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Christine de Larroche (Traducteur)
ISBN : 2877302776
Éditeur : Editions Philippe Picquier (19/05/1998)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Pour tout dire, j'aime les citrons. J'aime leur couleur pure, comme celle de la peinture. Il y a une connivence immédiate entre Kajii et les choses. Regarder est pour lui " la seule manière vivante de vivre ". Kajii Motojirô (1901-1932) est l'un des écrivains les plus attachants et les plus singuliers du Japon.

Source : Picquier
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Under_the_Moon
  05 octobre 2014
Ce recueil de 6 nouvelles illustre bien ce qu'est la "particularité japonaise" ; pour ceux qui n'en seraient pas familier. Là où pour parler de soi, l'auteur américain décrira sans détour toutes les turpitudes de son âme et les sentiments contradictoires qui l'animent, l'auteur japonais, plus pudique, décrit le paysage et tente par se procédé d'y voir le reflet de sa condition.
Dans chacune de ces nouvelles, le narrateur (à la 1ère personne) invite son lecteur à faire une chose que l'on fait peu (voire pas du tout dans nos sociétés modernes : prendre le temps. Prendre le temps de contempler le monde et prendre le temps de s'émerveiller de la beauté qui se trouve dans les choses simples.
Ô temps, suspend ton envol et contemple toute la mélancolie de l'humanité de cet instant. Tel aurait pu être la phrase de rassemblement de ces nouvelles. Chacune d'elle parle d'un instant dans la vie de ses narrateurs, pas forcément révélateur de sa propre vie, mais des instants qui résument à eux seuls toute la beauté, la mélancolie et la tristesse de l'humanité.
Ce paradoxe est en grande partie l'essence de l'esthétique japonaise. Un exercice de style qu'on ne peut qu'admirer.
" le Citron ", la nouvelle éponyme, c'est un peu la madeleine de Proust, l'auteur y évoque la mélancolie du temps qui passe et toute la délicatesse du récit se trouve dans l'évocation des sensations olfactives et sensorielles.
Ma préférence va tout de même à la nouvelle intitulée " Sous les cerisiers ". Un récit presque surréaliste, où le narrateur s'interroge sur le mystère de la beauté de cet arbre. La clé serait-elle dans une laideur et une puanteur enfouie ? Un tel miracle ne mérite-t-il pas d'autant plus notre admiration ?
A chacun d'en juger.
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kuroineko
  01 février 2018
Avant d'entamer ma critique, je voudrais rendre hommage aux éditions Picquier et au travail remarquable des traducteurs et traductrices qui nous permettent de découvrir toujours plus de titres et d'auteurs merveilleux venus d'Asie.
Le recueil présent de Kajii Motojirô en est un exemple parlant. Cet auteur a vécu entre 1901 et 1932, emporté trop tôt par un des fléaux de cette époque, la tuberculose. Il laisse derrière lui quelques nouvelles que ses amis ont rassemblées et publiées. de cet écrivain est parvenu en France seulement quelques récits ici édités.
A leur lecture, on plonge directement dans un Japon qui s'est ouvert depuis un demi-siècle sur l'Occident. Cela se ressent à travers les diverses références à des artistes européens tels que Jules Laforgue,  le Cyrano d'Edmond Rostand ou encore les pièces musicales de Schubert. Nonobstant ces réminiscences culturelles occidentales, le ton lui-même de ces histoires est tout à fait caractéristique de l'esprit japonais. La contemplation de la nature et toute la symbolique que l'auteur en retire ou y place transmet les émotions et les profondes réflexions des personnages plus que ne le ferait une introspection littérale. Pudeur et non-dits dévoilent les ressentis, les esquissent sans s'appesantir dessus. Cette particularité offre par conséquent des récits d'une grande délicatesse et d'une poésie qui ressort dans le choix des mots et l'élaboration d'une nature omniprésente.
La plupart des nouvelles sont rédigées à la première personne du singulier et toutes ont un rapport avec la maladie qui ronge Kajii Motojirô. Derrière les tableaux naturels, derrière les observations d'un quotidien, on trouve une poignante mélancolie qui confine parfois à une désespérance sidérante. le quotidien en question, qu'il s'agisse de chats facétieux, d'un petit cours d'eau en montagne ou du soleil d'hiver qui décline si rapidement, se colore d'impermanence et d'un caractère rendu d'autant plus éphémère que chaque toux, chaque crachat rougeâtre amenuise les forces du phtisique. Teintée de désespoir, la beauté n'en étreint pas moins avec une force grandiose les personnages.
J'ai découvert grâce au Citron et aux autres nouvelles un univers littéraire d'une poignante beauté. Peu d'actions mais un puits d'émotions qu'il convient de lire entre les lignes. Un recueil que je relirai très certainement avec grand plaisir.
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Osmanthe
  26 octobre 2014
Motojiro Kajii est passé tel un éclair dans la littérature japonaise, fauché à 30 ans par la tuberculose qui le poursuivait déjà depuis plusieurs années. Cette maladie a créé ou renforcé chez lui un caractère très mélancolique, et conditionné son style très poétique. La langue est belle, chaque mot est pesé...quant aux thèmes évoqués, ils invitent à l'éveil complet aux sensations de la nature.
Ce recueil de 8 nouvelles rassemble pour ainsi dire toute son oeuvre, il est donc d'autant plus précieux. Ces nouvelles généralement très courtes devraient paradoxalement presque se lire en fermant les yeux ! Ou alors, qu'on vous les lise ! A défaut, à faire sur un banc, un jour d'automne ensoleillé, au milieu des arbres, des oiseaux, un chat aux alentours...
Une lecture reposante, qui a son revers...il ne faut en effet pas rechercher d'action, et l'ennui peut vous gagner très vite. La lecture demande donc ici une forme d'exercice préparatoire, de concentration pour faire le vide et se laisser porter, au risque de passer complètement à côté de ses petites pépites.
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Iansougourmer
  03 août 2014
COUP DE COEUR !
Du coup, il me semble difficile de commenter de manière pertinente ce petit recueil assez subtil...
Modestement, je vais tenter de faire mieux connaitre ce recueil de nouvelle. A titre personnel et il est vrai peu porté sur les nouvelles, je n'ai jamais vu des nouvelles aussi esthétiques, intrigantes et singulières, du moins pour la littérature japonaise. C'est donc un vrai coup de coeur !
Kaiji Motojirô est un auteur japonais des années 20, qui ayant contracté la tuberculose est mort prématurément, en laissant ces quelques nouvelles singulières, fragiles fragments d'un immense talent en gestation qui ne put se développer.
Malade, cet auteur a fait le choix de renverser son immobilisme forcé pour à la manière d'un Ponge, transfigurer la réalité de choses et phénomènes mineurs ( le plus souvent naturels : la saison hivernale, les cerisiers en fleurs, l'observation de grenouilles et chats ....) , les magnifiant. Kaiji fait des ces choses mineures que son je narratuer observe des pouvoirs symboliques, une aura qui influe sur le destin du je narrateur qui représente l'auteur, montant un basculement : ce je, d'habitude celui qui agit dans les récits, est passif chez Kaiji, pour finalement se retrouver soumis par la transfiguration aux petites choses observées qui influent finalement sur le je du récit.
Ceci est fait tout en subtilité dans l'écriture par touches de plus en plus prononcées, et donne un aspect troublant à ces petits récits que l'on lit compulsivement, absorbé par la mystérieuse force de ces choses transfigurées. le citron est à ce titre sans doute le plus marquant, ce citron devient sous les yeux de l'auteur la représentation d'une vitalité aussi forte que fugace, qui lui renvoie le terne de sa propre vie...
Il m'est difficile d'expliciter clairement le travail de cet auteur, je vais donc m'en arrêter ici ( même si j'avais d'autres commentaires en tête ) et espère vous avoir convaincu de lire ce bref recueil ( pas d'excuse du manque de temps possible ) qui gagne à être connu.
PS : je salue le travail des éditions Picquier , leurs traductions de la littérature japonaise sont aussi nombreuses qu'excellentes en terme de qualité !
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mh17
  05 mars 2019

