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ISBN : 2351781872
Éditeur : Gallmeister (06/09/2018)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 143 notes)
Résumé :
1968. Le soir du Réveillon, douze détenus s’évadent de la prison d’Old Lonesome, autour de laquelle vit toute une petite ville du Colorado encerclée par les montagnes Rocheuses. L’évènement secoue ses habitants, et une véritable machine de guerre se met en branle afin de ramener les prisonniers… morts ou vifs. À leurs trousses, se lancent les gardes de la prison et un traqueur hors pair, les journalistes locaux soucieux d’en tirer une bonne histoire, mais aussi une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  12 novembre 2018
1968, le soir du réveillon. Trois matons à genoux, les mains menottées derrière le dos. Face à eux, quatre détenus de la prison de Old Lonesome qui ont décidé de se faire la belle. Huit autres courent dans la nature. Mais, les conditions climatiques épouvantables, des températures glaciales, une neige qui tombe dru, empêchent Mopar, Mitch, Wesley et Bad News d'aller plus loin que cette maison où ils se sont réfugiés. Ils n'auront d'autre choix malheureusement que de la fuir car, bientôt, les gardiens de prison, le directeur Jugg à leur tête, vont les prendre en chasse. Bientôt rejoints par Stanley, un journaliste local, et Garrett, le photographe ainsi que par Dayton Horn, la cousine de Mopar. Une chasse à l'homme sanglante dans cette nuit noire et ouateuse...
Benjamin Whitmer nous offre un roman d'une noirceur implacable, désespérante et d'une force saisissante. Au cours de cette nuit du réveillon, une traque pour attraper les douze détenus qui ont pris la fuite va ébranler toute cette petite ville du Colorado. Fuyards, matons, journalistes en quête d'un scoop et quelques habitants vont se livrer une bataille sans merci. Un scénario de prime abord sans surprise si ce n'était cette violence, omniprésente, qui s'en dégage, cette noirceur étouffante, ces personnages taillés à la serpe, imperturbables, brutaux et immoraux, ce climat, oppressant et étreignant, ce tourbillon d'événements qui s'enchainent. Et que dire de cette écriture lyrique et intense, de cette narration efficiente qui donne voix aux différents personnages, de ces dialogues percutants... Dans cette nuit où seules les silhouettes se devinent, le climat hivernal, véritable personnage à part entière, engourdit les corps et gèle les coeurs. Après Pike et Cry father, Benjamin Whitmer signe là un roman brut, d'une force rare.
Époustouflant !
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Crossroads
  20 décembre 2018
Je la sentais pas cette opération porte ouverte à la prison d'Old Lonesome.
Bilan, douze détenus évaporés dans la nature.
Et une chasse à l'homme, dans les Rocheuses, par ce froid de gueux, c'est pas vraiment fait pour développer le côté bon samaritain de tout traqueur irascible qui se respecte.
Mais le respect, c'est p'us c'que c'était, ma pôv' dame.
Désormais, on fait dans l'efficacité primale, le rendement efficient.
Il manque douze très bons clients à cet établissement de prestige, il nous faut les retrouver, morts ou morts.
Est-ce qu'Évasion vaut le détour, assurément.
Est-ce qu'Évasion nécessite une concentration de tous les instants, indubitablement.
C'est pourtant pas faute d'avoir été prévenu en amont.
Vu le nombre de protagonistes, Évasion tu torcheras en moins de temps qu'il n'en faut pour te demander toutes les deux pages "la vache mais qui est donc ce satané loustic, évadé ou maton ?".
J'ai morcelé le bestiau, séquencé ma lecture, surestimé ma capacité mémorielle au point de me poser encore et encore cette satanée question et donc de casser un rythme qui ne demandait qu'à s'emballer et biaiser un ressenti final certainement pas en adéquation avec la qualité avérée d'un tel récit.
Roman noir de chez noir, Évasion tape fort.
Brut de décoffrage stylistiquement et narrativement, il fait la part belle à l'humain dans ce qu'il a de plus sombre et de plus bestial.
Bien sûr, quelques petites lucioles d'espoir viennent de-ci de-là tenter vainement de percer cette longue nuit sans lune.
L'homme est un loup pour l'homme.
