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Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)
EAN : 9782742762965
150 pages
Éditeur : Actes Sud (10/10/2006)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 52 notes)
Résumé :

Dans les dédales d'un hôpital, un homme prélève des spécimens osseux sur les cadavres. Enfant, il observait déjà son beau-père qui, après les tremblements de terre, rôdait dans les décombres. La nuit, il sculptait en secret d'inquiétantes miniatures... Un jeune homme en partance pour l'université s'assied sur un banc. Dès lors il ne vivra plus jamais ce à quoi il était destin&... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  30 décembre 2017
Yoshimura Akira est le poète des zones d'ombre. Il le prouve à nouveau avec ces deux nouvelles publiées (sous une belle couverture) par les éditions Acte Sud/Babel.
"Le spécimen transparent", de par son ambiance singulière, froide et détachée - sans compter certaines descriptions à éviter en mangeant -, m'a fait penser à "La jeune fille suppliciée sur une étagère". Même cadre d'hôpital universitaire avec cadavres en toile de fond. Ici nous rencontrons un sexagénaire qui a voué sa vie à la constitution de spécimens de squelette à destination des facultés de médecine. Consciencieux et perfectionniste au-delà de l'imaginable, il rêve d'obtenir un spécimen transparent, une sorte de graal pour sa vocation qui ne rencontre que mépris ou dégoût chez autrui. le texte ne prête certes pas à la réjouissance ni aux sourires. Pourtant Yoshimura Akira sait donner le juste ton à son histoire, sans jamais tomber dans le morbide ostentatoire. Son personnage exerce même une certaine fascination dans sa quête de la pureté osseuse par-delà la mort physique.
"Voyage vers les étoiles" est un bien joli titre pour un thème sombre, celui du désespoir par ennui d'une partie de la jeunesse japonaise. Faute d'envie, une sournoise lassitude s'empare de Keichi et du groupe qu'il côtoie. Issu d'une société de surabondance et de consommation effrénée, on le sent s'anéantir dans un vide intérieur terriblement angoissant et prégnant. Tout est néant et vacuité, triste constat anxiogène et étouffant pour de si jeunes personnes.
Comme pour la première nouvelle, le pinceau de l'auteur reste sobre et presque clinique, comme détaché de son sujet. Cette froideur dans l'écriture renforce le malaise inhérent au récit. C'est un texte assez difficile à lire même si je reste subjuguée par le talent de Yoshimura Akira d'aborder des thèmes aussi douloureux et hors des sentiers battus. Je e suis néanmoins pas certaine que j'offrirais ce livre. le prêter oui; en assurer toutes ses qualités également.
Le Convoi de l'eau et La guerre des jours lointains m'attendent dans mes étagères. Je le retrouverai très vite avec plaisir.
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Osmanthe
  26 octobre 2014
Dans "Un spécimen transparent", Kenshiro, la soixantaine, travaille depuis des années dans un laboratoire d'hôpital, à prélever des "spécimens" osseux sur des cadavres, ce qui nécessite des opérations de préparation fastidieuses et minutieuses. Dans ce métier sordide, il s'est donné à l'approche de la retraite un but ultime, un graal : façonner un spécimen transparent...Kenshiro est un homme froid, perfectionniste et obsédé par son travail, solitaire. Il est hanté par le souvenir d'enfance où son beau-père sculptait des miniatures inquiétantes dans les décombres des fréquents tremblements de terre...Pour ne pas faire fuir sa compagne, Tokiko, et sa belle-fille, Yuriko, il ne leur a pas révélé son activité exacte à l'hôpital. Un jour, il comprend que Kamo, qu'il forme depuis quelques mois au métier, et qui s'avère vite un excellent élève, qu'il perçoit un peu comme un rival, a une liaison avec Yuriko. Il la laisse la fréquenter à condition que Kamo n'avoue rien du métier qu'ils exercent.
Mais un jour, Yuriko tombe brutalement et très gravement malade...Kenshiro révèlera alors jusqu'à l'extrême un esprit insensible, pervers et calculateur...
Dans "Voyage vers les étoiles", cinq adolescents, dont une fille, s'ennuient dans leur milieu urbain fait d'abondance, de surconsommation. Blasés, ils n'ont déjà plus de but dans la vie, alors...si on mourait ? Ils engagent une courte équipée vers la campagne et la mer, à la recherche du lieu idéal pour un suicide collectif. L'auteur nous donne à lire en chemin dans l'esprit d'un de ces jeunes, Keichi, qui révèle ses doutes, ses tiraillements, ses peurs grandissantes à l'approche de l'acte irréparable. Auront-ils le courage, ou la folie, d'aller au bout ?
Dans ces deux récits aux thèmes très différents, la beauté et la précision de l'écriture sont exceptionnels, et la psychologie des personnages finement étudiée. On y retrouve des symboliques de l'âme japonaise : le sens de l'honneur qui interdit de perdre la face, le perfectionnisme, l'intériorisation des sentiments, et aussi une nouvelle fois une évocation du désespoir de la jeunesse nippone en perte de repères.
