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EAN : 9782742797257
128 pages
Actes Sud (04/05/2011)
3.54/5   40 notes
Résumé :

C’est un immeuble au coeur d’une capitale, le genre d’endroit que l’on ne choisit pas d’habiter : on y naît ou on y échoue. Une famille vit là, autour, ou plutôt à côté, de la mère veuve. L’aînée, Sarah, est revenue au bercail avec sa fille et son mari car ce dernier a perdu la raison ; elle passe ses journées enfermée, à peindre comme on s’invente un ailleurs. Son frère et sa soeur, Adel et Yasmine, étaient proches naguère, mais désormais adultes ils on... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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constance93
  09 avril 2012
Une jeunesse à la dérive
Jeune Algérienne installée aujourd'hui à Paris, Kaouther Adimi signe avec son premier roman une fiction névrotique et très noire. Elle y donne la parole à une famille enfermée dans son appartement algérois, véritable étouffoir qui semble parfois représenter une société murée dans son silence, en pleine crise.
Notre rencontre avec Adel et Yasmine, ce frère et cette soeur à la relation fusionnelle qui se sont séparés peu à peu en grandissant, choisissant des chemins différents, est bouleversante. le duo est à la fois uni, s'entendant l'un à l'autre à travers la fine cloison de leur chambre, et divisé, Adel se réfugiant dans son introspection, Yasmine s'ouvrant au monde. Partager leurs pensées nous montre une jeunesse désillusionnée, qui essaye d'exister tant bien que mal dans un monde où elle n'est pas la bienvenue, un monde où l'individu, surtout celui qui est en quête d'affirmation, n'existe pas.
L'un après l'autre, ils se confient, souffrant de la disparition du lien qui les unissait, ce lien qui les protégeait contre le monde extérieur, les faisait exister dans leur relation à l'autre. En très peu de pages, on perçoit cette impression de ne pas exister, et pour Adel de ne pas avoir d'espoir. Angoissé par cela, il est pris dans cette nuit blanche que nous partageons avec lui d'une “envie de vomir, de se vomir”. Toute la difficulté de vivre, est là, en quelques mots, quelques phrases. La souffrance est vive chez ce personnage que nous voudrions voir sortir de ce malaise qui semble éternel. Il n'a pas de remède.
Sarah, leur grande soeur, trouve le sien dans la peinture. Elle s'y réfugie pour échapper à la folie de son mari, redevenu un petit enfant quand elle a déjà leur fille à sa charge. Elle voudrait peindre, mais elle doit s'occuper de son fou de mari. Elle est revenue vivre chez sa mère avec eux, n'ayant plus aucun moyen pour vivre. Rêves brisés, avenir sans aucune perspective, tristesse du quotidien : seule la recherche de l'art semble pouvoir sortir Sarah de son enfermement quotidien, de ses obligations familiales, de son désespoir.
D'autres prendront la parole : des jeunes du quartier parlant d'avenir impossible et fumant du crack au pied de l'immeuble d'Adel et de Yasmine, médisant sur leur compte et défendant parfois la belle jeune femme dont l'un d'eux est amoureux ; Mouna, la fille de Sarah et d'Hamza, une écolière déjà désabusée par l'avenir, ne voyant pas l'utilité d'apprendre, rêvant juste de se marier avec Kabel, le vendeur de frites ; la mère, silencieuse avec ses enfants et qui prend tout à coup la parole, seule, pour juger leur différence avec une âpre dureté, ces enfants étant pour elle “demeurés”, “inconscients”, “imbéciles” ; un voisin aux secrets mieux cachés que ceux de la famille protagoniste ; et puis Hamza-le-fou, le mari de Sarah, qui renversera totalement le miroir de la réalité, jusqu'à ce que nous nous demandions qui est le fou dans cette famille, si tous ne le sont pas un peu. Chacun semble s'y réfugier dans cette folie, qui prend sous la plume de Kaouther Adimi des accents pathétiques ou, à l'inverse, éclate de beauté.
