> François-Victor Hugo (Traducteur)
> Germaine Landré (Éditeur scientifique)

ISBN : 2080700294
Éditeur : Flammarion (1993)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Antonio, un riche armateur de Venise, décide d'emprunter trois mille ducats à l'usurier juif Shylock afin d'aider son ami Bassanio à gagner Belmont où il espère faire la conquête de la belle et riche Portia. Comme les autres prétendants, il doit se soumettre à l'épreuve... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par Satine, le 16 août 2011

    Satine
    Après les tragédies et Les Sonnets de Shakespeare, il était temps de passer aux comédies. Certes, vous n'allez pas éclater de rire, en tout cas ce ne fut pas mon cas, mais il y a des répliques qui font sourire surtout que pour l'époque, elles étaient assez osées.
    Je commencerai par vous parler de l'illustre « Le marchand de venise » dont la tirade du juif est connue de tous (cf la tirade de Shylock ci-dessous). Si dans cette pièce le juif est lourdement critiqué et mis à mal, Shakespeare met en lumière l'intelligence de la femme puisque c'est une héroïne qui magistralement sauvera l'ami de son mari. L'histoire est réellement intéressante, les rebondissements se multiplient et le final est grandiose.
    Résumé : Bassanio vit au-dessus de ses moyens. Il demande alors un prêt au juif Shylock. Shylock est enclin à faire ce geste quand il apprend qu'Antonio Le marchand de venise se porte garant de son ami. Antonio s'est souvent moqué du juif et Shylock lui voue une haine certaine. Aussi précise-t-il que si la somme engagée ne lui est pas remboursée à temps, il prélèvera une livre de chair à Antonio. Cela n'effraie en rien ce dernier dont le commerce est florissant et le marché est conclu.
    Portia est une riche héritière qui doit se plier au vœu de son père défunt : elle sera mariée à celui qui choisira judicieusement entre trois coffres d'or, d'argent et de plomb recélant une énigme. Bassanio est attirée par cette jeune femme et c'est par ce biais qu'il compte rembourser son prêt. Mais le pari n'est pas gagné puisque de nombreux hommes ont déjà tenté leur chance en vain.
    Malheureusement, comme dans toute bonne œuvre de Shakespeare, rien ne se passera comme prévu et le temps pressera nos deux compagnons.
    Acte II Scène 6 :
    Lorenzo (parlant de Jessica la fille de Shylock) : Que je sois maudit, si je ne l'aime pas de tout mon cœur ! Car elle est spirituelle, autant que j'en puis en juger ; elle est jolie, si mes yeux ne me trompent pas ; elle est fidèle, comme elle me l'a prouvé. Aussi, comme une fille spirituelle, jolie et fidèle, régnera-t-elle constamment sur mon cœur.
    Acte II Scène 7 :
    Le prince de Maroc (évoquant Portia) : Eh ! c'est cette noble dame ! Tout le monde la désire : des qutre coins du monde, on vient baiser la châsse de la sainte mortelle qui respire ici. Les déserts de l'Hyrcanie, les vastes solitudes de l'immense Arabie, sont maintenant autant de grandes routes frayés par les princes qui visitent la belle Portia ! L'empire liquide, dont la crête ambitieuse crache à la face di ciel, n'est pas une barrière qui arrêtent les soupirants lointains : tous la franchissent, comme un ruisseau, pour voir la belle Portia.
