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ISBN : 2070793796
Éditeur : Gallimard (14/11/2016)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Un dialogue inédit et exclusif entre deux des philosophes les plus influents de notre temps et qui ne s'étaient jamais rencontrés, Alain Badiou, figure de proue de la gauche radicale dans le monde et principal avocat de l'idée communiste, et Marcel Gauchet, représentant majeur de l'antitotalitarisme et défenseur de la démocratie libérale. Ensemble, ils font le bilan de l'Histoire et répondent chacun à leur manière à la question : l'Idée communiste peut-elle survivre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
babel95
  19 octobre 2014
Je remercie Babelio, dans le cadre de Masse Critique, et les éditions Philosophie magazine de m'avoir permis de lire et de faire la critique de Que faire, Dialogue sur le communisme, le capitalisme et l'avenir de la démocratie, d'Alain Badiou et de Marcel Gauchet.
« Que Faire », cette question renvoie à un opuscule écrit par Lénine en 1902 dans lequel, il évoque déjà l'idée d'un parti révolutionnaire d'avant-garde, mais où il demande aussi aux intellectuels de fournir une aide, une analyse face à la domination de la politique économique.
Martin Duru et Martin Legros, journalistes à Philosophie Magazine, dans un hors série intitulé « les philosophes et le communisme », ont jugé pertinent de faire se rencontrer deux philosophes que tout semble opposer, Alain Badiou philosophe partisan du retour de l'idée communiste, et Marcel Gauchet, penseur de la démocratie libérale. Leur premier entretien, positif, a été prolongé deux fois, et au final, a donné naissance à cet ouvrage. Les deux journalistes ont fait appel à Alain Badiou et à Marcel Gauchet pour tenter de répondre à certaines des interrogations de Lénine, transposées à notre époque : « La démocratie libérale n'est-elle pas ébranlée dans ses fondements même par l'emprise du capitalisme et celui-ci n'est –il pas miné de l'intérieur par le poids de la finance ? La politique n'a-t-elle pas perdu tout pouvoir d'orienter l'Histoire ? L'hypothèse communiste, débarassée de ses oripeaux totalitaires, permet-elle d'offrir une solution crédible ? Ou la démocratie est-elle capable de se réinventer pour répondre aux défis de la mondialisation ?
Il s'agit d'un débat de grande qualité, brillamment arbitré. Les deux philosophes s'affrontent à la manière de deux joueurs d'échecs, chacun appréciant l'érudition de son partenaire, tout en réfutant son analyse. J'ai apprécié ce débat, et mesuré la qualité des opposants, tout en le trouvant extrêment abstrait.
Je pensais trouver dans cet ouvrage un éclairage d'intellectuels sur notre époque, ses enjeux, ses difficultés. le débat a porté sur tout autre chose. Les deux philosophes ont semblé heureux de s'affronter, pour l'affrontement en lui-même. Et pourtant, de manière étonnante, la conclusion du débat porte sur la complémentarité de leurs analyses, et sur le pouvoir qu'il faut redonner à la politique « Même les adversaires les plus acharnés peuvent se retrouver s'ils savent identifier ceci : qu'au final, chacun de leur côté et avec leurs armes propres, ils combattent le même ennemi ».
« Que faire » est un ouvrage de grande qualité ; il s'adresse à un lecteur érudit, historien, maîtrisant parfaitement les concepts, et à même d'apprécier un débat entre spécialistes. J'avoue que ce n'était pas mon cas. Pourtant je ne regrette pas d'avoir lu ce livre qui m'a laissée souvent perplexe, déconcertée.
C'est surtout le prologue rédigé par Martin Duru et Martin Legros « L'avenir d'une alternative » qui m'a intéressée et m'a paru plus accessible.
Que faire ? la question reste ouverte, et l'aide des intellectuels plus que jamais nécessaire.
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zenzibar
  04 novembre 2014
Livre reçu dans le cadre de masse critique, merci à babelio et à philosophie éditions
Le titre de ce livre est naturellement une référence au livre de Lénine rédigé lors de son exil en Finlande, livre de réflexion de stratégie de prise de pouvoir écrit avant 1917.
Un livre dialogue entre les deux philosophes Alain Badiou et Marcel Gauchet sur « l'hypothèse communiste ». Pour l'anecdote les deux penseurs ont échangé dans les locaux du siège du parti communiste français à Paris, de l'hôtel Lutetia et des éditions Gallimard…. le choix du second lieu a de quoi laisser perplexe eu égard au contenu des échanges, outre qu'il s'agit d'un établissement de luxe, ce fut aussi le quartier général de la gestapo.

