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ISBN : 2226441425
Éditeur : Albin Michel (02/05/2019)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Un cadavre atrocement mutilé
suspendu à la façade d'un bâtiment.
Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.
Deux enquêteurs, aux motivations divergentes,
face à un tueur fou qui signe ses crimes
d'une hirondelle empaillée.
Et l'ombre d'un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé...

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Jolap
  13 mai 2019
Merci aux Editions Albin Michel et à Babelio qui, par le biais d'une opération Masse critique privilégiée m'ont offert ce livre.
Si l'on en croit l'auteur, Morgan Audic, Il y a dans cette histoire « de bonnes raisons de mourir ». Cet auteur talentueux va tenter de nous expliquer pourquoi un cadavre atrocement mutilé est suspendu à la façade d'un bâtiment, alors que, quelques années plutôt un meurtre à peu près similaire a eu lieu la nuit même où la centrale de Tchernobyl a explosé. Deux enquêteurs l'un Rybalko l'autre Melnyck vont travailler sur cette étrange affaire. le tueur signe toujours ses crimes d'une hirondelle empaillée. Deux enquêtes habilement menées par deux policiers, l'un agissant à titre privé, l'autre dans son cadre professionnel, vont tenter de démêler ces bonnes raisons de mourir.
La victime, Léonid Sokolov, est citoyen russe, fils du petro-oligarque Vektor Sokolov, ancien ministre de l'énergie en 1986. L'épouse de ce ministre et l'une de ses amies avaient été assassinées d'une manière à peu près similaire à Tchernobyl trente ans plutôt le 26 avril 1986. Il y a tout lieu de penser qu'un lien existe-t-il entre ces assassinats.
L'enquête est servie par une écriture vive, précise ce qui rend le récit dynamique, vivant, terrifiant, désespérant. L'auteur nous présente minutieusement ses personnages, leurs profils, leurs faiblesses, leurs attentes, leur désespoir dans un pays dévasté par la guerre. On croise au fil des pages le corps des vieillards et des enfants gisant sur des brancards ensanglantés, des morts nus, des morts en treillis, des morts en survêtement allongés « sur des brancards lépreux » Comme si les meurtres dont il est question ne suffisaient pas !

L'auteur illustre avec force détails la guerre en Ukraine, des corps des vieillards et des enfants gisants, « Des obus qui tombent sur les immeubles » , des morts partout, la guerre, la vodka, les assassinats, la morgue qui empeste la poudre et le sang.
Il est question des magouilles, des petits arrangements, du trafic de drogue et bien entendu de l'impact radiologique et sanitaire provoqués par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl où « L'enfer vénéneux » semble hélas s'afficher pour des milliers d'années.
En tournant les pages j'ai pu me faire une idée précise de la fin du monde. La plume de cet auteur a une puissance descriptive incroyable sur la région de la catastrophe, mais pas seulement.
Un roman policier posé comme une couronne d'épines sur des pages sanglantes de l'histoire de l'Ukraine, sur l'âme russe, ses coutumes, ses attentes et son désespoir.
Un récit dur, instructif que je situerai entre enfer et damnation, exceptionnellement documenté.
L'auteur signe un récit tranchant où la psychologie, l'écologie, la politique et l'économie étayent chaque chapitre comme pour le fixer à jamais.
C'est un roman policier oui bien sûr, mais c'est aussi beaucoup plus que ça…..
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Commenter  J’apprécie          577
kielosa
  25 avril 2019
Je remercie Babelio et l'éditeur Albin Michel pour l'envoi de ce livre dans le cadre d'une opération masse critique privilégiée.
