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ISBN : 220101535X
Éditeur : Efr (02/05/1986)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 30 notes)
Résumé :
À la limite du monde habité, dans les hautes montagnes de Kirghizie, un petit garçon vit seul parmi une poignée d'adultes où le seul être qui l'aime et le protège est son grand-père que nul ne respecte en dépit de son étrange sagesse. Le monde des grandes personnes demeure difficile, irrationnel et injuste. Contre lui, l'enfant se construit deux refuges en forme de légendes : l'une est un antique conte kirghiz, l'autre, entièrement de son cru, est l histoire d un bl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  09 juillet 2012
«Il avait eu deux histoires. L'une à lui seul, personne ne la connaissait. L'autre contée par le grand-père. Après, il ne lui en est plus resté aucune. Et c'est de cela qu'il va s'agir
. Cette année-là, il avait eu sept ans, il allait vers sa huitième année.» Ainsi débute «Il fut un blanc navire» de Aïtmatov.
Le meilleur des grand-pères, grand père Mômoun va acheter un cartable à son petit-fils à la boutique ambulante qui venait parfois visiter les trois familles vivant au poste de Sân-Tach à la frontière du kazakhstan, au nord-est du lac Issyk-Koul. Ce cartable tout à fait ordinaire est extraordinaire pour l'enfant seul abandonné par ses parents que le «Preste Mômoun» va bientôt accompagner à l'école.

«La dure et lourde paume de grand-père se posa sur la tête du petit garçon. Brusquement, celui-ci sentit sa gorge se serrer, il prit conscience de la maigreur du vieillard, de l'odeur familière de ses vêtements. Une odeur de foin sec et de sueur d'homme habitué au travail. Il était fidèle, solide, c'était son grand-père. le seul être au monde, peut-être, qui l'aimât plus que son âme était ce vieillard simplet et un peu braque que les malins avaient surnommé le Preste Mômoun... Et après ? Qu'il soit comme on veut, c'était quand même bien d'avoir un grand-père à soi.»
p 33
L'histoire de l'enfant celle qui est à lui seul, c'est celle qu'il s'est inventée quand il monte comme tous les soirs sur la colline du guet d'où il peut voir ce qui se passe au poste mais aussi tous les sommets environnant grâce aux jumelles du grand-père et même apercevoir dans le lointain, à la marge extrême du regard le lac Issyk-Koul. 

L'enfant se rêve alors poisson pour rejoindre le blanc navire qu'il voit apparaître dans les jumelles, glissant sur l'eau bleue du lac, sur lequel il imagine son papa matelot et ses retrouvailles avec ce père rêvé.

L'enfant personnifie toute la nature autour de lui, il nomme les rochers, leur parle et les fait parler, de même pour les arbres, il parle aussi à son cartable. Il remodèle la réalité au gré de sa fantaisie.
Il est aussi imprégné des légendes que lui a conté son grand-père, en particulier celle fondatrice de la Mère des Mârals à la Belle Ramure que les Kirghiz considère comme la mère de leur peuple. Ces légendes relient à la terre, à la nature environnante et font naître le sacré, sont le terreau des croyances ancestrales qui donnent le respect de la vie sous toutes ses formes et de son mystère. Les anciens, comme le grand-père, en sont les gardiens.

