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EAN : 9782072870477
320 pages
Éditeur : Joëlle Losfeld (16/01/2020)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Jean Meckert raconte la tragédie des mains rouges, rouges de sang. Dans la montagne, le chef d'un maquis, M. d'Essartaut, ses deux jeunes filles, le pasteur Bertod et quelques camarades continuent, deux ans après la Libération, une épuration qu'ils pensent juste. Ils s'attaquent aux profiteurs, aux trafiquants, aux joueurs du double jeu. Jusqu'à ce que la mort de M. d'Essartaut, survenue au cours d'une expédition punitive, disperse le petit groupe, ces êtres assoiff... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  12 novembre 2018
« Nous sommes la race première et noble, qui a suffisamment appris pour souffrir et pas assez pour profiter. Nous avons été refoulés par l'arrivée des comédiens et des habiles, et nous sommes perdus maintenant dans une masse immonde d'électeurs et de lèche-bottes. Mais le retour à la simplicité ne peut venir que par nous. »
Cette citation résume pour l'essentiel le propos du roman de Jean Meckert « Nous avons les mains rouges. »
Écrit en 1947, le récit s'inspire directement de l'après-guerre en France et de la difficile rentrée dans le rang des maquisards qui ont l'impression d'avoir été floués.
Dans une région de montagne, proche de Lyon, Mr d'Essartault un ancien chef de maquis entend continuer la lutte contre les profiteurs de toute sorte et tous ceux qui sans collaborer se sont mis en veilleuse pendant la guerre et reviennent sur le devant de la scène une fois le danger écarté.
Avec ses deux filles, Hélène et Christine, Armand, un ancien du maquis, le pasteur Bertod et quelques anciens compagnons partagent les convictions de d'Essartault.
Laurent, un condamné de droit commun qui sort de prison est enrôlé malgré lui dans le groupe.
Encore une fois, on ne peut que souligner la force de l'écriture de Meckert-Amila qui brosse un portrait saisissant et proche de la réalité de la situation en France dans l'immédiat après-guerre.
Les appareils judicaires et policiers inspirent la méfiance. Les prévenus peuvent en effet se retrouver face à ceux qu'ils ont combattus sous l'occupation.
C'est cette situation que d'Essartault veut « rectifier ».
Tout au long du récit les personnages s'affrontent sur la ligne de conduite à tenir. Lucas un ancien compagnon a choisi l'action politique au sein du Parti Communiste, Hélène trouve que son père n'est pas assez radical, elle rêve de « faire sauter la gendarmerie », Armand veut continuer à descendre du Boche…
Laurent, un condamné de droit commun qui vient de passer deux années en prison pour un meurtre, est recruté par d'Essartaut. D'abord circonspect sur les motivations du groupe, il va s'y engager. Tout au long du roman, il apparaitra comme un observateur interrogeant à la fois la justesse des positions des résistants mais aussi la sienne.
Enfermé dans sa logique, le groupe n'aura d'autre issue que de continuer la lutte jusqu'au bout.
Un premier roman qui préfigure la suite de l'oeuvre de Meckert-Amila.
A découvrir.
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SylvieBelgrandReims
  16 janvier 2020
La littérature est remplie de récits sur la deuxième guerre mondiale et sur la résistance, mais beaucoup moins sur ce qui s'est passé après. Jean Meckert nous parle, avec son écriture précise, élégante, de ces hommes et ses femmes qui ont lutté pour un idéal et sont terriblement déçus par le retour à "la normale". Leur destin tragique et violent préfigure celui des membres de groupes tels Action Directe des années plus tard.
C'est un roman, très agréable à lire, mais c'est aussi une réflexion sur une question toujours actuelle : faut-il réformer et nécessairement faire des concessions, ou se battre jusqu'au bout, avec des armes s'il le faut ? ( prenez une feuille, vous avez trois heures ;) )
Au-delà du roman, un document indispensable.