Un animal carnivore qui possède une mémoire collective.
Un prédateur incapable de réfréner ses plus bas instincts.
Aussi, lorsqu'il lui est permis de laisser libre cours à sa férocité naturelle, je vous laisse imaginer le festin de roi.
Évasion est une course contre la mort.
De celles dont on espère fébrilement sortir indemne tout en connaissant pourtant le fin mot de l'histoire.
Évasion est une onde de choc violente, perdurable, qui mérite une attention soutenue sous peine de déconvenue sévère.
J'fais comme Marcel, j'aime instruire en amont...
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horline
  06 décembre 2018
Première incursion dans l'univers de Benjamin Whitmer, et manifestement l'américain fait partie de ces auteurs qui aiment balancer une fiole de nitroglycérine contre le mur qui porte le rêve américain en trompe l'oeil.
Une ville qui a laissé se dresser des cloisons autres que celles de la prison, n'offrant aucune échappatoire à la médiocrité qui use et abîme. Des personnages écrasés par le destin lorsqu'ils n'agissent pas comme des grenades dégoupillées, prêtes à exploser n'importe quand. Et une neige incessante qui, au coeur de la nuit, ne laisse entrevoir aux évadés aucune direction possible dans ces montagnes du Colorado.
Tous les éléments du récit concourent à sculpter l'intrigue dans un bloc de haine glacée, et faire de la traque des évadés le réceptacle des rancoeurs et espoirs abandonnés de chacun. Tout se mélange avec une ignominie crasse, les gardiens de prison, les évadés, les habitants...pas la peine de chercher les héros, il n'y a que des gens pas bien nés ou revenus cabossés du Vietnam qui recourent à la violence comme antidote aux imperfections du ciel.
Une histoire simple et d'une absolue noirceur en somme mais baignée d'un feu particulier, de ceux qu'on alimente avec une langue chargée d'un acide pénétrant. Une écriture franche et sans inhibition, quelques phrases bien balancées, B. Whitmer possède une sacrée voix pour montrer la violence qui construit les personnalités et les choix qui détruisent. Il a cette manière de raconter sans un mot de trop car les mots ont tendance à mettre une distance anesthésiante entre ce qui se passe et notre conscience. Et sous cette neige omniprésente qui dilue la réalité et fait s'étirer le temps, Whitmer parvient à modifier nos propres perceptions. On progresse dans le récit à pas lents face aux images floues et zones d'ombre montrées du doigt et laissées à plus tard. C'est redoutablement efficace.
Pour autant, Évasion est le genre de lecture pour laquelle je suis incapable de dire avec certitude si j'ai aimé ou pas tellement la réalité décrite est tenace et puissante. Elle a laissé un goût de rouille dans la bouche. Avec un certain recul, s'impose la conviction d'avoir découvert un auteur talentueux qui a une aisance à planter ses ongles dans un décor sans ambiguïté ni bons sentiments.
Et avec encore plus de recul, j'ai adoré.
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si-bemol
  03 mars 2019
Douze détenus se sont évadés de la prison de Old Lonesome, Colorado, en prenant quelques gardiens en otage. Parmi ces détenus, il y a Mopar, Howard, Bad News Dixon et Wesley Warrington, qui se sont réfugiés chez la vieille Pearl Greene, dont ils ont investi de force la maison, avec leurs otages. Les autres détenus, eux, se sont dispersés.
Le plan d'Howard - meneur et tête pensante du petit groupe - c'est de s'échapper de la ville et de prendre le large. Sauf qu'au fil du temps et des années, la ville de Old Lonesome s'est lentement fait dévorer par sa prison, au point d'en devenir elle-même une, que la tempête s'en mêle et que rien ne se passera comme prévu.