Ceux, (car le terme "celles" n'est sûrement pas applicable ici) qui cherchent des émotions un peu fortes, une adresse : le McDonald's de la Place Maïdan (ou de l'indépendance) à Kiev en Ukraine, où un bus vous emmène visiter la charmante ville de Pripyat, créée en 1974 pour y loger les 50.000 travailleurs et leur famille actifs à la centrale nucléaire de Tchernobyl, qui a explosé ce fatidique 26-04-1986 et est depuis lors une zone évacuée et irradiée. Sans vouloir faire de la pub, je peux vous assurer que "Chernobylwel-come" par exemple organise des visites à ces endroits délicieux lors d'une excursion d'à peu près 10 heures pour le prix modeste de € 119,00, dosimètres compris, et soyez sans crainte, les repas sont préparés ailleurs !
Tout de même un endroit bizarre pour l'auteur, Morgan Audic, jeune enseignant à Rennes, de situer son thriller. C'est en effet entre 2 étages de l'ancien bâtiment du parti communiste de Pripyat que le capitaine de police Joseph Melnyk est sommé d'aller voir un corps pendant, les bras en croix fixés par des câbles métalliques, paupières et lèvres cousues. le cadavre appartient au citoyen russe Léonid Vektorovitch Sokolov d'après son passeport et une belle somme de roubles et hryvnias (monnaie ukrainienne) laissés étrangement intactes dans ses poches.
Double grande surprise : Léonid est le fils du petro-oligarque Vektor Sokolov, qui s'est scandaleusement enrichi comme ministre de l'énergie d'Eltsine-l'éponge et dont l'épouse Olga, la mère de Léonid, a été assassinée à Tchernobyl.... un certain 26-04-1986 !
Lorsque au bout d'un mois l'enquête de la police ukrainienne n'a rien donné, Vektor offre à l'inspecteur de police moscovite Alexandre Rybalko, originaire de Pripyat, une somme de 50 millions de roubles (presque 700.000 €) s'il trouve et tue le meurtrier de son fils.
Retourner à l'endroit où ses parents sont morts de radiation lorsqu'il avait 8 ans n'a rien d'engageant, mais la récompense est incitante. Puis, il lui faut des sous pour sa fille, Marina qu'il adore et qui a un handicap auditif qui exige une opération onéreuse et comme de toute façon Alex, souffrant d'un cancer qui remonte à la tragique explosion et qui ne lui laisse que 6 mois à vivre, au maximum, accepte la mission.
Il semble évident que les 2 meurtres sont liés, mais comment ? Et il est fort probable que l'auteur de ces 2 meurtres abominables soit le même bonhomme, malgré la longue intervalle de temps.
Vous aurez droit à 2 enquêtes policières pour le même prix : celle d'Alex Rybalko à Donetsk, la capitale du Donbass, depuis quelques années sous contrôle de Poutine, et où le corps de Léonid a été transféré et l'enquête ukrainienne sous la conduite du capitaine Melnyk et sa jeune et belle coéquipière Galina Novak.
Joseph Melnyk essaie d'en savoir un peu plus sur le meurtre d'Olga Sokolov, mais le dossier a été confisqué par le KGB et se trouve sûrement bien caché quelque part dans des archives ultra-secrètes à Moscou.

Alex Rybalko trouve le corps du jeune Léonid sur lequel aucune autopsie n'a été effectuée, celui-ci étant considéré trop irradié. "Quand on l'a sorti de son cercueil, les dosimètres se sont mis à jouer du Tchaïkovski" lui a expliqué l'officier légiste.
Le corps est dans un état tel que Rybalko, qui en a vu pourtant d'autres de pas très frais en Tchétchénie notamment, est complètement dégoûté et pense que "tuer quelqu'un était une chose, mais démolir un homme était profondément inhumain". (page 124). le cadavre porte d'innombrables traces de coupures, de brûlures et de contusions. le tueur a castré la victime, remplacé ses yeux par des prothèses, derrière lesquelles l'inspecteur trouve des kopecks anciens, et dans les entrailles du misérable : un faucon, "sokol" en Russe ! Les pièces de monnaie sont de 1957 et 1986, l'année de la naissance et de la mort d'Olga Sokolov !