Mais leur vie est empoisonnée par l'oncle Orozkoul marié à la tante Békéi, fille du grand-père. Comme la plupart de ses semblables il ne respecte plus rien, ni la nature, ni les hommes, il n'est que mépris et amertume, ne croit plus en rien... Il abat les plus beaux arbres, il frappe sa femme et n'a aucun respect pour le vénérable grand-père et encore moins pour les légendes....
Je ne peux rien dire de plus, seulement que j'ai encore plus aimé «Il fut un blanc navire» que «Djamilia». 
Ce récit est plein de sensibilité que ce soit pour évoquer les êtres mais aussi pour rendre hommage à la beauté de la nature attaquée par l'homme qui s'en est détourné.
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Commenter  J’apprécie          290
oblo
  03 octobre 2015
Tchinguiz Aïtmatov, Il fut un blanc navire
Né en 1928, Tchinguiz Aïtmatov perd son perd en 1938 durant les Purges de Moscou. Kirghize d'origine, Aïtmatov a vécu une grande partie en tant que Soviétique, puis a connu les premières heures de la jeune République du Kirghizstan avant de mourir en 2008. Monument littéraire à lui seul en son pays, Aïtmatov a même des statues qui furent érigées en son honneur, notamment près du lac de l'Issik-Koul.
C'est au bord de ce lac que se déroule l'histoire de Il fut un blanc navire. Au sein d'une petite communauté de forestiers vit un petit garçon de 7 ans, qui aime à se baigner dans l'eau froide du torrent, donne des noms aux rochers à qui il parle, s'invente des histoires formidables. le petit garçon, personnage principal du roman et qui figure l'innocence de l'enfance et, par là-même, celle, originelle, du genre humain, est très proche de son grand-père. Celui-ci, malgré son grand âge, est peu respecté à cause de sa gentillesse et il effectue une grande partie des travaux de la communauté, laquelle est dirigée par Orozkoul, son gendre, un homme méchant qui bat sa femme, fille du grand-père, à cause de la stérilité du couple. le grand-père est marié à une vieille femme, qui n'est pas la grand-mère du petit, lequel a été abandonné à sa naissance par des parents qui, séparés, ont voulu aller vivre à la ville. Enfin vivent dans ce petit avant-poste de la frontière entre le Kirghizstan et le Kazakhstan Séidakhmat, sa femme et sa fille.
Ce petit garçon vit au sein d'une nature riche et mythique. Dans la forêt reviennent les marals, ces grands cervidés auxquels les Kirghizs font remonter leurs origines. Ils ont disparu des montagnes de l'Issik-Koul à cause de la chasse et des activités de l'homme mais les voilà qui, soudainement, reviennent. le petit garçon rêve aussi au blanc navire, qu'il voit parfois passer, à travers la lunette télescopique que lui a donnée son grand-père, sur les eaux bleues du grand lac. Il rêve de devenir un poisson et de descendre jusqu'au lac, jusqu'au blanc navire pour y voir son père qui, le croit-il, y travaille comme matelot.
Quand le grand-père décide d'acheter un cartable à son petit-fils et de l'emmener à l'école communale, à 5 kilomètres de là, les ennuis commencent.
Il fut un blanc navire est un conte moral à l'écriture simple et poétique qui use de l'enfance pour décrire un monde en plein changement. le monde kirghize, sa mythologie, son respect de la nature dans laquelle l'homme est un maillon certes essentiel mais humble, s'écroule petit à petit avec la progression de l'acte civilisateur soviétique. Peu importe que les arbres soient centenaires : ils valent bien un repas arrosé de vodka. Peu importent ces cervidés sacrés qui réapparaissent contre toute attendre sur les pentes des monts Tian Shan : leur viande est un festin qu'on ne peut se permettre tous les jours. Si le roman ne peut être qualifié, sinon anachroniquement, d'écologique, il montre que la déshumanisation de l'homme commence par la négation de son environnement. Orozkoul en est le vivant exemple.
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5Arabella
  26 juillet 2016
Nous sommes dans les montagnes kirghizes, un monde ancestral, à la population clairsemée, dont les coutumes et façons de vivre n'ont guère évoluées depuis des siècles, même si la modernité fait son apparition de loin, comme par exemple un camion qui passe. Mais les habitants continuent encore à se déplacer à cheval.
Le roman se passe dans un poste forestier dans lequel habite une poignée d'adultes, et un petit garçon. Il n'a pas de contacts avec des enfants de son âge, et il imagine tout un monde peuplé de créatures magiques. Ce monde est inspiré en partie par les contes et légendes que lui raconte son grand-père, et surtout la plus merveilleuse d'entre eux, celui de la Mère des Mârals à la Belle Ramure. Animal magique, quasiment disparu, il est sensé être l'ancêtre des Kirghiz. Et le petit garçon, abandonné par ses parents, rêve de retrouver son père, et de rencontrer la Mère de tous les Mârals. Alors lorsque trois mârals viennent d'une réserve dans la forêt qu'il habite, il pense que tous ses problèmes peuvent se résoudre d'une façon quasi magique. Mais la cruauté des adultes va mettre un terme à tous ses rêves.
