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ISBN : 2757832255
Éditeur : Points (17/01/2013)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Ce recueil offre, dans une présentation chronologique, de 1905 à sa mort en 1941, vingt-cinq nouvelles permettant de suivre l'évolution de la carrière et du génie créateur de Virginia Woolf, auteur qui fait désormais partie des classiques de la littérature anglaise du XXe siècle.
Du caractère expérimental de ces nouvelles naît leur extrême variété. Histoires à la trame narrative classique ou instants de vie - on y découvrira quatre invités de Mrs Dalloway - p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Christw
  30 juillet 2013
Je laisse la parole à Arnaud Cathrine dans la courte préface qui souligne la nature de cette sélection: "Voilà donc le trésor que recèle ces nouvelles, tout autonomes qu'elles soient : un atelier dans lequel Woolf se livre à des explorations qui la conduiront à trouver les formes singulières qu'elle cherche obstinément (…) mais également un espace d'élaboration de figures qui resteront mythiques, telle Clarissa Dolloway (…). "
Plusieurs textes sont en effet des esquisses bien abouties de chapitres pour des fictions plus ambitieuses. Deux d'entre eux ("Le symbole", "La station balnéaire") sont même tapés au verso du roman "Entre les actes".

Délibérément éloigné de V. Woolf avec l'a priori que ses oeuvres s'adressaient mieux à un lectorat féminin, j'ai eu le plaisir d'enfin lire cette vive intelligence. Aucun de ces textes très variés dans le ton et le format ne laisse indifférent: le style est elliptique, sollicite l'attention et l'envie d'approcher. le flux rapide des pensées imprègne la page et pour avoir lu sur la lecture du cerveau, je me dis que Woolf donne à voir le sien comme le miroir fidèle et tranchant du fil des images exclusives, très sensibles, qui viennent à elle. Aucune concession aux formules faites, trop apprêtées : être aussi totalement soi est presque bouleversant.
Entre toutes, "Mémoires de romancière" s'avère maline: son objet réside davantage dans les travers de la biographe que dans les traits de la romancière Miss Willatt. Admirable divergence au ton faussement détaché: "...on voit que Miss Linett aimait la mort parce qu'elle lui procurait une émotion, lui faisait éprouver des sentiments qui, dans l'instant, pouvaient passer pour authentiques. Sur le moment, elle aima Miss Willatt ; immédiatement après, sa mort la rendit presque heureuse car c'était une fin que le risque d'un recommencement ne venait pas gâter. Mais ensuite, quand elle rentra chez elle prendre son petit déjeuner, elle se sentit seule car elles avaient l'habitude d'aller à Kew Gardens ensemble, le dimanche." de haut vol.

"La fascination de l'étang" est une très courte pièce dans laquelle on trouve la vision singulière de l'écrivain, poétique, étrange, en teinte fantastique avec la note triste qui sourd, toujours à l'affût au fond du vivant et du sublime, versant sombre inquiétant: "Si triste voix devait venir du plus profond de l'étang. Elle montait de sous les autres comme la cuiller soulève l'eau de la jatte. C'était la voix que nous voulions tous entendre. Toutes les autres fusaient en douceur vers la rive pour écouter celle-ci, triste, si triste que sans doute elle savait le pourquoi de tout." Comme une prémonition. À ce sujet, on ne manque pas de ressentir dans divers passages du recueil une fascination mélancolique et trouble pour l'eau, et notamment au terme de "La station balnéaire", dernière nouvelle achevée moins d'un mois avant la noyade: "Mais, la nuit, la ville prend un aspect tout à fait éthéré. Il y a des cerceaux et des couronnes par les rues. La ville a sombré au fond de l'eau. Seul affleure son sequelette, dessiné par des lampes de fée." Beau et tourmenté.

Dans ce recueil, les fictions pures (comme "La veuve et le perroquet", "Bohême" qui révèlent la conteuse) sont rares chez Virginia Woolf car elle manifeste toujours quelque intention qui touche à l'essai ou à la satire. C'est clairement une intellectuelle qui affirme une voix moderne.