Je dois dire que notre auteur breton s'est merveilleusement bien documenté sur ce pays d'Europe de l'est et la région à catastrophe. Un endroit que je suis aussi de près comme mon épouse y est originaire et sur lequel j'ai donc lu de nombreux ouvrages. Pour le sujet qui figure comme toile de fond au récit, il y a bien sûr le livre de la Nobel Littérature de Biélorussie, Svetlana Alexeievitch "La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse" de 1997, et celui d'Igor Kostine "Tchernobyl : Confessions d'un reporter" de 2007.
J'ai également visité l'Ukraine, mais contrairement à par exemple Markiyan Kamysh, je suis resté loin de Pripyat et alentours. Cet auteur ukrainien a à son actif plus de 100 visites illégales à la zone d'exclusion de Tchernobyl et y a parcouru pendant l'équivalent d'un an près de 10.000 kilomètres. Il en a produit un livre en 2015, que Natalya Ivanishko a traduit en Français et qui sous le simple titre de "La zone" est sorti un an après chez Arthaud. Une vraie curiosité comme bouquin.
Le roman policier de Morgan Audic est très ambitieux. Il a nécessité une sacrée préparation tout en faisant gaffe à ne pas tomber dans les pièges politiques, de propagande et du sensationnel. Avec "De bonnes raisons de mourir" l'auteur signe un exploit original sur différents niveaux (historiques, psychologiques ...), sans pour autant oublier le suspens.
Je suis vraiment curieux de lire son "Trop de morts au pays des merveilles", publié en 2016.
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kitou94170
  07 mai 2019
La date du 26 avril 1986 vous rappelle t-elle quelque chose ? Je vous rafraichie la mémoire ? La catastrophe de Tchernobyl !
Accident nucléaire majeur dans la centrale Lénine située à l'époque en République socialiste soviétique d'Ukraine. Inoubliable pour le monde entier mais en particulier pour la population de Pripiat, ville dévastée située dans la zone d'exclusion mise en place autour de la centrale après la catastrophe. Alors en faire le décor pour un thriller glaçant et captivant, il fallait oser ! C'est ce qu'à fait Morgan Audic pour son deuxième roman « de bonnes raisons de mourir ».
L'histoire se déroule trente années plus tard. Lors d'une visite touristique de Pripiat (et oui des gens payent pour aller visiter ce site hautement «radioactif ») un cadavre atrocement mutilé est découvert suspendu à la façade d'un bâtiment. le capitaine Joseph Melnik et sa jeune coéquipière Galina Novak tout droit sortie de l'école de police, sont immédiatement envoyés pour enquêter.
Arrivés sur place, ils découvrent le corps suspendu, les bras en croix fixés par des câbles métalliques, paupières et lèvres cousues. D'après son passeport, le cadavre appartient à Léonid Sokolov, citoyen russe. Mais surtout fils du petro-oligarque Vektor Sokolov, anicien ministre de l'énergie en 1986, dont l'épouse et une amie ont été atrocement assassinées à Tchernobyl… le 26 avril 1986 !
Résoudre cette enquête est une vraie aubaine pour Melnik qui souhaite à tout prix quitter l'enfer du commissariat de Pripiat et ses radiations pour vivre normalement à Kiev avec sa femme. En parallèle, Alexandre Rybalko, policier à Moscou, est engagé par Vektor Sokolov pour enquêter à titre privé et secrètement sur le meurtre de son fils. Mais là, pas de quartier : l'ordre lui est donné non seulement de retrouver le tueur mais surtout de le supprimer !
Retourner dans la ville de son enfance, s'immerger à nouveau dans l'endroit où il a vécu le drame de Tchernobyl, là où sont morts ses parents n'a rien de reluisant pour Rybalko. Mais très grassement payé et rongé par une maladie incurable, celui-ci est prêt à tout pour assurer l'avenir de sa fille.
Il ne peut refuser le deal.
