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Dominique Palmé (Traducteur)Kyoko Sato (Traducteur)
ISBN : 2070394867
Éditeur : Gallimard (22/03/1996)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 206 notes)
Résumé :
Que faire à vingt ans, après la mort d'une grand-mère, quand on se retrouve sans famille et qu'on aime les cuisines plus que tout au monde ? Se pelotonner contre le frigo, chercher dans son ronronnement un prélude au sommeil, un remède à la solitude.
Cette vie semi-végétative de Mikage, l'héroïne de Kitchen, est un jour troublée par un garçon, Yûichi Tanabe, qui l'invite à partager l'appartement où il loge avec sa mère. Mikage s'installe donc en parasite che... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
04 mars 2016
Une auteure prénommée Banana qui écrit Kitchen, je me dis: ça démarre bien, quelle poilade, go.
Evidemment à côté de la plaque totale. Car les thèmes de prédilection de Banana Yoshimoto tournent plutôt autour du deuil, de la mort, de l'abandon, de la solitude. Oups... Donc de poilade même pas le début d'un soupçon d'une micro-miette ici. Hop, on dégage le nez rouge, on sort les mouchoirs.
Au fil des deux nouvelles, on va donc croiser la mort sous toutes ses formes : maladie, meurtre ou accident, avec cette même conclusion : un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Yoshimoto (on oublie Banana, on se concentre) illustre le célèbre vers de notre Alphonse en jonglant entre violence de la perte de l'être cher et douceur et force des protagonistes. Tous ont en commun d'avoir perdu la personne la plus proche d'eux, leur repère, leur raison de se lever le matin. le monde s'écroule alors, douleur et isolement envahissent les coeurs, le goût de vivre s'estompe. Mais autre point commun, tous sont jeunes, la vingtaine, âge auquel la vie prévaut, les larmes laissant vite place à la perspective de jours meilleurs (âge aussi de l'auteure lorsqu'elle publie Kitchen). Allez hop, rangez les mouchoirs.
Yoshimoto signe finalement un ouvrage épuré, empreint d'onirisme et débordant d'espoir et de sensibilité bien plus que larmoyant ou marqué d'un pathos affecté.
Le deuil amènera nos héros à réfléchir plus tôt que prévu sur le sens de la vie, et leur jeunesse, leur optimisme et leur fraîcheur les aideront à surmonter la détresse et se reconstruire. Sans effacer une tristesse palpable et inévitable, l'amitié, l'amour, la sincérité et la simplicité des sentiments apaiseront les douleurs.
 
La poilade, on l'oublie définitivement, pour ne retenir qu'un doux moment de pureté, de délicatesse et un éloge à la vie avant tout.
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Iansougourmer
27 juin 2014
Kitchen se compose de deux récits, Kitchen et un Moonlight shadow
L'écriture de Banana Yoshimoto est simple, composée de phrases courtes, mais j'ai rarement vu une telle capacité à engendrer une focalisation interne aussi réussie. Par le choix de ses mots, le rythme, l'auteur réussit à créer la voix narrative du personnage principal de manière très convaincante. de ce fait, je me suis senti très proche des deux personnages principaux des récits, d'autant plus que les dialogues, très bien conçus, donnent des tirades à d'autres personnages et sans tomber dans la digression inutile on voit leur personnalité transparaître de façon très convaincante.
Sans être d'une complexité psychologique étouffante, le récit tient avant tout sur la fragilité de ses personnages. le récit est ainsi tissé peu à peu au rythme des émotions et états d'âme des personnages, le tout dans un rythme superbement orchestré.
Mais ce qui rend à mes yeux cette oeuvre précieuse, c'est sa luminosité. Les personnages de Banana sont confrontés à le perte d'un proche, au difficile travail de deuil et à la reconstruction qui s'ensuit. Mais plutôt que de s'écrouler, petit à petit ces accidentés de la vie parviennent par touches ténues mais constantes à se reconstruire. Ce lent processus est très touchant, et est de plus rare chez des auteurs japonais marqués généralement par un grand pessimisme, ce qui rend ce livre d'autant plus précieux
De plus, Banana Yosimoto m'a beaucoup réjouie car le personnage le plus charismatique de Kitchen est sans nul doute Eriko, iconique transsexuelle. Trop rares sont les livres qui abordent le sujet des personnes transgenres et les présentent sous un jour bienveillant. Ajoutons à cela que les personnages principaux de ce livre sont des jeunes femmes certes fragiles mais qui se révèlent indépendantes, et on trouve dans Banana Yoshimoto un auteur engagé, l'air de rien !