Voilà une petite anthologie bien faite, annotée, avec des textes chronologiques qui s'échelonnent des années 1900, les débuts étonnement mûrs, jusqu'à la dernière nouvelle peu avant le suicide. Elle satisfera autant les inconditionnels et spécialistes de la romancière que ceux qui cherchent à la découvrir à travers ses multiples facettes. À ces derniers, il conviendra bien de lire l'article "N'ayons pas peur de Virginia Woolf" (Salon littéraire.com) pour comprendre à quel point l'écriture lui fut indispensable.

Lien : http://www.christianwery.be/..
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lafilledepassage
  06 mars 2018
Je n'ai pas du tout accroché à ces nouvelles, qui couvrent toute la période créative de Virginia Woolf dont je découvre ici l'oeuvre.
Les histoires sont ou tristement ordinaires ou tellement tirées par les cheveux qu'elles laissent le lecteur pantois. le style est lourd et ampoulé. C'est une avalanche de mots, de phrases interminables. L'auteur décrit toutes les pensées, toutes les émotions qui naissent dans l'esprit de ses protagonistes, les plus futiles, les plus ordinaires, les plus triviales comme les plus pertinentes. Non, tout est livré comme ça. Et quand le point final arrive – avec soulagement je dois bien l'avouer – il me reste juste une question, tout ça pour ça ? Cher payé les deux ou trois brins d'humour (qu'il faut bien chercher, j'en conviens) et les trop courts passages de poésie.
Peut-être l'époque, le début du 20ème siècle dans la société bourgeoise anglaise, celles des jeunes filles à marier, des riches commerçants, des grands propriétaires terriens et de l'élite intellectuelle, et ses préoccupations sont-elles trop éloignées des miennes?
A l'issue de cette lecture, je me suis retrouvée taraudée par cette affreuse impression de vide, d'avoir perdu mon temps, de ne rien avoir appris. Probablement n'avais-je pas les clés pour rentrer dans cette oeuvre ! Tant pis pour moi ….
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cicou45
  27 juin 2011
Vingt-cinq nouvelles, classées par ordre chronologique, sont réunies ici dans ce merveilleux recueil. On découvre non seulement des nouvelles à la fois tendres et émouvantes et cruelles voire dramatiques mais surtout l'évolution d'une grande romancière et auteure qui fait désormais partie des classiques de la littératures anglaises. Cet ouvrage a donc un double emploi, celui de faire découvrir au lecteur les écrits de Virginia Woolf mais aussi Virginia Woolf elle-même puisque celui-ci suit l'évolution de ses écrits et peut percevoir la maturité que cette dernière a acquis au fil du temps. A découvrir !
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MarianneDesroziers
  29 avril 2010
Où l'on comprend que Virginia Woolf était aussi douée pour les nouvelles que pour les romans, les essais, la critique littéraire (et même la correpondance). On retrouve son univers inimitabl efait d'humour, de sensiblité et de cruauté parfois et surtout son style dans ces 25 nouvelles qui s'étalent sur toute sa carrière d'écrivain.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
lafilledepassagelafilledepassage   06 mars 2018
« Moi je fais partie des gens simples ; je suis peut-être vieux jeu, mais je crois aux valeurs durables – l’amour, l’honneur, la patrie. Je l’avoue sans fausse honte, l’amour conjugal, moi j’y crois. »

Oui, le nihil humanum vous vient souvent à la bouche, seulement vous prenez bien garde de ne pas parler latin trop souvent ; parce qu’il vous faut gagner de l’argent, pour en vivre d’abord, et puis pour y vivre aussi : mobilier Queen Ann ; des copies surtout.

« Je ne fais pas partie des gens brillants, mais j’ai au moins une qualité : j’ai du sang dans les veines, moi. Je suis à l’aise avec le pasteur ; avec le patron quand je vais au pub jouer aux fléchettes avec les gars du coin. »

Oui, vous êtes l’homme moyen ; l’intermédiaire ; tenue de soirée pour Londres, costume de tweed pour la campagne. Et Shakespeare et Wordsworth font partie du patrimoine familial pour vous.

« Ce que je ne supporte pas, je dois le dire, ce sont ces sang-de-navet qui … »

… Occupent le sommet ou le bas de l’échelle. Vous, vous êtes le champion de l’entre-deux.

