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EAN : 9782715812642
157 pages
Éditeur : Balland (30/11/-1)
4.32/5   50 notes
Résumé :

En 1978, Monique Wittig clôt sa conférence sur " La Pensée straight " par ces mots : " Les lesbiennes ne sont pas des femmes. " L'onde de choc provoquée par cet énoncé n'en finit pas de se faire ressentir, aujourd'hui encore, dans la théorie féministe et au-delà. En analysant l'aspect fondateur de la " naturalité " supposée de l'hétérosexualité au sein de nos structures de pensées,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
malecturotheque
  20 avril 2019
Si je me souvenais avoir lu La pensée straight il y a une petite dizaine d'années, je ne me souvenais en revanche pas du contenu. Au cours de cette relecture, j'ai compris pourquoi : ce livre, qui est un recueil de textes, d'essais, n'est pas abordable par tout le monde comme peut l'être un essai tel que Sorcières de Mona Chollet. Il faut clairement avoir un certain bagage afin de pouvoir intégrer les notions et les idées présentes dans La pensée straight, de pouvoir les digérer, les analyser et enfin s'en faire un avis.
Monique Wittig est connue pour avoir écrit des romans mais aussi et surtout pour son militantisme féministe ; elle est l'une des fondatrices du MLF (Mouvement de libération des femmes). de Wittig, l'on retient également cette phrase : « Les lesbiennes ne sont pas des femmes. » Et c'est autour de cela que tourne La pensée straight. Pour résumer, Monique Wittig affirme que l'hétérosexualité est politique et non pas naturelle ; le groupe humain s'est divisé en deux, ce qui a mené à ce qu'une partie de l'humanité, l'homme, prenne le dessus sur l'autre, la-femme. A partir de là, la-femme se retrouve dominée dans de très nombreux domaines et se doit de correspondre aux attentes de l'homme. Or les lesbiennes – tout comme les gais d'ailleurs – sortent de cette attente parce qu'elles ne jouent pas le jeu de la séduction auprès des hommes (entre autres choses) et ne peuvent donc pas être considérées comme faisant partie du groupe la-femme. Pour être honnête, je résume très grossièrement les textes de Monique Wittig et je vous invite fortement à les lire pour mieux comprendre le développement de sa pensée et pour vous faire un avis plus juste.
S'il est vrai que les textes sont denses et demande une certaine concentration, une fois posée au calme je lisais assez rapidement chacun des textes, en prenant toutefois le temps de comprendre, quitte à relire une phrase ou un paragraphe. Les écrits qui m'ont le plus intéressée sont les sept premiers (« La catégorie de sexe », « On ne naît pas femme », « La pensée straight » – qui donne son nom au livre -, « À propos du contrat social », etc.) car ils parlent de la norme hétérosexuelle, de féminisme et de genre. D'après moi, ce sont les plus importants du livre car ils permettent vraiment de s'interroger, de se déconstruire, et donc de réfléchir sur soi et sur le monde qui nous entoure. En revanche, les deux ou trois derniers textes, même s'ils ont un propos intéressant, ne m'ont pas particulièrement enthousiasmée. Il faut dire qu'ils se basent sur des romans ou films que je ne connais pas.
La pensée straight est un livre très intéressant et apporte de nombreuses clés autour d'une réflexion pertinente. Comme tout essai, vous ne serez pas forcément d'accord avec tout, cela dit il serait bien dommage de ne pas le découvrir. Je vous conseille toutefois de le lire au calme afin de pouvoir vous concentrer sur cette lecture qui va faire chauffer votre cerveau.
Lien : https://malecturotheque.word..
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ATOS
  04 octobre 2021
Un pilier. Un monument. La genèse. Essai politique, sociologique, incontournable, fondamental.
«  Ce texte pose l'hétérosexualité en tant qu'institution politique à l'intérieur du patriarcat. » Louise Turcotte, La révolution d'un point de vue, préface.
Astrid Shriqui Garain
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alexamath
  27 décembre 2012
"La lesbienne est le seul concept que je connaisse qui soit au-delà des catégories de sexe parce que le sujet désigné n'est pas une femme, ni économiquement, ni politiquement, ni idéologiquement." le lesbianisme n'est pas une identité sexuelle et culturelle mais une position hors du système d'oppression qui produit les sexes.
Wittig est l'auteure d'actes poltiques très puissants. L'un d'entre eux est dans déterritorialisation du corps féminin (qui se matérialise dans l'affirmation que les lesbiennes ne sont pas des femmes) et le devenir gouine-garou (qui suppose la transformation du corps hétéro.) Un devenir corps lesbien, sans substance ni antécédents naturels, qui résulte du processus de baiser lesbien tel que cela se manifeste dans le Corps lesbien.
