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EAN : 9782752907523
96 pages
Éditeur : Phébus (03/01/2013)
3.15/5   17 notes
Résumé :
Que Tal, la beauté féline, le corps souple, chat magnifique, fut l'amour de son maître. C'est une histoire peu commune et c'est aussi un questionnement troublant sur la part animale présente en chacun de nous.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Isa0409
  22 novembre 2021
🐱 « Qu'importe le froid ou le chaud, le dedans ou le dehors, puisque nous sommes ensemble, lui et moi, parce que nous sommes vivants au point d'oublier qu'un des deux puisse fausser compagnie à son presque double, à son presque semblable, à son compagnon, fausser compagnie, mourir, crever, au choix, noria, tout ce qu'on veut. Nous sommes dans notre histoire et nous croyons qu'elle n'est que du présent, à jamais, toujours, un aujourd'hui infini, d'une éblouissante monotonie. »
🐱 Voilà le récit d'un deuil, le récit de la perte de l'être cher, la consolation impossible, et l'amour qui n'en finit jamais de s'intensifier à mesure que disparaît le corps, que toute preuve de l'existence de l'autre s'efface …
🐱 … et le vide prend toute la place. Chaque coin, chaque recoin de l'appartement comme témoin d'une présence passée, les habitudes, les plis, le contact et la compagnie, car après tout c'est cela qui blesse effroyablement, l'absence soudaine qui chasse l'omniprésence rassurante. On perd le goût à la vie, le goût des plaisirs simples et charnels, on est sans cesse ici et ailleurs, là et nulle part.
🐱 L'auteur est pris aux tripes, il souffre et perd tout goût à la vie : l'être cher, aimé, disparu. Que Tal. Un chat. Son chat, son amour de toujours, ses douze années précieuses et envolées. le récit est peut-être trop extrême, les sentiments trop vitriolés et créent une petite bulle que j'ai trouvée impénétrable, à mon grand regret.
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ninachevalier
  05 mars 2016
Daniel Arsand - Que Tal - Phébus littérature française ( 10€ - 87 pages)
Le narrateur, sur les conseils d'une amie, a choisi d'offrir un mausolée de papier à celui avec qui il partagea douze années de vie commune.
Confronté à la disparition brutale de son « chéri », son « léopard des neiges », le narrateur revient sur le dénuement, le désarroi dans lequel il fut plongé.
Mais qui était Que Tal? Daniel Arsand ménage le mystère, installe le suspense.
Il en brosse un portrait attachant. Un être aimant, « une présence ondoyante »,sereine capable de combler la vacuité du narrateur, de le distraire de sa lassitude. Il nous relate leur cohabitation, la relation fusionnelle exclusive qui les liait, basée sur un respect mutuel. Il nous dévoile leur intimité, détaille leurs préliminaires. Comment ne pas craquer quand « son si tendre » « se love » sur ses genoux, « se frotte » à lui avec sa truffe, l'enlace. Il se délectait à le contempler, fasciné par sa beauté, « sa crémeuse présence ».Il décortique le comportement de « son amour absolu » qui avait ses humeurs. Il avait appris à décrypter son langage (son murmure, son ronronnement).
Le narrateur en vient aux confidences sur sa vie sentimentale. Il nous plonge dans le maelström de ses pensées. Il tisse une complicité avec le lecteur, en l'apostrophant.
Il se décrit sans concession, allant jusqu'à se déprécier « Je ne vaux rien ».
Il décline son orientation sexuelle, coming out qu'il n'aurait pas pu faire avant.
Il reconnaît ne pas avoir su aimer les hommes, ou « si mal », convoquant les paroles acrimonieuses d'un amant. Celui -ci lui reprochant d'être « nul », « un naufrage ambulant ». Après son fiasco sentimental, il ne pouvait espérer qu'un « miracle ».
C'était oublier que Que Tal était jaloux de ces amants qui occupaient son territoire et savait le manifester, en crachant, grondant, « boudant le lit ».
Son maître dut trancher ce dilemme: choisir entre Que Tal et ses conquêtes.
Ce deuil a réalimenté la douleur de la perte de ses parents , ses amis morts du sida.
On entre en empathie avec le narrateur qui crie sa solitude,le manque, pleure « son prince », tenaillé par la culpabilité et les remords de ne pas avoir su déceler son mal.
La renaissance par la plume était l'objectif que l'auteur s'était fixé. Quand il met le point final, on devine qu'il a réussi ce défi, prouvant que l'écriture lui fut salvatrice.
Il a su épouser le pas fluide de celui qu'il nomme: « sa splendeur » ou « le fauve ».
On perçoit « le tap tap de ses coussinets », on le visualise « se roulant en turban », siestant ou dans ses cabrioles et danse de Saint-Guy, « la grâce absolue ».
Une fois l'absence apprivoisée, le narrateur peut faire le constat énoncé par Christian Bobin; « Ce qui reste d'un être est éclatant, comme une pépite d'or ».
Que Tal est désormais inaltérable.
Daniel Arsand offre l'exemple d'un adieu muet difficile , guéri par les mots.
Une manière de conférer l'immortalité à son compagnon.
Un récit touchant, plein de tendresse, de douceur,de sensualité, témoignage d'un amour rare qui fera vibrer tous les amoureux des chats.