Les deux enquêteurs, aux motivations totalement différentes, vont se retrouver face à une série de meurtres exécutés par un tueur fou qui signe ses crimes d'une hirondelle empaillée. Très vite et l'un et l'autre vont faire le lien avec le double homicide perpétré en avril 1986. Alors dans cette ville fantôme et son décors apocalyptique, une course contre la montre et une bataille enragée contre le tueur sont lancées pour nos deux hommes.
Avant de lire ce roman, je n'avais jamais entendu parler de Morgan Audic. Je n'avais non plus jamais lu de roman concernant la catastrophe de Tchernobyl. Ce fut donc pour moi une double découverte.
Le résultat a été plus que satisfaisant. L'auteur signe ici un thriller absolument époustouflant, excessivement captivant. C'est en tout 500 pages sans aucun temps mort : un style percutant, des personnages attachants, une enquête menée tambour battant durant laquelle nous allons de surprise en surprise, avec une fin explosive ! L'histoire est totalement maîtrisée de bout en bout.
Mais au-delà du thriller, l'exploit de l'auteur est de nous embarquer à fond dans ce pays qu'est l'Ukraine : disloqué, divisé par le conflit armé, dont une partie a été sacrifiée suite aux évènements de Tchernobyl et de leurs conséquences directes sur la population qui pour beaucoup vivent toujours parmi les radiations ! Bref, il m'a été impossible de lâcher ce livre avant d'en connaître la fin. Vous l'aurez compris un énorme coup de coeur pour ma part. Si vous n'avez encore jamais lu cet auteur, retenez son nom car il va falloir compter avec lui parmi les tous meilleurs auteurs de thriller en France.
Je remercie donc chaleureusement Babelio et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis grâce à une masse critique privilégiée de découvrir cet auteur.
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Frederic524
  06 mai 2019
Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel ainsi que la Masse critique et Babelio pour leur confiance !
Le second livre de Morgan Audic "De bonnes raisons de mourir" vient tout juste de sortir et je peux vous assurer qu'il va falloir retenir ce nom et le compter parmi les tous meilleurs auteurs de thriller en France. Le nom de Pripiat ne vous dit sans doute rien, et pourtant cette petite ville d'Ukraine vous la connaissez tous car sa centrale nucléaire n'est autre que celle où eût lieu la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Morgan Audic a choisi un sujet fort en toile de fond d'une enquête menée tambour battant : les événements de Tchernobyl, leurs conséquences directes sur la population, la corruption et le laxisme des autorités d'alors et d'aujourd'hui, mais aussi la guerre du Donbass qui secoue l'Est de l'Ukraine depuis 2014, opposant les pro russes séparatistes et les forces ukrainiennes.. Loin des clichés éculés sur l'URSS d'antan et l'Ukraine d'aujourd'hui, Morgan Audic nous décrit avec une grande intelligence, les ressorts, les problématiques de ces événements d'hier et d'aujourd'hui. On sent d'ailleurs que l'auteur est professeur d'histoire-géographie, car de cet écheveau complexe, il tisse une histoire qui va vous rendre addict et où la mécanique et les rouages du récit, sont au service d'un scénario retors et diablement efficace. Un cadavre est retrouvé suspendu à Pripiat, il n'est autre que le fils d'un oligarque russe richissime. Pour ce dernier, de douloureux souvenirs remontent à la surface, car sa femme a été assassinée à Pripiat, le soir où eût lieu la catastrophe de Tchernobyl en 1986.. L'enquêteur