Véritable tableau de la jeunesse algéroise telle qu'elle se voit, telle qu'elle est vue et finalement telle qu'elle est, L'Envers des Autres est un récit bouleversant mettant à nu un mal-être et une souffrance généralisée de la jeunesse à travers quelques personnages d'une même famille, écrasés par leurs différences qui les isolent de la société. Seule la conformité pourraient la sauver, mais dans une famille déjà marginalisée, à la fois plainte et moquée par les gens du quartier, les personnages ne peuvent pas. Traditions, famille et convenances les noient dans un monde où leur personnalité et où les circonstances les ont fait différents les uns des autres, les uns contre les autres. le silence pèse dans l'appartement, chaque personnage tente de s'y réfugier plutôt que de s'y perdre, mais le dialogue n'émergera jamais. le monde extérieur, vu des yeux de Yasmine, étudiante, est lui aussi dur et violent. Tous refusent l'existence de l'individu, ne le reconnaissent pas pour lui-même mais par les groupes auxquels il appartient : famille, quartier, cercle d'amis, génération, origine sociale… On comprend peu à peu le malaise de celui qui n'est pas comme les autres, étouffé par le regard d'une société à la violence sourde et au regard meurtrier.
En très peu de pages, Kaouther Adimi nous fait vivre un état de mal-être intense dans lequel le rêve et la méditation semblent des échappatoires temporaires à un musellement par la société. Les différents points de vue des personnages, agencés par chapitres, oscillent entre difficulté de vivre et espoir, lucidité et folie, rêve et réalité. A travers des phrases très courtes au rythme à la fois doux et âpre, nous partageons ainsi avec les personnages cet équilibre précaire qu'ils tentent de garder pour survivre, ne sachant pas trop s'ils sont déjà tombés ou se tiennent sur la corde raide. Plongé dans le cauchemar d'une réalité, on ressent à chaque page le malaise d'une jeunesse enfermée dans les traditions et les convenances, la classification de chacun dans des cases qui, souvent, ne correspondent pas à ce qu'ils sont vraiment. A la fin, on souhaiterait juste revenir aux méditations d'Adel, son refuge mélancolique à la dureté du monde qui a cédé à force d'être opprimé.
Un premier roman à la maturité étonnante, à la plume très belle et qui reflète une réalité intérieure complexe, que seule la littérature pouvait percevoir et révéler. Une révélation de la richesse de la littérature francophone au delà des frontières hexagonales dont le territoire est parfois enlisé dans son passé. A son opposé, L'Envers des Autres resplendit d'une maitrise insolente de la plume pour transmettre des émotions humaines complexes et intenses et à laquelle la voix d'un jeune écrivain s'affirme et impressionne. A lire.
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chroniquesassidues
  19 janvier 2012
Kaouther Adimi est née en 1986 à Alger. Elle y fait des études de langue et de littérature françaises avant de s'installer à Paris. Remarquée pour ses nouvelles (elle a obtenu le prix du jeune écrivain francophone de Muret en 2006 et 2008), elle publie son premier roman, Des ballerines de papicha, aux éditions Barzakh en Algérie en 2010, repris sous le titre L'envers des autres aux éditions Actes Sud en 2011.
L'envers des autres est un roman polyphonique. Les chapitres se succèdent et donnent la parole à des personnages différents qui racontent une partie de leur vie à Alger, à notre époque.
L'histoire commence avec Adel qui n'arrive pas à dormir. Il pleure "des larmes de honte et de frustration" et porte un regard très noir sur lui-même. Il sait ce que l'on pense de lui : qu'il n'est pas à la hauteur, qu'il est une femmelette. Pour tromper son désespoir, il passe ses journées à boire et à oublier dans un café. Les journées se succèdent et se ressemblent.