Un petit livre bouleversant, qui n'a rien de facile à lire. Je l'ai reçu comme le témoignage d'un malade en fin de vie. Solitude, ennui, tentation de la fuite, hypersensibilité, hyper lucidité... Remarquablement écrit ( et traduit).
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   29 octobre 2014
Je me souviens qu'à cette époque j'étais, je ne sais pourquoi, fortement attiré par des choses à la fois belles et misérables. Comme paysages, j'aimais les quartiers délabrés, et dans ces quartiers, à la froideur des artères principales, je préférais l'intimité des ruelles de derrière avec le pauvre linge qui sèche, le bric-à-brac des vieilleries qui traînent, et les intérieurs sordides entrevus au passage. Rongés par la pluie et le vent, avec leurs murs en pisé à moitié effondrés et leurs façades mal alignées, ces quartiers qui retourneront bientôt à la terre ont leur cachet : seules les plantes y sont vigoureuses, et on est surpris tantôt par un tournesol, tantôt par un canna en fleur.
De temps en temps,en marchant dans de telles rues, je m’efforçais de créer l'illusion que soudain ce n'était plus Kyôto, mais par exemple Sendai ou Nagasaki, à plusieurs centaines de lieues, et que j'étais maintenant dans une de ces villes. - Si cela avait été possible, j'aurais voulu fuir de cet endroit pour aller dans un ailleurs inconnu. Tout d'abord, le repos complet. Une chambre dans un hôtel désert. La literie immaculée. La moustiquaire qui sent bon et le kimono de coton bien empesé. Rester là un bons mois, allongé, sans penser à rien. Ah! Si l'endroit où je me trouvais était devenu tout d'un coup cette autre ville ! - Quand enfin l'hallucination commençait à prendre corps, je la peignais touche par touche aux couleurs de mon imagination. C'était tout simplement la superposition de cette hallucination et du quartier en décomposition. Et je trouvais de la jouissance à y perdre mon moi réel.

