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André Pieyre de Mandiargues (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070300951
Éditeur : Gallimard (04/03/1966)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 430 notes)
Résumé :
Voici un recueil de poèmes des plus révélateurs du talent de ce poète engagé. Cet ouvrage a d'ailleurs été réalisé au cours d'un voyage singulier où Paul Eluard combattait ses démons.
C'est un triptyque poétique dans lequel sont successivement évoquées les trois phases d'une crise: genèse, paroxysme et résolution.
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
  16 mars 2013
Á l'instar de l'instrumentalisme, la pensée pourrait se définir comme une doctrine selon laquelle toute théorie est un outil permettant de forger l'action. En ce sens, poésie et philosophie s'associeraient pour servir les mêmes projets, approfondir et démystifier certaines pensées humaines.
Chose bizarre en mon esprit, Jorge Semprun au profit duquel je m'apprête à rédiger une impression, me fait soudainement penser aux «Épitaphes» d'ELUARD. Je ne crois pas à l'instinct fortuit produit par l'oeuvre (au sens général) mais plutôt à l'éclairage d'un texte donné par d'autres. La littérature se suffirait-elle à servir tous les devoirs qu'elle s'est assignée?
«La souffrance est comme un ciseau
Qui tranche dans la chair vivante
Et j'en ai subi l'épouvante
Comme de la flèche à l'oiseau
Du feu du désert à la plante
Comme la glace sur les eaux
Mon coeur a subi les injures
Du malheur et de l'injustice
Je vivais en un temps impur
Où certains faisaient leurs délices
D'oublier leurs frères leurs fils
Le hasard m'a clos dans ces murs
Mais dans ma nuit je n'ai rêvé que de l'azur
Je pouvais tout et je ne pouvais rien
Je pouvais tout aimer mais pas assez.
[…]
Souviens-toi des regards sans brumes sans remords
Le mien s'est effacé le tien l'a remplacé
D'avoir été d'être vivants nous continuons
Nous couronnons le désir d'être et de durer.»
Nous sommes au coeur d'un recueil qui rassemble et articule souplement les proses d'une inspiration liée à la douleur. Tout invite à distinguer les rêves (qui «sont, pour un esprit préoccupé de merveilleux, la réalité vivante») des textes surréalistes, qui «excluent le monde sensible», et des poèmes, «par lequel l'esprit tente à désensibiliser le monde, de susciter l'aventure et de subir des enchantements». Pour ÉLUARD, l'écriture automatique n'est qu'un moyen de faire affleurer à la conscience ce qui se cache dans les «dessous» (allusion faite à son recueil), dans les cryptes, les couloirs, les labyrinthes de la «pyramide humaine». Oui, la conscience poétique élabore le poème en combinant ce matériau intime avec les apports du monde sensible.
Je vais bientôt pouvoir parler d'un texte posthume écrit par Semprun.
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sabine59
  23 novembre 2016