Sa soeur Yasmine est remarquée partout pour sa grande beauté. Étudiante, elle porte un regard cynique sur sa ville, sur la communauté universitaire et étudiante, sur les relations amoureuses, que l'on observe à travers ses yeux. Elle fréquente un jeune homme, Nazim, mais c'est pour oublier son frère qu'elle aime plus que tout.
Leur soeur aînée, Sarah, peint à longueur de journée. Coincée dans cette maison avec son mari Hamza, qui est devenu fou, elle cherche à s'échapper en s'adonnant complètement et pleinement à son art. Leur fille, Mouna, se plaît à être une papicha (une minette) avec ses ballerines bleues toutes neuves. Elle veut se marier avec Kamel, un voisin, et ne prête pas attention aux moqueries de ses camarades de classe.
Enfin, il y a la mère, sans nom, qui a perdu son mari "fauché par une balle aveugle". Elle sait bien ce que les gens disent de ses enfants, trop beaux, trop différents et qui aspirent à plus de liberté. Elle a élevé ses enfants comme il faut mais elle ne comprend pas pourquoi Sarah ne s'occupe plus de son mari et passe ses journées à mélanger des couleurs et pourquoi Yasmine ne se contente pas de trouver un bon travail, un mari et de fonder une famille.
Autour d'eux gravitent des voisins, obnubilés par cette famille étrange. Des jeunes voisins passent leurs nuits à boire et à fumer du shit, partagés par l'envie de quitter leur pays pour l'Europe, promesse d'un meilleur avenir, ou rester pour aider à construire l'Algérie. A partir de l'histoire d'une famille algérienne, c'est une histoire de la jeunesse algérienne posant la question de l'avenir de ces jeunes que pose Kaouther Adimi. Une histoire sombre d'ailleurs, et qui se termine brutalement. La fin est surprenante et laisse des questions en suspens.
J'ai beaucoup aimé l'écriture limpide de Kaouther Adimi : les dialogues sont naturels et les descriptions rendent bien l'atmosphère particulière de l'Algérie. On est totalement plongés dans cet univers et dans le désespoir de ces personnages qui s'interrogent sur leur avenir. Je regrette juste que le roman soit si court et se lise si vite : vivement un autre texte de Kaouther Adimi à découvrir !
Lien : http://leschroniquesassidues..
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MonBoudoirLivresQ
  16 mai 2016
J'ai acheté ce livre pour quatre raisons : son titre, son résumé, sa couverture et son auteure . Je l'ai découvert par hasard quand je faisais une petite recherche sur les plumes féminines algériennes.

*J'ai aimé ce titre !
D'habitude je n'achète pas un livre parce que son titre me plaît mais le mot "papicha" m'a interpellée.
Papicha dans le langage algérien signifie une fille coquette qui aime se faire belle, s'habiller, qui fait sa mignonne.
*J'ai été intriguée par le résumé: voyant le titre, je voulais découvrir le contenu. Je voulais absolument faire le rapport entre le titre et ce qui était dit dans le quatrième de couverture mais je n'y suis pas parvenue. Quand je suis dans cet état, je dévore le livre en peu de temps rien que pour trouver le lien.
*J'ai été séduite par la couverture: Je peux dire qu'elle est superbe! Une main, des ongles vernis et... une cigarette. J'ai crié: Ouaiii ça promet! J'aime l'audace. Je vous rappelle juste que dans mon pays, une femme qui fume est mal vue.
De quoi va parler l'auteure? Une révolte? Un ras le bol? Un florilège de questions dans ma tête
*J'ai eu un coup de foudre pour l'auteure : un titre et une couverture et je suis accro à Adimi sans la lire. Je me suis dit : Je prends tout ce que tu écriras, je m'en fous; j'ai eu un coup de foudre littéraire.
