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Baptiste Touverey (Traducteur)
ISBN : 2246756111
Éditeur : Grasset (14/10/2009)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 254 notes)
Résumé :
Un soupçon légitime est l'histoire d'un homme dont les passions vont causer le malheur de son entourage. John Limpley s'installe à la campagne avec son épouse et adopte un chien, Ponto. Adulé par son maître, l'animal se transforme en tyran... jusqu'au jour où il est délaissé, lorsque la jeune femme tombe enceinte.
Le drame qui va suivre est d'autant plus tragique qu'il reste inexpliqué.
Dans cette nouvelle angoissante, inédite en français, on retrouve ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  08 novembre 2015
Avec ses 70 pages toutes mouillées (tombées dans le canal ?), Un soupçon légitime relève plus de l'exercice de style que du roman ou de la nouvelle. Mais un exercice de style magistral, charmant... et encore bien plus cruel qu'il n'est charmant !
C'est Betsy, une vieille Anglaise avenante et observatrice qui est la narratrice. Dés la première phrase, elle nous fait part de sa conviction qu' "il" est un meurtrier. De qui parle-t-elle et de quel meurtre s'agit-il ? C'est ce que nous allons découvrir progressivement en l'accompagnant dans sa vie campagnarde tranquille et en rencontrant avec elle ses jeunes voisins si attachants, les Limpley.
L'histoire est rondement menée, la dernière phrase bouclant la boucle en un écho presque parfait à la première. Comme toujours chez Zweig, le style est pur et ciselé au point de se faire oublier. Enfin, et c'est certainement le plus important, la psychologie des personnages, des situations et même des animaux, est rendue avec un immense talent : j'ai ainsi été lessivée et agacée par les excès de mots et de bonheur de Limpley, j'ai souffert et pleuré avec Ponto quand il a été abandonné, j'ai tremblé en voyant l'ombre rôder dans le jardin et j'ai voulu empêcher la fin terrible en criant ou même en m'arrêtant de lire...
Si le soupçon de Betsy est légitime, il me semble surtout très abouti et très réussi ; je l'ai d'ailleurs lu 2 fois quasiment d'affilée, la première le plus vite possible pour connaître la suite, et la deuxième le plus doucement possible pour savourer les indices et les subtilités glissées ça et là.
Challenge Petits Plaisirs 27/xx
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Crossroads
  17 octobre 2012
Un soupçon légitime , c'est effectivement ce que je nourrirai à l'égard des éditions le Livre de Poche la prochaine fois qu'il me prendrait l'envie de leur refiler quelques piécettes . Bouquin affichant 175 pages au compteur , fin de ladite nouvelle à 66 ! Passé ce chiffre satanique – à un 6 près , on va pas chipoter – une petite verveine , le CD de bonne nuit les petits dans les esgourdes et direction le paddock ! Diantre , comment se fait-ce-t-il m'interrogerez-vous fort judicieusement ? A toi Fred...
Facile Jamy , les éditions tes sousous dans ma popoche ont cru bon , à des fin que je qualifierais de bassement mercantiles si j'avais l'esprit mal tourné – et je l'ai – et ceci sans aucune précision préalable , de doubler la fameuse nouvelle dans la langue de Goethe ! Ya , große surprise Jamy !
Imaginez l'effet dévastateur d'une telle initiative sur quelqu'un de traumatisé par 10 années assidues d'Allemand poussif et n'aspirant désormais qu'à une seule chose , l'oublier...
Afin d'en rajouter une petite couche , l'on RElira , porté par un enthousiasme forcément moindre , les quelques 50 feuillets supplémentaires sur Stefan Zweig et le monde d'hier...feuillets déjà parus dans la même collection foutage de g....e dans le but d'étoffer un peu plus un récit et inciter , de fait , l'acheteur visiblement considéré comme souffrant de troubles de la mémoire persistants , à se fendre d'un nouveau p'tit billet de 7 euros ! Zweig se suffisant pourtant à lui-même...
Il n'en reste pas moins ce méchant sentiment d'avoir été pris pour un jambon à l'achat , un coup à nourrir quelque ressentiment durable ça , d'autant plus que je ne suis même pas de Bayonne ! Ach nein !
Bon , d'accord Fred , mais quid de l'objet à proprement parler ?
Facile Jamy , l'on connaissait l'écrivain Zweig passé maître dans l'art de disséquer l'âme humaine , il démontre ici une aisance toute aussi confondante dans le domaine animalier ! Référence immédiate : le gentil Cujo du King ! La rage ayant ici fait place à un sentiment universel : la jalousie .
D'une plume toujours aussi élégante et racée , Zweig pose adroitement son récit , harponne le gentil lecteur tel un Achab assoiffé de vengeance baleinière , le cueille et le retourne en moins de temps qu'il n'en faut pour balancer un anticonstitutionnellement en Teuton...ou peu s'en faut .
Palpitant et oppressant , ce court récit ne déroge pas aux précédents en démontrant habilement les risques encourus par tout sujet obsessionnel ! L'amour aveugle , tenace et outrancier , d'un maître pour son toutou tout fou potentiellement dangereux et qui , pour le coup , ferait passer l'adage « ...est le meilleur ami de l'homme «  pour une vaste blague mortifère !