Et les dénouements sont vertigineux !
Encore une belle découverte grâce à Acte Sud, qui publie en France l'oeuvre d'une densité et d'une qualité remarquable d'Akira Yoshimura, écrivain majeur de la littérature japonaise d'après-guerre et disparu en 2006.
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nounours36
  30 avril 2014
"Voyage vers les étoiles" a été écrit juste avant "Le convoi de l'eau" 2009, c'est un recueil de deux nouvelles : "Un spécimen transparent", suivi de "Voyage vers les étoiles". On retrouve un style sombre, précis 'écrit au scalpel' dans ces nouvelles.
"Un spécimen transparent" nous conte l'histoire d'un homme solitaire d'une soixante d'années qui est employé dans un hôpital universitaire, son travail consiste à faire des désarticulations sur des cadavres afin de conserver les os. Fonctionnaire dans cet hôpital il souhaiterait réaliser une oeuvre :'rendre les os transparent comme du cristal'. Cet lubie exaspère son directeur et les chercheurs. Cet homme solitaire va sembler s'humaniser par un mariage arrangé, un apprenti auquel il se rapprochera petit à petit, et une belle-fille qui lui servira peut-être à sublimer son oeuvre.
L'autre nouvelle "Voyage vers les étoiles", nous raconte l'histoire d'un adolescent isolé, délaissé par leur familles. Sans but dans la vie, il lâche les études à cause du stress généré . Il rencontre un groupe qui a les mêmes aspirations que lui. Ils regardent les heures s'égrener et attendent patiemment. Chacun des membres du groupe à des aspiration nihiliste, Une veut changer de visage, un autre rêve d'opium et de briser des coffres fort. Un autre veut devenir leader d'un groupe religieux. Puis Mochizuki l'un des jeune propose alors de partir en voyage : afin de mourir. L'idée du suicide se transforme du tragique en passion. Ils prennent un camion et partent vers la mort. On voit leur crainte, leurs hésitations mais ne peuvent pas paraître lâche devant les autres, c'est peut-être la seule chose qui leur reste: un courage qui les réunit.
La première nouvelle rappelle "La jeune fille suppliciée sur une étagère", ces deux nouvelles sont très proches au niveau de leur thématique. Mais cette fois-ci la vision de la mort ne provient du corps mais du fonctionnaire de la morgue. Au delà de la thématique proche de la mort, du devenir du corps dans l'après vie, le lecteur pourra chercher de nombreuses autres pistes et points communs entre ces deux nouvelles : la pneumonie aigüe par exemple. L'autre "Voyage vers les étoiles" est une critique de la société japonaise, de l'isolement des jeunes, du manque d'intégration, d'amour, une vision d'un future morbide qui brillerait dans une constellation d'étoiles.
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majero
  10 juillet 2018
Première histoire, dans un hôpital universitaire, Yushiro désarticule de vieux cadavres. Yoshimura nous communique ses anxiétés, la rivalité avec son jeune assistant, la crainte que sa nouvelle épouse ne découvre son immonde métier, le refus du directeur de lui fournir un cadavre frais...
Deuxième histoire, Keichi abandonnant son école préparatoire rencontre d'autres jeunes qui décident de partir se suicider au bord de la  mer parce qu'ils s'ennuyent!
Réflexions sur la peur du japonais de se sentir méprisé.
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chocobogirl
  29 juin 2011
Voyage vers les étoiles regroupe 2 nouvelles : Celle qui donne son titre au recueil et Un spécimen transparent.
Le livre s'ouvre sur Un spécimen transparent où on découvre l'histoire de Kenshiro. Kenshiro travaille dans un hôpital universitaire et occupe un poste fort méprisé.
A 60 ans, sa fonction a souvent été un frein à sa vie sentimentale, ses compagnes ne la supportant pas. Aujourd'hui, Kenshiro garde le secret sur son métier et s'est finalement marié à Tokiko, femme de 40 ans qui s'est unie par pauvreté et par complaisance pour offrir des études à sa fille. Mais quel est donc son travail, me direz-vous ! Kenshiro s'occupe de fabriquer des squelettes d'étude. Pour celà, il doit effectuer une série de tâches ingrates et quelque peu ragoûtantes : on lui confie des corps en décomposition avancée qu'il doit désarticuler, puis en extraire les chairs pour libérer les os et enfin traiter les os pour les blanchir et recomposer en squelette.
Un travail très particulier donc qui passionne pourtant Kenshiro, fasciné par la beauté des os au point d'avoir le rêve secret de fabriquer un squelette à la transparence parfaite.
Une passion quelque peu morbide qui semble avoir son origine chez son beau-père.
Kenshiro effectue donc des expériences pour atteindre cet état de transparence mais la difficulté de se procurer un cadavre frais (destiné aux prélèvements d'organes) est un frein à son ultime but...