Cette hypothèse communiste est le retour en force de Marx que les logiques mortifères du capitalisme financier ont réussi le tour de force de remettre en selle le vieux barbu. On se souvient que le système de Marx est fondé sur le matérialisme historique, c'est-à-dire sur une « loi » qui constituerait le moteur de l'histoire, le développement des forces productives permettrait aux classes sociales dominantes, à un moment historique, d'imposer un mode de production.
Dans ce déterminisme, le capitalisme après avoir imposé son hégémonie sur l'ancien régime est voué à connaitre des crises à répétition, jusqu'à la crise finale, en raison de la loi de la baisse tendancielle et inéluctable du taux de profit. le prolétariat serait ainsi conduit le à prendre le pouvoir pour instaurer le communisme.
Or, la chute du mur de Berlin en 1989 semblait couronner le triomphe définitif du modèle capitaliste sur le socialisme à tel point que le philosophe Fukuyama énonçait avec autorité « la fin de l'histoire ».
C'est sur ces fondements idéologiques tous les acquis de l'Etat providence, institués pour éviter que les citoyens ne soient tentés par le « modèle » socialiste étatique alors en vigueur en URSS et en Chine ont été progressivement remis en question.
En 2008, il y a eu la chute de la maison Lehman Brothers et du modèle économique sur lequel la banque était adossée. le système était réputé s'auto réguler, il était mathématiquement prouvé qu'une crise n'était plus possible, « l'optimisation des facteurs de production », garantie pour que l'Etat n'intervienne pas et abroge les réglementations mises en place à la suite de la crise de 1929 et du nouvel ordre mondial de 1945. Les algorithmes miraculeux veillaient à la place des réglementations désuètes.
Mais cette nouvelle crise n'est en réalité que la plus violente d'une série à périodicité de plus en plus rapprochée, sans oublier toute les affaires (LTCM, Enron, Vivendi…) qui illustrent l'irrationalité des acteurs financiers et la prise de risques incontrôlée par appât du gain, susceptible de provoquer des crises systémiques. Nous sommes à des années lumière de la main invisible qui garantit les grands équilibres à la fois micro et macro économiques.
Les deux philosophes se rejoignent sur le caractère toxique du capitalisme financier,
Ainsi pour Gauchet « Nous avons aujourd'hui, avec la gangrène de la finance, un capitalisme de prédation, voué à la crise permanente du fait de sa perpétuelle fuite en avant, portée par des instruments de plus en plus déconnectés du réel et incontrôlables », difficile de faire un réquisitoire plus incisif.
De même, il semble y avoir consensus pour considérer qu'il y a une césure entre Lénine, et Marx. le second n'aurait pas été favorable à une dictature de l'Etat, fut-elle imposée au nom du socialisme.
Cette appréciation est pour le moins discutable, Marx n'acceptait pas la contradiction et la biodiversité dans les différentes sensibilités de l'idée du socialisme, il avait une haute idée du caractère scientifique de ses conclusions. le léninisme porte bien les gênes de Marx.
En revanche, la ligne de partage entre les deux philosophes passe par les moyens de réformer les défauts du capitalisme. Gauchet est persuadé qu'il peut être réformé dans un cadre démocratique conventionnel, ce qui n'est évidemment pas le point de vue de Badiou qui considère que les détenteurs du pouvoir ne renonceront pas à leurs intérêts.
Sans adhérer aux conceptions de Badiou notamment à l'égard du maoisme, on ne peut que relever que les espérances de Gauchet pêchent par optimisme.
Les plus grands progrès sociaux du XXéme siécle dans les pays industrialisés les plus modernes ont été rendus possibles, non par philanthropie ou sagesse des détenteurs du pouvoir financier mais parce qu'il y a eu une conjonction exceptionnelle de facteurs favorables en 1945 et dans les années suivantes pour mettre en place les fondations de l'Etat providence. Certes on peut espérer que les grands défis à affronter aujourd'hui puissent provoquer un électro choc dans les consciences collectives et individuelles, mais le chemin semble encore très escarpé, c'est un euphémisme.
Un dialogue de grande qualité entre deux grands esprits, qui met le doigt là où cela fait mal mais qui ne répond pas à la question « que faire ?»
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Tanvyeboyo
  11 octobre 2014
Un débat vif entre deux penseurs sur l'actualité.