russe Rybalko est dépêché sur les lieux, secrètement, pour découvrir qui a commis ce crime et quels sont les liens entre les meurtres d'aujourd'hui et ceux du passé. Payé par l'oligarque, il doit retrouver le tueur qui signe ces crimes d'une hirondelle empaillée. De son côté, La police ukrainienne dépêche Melnyk sur les lieux du crime. Le tueur frappe encore, qui est donc derrière cette série de meurtres et quels sont les liens entre ceux-ci et le double meurtre perpétré en 1986 à Pripiat ? L'enquête va menez le lecteur dans une réalité ukrainienne faite de corruption, de catastrophes écologiques, de conflits armés, de pauvreté, de racisme.. au milieu de ce chaos, les deux enquêteurs, l'un Russe, l'autre Ukrainien vont chacun de leur côté, devoir user de leurs meilleurs atouts pour résoudre cette enquête. On songe aux meilleurs auteurs de thriller quand on lit Morgan Audic ! Le style d'écriture est incisif, la toile de fond est passionnante, l'enquête vous mènera de surprises en surprises avec une tension et une dramaturgie très cinématographique. Véritable page-turner, il m'a été impossible de lâcher ce livre avant d'en connaître la fin. Parfaitement maîtrisé de bout en bout, emmené par des personnages forts, touchants qui ont chacun(e) leurs failles, j'ai été totalement séduit par ce thriller ambitieux et passionnant de bout en bout. "De bonnes raisons de mourir" confirme la maestria d'un auteur qui n'a pas fini de nous surprendre. Un énorme coup de cœur pour ma part. Je vous le recommande chaudement.

Lien : https://thedude524.com/2019/..
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LightandSmell
  20 mai 2019
De bonnes raisons de mourir est un roman captivant et prenant, non pas par son originalité, l'auteur reprenant les grands ressorts d'un bon thriller, mais par le lieu de l'action, l'Ukraine, et plus particulièrement, la ville fantôme de Pripiat vidée de ses habitants à la suite de l'incident nucléaire de Tchernobyl.
La date du 26 avril 1986 est profondément ancrée dans la mémoire collective, mais les personnes non directement impactées ont depuis repris le cours de leur vie sans autre désagrément qu'une éventuelle crainte relayée dans un coin de leur cerveau. La situation est bien différente pour toutes ces personnes qui vivent, elles, avec le fantôme de Tchernobyl qui hante leur histoire familiale, mais aussi leur vie actuelle. Entre les enfants nés avec des infirmités, les cancers qui continuent à se déclarer plus de trente ans après le drame et ces radiations qui font partie de la vie des individus condamnés à vivre près d'un monstre toujours aussi menaçant, la page Tchernobyl n'est définitivement pas tournée pour tout le monde…
Et ce n'est pas l'inspecteur Melnyk et sa jeune collègue, Galina Novak, fraîchement sortie de l'académie de police, qui diront le contraire, tous les deux ne rêvant que d'une chose : s'éloigner de Pripiat et de toutes ces radiations dont il est bien difficile de véritablement se prémunir. Mais pour cela, ils vont devoir retrouver un terrifiant meurtrier qui n'a pas hésité à mutiler et exposer sa victime, un citoyen russe du nom de Léonid Sokolov, sur la façade d'un immeuble. L'enquête, déjà intrigante, va prendre de l'ampleur quand on établira un lien avec le meurtre de la mère de Léonid assassinée en même temps que sa voisine, trente ans plus tôt, lors de la terrible nuit où la centrale a explosé. Difficile alors de ne pas être pétri de curiosité quant à l'identité de ce tueur fou qui signe ses crimes d'une hirondelle !