La sirène retentit pour avertir les habitants de l'évasion en cours et les inviter à se terrer chez eux. Et c'est le signal de la traque…
Menée par le directeur de la prison et ses gardiens, un pisteur professionnel, un journaliste en quête de scoop, un photographe et quelques habitants, elle durera une nuit entière. Une nuit de cauchemar dans le blizzard et le froid polaire de ce 31 décembre 1968, dans ce trou perdu blotti au pied des Montagnes Rocheuses. Une nuit de terreur, de violence et de cruauté durant laquelle sera mis à nu - chez les chasseurs comme chez leurs proies - tout ce que l'âme humaine peut avoir de plus vil, de plus bas, dans un déferlement de haine où s'exprimeront les rancoeurs, les frustrations et toute la malveillance fatiguée d'une poignée de personnages qui trouveront dans cette traque impitoyable un exutoire à leur médiocrité, à leurs petites vies insignifiantes et sans avenir, à leurs désillusions, à leur manque d'amour, à leurs rêves et à leurs coeurs brisés - tandis que nous sont racontées, à tour de rôle, les biographies minuscules de chacun d'entre eux.
A partir d'une intrigue tout ce qu'il y a de plus ténue - la cavale d'une poignée de détenus dans le trou du cul du monde, cette petite ville qui n'est rien d'autre qu' “un endroit où l'on échoue” - Benjamin Whitmer construit un récit d'une rare puissance auquel la nuit, le froid, la neige et la tempête où se croisent les différents protagonistes comme autant d'ombres indistinctes, apportent un surcroît d'angoisse, de malaise et d'effroi. L'écriture est somptueuse, flamboyante, d'une crudité et d'une violence sans concession, au service d'un récit totalement désespéré et d'une noirceur absolue.
Après “Pike” et “Cry Father”, Benjamin Whitmer confirme avec “Évasion”, son troisième roman, toute la maîtrise de son talent et installe encore davantage dans le paysage littéraire un univers singulier qui, livre après livre, porte la voix d'une Amérique dure, brutale, raciste et désenchantée - celle des armes, de la violence et de la haine, celle du désespoir quotidien des laissés pour compte du “rêve américain”, celle de l'alcool, du sexe sans amour et de la drogue.
Benjamin Whitmer est à mes yeux, sans conteste, l'un des grands noms de la littérature américaine contemporaine, ce que m'a confirmé ce dernier roman, “Évasion”, qui a été pour moi un énorme coup de coeur. A découvrir absolument !
[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
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nadiouchka
  05 mai 2019
Rendez-vous au rayon « Gallmeister – Collection Americana » - choisissez un livre au hasard, par exemple « Évasion » de Benjamin Whitmer – vous verrez que vous ne serrez pas déçus.
L'écrivain a grandi dans le Sud de L'Ohio. « Évasion » est son troisième ouvrage après « Cry Father » et « Pike ». A présent, il vit dans le Colorado et il sait de quoi il parle.
Notre histoire actuelle, un polar brut de noir, pour lequel Pierre Lemaître a écrit : « La quintessence du noir dans la plus magnifique tradition américaine », débute un soir de Réveillon en 1968, où douze prisonniers se font la belle en s'évadant la prison de Old Lonesome (Colorado).
Certains se sont cachés dans une maison (close) après avoir pris des matons en otages (tandis que les autres courent). Alors se déclenche une chasse à l'homme (ou plutôt aux hommes) époustouflante. Il faut les ramener, peu importe qu'ils soient morts ou vifs et tous les moyens sont bons.
Benjamin Whitmer nous livre un récit où les événements ne nous laissent aucun répit. Dans ce coin perdu, au pied des Montagnes Rocheuses, au milieu de la neige, de la nuit, du gel, c'est l'angoisse qui prédomine.
L'auteur utilise une écriture très crue et sans aucune concession. Avec ce polar, nous assistons à un suspense incroyable très bien maîtrisé. C'est un huis-clos étouffant dans cette région que connaît si bien l'auteur.
Dès le début du livre, le lecteur est entraîné dans cette folle poursuite. Aucune surprise : les méchants sont bien des méchants – les gardiens sont carrément pourris – les habitants savent se défendre - les journalistes carrément enquiquinants avec leur recherche d'un scoop de chez scoop ... Nous avons aussi droit à des retours en arrière (pour ne pas dire « flashbacks »).
Je vous le dis, c'est un véritable page-turner. La traduction de Jacques Mailhos est, une fois de plus, parfaite, car il arrive à restituer la rage, la cruauté qu'a voulu décrire Benjamin : « Mopar a envie de se déchaîner sur lui avec son fusil scié artisanal. Traite-moi comme un putain de con et je te repeins les murs en rouge. Un rouge encore plus rouge. Et ce bruit dans sa tête, encore, ce vrombissement. Comme une pulsation de sang dans les murs de la pièce. Respire. »  Un exemple parmi de nombreux autres.
