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> Pierre Laville (Adaptateur)

ISBN : 2742704256
Éditeur : Actes Sud (1998)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au contraire de ce qui se passe en France, les universités américaines sont, pour la plupart, des institutions privées subventionnées par, des philanthropes qui ont droit de regard sur l'administration des bâtiments universitaires (le campus) et sur l'enseignement des p... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 14 janvier 2014

    colimasson
    On imagine mal Virginia Woolf en grand loup croque-mitaine, effrayant les enfants dans leurs chaumières. Et pourtant, c'est notre Virginia Woolf bien connue qui sert de rengaine à George et Martha. Eux-mêmes sont de beaux prototypes d'un monde bourgeois et intellectuel névrosé. Secs et taris jusqu'à l'os, il ne leur reste plus que le sens de l'humour et l'imagination tordue pour se détruire jusqu'au bout. Mais ce vieux couple qui affiche des décennies de vie conjugale au compteur, n'entend pas régler ses petits problèmes en tête-à-tête -on imagine que cela a déjà dû être tenté des milliers de fois. Il serait plus drôle et peut-être plus cruel d'inviter un jeune couple encore bercé d'illusions pour les inclure dans des jeux où la folie et le sérieux alternent au-delà de toute démarcation nette.

    Cette pièce d'Edward Albee, représentée pour la première fois en 1962, commence avec la même fougue qu'un Ubu Roi. « Ha ! Saloperie de saloperie ! » s'écriera Martha, avant de passer ses nerfs éprouvés sur son faiblard de George. La femme n'est plus une vicieuse qui cache son jeu derrière une allure de petite chose fragile : elle est ouvertement rageuse, et sa vulgarité ne s'encombre pas de colifichets trompeurs. La perfidie est passée du côté de George, pas aussi soumis qu'il n'y paraît. Et lorsque Nick et Honey font leur apparition, croyant passer un bon moment à siroter des cocktails avec George et Martha, ces derniers mènent une valse effroyable qui semble devoir lier la réconciliation avec l'acharnement sur une tierce personne -ici le couple frais et naïf formé par les invités. Les querElles se construisent sur fond de rancœur et de jalousie. Tous professeurs en université, enfants ou parents proches de ce milieu, les altercations qui les réunissent sont des luttes de pouvoir primitives malgré leur fond de sophistication intellectuelle. Il semble qu'après s'être contenus de longues années à donner une bonne image d'eux-mêmes, Martha et Georges aient besoin de relâcher un peu de pression. Dans les chaumières, les instincts refoulés se déchaînent plus violemment que jamais. On s'insulte, on se frappe, on dévore, on frôle le coma éthylique et on copule. Des fantômes d'enfants morts-nés ou écrasés par des voitures surplombent cette scène sur laquelle pulsion de vie et pulsion de mort ne se sont jamais si bien affrontées.

    Edward Albee possède un sens de la répartie acéré (« Si tu existais, je divorcerais »), qui semble jailli du milieu universitaire, sans jamais avoir pu en remonter à la source. En chantonnant Qui a peur de Virginia Woolf?, il donne un exutoire à sa colère contre l'hypocrisie d'un milieu qui s'enferme dans son intellectualisme au détriment de tout humanisme. Rien d'étonnant à ce que la mort et les penchants destructeurs soient les derniers vestiges des relations humaines. Et si, pour dénoncer ce milieu, Edward Albee utilise ses codes et rivalise de talent littéraire, il se laisse enfermer dans son propre piège. Où se termine la dénonciation, et où commence la collaboration ?

    « MARTHA
    […] Je pleure tout le temps. Et Jojo aussi pleure tout le temps. Nous pleurons tout le temps, tous les deux et après… Nous recueillons nos larmes et nous les mettons dans le frigidaire jusqu'à ce qu'Elles soient toutes gelées… (Elle rit plus haut.) et… après… nous les mettons dans… nos… verres. »

    La cruauté transfigurée par Edward Albee semble bien plus intéressante que les bons sentiments ou l'amour plan-plan. Votre couple bat de l'aile ? Flanquez-vous sur la gueule, comme George et Martha ! Cela semble terriblement plus excitant...