#NousAvonsLesMainsRouges #JeanMeckert #JoëlleLosfeldÉditions #Gallimard #livres #chroniques #lectures #bibliophile #littérature
Le quatrième de couverture :
Jean Meckert raconte la tragédie des mains rouges, rouges de sang. Dans la montagne, le chef d'un maquis, M. d'Essartaut, ses deux jeunes filles, le pasteur Bertod et quelques camarades continuent, deux ans après la Libération, une épuration qu'ils pensent juste. Ils s'attaquent aux profiteurs, aux trafiquants, aux joueurs du double jeu. Jusqu'à ce que la mort de M. d'Essartaut, survenue au cours d'une expédition punitive, disperse le petit groupe, ces êtres assoiffés de pureté et de justice sont amenés à pratiquer le terrorisme et à commettre des meurtres, tout en se demandant amèrement si le monde contre lequel ils ont combattu n'était pas d'essence plus noble qu'une odieuse démocratie où le mythe de la Liberté ne sert que les puissants, les habiles et les crapules.
Passionnant document sur un moment d'histoire trouble et peu visité, ce roman est dans le même mouvement profondément humain.
Lien : Http://lesbouquinsdesylvie.fr
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christinebeausson
  27 mars 2020
Une histoire du petit peuple, Laurent, victime du pas de chance, tout au long de sa vie, victime des événements, victime d'avoir fait les mauvais choix, au mauvais moment, d'avoir côtoyé de mauvaises gens, de s'être laissé porter par de mauvais sentiment.
L'écriture de Jean Meckert, l'écriture du peuple, du petit peuple, de celui qui n'a jamais eu de chance, de celui dont on dit qu'il porte la poisse.
Mais ce petit peuple, ces petites gens pensent, réfléchissent et ne sont pas dupes des discours que certains veulent tenir à leur place. S'ils se laissent embarquer dans de sombres magouilles ce n'est pas par vice, par intérêt, non simplement par amitié, par gentillesse, par manque de reflexion sur le comment sera interprété leur attitude.
L'écriture est belle, recherchée mais sans fioritures inutiles, juste belle comme un coucher de soleil ou une ballade en forêts.
Les personnages sont attachants, tous décrits au cordeau, de fortes personnalités qui pensent, qui réfléchissent qui discutent et cherchent leur vérité ... même si parfois ils se trompent de combat !
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viduite
  28 janvier 2020
La Justice et la veulerie, les principes et leurs arrangements, les suites de la violence et les mots dont on recouvre ses actes. La langue d'une immédiate oralité de Nous avons les mains rouges saisit tous les mouvements de la fatalité qui s'enclenche chez ces anciens maquisards qui ne veulent déposer les armes, se planquent derrière des principes. Attentif au sens des mots, aux creux des discours, Jean Meckert signe un roman très noir en forme de charge implacable contre la mesquinerie, l'horreur de l'époque et la difficulté à s'en extraire.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Emino89
  15 mars 2021
Les mains des principaux protagonistes ici, appartenant à un groupuscule d'idéalistes (qui n'est pas sans rappeler « Action directe » quelques années plus tard), sont rouges du sang des abattus. Au nom de la justice, de l'histoire, l'ex-dirigeant d'un maquis montagnard et sa famille (de coeur et de sang) oeuvrent à leur manière pour rétablir la « vérité ». À l'encontre des profiteurs et lâches de tous bords d'après-guerre. La langue est très orale, la gouaille populaire, ça sent la logique jusque-boutiste, le refus de tout compromis, à l'heure où les institutions policières et juridiques inspirent la méfiance. Jean Meckert ne prend pas parti. Un roman social très noir, écrit à « chaud », pouvant faire penser à certaines oeuvres de Céline. Prix « Mémorable » 2021 d'Initiales.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
dechosaldechosal   05 février 2020
Quiconque arrive au pouvoir ne songe plus qu'à consolider sa position; c'est un fait reconnu. Sous prétexte de réalisme, il fait appel aux habiles et compose avec les puissants, suivant le précepte de la fin qui justifie les moyens... C'est ainsi qu'à vivre au milieu des loups, le plus sincère militant devenu ministre, ou conseiller (...) gagne vite en force ce qu'il perd en pénétration, perd vite en générosité ce qu'il gagne en subtilité. Il se transforme doucement en machine de guerre, c'est inéluctable. Il perd ainsi rapidement le contact avec la réalité nébuleuse et vivante du commun. Il devient bourgeois, avec un équilibre, une doctrine, des slogans et des sorties de secours (...).