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Sando
  18 janvier 2013
Le texte de Daniel Arsand se présente comme une confession pour dire un certain mal-être, une solitude et une mélancolie qui l'ont longtemps entravé. C'est aussi et surtout un magnifique hommage à Que Tal, son compagnon félin durant douze années. Ce petit être poilu discret, mais exigeant et omniprésent qui va venir soigner la solitude qui rongeait son maître. L'amour de l'auteur pour son chat est palpable et rejaillit avec force entre les lignes. On sent son émotion lorsqu'il décrit la beauté sauvage de l'animal, leurs habitudes de vie commune…
Daniel Arsand nous raconte aussi la douleur de la perte à la mort de son plus fidèle compagnon. Mort dont il se sent coupable et qui réveille en lui toutes les autres pertes. C'est l'occasion pour lui de passer en revue certains points douloureux de sa vie. Sa relation difficile aux autres, la dissimulation de son homosexualité tant que ses parents étaient vivants, la libération apportée par l'écriture… Malheureusement, et c'est ce qui nuit au texte je trouve, il y a une certaine forme d'auto-apitoiement qui tient une part trop importante dans le récit. J'ai parfois eu l'impression de lire quelqu'un qui se complait dans son malheur et se lamente sur son sort, ce qui m'a très vite agacée. Je n'ai pas vraiment été émue par le texte, alors même que j'aurais dû y être sensible ayant mon chaton dans le creux de l'épaule pendant ma lecture. Daniel Arsand nous livre un récit intimiste, peut-être trop, qui aurait gagné en force s'il s'était limité à la relation homme/animal je trouve…
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UnCahierBleu
  10 mars 2013
En 2005, Daniel Arsand a perdu un être cher. Celui qu'il appelait Que Tal, son compagnon depuis douze ans, est mort subitement. Deux ans plus tard, il a écrit ce texte de l'absence et du deuil. Mais ce n'est qu'aujourd'hui, qu'il partage avec nous ce récit vibrant d'émotion.
Comme dans tous les deuils, la disparition de Que Tal rappelle toutes les autres morts, réveille tous les fantômes : la mère, le père, une cousine, des amis… L'illusion d'éternité qui avait persisté face aux autres deuils cède à la mort de Que Tal. Daniel Arsand devient mortel. Il retrouve le souvenir de son père, il écrit dans l'urgence, avec le besoin nouveau d'aller à l'essentiel.
Écrire la vie avec Que Tal c'est en peu de pages écrire la vie tout entière, la gaieté et la mélancolie, la solitude et les amoureux de passage, la lecture et l'écriture.
« Un chat. » Que Tal était un chat. Alors Daniel Arsand écrit son élégance royale, sa présence vaporeuse, son orgueil et sa pudeur de chat, et puis le fauve qui parfois se réveille, les dérapages sur le parquet, les miaulements, les feulements et les soupirs. Il écrit surtout la relation homme-chat, le prisonnier et son geôlier, l'apprivoisement réciproque, le respect mutuel qui s'établit, et ce sentiment partagé qu'il faut bien appeler amour. « Oui, amour. »
Mais Que Tal est bien plus qu'un joli portrait d'animal domestique, qui vous rappellera le vôtre. L'absence de Que Tal a inspiré à Daniel Arsand un texte à la beauté foudroyante, bouleversant de la première à la dernière ligne.
Oui mais, il m'a quand même beaucoup rappelé le mien ! Maintenant la nuit, quand aux portes du sommeil j'entends qu'il me rejoint, j'écoute « son pas de brume », « le tap-tap de ses coussinets sur le parquet », « ce bruit de douceur mate », « ce balancement de feutre », puis je sens « sa crémeuse présence », « une présence ondoyante, secrètement faite de ferveur » et me reviennent des bribes de Que Tal.
Lien : http://uncahierbleu.wordpres..
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fanfanouche24
  23 mai 2013
Que Tal, la beauté féline, le corps souple, chat magnifique, fut l'amour de son maître. C'est une histoire peu commune et c'est aussi un questionnement troublant sur la part animale présente en chacun de nous....
L'auteur, après avoir vécu douze années auprès de Que Tal, son chat adoré, présence bienveillante, câline et mystérieuse... il s'interroge sur cet amour, attachement silencieux et indicible, qui le laisse désemparé....sur ce lien très fort, unique, que nous entretenons , les uns et les autres,avec nos animaux. Un texte poétique, attachant, bouleversant...
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critiques presse (3)
Lexpress   07 mars 2013
Laissant son compagnon broyé, figé dans "un bloc de chagrin". Daniel Arsand, éditeur et romancier, a immédiatement ressenti l'urgence de conter cette étonnante histoire d'amour nouée avec Que Tal le chat. [...] Reste l'écriture, salutaire, salvatrice.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lhumanite   11 février 2013
Jouant de multiples registres, puisant dans un ample lexique sans jamais encourir le soupçon de verbiage, opérant des changements de rythme tonifiants, ce texte enflammé, véritable affrontement avec soi-même, a sans doute paradoxalement permis la nécessaire mise à distance, qui rend tenables tous les doutes, les manques et les pertes.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Telerama   09 janvier 2013
D'une écriture qui interroge et se souvient, soyeuse et déchirée, aussi sincère avec le lecteur qu'on devait l'être avec le chat, qui était « quelqu'un ».
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
OmeganeOmegane   07 avril 2013
Son regard quémandait, refusait, ordonnait. Parlait. J'appris à l'interpréter. De cet échange muet naquit l'apprivoisement réciproque, un langage particulier et de nous seuls déchiffrable, que n'affadissait pas ou n'abâtardisait pas les mots, ce qui est strictement humain. Le respect mutuel fut à la base de nos relations.
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UnCahierBleuUnCahierBleu   10 mars 2013
Intouché, je suis plutôt par la plupart des êtres.
Coeur sec.
Ou fatigué.
Sauf pour un chat, sauf pour des livres.
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CanassonCanasson   13 février 2015
Il lui arrivait de m'enlacer. Corps écrasé de langueur contre ma poitrine, pattes de devant encadrant mon cou, joue collée à la mienne. En ces instants privilégiés j'égrenais ces petits mots d'amour bêtas que la plupart des amants échangent.
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