Un soupçon légitime : oh que oui , enfin j'me comprends...mais bien quand même , n'était...enfin j'me comprends...
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domisylzen
  17 novembre 2017
Trop trop court, mais la construction du scénario est intéressante.
Dans la campagne anglaise vient s'établir un couple de citadin. Lui est exubérant, elle est du genre discrète.
Ne pouvant avoir d'enfant, les voisins leur conseillent d'adopter un chien, surtout pour distraire la femme. Mais contre toute attente c'est l'homme qui tisse une relation privilégiée avec l'animal, jusqu'au jour où sa femme ressent les premiers signes de la maternité.
La narration est faite par la voisine, ce qui donne une vision décalée de l'intrigue, presque une confidence. Les mots sont choisis, rien ne dépasse tout est en place pour nous évoquer le drame.
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ladesiderienne
  02 janvier 2014
Je ne suis pas vraiment amatrice de nouvelles mais pour ma deuxième rencontre avec Stefan Zweig, j'ai choisi "Un soupçon légitime", ayant rapidement vu qu'elle faisait quelques 140 pages : un petit roman, me suis-je dit. Quand je me suis aperçu qu'en fait, la moitié du livre était l'édition originale en allemand, j'ai pensé que ce pourrait être enrichissant de découvrir les véritables mots de l'auteur avant qu'ils ne soient passés dans les mains d'un traducteur. Mais, ne parlant un mot de la langue de Goethe, la raison a rapidement freiné mon emballement premier !!!!
Rassurez-vous, la qualité l'a emporté sur la quantité. de son écriture élégante et soignée, que j'avais pu appréciée dans "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme", Stefan Zweig nous offre un récit d'une forte intensité dramatique dont le personnage principal est, fait assez rare, un chien, comme dans une fable ou un conte.
L'originalité de l'histoire vient déjà du fait qu'elle est narrée par un témoin extérieur au drame, la voisine. Les faits nous parviennent à travers son ressenti puisqu'elle ne vit pas en permanence avec les protagonistes.
Nous voilà, au départ, plongés dans une ambiance plutôt bucolique dans ce décor de campagne anglaise. L'auteur a cependant veillé à ce que l'on ne se laisse pas bercer par trop de romantisme puisqu'il nous a prévenu, dès les premiers mots, qu'un meurtre allait avoir lieu. La graine de l'angoisse a été plantée au fond de nos entrailles.
Un parallèle va se faire rapidement entre le tempérament excessif en tout de Mr Limpley qu'il va transmettre, par son éducation ou plutôt son manque d'éducation, à son chien. Élevé dans le culte de sa propre gloire, Ponto va devenir complètement tyrannique et d'une jalousie telle qu'elle va permettre à l'impensable de se passer. Enfin, c'est ce que l'on suppose puisque ce chien intelligent veillera à ce qu'aucun témoin n'assiste à l'évènement dramatique. L'auteur décortique les sentiments avec un talent magistral en mêlant habilement psychologie et suspense.
Même si passionnée par nos amis canins et leur éducation, j'aurais pu être l'avocate du chien en demandant au juge les circonstances atténuantes pour faute d'éducation, je reste sensible à ce genre de drame qui illustre trop souvent nos journaux et que je trouve très moderne pour l'époque où il a été écrit. Une bonne note donc pour ma première lecture de l'année 2014. 16/20
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Arakasi
  06 novembre 2014
Nous sommes au début du siècle dans un charmant recoin de la campagne anglaise. Un couple de citadins, désireux de fuir le bruit et le désordre des grandes villes, viennent d'aménager. Des gens charmants, vraiment ! Elle, douce et discrète, une parfaite petite femme au foyer, et lui, cordial et plein de vie, toujours prêt à se précipiter pour rendre service à son prochain. Peut-être un peu trop même… Car, à toujours s'enthousiasmer pour tout et n'importe quoi, John Limpley épuise son entourage, à commencer par sa malheureuse épouse qui n'en peut plus de supporter les extravagances de son conjoint. Afin d'offrir un peu de distraction à la pauvre jeune femme, une voisine a l'idée de lui donner un chiot, un adorable petit bulldog prénommé Ponto. Bien entendu, à peine l'animal introduit dans le cercle familial, Limpley s'en entiche ridiculement : rien n'est assez beau, aucun soin n'est assez aberrant pour Ponto, cette perle des chiens, ce phénix de la gente canine ! Petit à petit, le bulldog devient le véritable maître de maison, tous les occupants se pliant à ses moindres désirs et caprices.