Pour conclure, un livre brillant sous des dehors modestes. A lire !
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2605
13 septembre 2012
Kitchen se présente donc comme ce que je nommerais deux grandes nouvelles. Toutes deux traitent de thèmes chers à l'auteur, à savoir le deuil, la perte d'un proche, en les abordant d'un angle différent.
Dans Kitchen, l'héroïne Mikage est confrontée à la perte de sa grand-mère, perte douloureuse qui lui laisse un sentiment de solitude, accrue par le fait que celle-ci était le dernier maillon d'une famille décimée. Banana Yoshimoto restitue parfaitement ici, le sentiment de vide et d'abandon qu'entraine un deuil, et l'état semi végétatif dans lequel est plongé l'endeuillée. Ce qui pourrait s'avérer comme le récit d'une nuit sans fin, s'avère en réalité être une formidable ode à la vie, ainsi petit à petit s'amorce une remontée, comme pour nous souffler qu'il y a toujours quelque chose, quelqu'un auquel s'accrocher.
On retrouve la même thématique dans Moonlight Shadow, qui traite ici de la perte d'un amour. Satsuki après avoir vécu une histoire passionnée avec Hitashi, est confrontée à la perte brutale ce celui-ci, dans un tragique accident de voiture. Tout comme Mikage qui va se raccrocher à la cuisine, Satsuki trouve son propre moteur pour ne pas sombrer totalement dans la léthargie, et se met à courir, course comme une astreinte quotidienne, comme si le but à atteindre en bout de piste était de retrouver le goût de vivre tout simplement. Elle trouvera beaucoup plus, elle trouvera ce que beaucoup ont espéré voir regretté, la possibilité irréelle d'un dernier adieu par-delà des sentiers battus, au travers d'une rivière de toutes les possibilités.
Cette deuxième nouvelle semble d'ailleurs avoir été inspirée par une légende, « le phénomène de Tanabata* » qui est une des fêtes les plus populaires du Japon, et qui marque une fois par an, les retrouvailles des rives de la voie lactée, à laquelle l'auteur fait référence.
*=Deux amants, l'un terrestre, et l'autre divin, étaient séparés par une rivière céleste, la voie lactée, et ne pouvaient se rencontrer qu'une fois par an, au moment où cette dernière est la plus proche de la terre.
A travers une écriture au style poétique, Banana Yoshimoto vient vous caresser l'âme de sa plume… En effet chacun retrouvera des sentiments éprouvés lors d'un deuil, ce vide, cette notion altérée du temps et de la réalité.
Cet écho de nos propres maux que l'on perçoit à travers ces lignes, ne vient pas raviver des plaies, il se fait juste le témoin d'un ressenti quasi universel, et surtout vient distiller avec émotion, des doses d'optimisme.
J'ai beaucoup aimé dans la première partie, la place de la cuisine, comme moteur auquel se raccrocher, que ce soit d'ailleurs la pièce ou la nourriture à proprement parlé. Sous la plume de l'auteur, cette pièce à vivre devient un endroit réellement réconfortant où l'on aurait envie à son tour de se blottir, sur le carrelage froid bercé par le ronronnement du frigo. Ces plats qu'elle décrit et que Mikage s'applique à réaliser, on aurait envie de les croquer (alors que la plupart du temps on n'a pas vraiment idée de quoi il s'agit exactement ^^). La cuisine comme presque métaphore, et image de la vie, qu'il reste à croquer, malgré la tempête subit.
Et puis il y a les personnages, comme des êtres solitaires, qui viennent à former un tout qui affronte la tempête ensemble. Des êtres qui ont chacun leur fêlure et un engouement certain pour la vie malgré tout, et qui s'enrichissent les uns les autres. L'amour, l'amitié, le don de soi, la gratuité de ce que l'on donne sont des thèmes sous-jacents qui viennent agrémenter un récit déjà riche en émotion. Que ce soit d'ailleurs dans les deux histoires présentées. Tout comme l'ambivalence et l'identité sexuelle, qui offre un regard tolérant et ouvert à l'autre, sans jugements.