" L'art d'être malheureux" était le titre premier. Puis ce sera l'énigmatique et saisissant " Capitale de la douleur"...
La douleur première, c'est celle de l'amour blessé, de l'amour qui s'enfuit, celui de Gala, qui lui préfère Max Ernst et s'en ira avec Salvatore Dali...
Mais une douleur transfigurée par la lumière durable de sa flamme à lui, et son désir de toujours, quoi qu'il arrive, célébrer celle qu'il aime " Je fête l'essentiel, je fête ta présence...."Eluard est vraiment le chantre de l'amour et de la femme.
Ce recueil est un concentré pur d'émotions, à travers des mots simples, des images incandescentes, une apparente facilité niée par la complexité des symboles,des références picturales comme dans " Max Ernst", un univers onirique propre aux surréalistes mais qui prend ici une dimension plus personnelle, la nuit comme refuge contre la douleur " Et quand tu n'es pas là, je rêve que je dors, Je rêve que je rêve..."
Certains textes ont pris un aspect tellement universel qu'ils s'impriment en nous, nous bercent et nous enchantent.Je ne résiste pas à l'envie de vous citer quelques vers , parmi ceux que je préfère, je les connais par coeur, ils m'inspirent et glissent avec délice en moi...
" Voyage du silence
de mes mains à tes yeux"
" le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin"
Et ce sublime " La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur"....
Chaleur du regard du poète, générosité de son coeur pourtant ensanglanté.Un recueil inestimable.Un cri d'amour à la Femme.Au-delà de la douleur.
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vincentf
  26 novembre 2011
Survol trop rapide entre simplicité des mots et mystère du sens, le sentiment de beauté naît de l'amour, des yeux dont la courbe fait le tour du coeur, des paupières qui se referment sur un rêve profond, sur un sommeil lourd, sur un miroir, sur une présence, sur une absence, sur un nouveau mystère. le mots simples se mêlent de bizarres pierreries, entre nature vivante, oiseaux de malheur, corps entrevus ou aveugles pensées. Poésie dont il faudrait s'imprégner, qu'il faudrait relire à haute voix, chaque miniature seule, polie comme un diamant, à lire et à relire pour que le sens, caché et simple, touche au coeur l'intime lien de l'amour, de la poésie et de la douleur.
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zohar
  18 mai 2011
« Capitale de la douleur » témoigne de la crise morale du poète survenue, en 1924.
Ce recueil qui est une interrogation angoissée sur la situation de l'homme face à lui-même et à autrui, souligne fortement la dualité entre « sens et sensibilité » qui ne cesse de déchirer le poète.
La crise morale est douloureuse certes, car la douleur est érosive, sourde et aveugle. Mais, les forces de la vie finissent par triompher, par l'emporter !
Poète de l'Amour qui le « crée », il en attend une communication (avec le monde) qui doit passer par les sens, car « toute caresse, toute confiance se survivent », et non par les mots.
Par l'amour et la poésie, le poète veut conquérir un univers où les choses et les êtres ne seront plus isolés dans leurs catégories respectives mais dans un univers où ils pourront se découvrir dans leur unité essentielle.
Eluard est le poète de l'image obscure (peut-être) et de la forme surtout (il y a dans ce recueil une étonnante richesse formelle : se succèdent et se chevauchent sonnets, vers blancs, des motifs dada et surréalistes émergent, se mêlent ; et cependant la hantise du décasyllabe et de l'alexandrin transparaît partout).
Même si sa poésie peut souffrir de quelque emphase rhétorique ; elle montre qu'Eluard poète engagé n'est en aucun cas un poète aliéné.
C'est un poète de l'amour et non du combat, difficile et pourtant familier.
Paul Eluard est à mes yeux l'un des lyriques les plus purs de la poésie française.
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BrunoA
  16 mars 2016
Paul Eluard écrivit ce recueil en 1924 alors qu'il traversait une période de doute et de crise personnelle.
Ces poèmes ont été pour partie construits sur la douleur et le mal-être de leur auteur.
Pour autant, les mots, s'ils peuvent paraître hermétiques au premier abord, sont d'une fluidité remarquable qui transporte le lecteur.
Quel voyage nous offre ainsi Eluard. On explore un univers qui va de la douceur à la douleur, on est subjugué par des passages d'une rare beauté et nul ne peut y être indifférent.
Un livre à prendre et à reprendre. Souvent.
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Citations & extraits (145) Voir plus Ajouter une citation
MalauraMalaura   04 avril 2012
Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage de tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde
Clairs et perpétuels.

Et quand tu n’es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve.
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MalauraMalaura   28 février 2012
Je te l’ai dit pour les nuages
Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l’œil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles

Toute caresse toute confiance se survivent.
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ArnaudPArnaudP   19 janvier 2011
Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

- Capitale De La Douleur - Mourir De Ne Pas Mourir - 'L'amoureuse' -
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Nastasia-BNastasia-B   01 février 2017
Terre irréprochablement cultivée,
Miel d'aube, soleil en fleurs,
Coureur tenant encore par un fil au dormeur
(Nœud par intelligences)
Et le jetant sur son épaule :
« Il n'a jamais été plus neuf,
Il n'a jamais été si lourd. »
Usure, il sera plus léger,
Utile.
Clair soleil d'été avec :
Sa chaleur, sa douceur, sa tranquillité
Et, vite,
Les porteurs de fleurs en l'air touchent de la terre.

LUIRE.
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MalauraMalaura   03 avril 2012
Le mensonge menaçant, les ruses dures et glissantes,
Des bouches au fond des puits, des yeux au fond des nuits,
Et des vertus subites, des filets à jeter au hasard
Les envies d’inventer d’admirables béquilles,
Des faux, des pièges, entre les corps, entre les lèvres,
Des patiences massives, des impatiences calculées,
Tout ce qui s’impose et qui règne
Entre la liberté d’aimer
Et celle de ne pas aimer

Tout ce que tu ne connais pas.
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Videos de Paul Éluard (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Éluard
Émission « Un siècle d'écrivains », numéro 50, diffusée sur France 3, le 13 décembre 1995, et réalisée par Isabelle Clarke et Daniel
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