Jusqu'au jour où tout change. Jusqu'au jour où, soudain, tout le monde semble se désintéresser de Ponto. Plus personne ne se soucie de l'épouiller, d'hacher sa viande et de le couvrir de caresses respectueuses. Tous, au contraire, se pressent autour de Madame Limpley et de son ventre curieusement arrondi. Quelque chose arrive, quelque chose de vicieux, de secret, d'incompréhensible, quelque chose qui tente de chasser Ponto de sa place légitime. Et ceci, jamais l'animal ne l'acceptera…
« Un soupçon légitime » est mon premier livre de Stefan Zweig et, bien qu'un peu déçue par sa courte longueur (l'édition de poche est, au passage, une franche arnaque : cent trente pages pour une nouvelle qui n'en fait en réalité pas même soixante !), j'avoue avoir pris beaucoup de plaisir à sa lecture ! La plume de Zweig est précise, recherchée, tout en étant tout à fait accessible pour le lecteur peu féru d'extravagances stylistiques. L'auteur fait preuve d'un don frappant pour la dissection des comportements humains, grattant sous la surface des apparences pour en faire ressortir les côtés les plus malsains et les plus dissimulés. J'ai particulièrement apprécié la façon dont Zweig exacerbait chez ces personnages certaines qualités universellement admirées, comme l'altruisme ou la franchise, jusqu'à les transformer en vices. Petit bémol sur la caractérisation de Ponto, le tyrannique bulldog, peut-être un peu trop humanisé pour être réaliste, mais je suppose que l'on peut y voir une métaphore de l'être humain quand celui-ci est livré à ses pulsions les moins civilisées et se mue en barbare despotique. le tout donne une nouvelle à l'humour grinçant et au suspense bien dosé qui, si elle ne s'avère pas être un véritable coup de coeur, ne m'en donne pas moins envie de découvrir le reste de l'oeuvre de Zweig.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   02 janvier 2014
Ses larges mains couvertes de taches de rousseur étaient, comme son grand cœur, toujours intrusives. Il ne se contentait pas de flatter le flanc de chaque cheval et de caresser chaque chien, même mon mari, qui avait pourtant un bon quart de siècle de plus que lui, devait consentir, lorsqu'ils étaient assis confortablement l'un à côté de l'autre, à ce que, dans sa candeur canadienne de bon camarade, il lui tapât sur les genoux. parce que son cœur chaleureux, qui débordait, et donnait l'impression d'exploser sans cesse de sentiment, le rendait altruiste, il s'imaginait que pour tout le monde l'altruisme allait de soi, et il fallait déployer des trésors de ruse pour se soustraire à don oppressante bonhomie.
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chardonettechardonette   25 juin 2012
"Qu'ils aillent au diable, lui et son bonheur!" sis-je, aigrie. "C'est un scandale d'être heureux d'une façon si ostentatoire et d'exhiber ses sentiments avec autant de sans-gêne. Ça me rendrait folle, moi, un tel excès, un tel abcès de bienséance. Ne vois-tu donc pas qu'en faisant étalage de son bonheur il rend cette femme très malheureuse, avec sa vitalité meurtrière."
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saphoosaphoo   24 mars 2010
Pour ma part, j'en suis tout à fait certaine, le meurtrier c'est lui - mais il me manque la preuve ultime, irréfutable. " Betsy ", me dit toujours mon mari, " tu es une femme intelligente, qui observe vite et bien, mais tu te laisses mener par ton tempérament et tu portes souvent des jugements hâtifs. " En fin de compte, mon mari me connaît depuis trente-deux ans et ses mises en garde sont peut-être, et même probablement, justifiées. Je dois donc, puisqu'il me manque cette preuve ultime, me faire violence pour réprimer mes soupçons devant les autres. Mais chaque fois que je le croise et qu'il s'approche de moi, brave et amical, mon cœur s'arrête de battre. Et une voix intérieure me dit : c'est lui et lui seul, le meurtrier.
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   25 janvier 2014
Le regard d'un animal, en cas de détresse extrême, peut devenir beaucoup plus émouvant, j'aimerais presque dire beaucoup plus éloquent, que celui d'un être humain, car nous confions aux mots, ces intercesseurs, l'essentiel de nos sentiments, de nos pensées, tandis que l'animal, qui ne maîtrise pas la parole, est obligé de concentrer toute son expression dans sa pupille. (p.54).
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QUMRANQUMRAN   28 octobre 2013
Le regard d'un animal, en cas de détresse extrême, peut devenir beaucoup plus émouvant, j'aimerais presque dire beaucoup plus éloquent, que celui d'un être humain, car nous confions aux mots, ces intercesseurs, l'essentiel de nos sentiments, de nos pensées, tandis que l'animal, qui ne maîtrise pas la parole, est obligé de concentrer toute son expression dans sa pupille.
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Vidéo de Stefan Zweig
Stefan Zweig, écrivain, journaliste et biographe autrichien, est né le 28 novembre 1881 à Vienne. Il assiste avec horreur à l’arrivée au pouvoir d’Hitler (1933). Sa judéité, jusque-là peu revendiquée, devient plus présente à son esprit et dans son œuvre. La persécution des juifs et le déchirement imminent de l’Europe le plongent dans une dépression dont il ne sortira plus. Il fuit l’Autriche en 1934, se réfugie en Angleterre puis aux États-Unis. En 1942, il se suicide avec sa femme à Petrópolis, au Brésil.
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