Je vous épargne les noms des personnages (vous les trouverez dans d'autres critiques publiées bien avant la mienne : je suis encore en retard...)
Si cette « Évasion » concerne des prisonniers, elle en est une aussi pour nous avec ce voyage dans le Colorado. Et tant pis pour ce froid glacial.
Et puis, dans cet ouvrage, difficile de trouver des « gentils » car parfois c'est totalement hallucinant – la violence y est souvent gratuite.
C'est le talent de Benjamin Whitmer qui n'a pas fini de donner de grandes claques avec ses intrigues et celle-ci en est une qui nous tient en haleine jusqu'à la fin.
Je vous l'avais bien dit au début : pas de tromperie sur la marchandise avec #BenjaminWhitmer et son #Évasion des #EditionsGallmeister-Americana.
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critiques presse (4)
LePoint   16 octobre 2018
L'auteur de « Pike » revient le temps d'une traque infernale dans le Colorado et ses Rocheuses chéries, pour un résultat un peu moins puissant.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeMonde   28 septembre 2018
Hiver 1968, Colorado. Chasse aux détenus en fuite dans un blizzard propice à la détresse. « Evasion », de Benjamin Whitmer, sombre et violent.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   10 septembre 2018
On est donc dans un classique polar de cavale. "Pour tenir le lecteur en haleine avec une intrigue aussi mince, il faut un sacré talent", observe le Prix Goncourt Pierre Lemaitre, dans sa préface enthousiaste. Et Benjamin Whitmer n'en manque pas, en effet.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Actualitte   07 septembre 2018
Avec Évasion, Benjamin Whitmer signe une intrigue violente et efficace avec une galerie de personnages taillée à la pointe du couteau. La langue, crue et cruelle, traduite par Jacques Mailhos, libère la noirceur de l’Amérique « du milieu », dans les années 70.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (120) Voir plus Ajouter une citation
sweetiesweetie   11 octobre 2019
Et Jim Cavey est la lunette de visée sur le fusil de Jugg, aussi sûrement qu'Arthur Johnson en est le canon. À eux deux, ils forment le meilleur fusil que Jugg ait jamais eu. Tant qu'il reste précis, vous pouvez tolérer un peu de jeu dans le mécanisme de votre fusil. Vous ne resserrez pas les boulons tant qu'il peut continuer à faire feu sans s'enrayer.
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sweetiesweetie   11 octobre 2019
Il finissait son histoire comme il finissait à peu près tout. Avec une sorte de blague, mais de la variété qui ne peut être drôle que si vous vous abstenez d'y penser trop longtemps.
Commenter  J’apprécie          30
sweetiesweetie   11 octobre 2019
Les hommes qui viennent ici sont comme des chevaux trop longtemps laissés à l'état sauvage. Vous pouvez débourrer un cheval et en tirer quelque chose d'utile, mais si après ça votre cheval tourne mal, il n'y a plus rien à en attendre. Vous ne pouvez pas débourrer un cheval débourré.
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sweetiesweetie   11 octobre 2019
Jugg ne voit pas non plus de différence entre sa prison et la ville construite tout autour d'elle. Suffit de laisser les gens prendre leurs aises avec la loi pour que le monde s'écroule.
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sweetiesweetie   11 octobre 2019
De l'autre côté de la route, les pins sont hirsutes à force d'accrocher les flocons comme s'ils accumulaient toute la poussière du jour en voie de désintégration.
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Videos de Benjamin Whitmer (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benjamin Whitmer
"Evasion" de Benjamin Whitmer : 24 heures de traque, morts ou vifs - La chronique de Juliette Arnaud. Douze détenus viennent de se faire la malle. Autour d’eux : la nuit, les Rocheuses, la neige en tempête, et à leurs fesses l’intégralité de ceux qui portent un uniforme, et qui, pour citer l’auteur, "n’ont pas reçu l’intelligence que Dieu confia aux poteaux de clôture"... Juliette a lu "Evasion" de Benjamin Whitmer. La chronique de Juliette Arnaud (18 Janvier 2019)
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