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SZRAMOWOSZRAMOWO   10 novembre 2018
Locronan et l'aiguille du Brévent des colis étaient entassés derrière un comptoir bas mais Laurent eut beau demander deux fois « Y a quelqu'un ? », personne ne se montra. Il ressortit, déçu, ayant pris soin de noter « 17 h. 18» sur un bout de carton qui traînait dans sa poche. Il n'était que 9 h. 20. Qu'allait-il faire pour tuer ces huit heures ? Du crottin de cheval, sur la place de la gare, attirait les grosses mouches et répandait une forte odeur. De l'autre côté, le Café de la Gare minable et décoloré attendait l'heure des trains pour se réveiller. Laurent y entra et fut d'abord un peu suffoqué par une odeur de vieille vinasse et de serpillière mal rincée. Il se vit dans une glace au tain rongé et se trouva mauvaise mine. M'sieu vint lui dire une petite femme basse, enceinte de huit mois, pas peignée et sans mollets. Vous avez du vin blanc ? Du rouge dit la femme. Vous voulez un canon ? J'ai soif dit Laurent, engageant. La femme le regarda, méfiante, et disparut dans un bruit claqué de sandalettes. Des mouches, les mêmes que celles de la gare et du crottin, pompaient les tables mal essuyées. Un tableau pendait, avec l'horaire des cars. Une affiche verte indiquait un grand bal à la salle des fêtes, à l'occasion de la Saint-Jean. Laurent s'était assis et regardait par la porte. Tout près, sans les voir, on entendait glousser des poules. La femme revint, posa un verre sur la table et le remplit sans dire un mot. Beau temps dit Laurent. On a eu assez de pluie dit la femme. Le train de Paris est bien à 17 h. 18 ? Celui qui en vient c'est à quatre heures et demie, dit la femme. Celui qui y va, c'est à cinq heures et quart Laurent voulait parler. Et vous ne savez pas à quelle heure on arrive ? Demain matin dit la femme. A la bonne mienne dit Laurent. Il but une gorgée, voulut reprendre la conversation, mais la femme avait disparu. Alors il se dit ce que je vais me barber Huit heures à attendre le train Et puis à la réflexion il se demanda Et après ?
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robertkonigrobertkonig   11 mars 2020
- Il s'appelle Laurent ! présenta-t-il. Il a tiré deux ans de taule ! Il a tué un gars au couteau... Un chef de la Gestapo !
Laurent lui fut reconnaissant de rendre son crime décent, encore qu'il eût préféré le silence. Il goûta toutefois la petite vague de brève admiration que cela suscita. Une fille un peu ramassée mais au doux regard de bonne vache lui demanda s'il avait été à Buchenwald.
- Quelque part par là ! dit Laurent.
P. 110 & 111
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robertkonigrobertkonig   13 mars 2020
Les vrais faibles se font plaindre et réussissent en tout; on appelle ça du charme. Il n'y a que les dures et grandes âmes pour trouver la fin du monde en crevant d'un coup. Ça doit se défendre.
P. 286
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christinebeaussonchristinebeausson   22 mars 2020
Le germe de tout fascisme se trouve partout et toujours chez les gens bien intentionnés qui veulent se substituer à la communauté !
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