    Acte III Scène 1 :
    Shylock explique les raisons de sa haine envers Antonio : Il m'a couvert d'opprobre, il m'a fait tort d'un demi million, il a ri de mes pertes, il s'est moqué de mes gains, il a conspué ma nation, traversé mes marchés, refroidi mes amis, échauffé mes ennemis ; et quelle est sa raison ? … Je suis un juif ! Un juif n'a-t-il pas des yeux ? Un juif n'a-t-il pas des mains, des organes, des proportions, des sens, des affections, des passions ? N'est-il pas nourri de la même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, échauffé et refroidi par le même été et par le même hiver qu'un chrétien ? Si vous nous piquez, est-ce que nous ne saignons pas ? Si vous nous chatouillez, est-ce que nous ne rions pas ? Si vous nous empoisonnez, est-ce que nous ne mourons pas ? Et si vous nous outragez, est-ce que nous ne nous vengerons pas ? Si nous sommes comme vous du reste, nous vous ressemblerons aussi en cela. Quand un chrétien est outragé par un juif, où met-il son humilité ? A se venger ! Quand un juif est outragé par un chrétien, où doit-il, d'après l'exemple chrétien, mettre sa patience ? Eh bien, à se venger ! La perfidie que vous m'enseignez, je la pratiquerai, et j'aurai du malheur, si je ne surpasse pas mes maîtres.
    Acte III Scène 5 :
    Jessica (à son mari Lorenzo) : Lancelot (valet de Shylock) me dit nettement qu'il n'y a point de merci pour moi dans le ciel, parce que je suis une fille de juif, et il prétend que vous êtes un méchant membre de la République parce qu'en convertissant les juifs en chrétiens, vous haussez le prix du porc.
    Lorenzo (à Lancelot) : J'aurais moins de peine à me justifier de cela devant la République que vous de la rotondité de la négresse. La fille maure est grosse de vous, Lancelot.
    Lancelot : Tant mieux, si elle regagne en embonpoint ce qu'elle perd en vertu. Ce la prouve que je n'ai pas peur de la Maure.
    Lorenzo : Comme le premier sot venu peut jouer sur les mots ! Je crois que bientôt la meilleure grâce de l''sprit sera le silence, et qu'il n'y aura plus de mérite à parler que pour les perroquets.
    Acte IV Scène 1 :
    Portia (se faisant passer pour un docteur en droit) : La clémence ne se commande pas. Elle tombe du ciel, comme une pluie douce, sur le lieu qu'elle domine ; double bienfaisance, elle fait du bien à celui qui donne et à celui qui reçoit. Elle est la puissance des puissances. Elle sied aux monarques sur leur trône, mieux que leur couronne. Leur sceptre représente la force du pouvoir temporel, il est l'attribut d'épouvante et de majesté dont émanent le respect et la terreur des rois. Mais la clémence est au-dessus de l'autorité du sceptre, elle trône dans le cœur des rois, elle est l'attribut de Dieu même ; et le pouvoir terrestre qui ressemble le plus à Dieu est celui qui tempère la justice par la clémence. Ainsi, juif, bien que la justice soit ton argument, considère ceci : qu'avec la stricte justice nul de nous ne verrait le salut. C'est la clémence qu'invoque la prière, et c'est la prière même qui nous enseigne à tous à faire acte de clémence.
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    • Livres 4.00/5
    Par Eliza-Bennett, le 31 octobre 2010

