlant de sa vie privée et intime "tu vas te comporter comme ci et pas comme ça, et fréquenter tel homme et pas tel autre..." erk, creepy.
Quant à la relation Judy-Jervie (aka daddy long legs aka la face visible de la lune. HAHAHA, hum pardon) eh bien, oui, on voit qu'ils s'entendent bien et passent de "jolis moments joyeux" ensembles mais on n'a pas l'impression qu'ils se fréquentent tant que ça avant le mariage.
Enfin c'est assez déséquilibré, lui a les longues et fréquentes lettres de Judy... mais elle ? Finalement elle le connaît assez peu et en dehors du frère de son amie Sally, c'est le seul autre homme qu'elle connaît. Et d'ailleurs le fait qu'ils ne se voient pas plus souvent et ne correspondent que sur le tard (et qu'elle d'ailleurs garde une distance avec Jervie, ne lui disant pas d'où elle vient) ne tend pas à donner une base très saine pour un "youpi, demain, on se marie".
Judy est éduquée pour devenir une autrice... elle finie mariée et on ne saura jamais si elle sera écrivaine, parce que c'est moins important que le fait qu'elle soit mariée. Yuck.
Bref, un récit qui a un côté très sympa mélangé à un côté très malaisant pour moi, ce sera un meh. Je comprends complètement qu'on aime, et je reconnais tout à fait des qualités à ce récit, je regrette juste la société dans laquelle il baigne (et j'ai un peu eu le même ressenti pour d'autres récits de la période victorienne).
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Pris
  06 mai 2015
Papa-Longues-Jambes est un grand classique de la littérature jeunesse américaine. Ce roman épistolaire à sens unique est écrit par la narratrice, Jerusha Abbott, à destination de son bienfaiteur, la mystérieux Mr Smith. le ton est extrêmement amusant car la jeune orpheline ne manque pas d'humour par rapport à sa situation d'orpheline et par rapport au milieu dans lequel elle est plongée: un milieu universitaire féminin où les autres étudiantes sont d'une origine sociale privilégiée. On est dans la même veine qu'Annie, où tout est bien qui finit bien pour la pétulante et méritante orpheline. J'ai passé un agréable moment en redécouvrant ce roman de ma (pas si ) lointaine jeunesse.
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Luna05
  04 février 2010
Voici un roman que je ne connaissais que de nom....
Comme beaucoup d'autres personnes, j'avais découvert cette histoire dans mon enfance par le biais
de la série Japonaise adaptée plus ou moins fidèlement de ce livre, je l'avais d'ailleurs très apprécié et ce sentiment n'a pas changé!! Il me tardait donc de le redécouvrir dans version originale littéraire.
Première observation, la lecture se fera uniquement aux travers des lettres que Judy écrira à son tuteur légal. Nous découvrirons donc la personnalité de cette jeune orpheline de 17ans grâce à ses écrits et quelle personnalité!!! Judy est une jeune femme assez moderne dans sa vision de voir les choses et en avance sur son temps. Personne dévouée et reconnaissante à ce "Papa" qui lui a offert une autre perspective de vie, cependant elle ne souhaite pas être redevable et affirmera très tôt son besoin d'indépendance. à ses yeux, ce qu'elle a reçu de Mr Smith n'est pas un dû et dès que l'occasion se présentera elle n'hésitera pas à commencer à le rembourser malgré la désapprobation de son tuteur.
Dans ses lettres on ressent tout l'amour qu'elle porte à son sauveur même si elle ne devra pas attendre de réponses à ses courriers car tel était le marché, aucun contact avec lui, il devra rester dans l'ombre...
Judy recevra ses missives du secrétaire de Mr Smith.
Les lettres de l'héroïne ne sont pas dépourvu d'humour et d'ironie à l'encontre de son Papa, dès le départ elle tisse avec lui un lien assez familier en le surnommant son Papa longues jambes.
Sa correspondance unilatérale est assez touchante, on ressent toute la souffrance qu'elle a subi toutes ses années à l'orphelinat ainsi que son manque d'affection, mais aussi le bonheur que cette jeune fille vit dans ce pensionnat. Les études la stimulent, la lecture et l'écriture la passionnent, elle a soif de culture et souhaite rattraper ses 17 années de retard. Judy jouit de chaque découverte et prend la vie du bon côté.
On découvrira d'autres personnages dans ses lettres, de Sally McBride sa meilleure amie en passant par Julia Pendleton une jeune fille de la haute société avec qui l'entente sera difficile au début. Plus tard apparaitra Jervis Pendleton l'oncle de Julia avec qui elle aura beaucoup de point commun, une grande amitié se dessinera pour devenir un peu plus à chaque rencontre, homme également de la haute société mais ayant une autre vision de la vie. Il y aura également Jimmy le grand frère de Sally avec qui elle passera également d'agréables moments.