Léonid Sokolov s'est-il brûlé les ailes en s'approchant trop près de l'identité du tueur de sa mère ? Son père, Vektor Sokolov, un homme puissant et fortuné, en est convaincu, et est bien décidé à arrêter une bonne fois pour toutes cet assassin qui s'acharne sur sa famille. Déplorant l'inefficacité des autorités locales, il engage alors un policier russe, Alexandre Rybalko né à Pripiat, pour mener à bien sa vendetta. le policier s'était promis de ne jamais retourner dans la ville de son enfance, mais ses jours étant comptés, il finit par accepter la proposition afin de pouvoir offrir, grâce à la promesse d'une énorme somme d'argent une fois sa mission accomplie, une vie meilleure à sa fille. Un dernier cadeau d'un père négligent qui n'a pas toujours fait les meilleurs choix dans sa vie…
Nous suivons donc alternativement le policier ukrainien aidé de sa collègue, et le policier russe qui agit à titre personnel et, bien souvent, en dehors des clous. Les deux enquêteurs se rapprochent, d'abord séparément puis en collaborant, de ce tueur répugnant qui se plaît à mettre en scène ses méfaits de manière particulièrement macabre. Prend-il un malin plaisir à mutiler les corps de ses victimes ou ses actes suivent-ils des motivations plus profondes ? Une question, parmi d'autres, qui vous tiendra en haleine et qui vous fera tourner avec avidité ces presque cinq cents pages que je n'ai, pour ma part, pas vu défiler. Il faut dire que l'action est au rendez-vous, les révélations fracassantes et bouleversantes, et les péripéties s'enchaînent sans vous laisser le temps de reprendre votre souffle !
En plus du rythme, j'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteur a su construire des personnages complexes dont on découvre, petit à petit, les faiblesses, les qualités, les attentes, les espoirs… Bien qu'imparfaits, les deux policiers se révèlent donc profondément humains et touchants. Melnyk essaie de composer avec cette Ukraine dans la tourmente et en proie à la corruption, la misère, la violence, la guerre... Honnête dans une société malade qui fait de cette qualité une excentricité, il reste droit quoi que cela puisse lui en coûter que ce soit dans sa vie professionnelle ou familiale. C'est ainsi qu'en travaillant dans des zones à risque, il devient paria auprès de sa propre femme, et qu'en refusant de participer aux magouilles, petites ou grandes, il ne peut apporter à son fils l'aide matérielle dont il aurait tellement besoin…
Ce policier m'a beaucoup touchée, mais c'est bien Rybalko qui apporte la plus grande densité dramatique à l'histoire. En choisissant quelqu'un qui n'a rien à perdre, Vektor Sokolov s'est assuré le support d'une machine de guerre qui nous apparaît pourtant vulnérable. Devant le peu de temps qu'il lui reste à vivre, Rybalko en vient à faire le point sur son passé, le traumatisme de Tchernobyl, son engagement en Tchétchénie qui l'a profondément marqué, et ses nombreux manquements en tant que père et mari. Une introspection tardive sans complaisance qui, en plus d'être touchante, ajoute au sentiment d'urgence que l'on ressent tout au long de la lecture, un peu comme si un compte à rebours était enclenché et qu'on en percevait le tic-tac ininterrompu. Rybalko permet également à l'auteur d'évoquer le racisme en Ukraine et auprès de certains groupes d'individus qui ne voient pas d'un bon oeil qu'un métis ose s'immiscer dans leurs affaires…
Grâce à un style entraînant, vif et immersif, Morgan Audic arrive, en outre, à retranscrire à la perfection l'ambiance sordide et mortifère de Tchernobyl et de ses environs. Au passage, attestant d'un travail de recherche pointilleux, il en profite pour donner des informations qui sont tellement surréalistes qu'on en vient à espérer qu'elles ne soient que le fruit de son imagination : des visites guidées des environs de la centrale d'une indécence folle, des zones protégées qui sont des paniers percés, des objets contaminés qui font le tour du globe…
En conclusion, de bonnes raisons de mourir est un thriller captivant et intelligemment construit qui nous immerge dans une Ukraine en proie à la tourmente et sur laquelle plane le fantôme de Tchernobyl qui se révèle peut-être finalement le plus terrible meurtrier de ce récit. Entre corruption et violence, Morgan Audic nous offre une enquête palpitante portée par deux enquêteurs complexes et complémentaires dont on suit chaque mouvement avec intérêt et appréhension. Voici donc un thriller à l'ambiance aussi sombre et glauque qu'immersive que je vous conseille si vous avez envie d'une histoire rythmée mêlant habilement fiction et réalité.