    Eliza-Bennett
    J'ai lu cette pièce après avoir vu le film avec al Pacino et Jeremy Irons. Moi aussi ces multi interpretations m'ont un peu troublées, mais après grande reflexion, je ne pense pas qu'il y est un message anti-sémite dans l'oeuvre de Shakespeare. Il a voulu dépeindre la société Venitienne de l'époque, sans trop choquer le lecteur, en donnant à Shylock le rôle du méchant. Mais Shylock n'est pas méchant, c'est un homme poussé à bout qui va aller trop loin selon moi. Après il est vrai que la fin aurait pu être plus attenuée, je trouve cruel de la part d'Antonio d'ordonner au juif de se convertir. Mais en même temps, si Shakespeare avait été anti-sémite, il n'aurait pas écrit ce monologue superbe de Shylock je pense... J'ai beaucoup aimé le personnage de Portia, voilà une héroine de Shakespeare très intelligente, c'est e que j'aime chez Shakespeare.
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    • Livres 2.00/5
    Par akialam, le 25 décembre 2009

    akialam
    Malgré le fait que Shakespeare soit mon auteur favori, j'avoue avoir été un peu déçue par cette pièce. D'une part, la multiplicité des interprétations du texte m'a mise mal à l'aise: Les personnages sont-ils bourreaux ou victimes ? martyrs, égoïstes ou socialement formatés ? Je n'ai pas vraiment su de quel côté me placer en tant que lecteur. De plus, l'enchâssement de plusieurs intrigues m'a empêché de vraiment cerner les personnages, fait que j'ai trouvé dommage. On y retrouve des thèmes chers à l'auteur: la duplicité du langage, le travestissement, cette virtuosité de dialogues qui doit être encore plus sensible en version originale (comme d'ordinaire). J'imagine que la multiplicité des interprétations qui m'a tant déstabilisée est en même temps la grande force de cette pièce, qui a su traverser le temps avec de nombreuses mises en scènes, toutes plus différentes les unes que les autres, parfois extrêmement controversées, tant l'interprétation qu'on en fait peut se révéler totalement inverse selon l'idée que l'on se fait de Shylock, en particulier. Intéressant, car multiple, mais en tant que lectrice, trop mouvant à mon goût.

    Lien : http://akialam.over-blog.com/10-categorie-10029163.html
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    • Livres 5.00/5
    Par miriam, le 27 janvier 2011

    miriam
    Pour la richesse et la saveur de la langue : lire la page de gauche en anglais, pour être sûr qu'on a compris jeter un coup d'œil à droite (même si vous êtes un bon angliciste cela vaut le coup car c'est là que sont signalées les notes du traducteur bien utiles)
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    • Livres 5.00/5
    Par johaylex, le 09 août 2011

    johaylex
    Drôle, cruelle et bouleversante d'humanité.
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Citations et extraits

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  • Par Satine, le 16 août 2011

    Acte III Scène 1 :
    Shylock explique les raisons de sa haine envers Antonio : Il m’a couvert d’opprobre, il m’a fait tort d’un demi million, il a ri de mes pertes, il s’est moqué de mes gains, il a conspué ma nation, traversé mes marchés, refroidi mes amis, échauffé mes ennemis ; et quelle est sa raison ? … Je suis un juif ! Un juif n’a-t-il pas des yeux ? Un juif n’a-t-il pas des mains, des organes, des proportions, des sens, des affections, des passions ? N’est-il pas nourri de la même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, échauffé et refroidi par le même été et par le même hiver qu’un chrétien ? Si vous nous piquez, est-ce que nous ne saignons pas ? Si vous nous chatouillez, est-ce que nous ne rions pas ? Si vous nous empoisonnez, est-ce que nous ne mourons pas ? Et si vous nous outragez, est-ce que nous ne nous vengerons pas ? Si nous sommes comme vous du reste, nous vous ressemblerons aussi en cela. Quand un chrétien est outragé par un juif, où met-il son humilité ? A se venger ! Quand un juif est outragé par un chrétien, où doit-il, d’après l’exemple chrétien, mettre sa patience ? Eh bien, à se venger ! La perfidie que vous m’enseignez, je la pratiquerai, et j’aurai du malheur, si je ne surpasse pas mes maîtres.
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  • Par imadbelghit, le 20 mai 2010

    « Remarquez, Bassiano,

    Que le diable, à ses fins, peut citer l’Ecriture.

    L’âme mauvaise employant le saint témoignage

    Est comme un scélérat le sourire à la joue,

    Une pomme jolie pourrie au coeur...

    Oh ! quels jolis dehors se donne le mensonge ! »
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  • Par Sly, le 23 juin 2011

    La plus grande gloire obscurcit la moindre. Un ministre brille autant qu'un roi jusqu'à ce que le roi paraisse : et alors tout son prestige s'évanouit.
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  • Par Sly, le 23 juin 2011

    Ce n'est pas un mince bonheur qu'une condition médiocre : le superflu grisonne plus vite, le simple nécessaire vit plus longtemps.
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  • Par Sly, le 23 juin 2011

    Le corbeau chante aussi bien que l'alouette pour qui n'y fait pas attention. Que de choses n'obtiennent qu'à leur saison leur juste assaisonnement de louange et de perfection !
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