Deux histoires très riches à l'image de l'univers de l'auteur, qui sans mièvrerie vous touche par la simplicité de ses mots, continuer après…Avancer, s'accrocher …
C'est un peu le message qui nous est délivré, dans une ambiance intime et résolument tournée vers la vie et le partage, à l'image ce que peut-être une cuisine…
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le_Bison
09 septembre 2013
[...]
Là-bas, au Japon, dans une cuisine, il y a une jeune fille Mikage, seule, qui pleure et qui ne parvient à trouver le sommeil que dans sa cuisine. Elle vient de perdre sa grand-mère et le doux ronronnement de son réfrigérateur la maintient à flot.
Elle croise la vie d'un camarade de classe, Yûichi Tanabe, qui vit avec sa mère qui est en fait son père… Elle s'installe chez eux et semble vivre comme un parasite avec beaucoup de gêne et de respect pour ces deux personnages humains. Et puis la mère de Yûichi qui est en fait son père succombe d'une mort violente, sombre histoire que celle-là. Nos deux solitaires se retrouvent.
Reconstruction après le deuil. Avec Banana Yoshimoto, le deuil devient poésie. Sa plume me transporte dans un monde onirique où même une cuisine devient un endroit irréel sur lequel le reflet de la lune se déverse sur le carrelage brillant du sol.
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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joedi
12 décembre 2013
Kitchen se compose de deux romans, le premier a donné son nom au livre de Banana Yoshimoto et le titre du second est « Moonlight Shadow ».
Je pourrais dire que Kitchen et Moonlight Shadow ont en commun un même sujet qui est celui de la mort d'un être cher.
Dans Kitchen, Mikage jeune fille de vingt ans vient de perdre sa grand-mère, elle est à la recherche d'un avenir capable de combler le vide laissé par la mort de sa parente.
Yûichi Tanabe, accueille Mikage dans l'appartement de sa « mère » Eriko, personnage ambigu, transsexuel à la beauté éblouissante qui va mourir de façon violente.
Dans Moonligt Shadow, Satsuki rencontre Hiiragi, frère de Hitoshi, son petit ami mort dans un accident de voiture en compagnie de Yumiko, la petite amie de son frère. Satsuki et Hiiragi se soutiennent mutuellement.
Banana Yoshimoto raconte deux belles histoires sans pathos, toute deux porteuses d'optimisme, riches en événements et de lecture agréable.
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Citations & extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise29 novembre 2014
M'endormir le soir me faisait tellement peur... Ou plutôt, c'était le choc du réveil qui était terrible. Quand je m'éveillais soudain, comprenant où j'étais vraiment, je restais effrayée par les profondes ténèbres qui m'entouraient. Je faisais toujours des rêves en rapport avec Hitoshi. Dans mon sommeil léger et agité, il était là, tour à tour présent ou absent, mais je sentais bien que ce n'étaient que des rêves et qu'en réalité je ne le reverrais plus jamais. Alors, tout en rêvant, je faisais des efforts pour ne pas me réveiller. Je n’arrêtais pas de transpirer, de me tourner et de me retourner dans mon lit. Combien de fois, prise d'un cafard à donner la nausée, n'ai-je pas ouvert vaguement les yeux à l'aube, dans le froid ! Le jour blanchissait de l'autre côté des rideaux, et je me sentais projetée dans le silence d'un temps blême, au souffle étouffé. Tout était si triste, si glacé, que je regrettais de n'être plus dans un songe. Solitude de l'aube où, ne pouvant plus me rendormir, j'étais tourmentée par des réminiscences de rêves. Je me réveillais toujours à ce moment-là. J'avais fini par avoir peur de la fatigue due au manque de sommeil, de ces longues heures passées à attendre seule, au bord de la folie, les première lueurs du jour, et j'avais décidé de me mettre à courir.