Un très joli livre, poétique, avec des magnifiques descriptions des paysages, et une touchante vision de l'enfance, avec les histoires que se raconte le petit garçon. Les adultes sont un petit peu plus caricaturaux, mais peut être parce que le point de vue est celui de l'enfant. En tous les cas un excellent moment de lecture, j'ai encore plus apprécié ce livre que Djamila, j'ai du mal à comprendre pourquoi les livres de Tchinghiz Aïtmatov sont difficiles à trouver actuellement, une question de mode probablement, il paie aussi sans doute d'avoir été associé à un régime politique qui n'existe plus.
Heureusement qu'il y a les bibliothèques.
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jmmoulin
  16 septembre 2015
Roman de la vie d'une famille isolée dans un poste forestier du Kirghizstan, du jeune (Nourgazi) seul enfant, orphelin, entre ses grands parents et oncles et tantes.
Mal être de quelques adultes marqué par l'alcoolisme, les promiscuité, et la tension entre les êtres.
Nous naviguons entre le conte et le récit.
Il se dégage une grande tendresse entre le grand-père et le petit fils, un regard attendri et magique envers la nature et les marals ( grands rennes blancs) .
L'auteur sait évoquer la dureté de la vie sous emprise communiste sans faire d'attaque frontale au parti. A chacun d'en tirer ses conclusions.
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Moan
  27 juin 2012
Très belle histoire sur la relation entre un grand-père kirghiz d'une extrême gentillesse et son petit-fils abandonné par ses parents.
Aïtmatov auteur du magnifique roman Djamilia nous fait voyager ici entre rêve et réalité.
Très beau!
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critiques presse (1)
Lhumanite   28 mai 2012
L’épilogue superbe et tragique du roman, quand le hameau se trouve réuni pour un repas de fête à la viande de mâral qui provoque l’effondrement du garçon, en constitue l’apogée :
lui-même, porté par l’eau glaciale du torrent, n’a plus alors qu’à rejoindre le monde rêvé qu’il s’est construit. Tout est dit là, avec une force et une évidence qui 
ne laissent décidément pas d’impressionner.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MoanMoan   27 juin 2012
.. Les liserons des champs, bien que ce soient de mauvaises herbes, étaient les fleurs les plus intelligentes et les plus gaies. Ce sont elles qui accueillent le mieux le soleil du matin. Les autres herbes ne comprennent rien, le matin, le soir, tout ça, ça leur est égal. Tandis que les liserons, dès qu'un rayon vient les réchauffer, ils ouvrent les yeux et ils rient. Un oeil d'abord, puis le second, et l'un après l'autre, tous leurs cornets s'ouvrent. Blancs, bleu très clair, mauves, de toutes les couleurs...Si tu restes près d'eux sans bouger et sans faire de bruit, il te semble qu'en s'éveillant, ils se chuchotent des histoires.
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MoanMoan   27 juin 2012
J'aurais enjambé le torrent, et pftt! dans la forêt! Parce que les arbres, ils ont très peur, la nuit, dans la forêt. Ils sont tout seuls, ils n'ont personne pour leur parler. Ils se gèlent en plein vent sans rien pour s'abriter. Moi, je me serais promené dans la forêt en faisant une caresse à chaque arbre pour qu'il ait moins peur. Les arbres qui ne reverdissent pas au printemps, c'est sûrement ceux qui sont restés glacés de peur.
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MoanMoan   27 juin 2012
D'abord , on lui avait acheté un cartable. Un cartable en simili cuir avec un fermoir en métal brillant que l'on faisait passer sous un étrier. Et une jolie poche extérieure pour les petits objets. Bref, un extraordinaire cartable tout à fait ordinaire.
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MoanMoan   27 juin 2012
" Il a mal à la tête, c'est la chaleur", conclut le gamin qui l'avait suivi de loin. Il ne savait pas qu'Orozkoul pleurait, qu'il ne pouvait plus refréner ses sanglots. Il pleurait parce que celui qui avait couru au-devant de lui n'était pas son fils, parce qu'il n'avait pas su trouver une parole humaine à dire à ce petit garçon qui brandissait son cartable.
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MoanMoan   27 juin 2012
"Ah! mon fils, quand les hommes se mettent à briller par la richesse et non par l'esprit, c'est que cela va mal."
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Video de Tchinguiz Aïtmatov (1) Voir plusAjouter une vidéo

Tchinghiz Aïtmatov : Djamilia
Olivier BARROT, présente "Djamila" de Tchinghiz Aïtmatov, (éditions Folio) depuis les bords de mer d' Odessa (Ukraine). Photo NB de l'auteur. Olivier Barrot lit un extrait de ce roman d'amour , la lecture est parfois en off sur plans de la plage, promeneurs à cheval, du livre posé sur le sable bordant la mer noire et navire en mer.
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