Alain Badiou, qui, inspiré par Marx, Mao et Sartre, partage avec Slavoj Žižek et Antonio Negri des critiques sans concession sur le capitalisme. Marcel Gauchet, réformiste humaniste, espère que la démocratie permettra de limiter les excès du capitalisme.
Que faire?', un titre qui s'inspire de Lénine en 1902 et son appel à la Révolution à venir en 1917.
Mais l'échec de l'Union soviétique, entité plus étatiste que communiste, puis les revirements de la Révolution Chinoise, disqualifient-ils ‘l'hypothèse communiste' à jamais ? Des positions opposées ici, mais un débat de haut niveau à découvrir.
Vient ensuite une conclusion surprenante et positive autour d'une alliance tactique qui proposerait ‘la démocratie sociale sinon…. l'hypothèse communiste….'
Le Grand capital doit en trembler.
On évoque les totalitarismes sans un mot sur Hannah Arendt, peu ou rien sur l'Union européenne et son vaste espace de droit, sur les grands enjeux modernes tels l'environnement, le développement durable, le poudrier du Moyen- Orient ou l'avenir de l'Afrique.
Le spectre qui ‘hantait l'Europe' en 1848, peut-il et doit-il renaître à notre époque et sous quel avatar? Au lecteur de juger, seule l'histoire nous le dira.
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Vermeer
  18 octobre 2017
Dialogue entre Alain Badiou et Marcel Gauchet, deux penseurs philosophes contemporains. Essai intellectuellement intéressant bien qu'un peu ardu, surtout dans les premières pages quand tous deux évoquent les mouvements philosophiques qui ont marqué leur jeunesse. Tous deux constatent les excès du capitalisme actuel, du néo libéralisme et de la finance. Cependant, ils divergent sur les moyens pour le juguler
Alain Badiou représente la gauche (très) radicale. Il avait trente ans et était maoïste en mai 1968, il l'est resté (l'avoir été en 1968 me semble déjà anachronique alors aujourd'hui...). Il pense que les démocraties parlementaires ne peuvent juguler le capitalisme de prédation car elles lui sont soumises par essence. En outre, il nie l'aspect spécifique de la crise financière actuelle. Pour mettre fin à ce capitalisme mondialisé, il prône un retour au communisme moderne débarrassé des oripeaux du totalitarisme. Le communisme soviétique dont il ne nie pas le caractère dictatorial souffrait d'un trop d'Etat. Il ne cache pas son admiration en revanche pour le régime de Mao et sa Révolution culturelle du milieu des années 1960.
Marcel Gauchet lui pense au contraire que les excès du capitalisme financier sont dus à une crise politique des démocraties parlementaires dont il analyse les causes, d'un trop peu d'Etat. Il pense possible de brider les excès de l'idéologie néolibérale au sein du modèle de la démocratie parlementaire.
Les analyses sont intéressantes en ce qui concerne l'histoire du communisme, de la Révolution Russe, de l'impérialisme mais les deux intellectuels ne sont guère convaincants sur les modèles qu'ils prônent pour juguler le capitalisme incontrôlé, limiter le primat de l'économie et créer une société radicalement différente (Badiou) ou simplement réformée ( Gauchet). Ils représentant le clivage de la gauche contemporaine.
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Acadie69
  26 novembre 2014
Le titre renvoie bien sûr à Lénine, mais, pour moi, dans la mesure où il touche à une grande quantité de sujets allant de l'éducation au politique, il est plus proche de l'essai Que Faire? de Tchernishevsky...qui a téerminé le titre de l'essai de Lénine.
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critiques presse (2)
NonFiction   05 avril 2017
Un dialogue philosophique portant sur le temps présent, mais qui incite plutôt les protagonistes à se justifier.
Lire la critique sur le site : NonFiction
LeJournaldeQuebec   20 mars 2017
Le vieux routier ­communiste n’a guère évolué en ce qui a trait à la lutte nationale ou identitaire. Badiou ressort les mêmes vieux clichés.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Videos de Alain Badiou (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Badiou
De la défense de la ZAD au blocage des universités, des violences des blackblocs aux expéditions anti-migrants, jusqu'au rêve de destruction du système en général, Livres&Vous vous pose cette semaine cette question : A-t-on raison de se révolter ? Nous tenterons d'y répondre avec deux philosophes que tout opposent. le communiste Alain Badiou qui fait paraitre On a raison de se révolter chez Fayard et le catholique Pierre Manent qui sort au Puf La loi naturelle et les droits de l'homme. Avec : Pierre MANENT : Philosophe, Alain BADIOU : Philosophe.
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