« Et puis j’ai ma famille. »

Ça oui, vous êtes prolifique au dernier degré. Vous êtes partout : on se promène dans le jardin et qu’est-ce qu’on trouve, là, sur les choux ? Du justemilieu. Le justemilieu contamine les moutons. Jusqu’à la lune qui est sous votre coupe. Voilée. Vous affadi-ternissez, vous enrespectabilisez jusqu’au tranchant d’argent (excusez la formule) de la faucille céleste. Et moi je demande aux mouettes qui crient sur les grèves désolées, aux ouvriers de ferme qui rentrent chez leur femme, qu’adviendra-t-il de nous, hommes, femmes et oiseaux, si le règne du justemilieu arrive ? S’il n’y a plus qu’un sexe intermédiaire, plus d’amants ni d’amis ?

« Oui, moi je fais partie des gens simples. Je suis peut-être vieux jeu, mais, je l’avoue sans fausse honte, l’amour du prochain, j’y crois. »
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MarianneDesroziersMarianneDesroziers   13 juillet 2010
Stuart Elton se penche pour retirer d'une pichenette un fil blanc sur son pantalon, et ce geste banal, accompagné qu'il est d'une coulée, d'une avalanche de sensations, lui paraît être la chute d'un pétale de rose : en se redressant pour reprendre sa conversation avec Mrs Sutton, Stuart Elton sent qu'il est tout entier fait de pétales compacts, serrés et touffus, teintés, rougis, embrasés tous de cette luisance inexplicable. Si bien que, quand il se penche, un pétale tombe. Dans sa jeunesse, il n'a pas connu cela, non. Maintenant, à quarante-cinq ans, il lui suffit d'envoyer promener un fil d'une pichenette, et voilà que l'envahissent tout entier cette magnifique harmonie de la vie, cette coulée, cette avalanche de sensations, ce sentiment d'unité lorsqu'il se relève, rééquilibré. Mais que disait-elle donc ?
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lafilledepassagelafilledepassage   06 mars 2018
Elle ne veut pas que cette horreur s’empare d’elle. Les églises, les parlements, les appartements et même les fils du télégraphe sont tous œuvres des hommes, et ce garçon descend en droite ligne de Shakespeare. Il ne faut pas que cette terreur, ce soupçon qu’il y a autre chose s’empare d’elle, flétrisse ses ailes et la condamne à la solitude. Mais, tout en disant cela, elle le voit – comment mieux dire ? – tuer une mouche. Il arrache les ailes d’une mouche, debout là, pied contre le pare-feu, tête rejetée en arrière, il parle de lui avec assurance, avec arrogance, mais elle ne lui en tiendrait pas rigueur si seulement il ne faisait pas de mal aux mouches.
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lafilledepassagelafilledepassage   06 mars 2018
Stuart Elton se penche pour retirer d’une pichenette un fil blanc sur son pantalon, et ce geste banal, accompagné qu’il est d’une coulée, d’une avalanche de sensations, lui paraît être la chute d’un pétale de rose : en se redressant pour reprendre sa conversation avec Mrs Sutton, Stuart Elton sent qu’il est tout entier fait de pétales compacts, serrés et touffus, teintés, rougis, embrasés tous de cette luisance inexplicable. Si bien que, quand il se penche, un pétale tombe. Dans sa jeunesse, il n’a pas connu cela, non. Maintenant, à quarante-cinq ans, il lui suffit d’envoyer promener un fil d’une pichenette, et voilà que l’envahissent tout entier cette magnifique harmonie de la vie, cette coulée, cette avalanche de sensations, ce sentiment d’unité lorsqu’il se relève, rééquilibré.
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sandrine1616sandrine1616   23 avril 2015
Je suis sûre que, si Sir Harvey Tighboots n'avait pas été en train de découper le gigot quand je l'ai interrogé sur le capitalisme, il m'aurait coupé la gorge. La seule raison qui nous a valu d'échapper à la mort si souvent, c'est que les hommes sont si voraces, et si chevaleresques tout à la fois, ils nous méprisent trop pour faire attention à ce que nous disons.
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Videos de Virginia Woolf (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'"Autoportrait de Paris avec chat", Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : « Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage ». Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. de Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.
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