Voilà donc une histoire bien macabre où Yoshimura décrit avec une écriture froide et précise la folie d'un homme obsédé par les os. Une passion bizarre qui touche presque au fétichisme et se déploit petit à petit avec un malaise certain dans cette nouvelle au goût de cendre qui n'épargne pas son lecteur. L'auteur ne juge pas ses personnages et reste en retrait, faisant le portrait d'un homme glacial et silencieux qui préfère s'épanouir auprès des cadavres plutôt que des vivants.
Voyage dans les étoiles tourne également autour de la mort mais est quelque peu différent.Keishi, après avoir été un élève assidu, a arrêté d'aller en cours un peu hasard.
Un ennui profond le gagne et bientôt il rencontre un groupe de jeunes aux mêmes aspirations qui a hissé le désoeuvrement en art de vivre.
Leur activité commune était de regarder fréquemment la progression des aiguilles sur leurs montres ».
Jusqu'au jour où l'un d'eux fait une proposition : " Et si on mourait ? "
Voilà donc notre bande de 5 partie en camion pour une destination fatale qui devrait les emmener vers les étoiles...
Inspiré d'un fait réel, Yoshimura s'attaque ici au suicide des jeunes. Touchés par un profond ennui, ne sachant plus vraiment ce dont ils ont envie et quel plaisir ils peuvent retirer de la vie, ces adolescents choisissent une solution radicale qui peut paraitre excessive. Il leur est devenu "intolérable de continuer à vivre" et en même temps, aucun évènement douloureux ne leur les avoir atteint spécialement. Un choix simple mais qui, malgré tout, ne supprime pas la peur et les interrogations face à la mort. Faute de trouver leur place dans une société qu'ils ne comprennent pas et où l'avenir leur parait aussi morne que le présent, ces jeunes qu'on voit pourtant vivre et apprécier leurs derniers instants se sauveront de l'ennui à leur façon.
Vous l'aurez noté, nous retrouvons ici une des thématiques préférées de Yoshimura : la mort. Les lecteurs de la jeune fille suppliciée sur une étagère, de Naufrages ou d' Un été en vêtements de deuil ne s'étonneront pas de la retrouver une fois encore dans ce recueil de grande qualité. L'auteur montre un détachement désarmant vis à vis de ses personnages pour lesquels il ne montre aucun parti-pris. Il se contente de décrire d'une écriture ciselée et sans fioriture les faits. Un style simple, des thématiques dérangeantes mais qui laisse comme un goût de poésie morbide dans la tête.
Lien : http://legrenierdechoco.over..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Chrisdu26Chrisdu26   18 mai 2015
C'était son habitude matinale de se rapprocher des femmes dans l'autobus qui le conduisait à son travail. Il choisissait tout naturellement celles qui avaient un corps maigre. La beauté ou la laideur de leur visage n'entrait pas en considération. Son seul but était la forme des os qu'il sentait pointer à travers les vêtements. Bien sûr, il était le plus souvent déçu. Mais le bassin de la femme qu'il effleura ce jour-là offrit une entière satisfaction à ses sens. il ressentit même comme un magnifique récipient osseux abritant un intérieur fécond.
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kuroinekokuroineko   30 décembre 2017
A partir de cet instant, sa perception du monde avait changé du tout au tout. Les gens et la ville, tout s'était transformé en choses inorganiques aux couleurs passées, tandis que s'incrustait en lui un sentiment d'impuissance insurmontable, comme s'il n'avait rien à faire dans ce paysage, et bientôt il lui devint pénible de remuer ne serait-ce que les bras ou les jambes et d'éprouver des émotions qui ne le concernaient plus.

Voyage vers les étoiles
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Alice_Alice_   12 juin 2016
(...) ; il collectionnait les yeux à facettes des libellules qu'il rangeait comme des joyaux dans une petite boîte, enfilait des coccinelles pour faire des colliers, élevait des araignées en déposant des petits insectes sur leur toile, car il aimait observer comment elles les entouraient aussitôt avec leurs pattes d'une sorte de cocon.
(Voyage vers les étoiles)
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kuroinekokuroineko   30 décembre 2017
C'était son habitude matinale de se rapprocher des femmes dans l'autobus qui le conduisait à son travail. Il choisissait tout naturellement celles qui avaient un corps maigre. La beauté ou le laideur de leur visage n'entrait pas en considération. Son seul but était la forme des os qu'il sentait pointer à travers les vêtements. Bien sûr, il était le plus souvent déçu.
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OsmantheOsmanthe   04 septembre 2014
Extrait du récit "Voyage vers les étoiles" :

Le contraste entre la couleur sale du village et les tombes qui brillaient dans le couchant se reflétait avec une certaine ironie dans le regard de Keichi. Il avait l'impression que ces pierres dressées symboles de la mort étaient les seuls objets véritablement vivants dignes de la couleur limpide de la mer.
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