« Le citron »
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OsmantheOsmanthe   26 octobre 2014
Extrait de la nouvelle "Accouplements" :

La femelle acquiesçait bien sûr par ses "gué ! gué !". Mais, était-ce parce que sa voix ne tremblait pas, son chant, comparé au chant passionné du mâle, paraissait un peu insouciant. Quelque chose ne devait plus tarder cependant à se produire. C'était ce que j'attendais. Alors, comme prévu, tandis que je remarquai qu'il avait coupé court à son impétueuse manière de chanter, le mâle se laissa glisser de sa pierre et commença à traverser l'eau. Rien de plus émouvant pour moi que sa grâce innocente à cet instant. Il venait sur l'eau solliciter la femelle. Il ressemblait ainsi tout à fait au petit enfant qui a retrouvé sa mère et accourt vers elle en pleurant pour se faire cajoler. Il nageait en faisant "gyo ! gyo ! gyo !". Est-il possible, vraiment, qu'il existe une façon plus jolie que celle-ci de faire sa cour ? Je me sentais tout gêné.
Avec bonheur, il atterrit bien sûr aux pieds de la femelle. Puis ils s'accouplèrent dans le courant limpide et frais. Mais la beauté de leurs folles amours ne valait pas la grâce qu'il avait eue en traversant l'eau. Je restai un moment perdu dans le chant des grenouilles, avec le sentiment d'avoir vu une des beautés de ce monde.
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IansougourmerIansougourmer   04 août 2014
Les arbres en fleurs, lorsqu'ils atteignent la pleine floraison, répandent tout autour d'eux une aura de mystère. Cela ressemble à l'impression d'immobilité parfaite que donne une toupie qui tourne bien ou encore à l'hallucination qui accompagne toujours une bonne exécution musicale : c'est comme l'illusion d'un halo que donne la procréation fervente. C'est une beauté étrange et pleine de vie, qui ne peut manquer d'émouvoir.
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art-bsurdeart-bsurde   27 octobre 2014
C'était pendant l'une des dernières soirées. J'étais entré dans la salle ce jour-là, conscient de jouir d'une tranquillité et d'une clarté d'esprit exceptionnelles. J'écoutai la longue sonate de la première partie, désireux de ne pas en perdre une seule mesure. Quand elle fut terminée, je sentis que j'avais réussi à me laisser absorber par toute l'émotion du morceau. J'eus le pressentiment de l'insomnie qui m'attendait cette nuit-là à mon coucher et du prix double de souffrance dont j'aurais à payer mon bonheur présent, mais cela n'eut aucune répercussion sur le ravissement dans lequel j'étais plongé à cet instant.

« Hallucinations instrumentales »
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IansougourmerIansougourmer   20 juillet 2014
Pour tout dire, j'aime les citrons. J'aime leur couleur pure, comme celle de la peinture lemon yellow durcie, sortie de son tube, j'aime leur forme fuselée, et leur taille ramassée.
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