Extrait de : "Moonlight shadow", du recueil de nouvelles "Kitchen"
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MusardiseMusardise29 novembre 2014
" Ta grippe, a dit calmement Urara en baissant un peu les paupières, est en ce moment dans sa phase la plus dure. C'est sans doute même plus pénible que la mort. Mais après, les choses ne vont sans doute plus empirer. Parce que les limites de chacun ne varient pas. Peut-être que attraperas encore des tas de grippes, et que tu auras à affronter d'autres moments comme ceux-ci, mais si tu t'accroches, ce ne sera jamais plus éprouvant que cette fois. Bien sûr, on peut se décourager à l'idée que les ennuis vont de répéter, mais on eut aussi penser que ce n'est pas plus grave que ça, et alors les choses deviennent moins pénibles, non ? " Et elle m'a souri.
Les yeux ronds, je suis restée muette. Est-ce qu'elle me parlait uniquement de la grippe ? Est-ce qu'elle essayait de me dire autre chose ? ... Le bleu de l'aube et la fièvre embrumaient tout, et je ne distinguais plus clairement le rêve de la réalité. Tout en gravant ses mots dans mon cœur, je regardais vaguement sa frange qui frémissait dans la brise.

"Moonlight shadow", du recueil de nouvelles "Kitchen"
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2605260513 septembre 2012
Je crois que j’aime les cuisines plus que tout au monde.
Peu importe où elles se trouvent et dans quel état elles sont, pourvu que ce soient des endroits où on prépare des repas, je n’y suis pas malheureuse. Si possible, je souhaiterais qu’elles soient fonctionnelles, et lustrées par l’usage. Avec des tas de torchons propres et secs, et du carrelage d’une blancheur éblouissante.
Mais une cuisine affreusement sale me plaît tout autant.
Ce lieu où trainent des épluchures de légumes, où les semelles des chaussons deviennent noires de crasse, je le vois étrangement vaste. Un énorme réfrigérateur s’y dresse, rempli de provisions suffisantes pour tenir facilement tout un hiver, et je m’adosse à sa porte argentée. Parfois je lève distraitement les yeux de la cuisinière tachée de graisse ou des couteaux rouillés : de l’autre côté de la vitre brillent tristement les étoiles.
Restent la cuisine et moi. Cette idée me semble un peu plus réconfortante que de me dire que je suis toute seule.
Quand je suis vraiment épuisée, je songe avec enchantement qu’au moment où la mort viendra, j’aimerais pousser mon dernier soupir dans une cuisine. Seule dans le froid, ou au chaud auprès de quelqu’un, je voudrais affronter cet instant sans trembler. Dans une cuisine, ce serait idéal.
Avant d’être accueillie par les Tanabe, je dormais tous les jours dans la cuisine.
Où que je me mette, j’avais le sommeil agité, et en me laissant dériver de ma chambre vers le reste de la maison, à la recherche d’un endroit plus confortable, j’ai découvert un matin à l’aube, que c’était près du frigidaire que je dormais le mieux.
Je m’appelle Mikage Sakurai, mes parents sont morts jeunes l’un et l’autre. Et j’ai été élevée par mes grands-parents. A l’époque où je suis entrée au collège, mon grand père est mort. Ensuite nous nous sommes débrouillées toutes les deux ma grand-mère et moi.
Et puis l’autre jour, voilà qu’elle est morte à son tour. Ça m’a fait un choc.

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MusardiseMusardise29 novembre 2014
Sur le pont désert, bercée par le bruit de l'eau, je faisais une pause en buvant tranquillement le thé chaud que j'avais emporté dans ma thermos. Les berges blanches s'étendaient à perte de vue, noyées dans les brumes bleutées de l'aube, qui recouvraient la ville. Debout dans l'air pur et glacé qui piquait la peau, j'avais l'impression d'être un peu plus proche de la "mort". En fait, c'était seulement dans ce paysage désolé, d'une implacable transparence, que je pouvais vraiment respirer. Masochisme ? Je ne crois pas. Car sans ces moments, je n'aurais pas trouvé en moi assez de confiance pour aborder une nouvelle journée. J'avais besoin de ce paysage, c'était presque vital.

Extrait de : "Moonligt shadow", du recueil de nouvelles "Kitchen"
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joedijoedi11 décembre 2013
Perdre un petit ami : pour la première fois de ma longue existence — qui n'était que d'une vingtaine d'années — je faisais cette expérience, et je souffrais au point d'en avoir le souffle coupé. Depuis le soir de sa mort, mon coeur avait glissé dans un autre espace, et ne pouvait revenir. Il m'était impossible de voir le monde avec mes yeux d'autrefois.
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