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AnitaBomba
  09 mai 2014
Ces essais de Monique Wittig, écrits entre 1978 et 1988, constituent une source d'inspiration et d'outils théoriques permanente. La radicalité des analyses de celle qui fut des premières actions du Mouvement pour la Libération des Femmes n'a d'égal que leur limpidité. Les conclusions essentielles de ces textes sont que l'hétérosexualité, et les catégories "hommes" et "femmes" ne sont pas des données naturelles, mais bien un régime politique. Monique Wittig appuie sa démonstration sur la notion de classe, sur la critique de la notion d'"universel", et en passant par des parallèles entre les systèmes patriarcal, capitaliste et raciste. Dans les détails, on retiendra notamment la mise en évidence de l'oppression réelle, matérielle que peuvent exercer des discours (scientifiques, ou de communication de masse), sa mise en garde contre le "principe illogique de l'égalité dans la différence", et sa proposition de revendiquer l'abolition de la déclaration de sexe, puisque c'est une discrimination. Sa définition précise et combative du mot "féministe" donne bien le ton de cet ouvrage : "quelqu'un qui lutte pour les femmes en tant que classe et pour la disparition de cette classe".
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  28 janvier 2019
“Les lesbiennes ne sont pas des femmes”. C'est par cette phrase que Monique Wittig conclut en 1978 sa conférence intitulée “La pensée straight”. Une phrase-choc, qui dit bien toute la radicalité du propos de cette théoricienne mais qui ne peut se comprendre que dans le cadre plus large de sa pensée sur nos sociétés hétéronormées : si les lesbiennes ne sont pas des femmes au sens communément admis, c'est parce que leur sexualité constitue une rupture avec le contrat social hétérosexuel, dans lequel une femme ne se définit que par son appartenance aux hommes.
S'il s'avère d'un abord difficile, le recueil La Pensée Straight permet cependant une première approche de cette pensée pionnière, qui postule que l'hétérosexualité est une idéologie destinée à maintenir l'emprise des hommes sur les femmes. A l'avant-garde des discours sur le genre, les oeuvres de Monique Wittig continuent aujourd'hui d'ébranler l'ordre établi et de questionner nos certitudes.
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
HatshHatsh   15 février 2014
C'est que la catégorie de sexe est une catégorie totalitaire qui, pour prouver son existence, a ses inquisitions, ses cours de justice, ses tribunaux, son ensemble de lois, ses terreurs, ses tortures, ses mutilations, ses exécutions, sa police. Elle forme l'esprit tout autant que le corps puisqu'elle contrôle toute la production mentale. Elle possède nos esprits de telle manière que nous ne pouvons pas penser en-dehors d'elle. C'est la raison pour laquelle nous devons la détruire et commencer à penser au-delà d'elle si nous voulons commencer à penser vraiment, de la même manière que nous devons détruire les sexes en tant que réalités sociologiques si nous voulons commencer à exister.
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ATOSATOS   04 octobre 2021
«  (…) le genre et la mise en vigueur de la catégorie de sexe dans le langage , il a la même fonction que la déclaration de sexe dans le statut civil. (…) Sous la domination de genre, la catégorie de sexe imprègne tout le corps du langage et force chaque locuteur s'il en est une , à proclamer son sexe physique (sociologique) c'est-à-dire apparaît dans le langage représenté sous une forme concrète et non sous la forme abstraite la généralisation nécessite, celle que tout locuteur masculin a le droit inquestionnable d'utiliser. La forme abstraite, le général, l'universel , c'est bien ce que le prétendu genre masculin grammatical veut dire. Historiquement, on peut constater que la classe des hommes s'est approprié l'universel et la possibilité de le manipuler à son compte sans qu'il semble même y avoir abus de pouvoir, en somme « naturellement « . Il faut bien comprendre que les hommes ne sont pas né avec une capacité pour l'universel qui ferait défaut aux femmes à la naissance, réduites qu'elles seraient par constitution au spécifique et aux particuliers. Que l'universel a été approprié historiquement soit. Mais un fait de telle importance en ce qui concerne l'humanité n'est pas fait une fois pour toutes. il se refait, se fait sans cesse, à chaque moment , il a besoin de la contribution active, hic et nunc, de l'ensemble des locuteurs pour prendre effet sans relâche. Il s'agit d'un acte perpétré par une classe contre l'autre et c'est un acte criminel. (…)
Le genre nuit énormément aux femmes dans l'exercice du langage. » La marque du genre, chapitre 9.