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-qui-a-peur-de-virginia-woolf..
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    • Livres 5.00/5
    Par Marti94, le 01 décembre 2013

    Marti94
    Je devais aller voir la pièce de théâtre avec mon chéri mais nous avons été coincé par la neige alors je l'ai lu. J'essaierai d'y retourner car le texte est vraiment passionnant. J'ai été très impressionnée par le "jeu" de ce couple qui se réfugie dans la provocation, l'agression parce qu'ils ont peur de la vie. C'est bien mieux que le monde virtuel d'un jeu vidéo car on est dans la réalité des intellectuels américains des années 60; que du plaisir !
    Lu en décembre 2010
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 23 janvier 2014

    GEORGE
    (ton de conversation mondaine et aimable)
    Les goûts de Martha, en ce qui concerne les boissons, se sont beaucoup simplifiés, avec les années… ils se sont… épurés… Quand je lui faisais la cour –enfin… c’est une façon de parler, n’est-ce pas ?- mais, disons qu’à l’époque où je lui faisais la cour…
    MARTHA (enjouée)
    Où tu me prenais, mon chéri…
    GEORGE
    (apporte les verres à HONEY et à NICK)
    Bref, lorsque je courtisais Martha, elle commandait des breuvages incroyables. Vous ne pouvez pas savoir ! Dès que nous entrions dans un bar, c’était toujours la même histoire… Elle fronçait les sourcils, se torturait les méninges et, brusquement, c’était la trouvaille : par exemple un Alexandra avec de la crème de cacao frappée, des cerises à l’eau-de-vie, du rhum flambé… Une explosion, quoi !
    MARTHA
    C’était rudement bon. J’adorais ça.
    GEORGE
    De vrais petits cocktails pour dames.
    MARTHA
    Hé ! il arrive mon alcool à brûler ?
    GEORGE
    (se dirige à nouveau vers le bar)
    Mais, avec les années, Martha a appris à ne pas mélanger n’importe quoi avec n’importe quoi… Maintenant, elle sait qu’on met le lait dans le café, le citron sur le poisson… et que l’alcool pur (Il tend le verre à MARTHA)… tiens, mon ange… est réservé à la très pure Martha. (Il lève son verre.) A votre santé. 
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  • Par colimasson, le 19 janvier 2014

    MARTHA
    […] Tu ne veux pas m’embrasser ?
    GEORGE (ton trop noble)
    Non, non, mon chéri, car si je vous embrassais, j’en serais tout excité… J’en perdrais la tête et je vous prendrais là, de force, par terre… et nos charmants petits invités entreraient… et voyons… imaginez ce que votre père penserait de cette… histoire.
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  • Par colimasson, le 17 janvier 2014

    MARTHA
    (Un temps. Elle le regarde avec attention.)
    George ? (Il lève les yeux). Tu me donnes envie de dégueuler.
    GEORGE
    Pardon ?
    MARTHA
    Tu me donnes envie de dégueuler.
    GEORGE
    (réfléchit. Un temps.)
    Ce n’est pas très gentil de me dire des choses pareilles, tu sais, Martha.
    MARTHA
    Hein ? Ce n’est pas quoi ?
    GEORGE
    Ce n’est pas très gentil.
    MARTHA
    J’aime bien quand t’es furieux… C’est même comme ça que je te préfère… furieux… Mais t’es quand même une lope, George...
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  • Par colimasson, le 15 janvier 2014

    MARTHA
    D’ailleurs qu’est-ce que tu as fait à cette soirée ? Rien… Comme d’habitude… Monsieur s’assied et parle… et c’est tout.
    GEORGE
    Et qu’est-ce que je devrais faire ? Me conduire comme toi, peut-être ? Beugler toute la soirée devant tout le monde ?
    MARTHA (hurlant)
    JE NE BEUGLE JAMAIS ! …
    GEORGE (conciliant)
    D’accord, d’accord… tu ne beugles pas. 
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  • Par gaillard1, le 24 septembre 2010

    Le signe le plus évident d'un cancer social... c'est la disparition du sens de l'humour. Aucune dictature n'a toléré le sens de l'humour. Lisez l'Histoire et vous verrez.

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Video de Edward Albee

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Vidéo de Edward Albee

Bande annonce (VO) du film "Qui a peur de Virginia Woolf?" réalisé par Mike Nichols en 1967, adaptation cinématographique de la pièce de théâtre éponyme d'Edward Albee.











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