Je me rappelle que le jour où j'ai acheté le roman je devais déjeuner avec ma frangine. Résultat : un repas de muets hahahah Je lisais en dévorant ma salade. Je lui disais : Yoooo le livre déchire. Je lui lisais les passages tantôt en riant, tantôt en soupirant de tristesse. [Zahrat El Riadh si tu passes par là confirmes STP]
Je vais arrêter de parler pour me concentrer sur le roman. Alors voilà : le livre se subdivise en plusieurs chapitres. Chaque chapitre a pour titre le nom d'un des personnages. Neuf en tout : Adel , Kamel, Sarah, Yasmine, Mouna, Tarek, Hadj Youssef, Hamza. Et un épilogue qui m'a laissée sur ma faim.
Dès les premières lignes j'ai été plongée dans le sombre et l'obscure. J'étouffais.
Au fil des chapitres, je partageais le quotidien des personnages, dans le bus, à la fac, à la maison. de loin ou de près, j'ai dû côtoyer pas mal de personnes qui sont représentées par des noms dans ce roman. Je me sentais dans mon élément. Il s'agit vraiment d'une famille typiquement algérienne. j'ai reconnu un Tarek , une Yasmine et une mère.... Cette mère m'a énervée et fait de la peine à la fois. Elle voulait comme toutes les mères du monde, voir ses enfants réussir leurs études, leur vie privée,... Déçue, aigrie, elle devient distante et j'ose dire très méchante.
Adel avec ses non-dits, Yasmine et ses projets, Hadj Youssef le vicieux, Sonia la dépressive, Mouna la petite rêveuse... Tout un monde qui reflète notre société "malade".
L'auteure a eu cette bonne idée de mettre une famille entière dans le collimateur d'une société qui se base sur les préjugés et qui montre du doigt toute personne qui n'adhère pas aux sois-disant conventions.
Au bout des 155 pages, je me suis réveillée! J'ai eu envie de crier. le livre se termine pas un suicide. le suicide d'un homme. Mais qui? Adel? Hamza? J'ai repris le livre , je l'ai relu. J'en ai voulu à l'auteure. Je voulais savoir.
Quelque part, au fond de moi, je pensais à Adel. Après ce qu'il avait subi, il a dû en avoir assez des jeunes de son quartier et de leur moquerie. Puis j'ai pensé à Hamza, le fou (ou pas) dont la mort va sûrement libérer certains. J'ai fini par me dire qu'il valait mieux ne pas le découvrir.
Pour son premier roman, Kaouther Adimi a surpassé mes attentes. Une écriture captivante et fluide. le style fort et imposant contraste avec la douceur de son visage angélique. Une plume mûre et consciente.
155 pages après :je fais un standing ovation à la force de sa plume.
On pourrait sous-estimer le roman, on pensera que c'est du léger. Croyez-moi, ce petit livre a tout d'un grand... et d'une noirceur!!!!! ....je trouve pas le mot.

J'ai reposé les pieds sur terre. Ce livre est mon nouveau billet pour le terre à terre. Une claque pour moi qui rêvasse loin de la réalité sociale.
A LIRE

Mon coup de coeur:
*Yasmine : j'aime beaucoup sa façon d'"envoyer promener" le monde. Elle reflète une autre image d'elle mais au fond c'est une fille très mûre et intelligente.

Lien : http://monboudoirdelivres.bl..
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zazy
  09 juin 2012
Vous dites Alger la blanche ? Yasmine n'en voit plus « la blancheur, la beauté ou la joie de vivre, mais uniquement les trous qui me font bondir de ma place, les pigeons qui lâchent leur fiente sur ma tête et les jeunes désoeuvrés qui essaient de me tripoter au passage ». Yasmine si belle qui méprise les autres pour survivre, qui a peur et peu de foi en l'avenir : le silence est trop pesant, il nous angoisse, nous donne l'impression qu'un drame est en train de se préparer. Les cris sont comme un protège-cahier : tant que quelqu'un crie, on est presque certain de ne pas avoir de problème »
« Elle l'aime plus que tout : il est son chat, sa vie, son trésor, son ange, son petite garçon, sa raison d'exister, son miracle, son bébé. Elle est sa puce, sa femme, sa chérie, sa poule. Ils finissent par rompre. Il a dit qu'elle était grosse. Elle a dit qu'il embrassait mal, il devient un salaud, un connard, un enfoiré, un tortionnaire. Elle est une garce, une conne, une poufiasse, une gamine »
Adel pleure dans son lit en position foetale sans trouver le sommeil « J'ai envie de vomir. Pas seulement de la nourriture ou de la bile, mais de vomir tout ce que contient mon corps. de me vomir » Quel désespoir dans la bouche d'un jeune homme. Il est ce qu'il ne devrait pas être dans ce pays.