La lecture de ce classique fût très agréable, les personnages sont tous assez attachants. Cependant cela aurait été intéressant de lire par exemple d'autres lettres comme celles de Jervis, Jimmy, Sally et Julia et bien sure la seule lettre de Mr Smith, cela aurait apporté un plus au roman. Mais grâce aux descriptions et explications de Judy on en apprend beaucoup sur le caractère de tout ce petit monde et, même si l'héroïne ne s'en rend pas compte on perçoit par moment quelques sentiments de jalousie et de possessivité de certain personnages à son encontre montrant que les sentiments ont bien évolué. Les petits passages de la lettre de Jervis à Judy m'ont fais sourire, bien d'autres également dont je me tairai ici pour éviter tout spoilers.
Un roman pour tout âge réservé à celles et ceux ayant réussit à conserver un côté romanesque.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
pilepile   27 janvier 2012
J’attends maintenant le soir avec impatience. Je place un panneau sur ma porte “ne pas déranger”, j’enfile mon joli peignoir rouge et mes pantoufles fourrées, je me cale confortablement contre les coussins empilés dans mon dos et, à la lumière de la lampe de cuivre placée à mon chevet, je lis, je lis, je lis. Un livre ne me suffit pas. J’en lis quatre à la fois. Ainsi en ce moment, il y a près de moi les poèmes de Tennyson, La Foire aux vanités, les Simples Contes des Collines de Kipling, et – ne souriez pas – Les Quatre Filles du docteur March. Je me suis rendu compte à l’université que j’étais la seule à ne pas avoir grandi avec ce livre. Mais je n’en ai dit mot à personne (on dirait sans doute que je suis “bizarre”). Je suis tout simplement allée l’acheter en prenant 1 dollar 12 sur ma pension du mois dernier : la prochaine fois que quelqu’un fera allusion aux citrons macérés dans du vinaigre, je saurai de quoi il s’agit !
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pilepile   27 janvier 2012
Il y a des tas de livres que les filles qui ont une famille, des amis et une bibliothèque connaissent et dont je n’ai jamais entendu parler. Ainsi, je n’avais encore jamais lu Ma mère l’Oye, David Copperfield, Ivanhoe, Cendrillon, Barbe-Bleue, Robinson Crusoé, Jane Eyre, Alice au pays des merveilles, ni une ligne de Rudyard Kipling. J’ignorais qu’Henri VIII s’était marié plusieurs fois et que Shelley était un poète. J’ignorais que les hommes descendent du singe et que le Jardin d’Eden n’est qu’un mythe merveilleux. J’ignorais que les initiales RLS désignent Robert Louis Stevenson ou encore que George Eliot était une femme. Je n’avais jamais vu de reproduction de La Joconde et (vous aurez peine à le croire) je n’avais jamais entendu parler de Sherlock Holmes.
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PuckPuck   26 août 2013
Cher P.-L.-J.,
Je bûche mon thème latin. Je l'ai bûché. Je le bûcherai. Je
serai sur le point de l'avoir bûché. La nouvelle épreuve est fixée à
mardi prochain, à la septième heure. Ou bien je suis reçue ou bien
je suis FICHUE. Aussi, la prochaine fois que vous aurez de mes
nouvelles, vous apprendrez que je suis toujours en vie, heureuse et
libérée de toute obligation ou bien que je gis en morceaux, brisée à
tout jamais.
Vous aurez droit alors à une lettre digne de ce nom. Cette nuit,
j'ai un rendez-vous urgent avec l'Ablatif Absolu.
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PuckPuck   26 août 2013
Depuis que j’ai appris à lire, j’ai inventé un bien joli jeu; je m’endors chaque soir en me persuadant que je suis l’héroïne du livre que je suis en train de lire.
A présent, je suis Ophélie, ô une Ophélie pleine de bon sens! Je passe mon temps à distraire Hamlet. Je le câline, je le gronde, je veille à ce qu’il mette son écharpe dès qu’il fait froid. Je l’ai complètement guéri de sa mélancolie. Le roi et la reine sont morts tous les deux lors d’un naufrage en mer ce qui nous a dispensé des funérailles.
Maintenant Hamlet et moi régnons en maîtres sur le royaume de Danemark. Nous nous en sortons magnifiquement. Lui s’occupe du gouvernement et moi des œuvres de bienfaisance.
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patacaissepatacaisse   09 avril 2010
Sa mère est une Rutherford. Sa famille remonte au déluge et était apparentée, d'une façon ou d'une autre, à Henri VIII. Du côté de son père, ses ancêtres remontent plus loin qu'Adam et Eve. Sur une des branches supérieures de leur arbre génealogique, on peut remarquer une race tout à fait privilégiée de singes à poil soyeux, dotés d'une queue particulièrement longue.
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"Papa longues jambes", réalisé par Jean Negulesco en 1955, avec Fred Astaire (USA)
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