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ATOSATOS   04 octobre 2021
«  la catégorie de sexe est une catégorie totalitaire qui, pour prouver son existence, a ses inquisitions, ses cours de justice, ses tribunaux, son ensemble de lois, ses terreurs, ses tortures, ses mutilations, ses exécutions, sa police. Elle forme l’esprit tout autant que le corps puisqu’elle contrôle toute la production mentale. Elle possède nos esprits de telle manière que nous ne pouvons pas penser en dehors d’elle. C’est la raison pour laquelle nous devons la détruire et commencer à penser au-delà d’elle si nous voulons commencer à penser vraiment, de la même manière que nous devons détruire les sexes en tant que réalités sociologiques si nous voulons commencer à exister. La catégorie de sexe est une catégorie qui régit l’esclavage des femmes et elle opère très précisément grâce à une opération de réduction, comme pour esclaves noirs, en prenant la partie pour le tout, une partie ( la couleur, le sexe) au travers de laquelle un groupe humain tout entier doit passer comme au travers d’un filtre. Il est à remarquer qu’en ce qui concerne l’état civil, la couleur comme le sexe doivent être «  déclarés ». Cependant, grâce à l’abolition de l’esclavage, la « déclaration » de la « couleur » est maintenant considérée comme une discrimination. Mais ceci n’est pas vrai pour la « déclaration » de »sexe » que même les femmes n’ont pas rêvé d’abolir.
Je dis : qu’attend-on pour le faire ? » Chapitre I .La catégorie de sexe.
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ATOSATOS   04 octobre 2021
« Ainsi le monde tout entier et un grand registre où vient de s'inscrire les langages les plus divers tel le langage de la mode, le langage de l'Inconscient, le langage de l'échange des femmes où des êtres humains sont littéralement les signes qui servent à la communication (…. )
L'ensemble de ces discours effectue un brouillage - du bruit et de la confusion - pour les opprimés, qui leur fait perdre de vue la cause matérielle de leur oppression et les plonge dans une sorte de vacuum-a- historique. (…. ) Car dans l'expérience analytique il y a un opprimé, c'est le psychanalysé quand on exploite le besoin de communiquer et qui tout comme les sorcières jadis ne pouvaient sous la torture que répéter le langage que les inquisiteurs voulais t'entendre, n'a d'autre choix, s'il ne veut pas rompre le contrat implicite qui lui permet de communiquer et dont il a besoin que d'essayer de dire ce qu'on veut qu'il dise. Il paraît que ça peut durer. Cruel contrat qui contraint un être humain à faire étalage de sa misère à l'oppresseur qui en est directement responsable , qui l'exploite économiquement, politiquement, idéologiquement et dans l'interprétation la réduit à quelques figures de discours. ». Chapitre 3, La pensée straight.
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ATOSATOS   04 octobre 2021
«  À ce point de mon raisonnement, l'hétérosexualité recouvre complètement la notion de contrat social. Mais qu'est-ce que l'hétérosexualité ? en tant que mot il n'a pas existé avant qu'on parle d'homosexualité au début du 20e siècle et en Allemagne à la fin du 19e siècle. Il n'a existé qu'en contrepartie. L'hétérosexualité allait tellement de soi qu'elle n'avait pas de nom . C'était la norme sociale. C'est le contrat social . C'est un régime politique. Des juristes ne l'appelleraient pas une institution ou pour le dire autrement l'hétérosexualité en tant qu'institution n'a pas d'existence juridique. Les anthropologues, les ethnologues, les sociologues l'aperçoivent peut-être comme une institution mais une institution dont on ne parle pas, sur laquelle on écrit pas. Car il y a un présupposé, un déjà-là, du social d'avant le social : l'existence de deux (pourquoi deux?) groupes artificiellement distincts, les hommes et les femmes. Les « hommes » entrent dans l'ordre social comme des titres déjà socialisés, les « femmes » restent des titres naturels ». A propos du contrat social, chapitre4.
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Videos de Monique Wittig (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Monique Wittig
Avec Bebe Melkor-Kadior, Candice Chechirlian, Wendy Delorme, Marguerin le Louvier & Isabelle Sorente
Mise en son par Candice Chechirlian
« Elles étaient toutes brisées et pourtant incassables. Elles existaient ensemble comme un tout solidaire, un orchestre puissant, les organes noués en ordre aléatoire, un grand corps frémissant. Et j'étais l'une d'entre elles. »
Dans une société totalitaire aux frontières fermées, bordée par un fleuve, cinq personnes se racontent, leurs aspirations, leurs souvenirs, comment survivre, se cacher et se faufiler dans un monde où les livres sont interdits et les corps sous contrôle. En marge du territoire, subsistent les vestiges d'une communauté de résistantes, inspirée des Guérillères de Monique Wittig.
Un texte choral dédié au pouvoir des mots, aux forces de la sororité et au désir d'un autre monde.

À lire – Wendy Delorme, Viendra le temps du feu, éd. Cambourakis, 2021.
*Ce spectacle comporte 2 textes extraits de "Un appartement sur Uranus" de Paul Preciado.
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