Sarah la soeur aînée revenue dans le cocon familial avec son mari devenu fou.
La mère qui ne comprend plus rien qui est dépassée depuis que son mari a été fauché par une balle perdue.
Alors Mouna arrive avec ses ballerines de Papicha qui aime Kamel, le marchand de frites qu'elle veut épouser quand elle sera plus grande, car elle n'a que 9 ans et que c'est dur de vivre entre un papa devenu fou, une maman qui n'est guère plus claire avec ses pinceaux et sa peinture. Bien sûr, les filles de sa classe se moque d'elle, mais elle s'en fout : elle aime Kamel et c'est sa raison d'être. Il n'est pas certain que ce ne soit pas la plus désespérée.
Et puis, il y a les autres Kamel, Adel… fumeurs de joints, buveurs de bières, emplis de désespoir, rêvant de fuite vers l'étranger pour une vie soi-disant meilleure.
Cela me fait un peu penser à la chanson de Brel : Ces gens là.
Ces dix portraits écrits à la première personne du singulier nous offrent une image de colère, de violence, de tristesse et de désespoir. Chacun raconte sa souffrance sans regarder ni anticiper la souffrance de l'autre. Ils sont dans une bulle sans oser la faire éclater de peur d'en crever.
Un petit livre par la taille, mais si profond par son contenu. Kaouther Adimi d'une écriture sèche et nerveuse brosse un portrait désespéré de la jeunesse algérienne sans espoir ni rêve. La fuite en avant dans l'alcool, la drogue, la folie….. n'est que la seule solution trouvée.
Ce premier roman est un petit bijou, un vrai coup de poing dans le coeur.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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mimipinson
  08 décembre 2011
Avec une écriture à la fois ciselée, sensuelle, et abrupte par moment, Kaouther peint indépendamment 9 personnages en leur donnant à tous de rôle la parole. Ces personnages, de par la construction choisie par l'auteur, semblent ne jamais se croiser. Ils sont cependant tous liés les uns aux autres, et ce parfois légèrement.
Ils sont tous les représentants d'une société hétérogène, à la croisée des chemins ; entre l'ordre ancien régi par des traditions et croyances séculaires, et un élan de liberté et de modernité encore pris en tenaille par l'ancienne génération.
Ces jeunes gens sont à la fois soucieux de faire évoluer les choses, et pressés de partir. C'est l'ennui, la jeunesse désabusée, un monde adulte perdu, des plus anciens qui ne comprennent plus leurs enfants, que l'auteur, tente de nous montrer avec beaucoup de finesse.
« Je n'ai ni passé, ni avenir, juste un présent qui s'étire comme un chewing-gum à cinq dinars. »
A celles et ceux qui cherchent une histoire, passez votre chemin. En revanche, si, comme moi, vous parvenez à considérer ce livre non pas comme un livre, mais comme une toile que l'on regarde tantôt de près, tantôt de loin, en laissant aller l'imagination, alors le voyage vaudra la peine.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
chroniquesassidueschroniquesassidues   19 janvier 2012
Il y a dans la nuit quelque chose qui m'attire. Un silence qu'on ne peut retrouver dans le jour. Une sensation d'épaisseur et de lourdeur difficile à définir. Une impression de finitude. J'aime attendre le lever du jour, voir d'un coup la ville s'éveiller. Il est plus raisonnable de dormir toute l'après-midi et de rester debout la nuit.