Lien : https://lightandsmell.wordpr..
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critiques presse (1)
LeFigaro   16 mai 2019
Dans une Ukraine fantomatique, deux policiers traquent, en parallèle, un tueur fou. Un thriller remarquable.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
clodermerclodermer   17 mai 2019
Le plancher s'effondra brusquement. Sa chute dura une demi-seconde. Entre le plancher et les fondations du bâtiment, il n'y avait qu'un mètre de vide. Il se retrouva coincé entre les planches au niveau de la taille, crachant et toussant tout ce que la table de Mendeleïev comptait de métaux lourds radioactifs à cause du nuage de poussière soulevé par sa chute.
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clodermerclodermer   17 mai 2019
Rybalko se retourna vers la trentaine de bêtes qui le transperçait du regard. La minutie de l'ensemble lui fit penser à ces passionnés d'histoire qui reconstituent des champs de bataille en miniature en prenant soin de peindre chaque galon sur les uniformes de leurs soldats.
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ArlieRoseArlieRose   12 mai 2019
En Ukraine comme en Russie, parler à un psy était généralement considéré comme une honte. Un exercice réservé aux "pédales" et aux "tarés" comme lui avait dit un responsable de l'armée russe quand il s'était plaint que rien ne soit prévu pour accompagner les anciens combattants à leur retour de Tchétchénie.
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ArlieRoseArlieRose   12 mai 2019
Sur son visage se peignait l'expression typique du piéton qui vient d'éviter une merde fumante sur un trottoir verglacé.
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LauBlueLauBlue   07 mai 2019
Avec amertume il se dit que le monde se souvenait de dictateurs, de joueurs de foot brésilien et d’artiste peignant des carrés blancs sur fond blanc, mais que personne ne pouvait donner le nom d’un seul de ces hommes qui avaient sauvé l’Europe d’un cataclysme nucléaire sans précédent. Qui connaissait Alexei Ananeko, Valeri Bespalov et Boris Baranov ? Qui savait qu’ils s’étaient portés volontaires pour plonger dans le bassin inondé sous le réacteur 4, pour activer les pompes et le vider de son eau avant que le cœur en fusion ne l’atteigne ? Qui savait que si le magma d’uranium et de graphite s’était déversé dans le bassin, il se serait produit une explosion de plusieurs mégatonnes qui aurait rendu inhabitable une bonne partie de l’Europe ?
Qui le savait ?
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Videos de Morgan Audic (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Morgan Audic
Trop de morts au pays des merveilles de Morgan Audic aux éditions du Rouergue
Depuis trois ans Alice, la femme de Christian Andersen, avocat au barreau de Paris, a disparu. Et depuis trois ans, les gens qui l'entourent se posent la même question : Andersen a-t-il tué sa femme ? Andersen rendu amnésique par un grave accident quelques jours après qu'Alice a disparu et qui cherche en vain à retrouver la mémoire. Andersen qui reçoit des SMS énigmatiques, en forme de questions cryptées. Andersen, le mari inconsolable qui emploie un détective pour retrouver sa femme, si belle, si blonde, si étrangement semblable aux victimes du désormais célèbre Marionnettiste, le tueur aux rituels macabres que la brigade criminelle traque en vain depuis des mois et qui tue, justement, à nouveau. de quoi remettre en selle l'ex-lieutenant, Diane Kellerman, révoquée pour violence et prête à péter de nouveau les plombs. Dans un premier roman où les indices prennent la forme de charades, Morgan Audic tisse un jeu de faux-semblants, de trompe-l'oeil et de chausse-trappes aussi fascinant qu'un conte pour enfants diaboliques.
http://www.lagriffenoire.com/9553-divers-polar-trop-de-morts-au-pays-des-merveilles.html
Vous pouvez commander Trop de morts au pays des merveilles sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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