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art-bsurdeart-bsurde   13 novembre 2014
Je me retourne dans mon petit lit. Les draps sont humides, je transpire beaucoup en ce moment. Les bruits dans la rue m'empêchent de trouver le sommeil. Les jeunes de mon quartier se réunissent toutes les nuits pour fumer un peu, jouer aux dominos et refaire l'Algérie à coups de grands discours patriotiques. Lorsqu'ils ne parlent pas de quitter le pays, ils parlent de mourir pour lui.
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SachenkaSachenka   04 août 2018
Il est plus raisonnable de dormir toute l'après-midi et de rester debout la nuit. Il n'y a que les vieux, les enfants et les imbéciles qui ignorent les charmes d'une nuit blanche.
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art-bsurdeart-bsurde   13 novembre 2014
J'aimerais détacher mon regard de son corps flasque et gras mais je ne peux pas détourner les yeux. Je suis fascinée par tant de laideur. Il y a de l'attirance dans la laideur, comme il y a de la violence dans la beauté. On a beau vanter la dernière, et essayer de dissimuler la première, il n'empêche qu'on regarde tous avec avidité le moche, le gris, l'horrible. On le soustrait aux enfants pour ne pas culpabiliser de s'en délecter. Il suffit d'un ou deux malheurs, d'une tromperie, d'un adultère, d'un être informe, d'un nabot ou d'un manchot pour éveiller l'intérêt.
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chroniquesassidueschroniquesassidues   19 janvier 2012
Mes enfants sont des imbéciles. Des demeurés. Des inconscients. Je ne sais s'ils manquent de maturité, d'intelligence ou simplement de bon sens. Ils doivent être limités. Intellectuellement parlant, s'entend. Parce que physiquement, j'ai l'impression que tout se passe bien pour eux. Et même trop bien. Il aurait mieux valu qu'ils soient handicapés, qu'ils aient par exemple tous les muscles du ventre jusqu'à l'extrémité des orteils paralysés. Ils feraient moins de conneries, ces imbéciles
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Videos de Kaouther Adimi (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kaouther Adimi
C'est un terrain vague, au milieu d'un lotissement de maisons pour l'essentiel réservées à des militaires. Au fil des ans, les enfants du quartier en ont fait leur fief. Ils y jouent au football, la tête pleine de leurs rêves de gloire. Nous sommes en 2016, à Dely Brahim, une petite commune de l'ouest d'Alger, dans la cité dite du 11-Décembre. La vie est harmonieuse, malgré les jours de pluie qui transforment le terrain en surface boueuse, à peine praticable. Mais tout se dérègle quand deux généraux débarquent un matin, plans de construction à la main. Ils veulent venir s'installer là, dans de belles villas déjà dessinées. La parcelle leur appartient. C'est du moins ce que disent des papiers « officiels ».
Avec l'innocence de leurs convictions et la certitude de leurs droits, les enfants s'en prennent directement aux deux généraux, qu'ils molestent. Bientôt, une résistance s'organise, menée par Inès, Jamyl et Mahdi.
Au contraire des parents, craintifs et résignés, cette jeunesse s'insurge et refuse de plier. La tension monte, et la machine du régime se grippe.
A travers l'histoire d'un terrain vague, Kaouther Adimi explore la société algérienne d'aujourd'hui, avec ses duperies, sa corruption, ses abus de pouvoir, mais aussi ses espérances.
Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi vit désormais à Paris. Après deux premiers livres, L'Envers des autres (prix de la Vocation 2011) et Des pierres dans ma poche, elle connaît un important succès avec Nos richesses (Prix Renaudot des lycéens), paru au Seuil en 2017, évocation du légendaire libraire et éditeur Edmond Charlot.
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