AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782862604213
142 pages
Autrement (30/11/-1)
3.55/5   48 notes
Résumé :
1842. La Comédie humaine - Études de moeurs. Premier livre, Scènes de la vie privée - Tome I. Premier volume de l'édition Furne 1842. Extrait : Le jeune monsieur de Soulas ne pouvait pas se dispenser d'avoir un tigre. Ce tigre était le fils d'un de ses fermiers, un petit domestique âgé de quatorze ans, trapu, nommé Babylas. Le lion avait très-bien habillé son tigre?: redingote courte en drap gris de fer, serrée par une ceinture de cuir verni, culotte de panne gros-b... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
3,55

sur 48 notes
5
2 avis
4
5 avis
3
9 avis
2
1 avis
1
1 avis

Meps
  12 avril 2021
Etrange expérience que cette lecture d'un Balzac qui ne ressemble pas à un Balzac. C'est souvent le cas quand Balzac fait court car il veut malgré tout dire beaucoup... et donc il fait dense. On a presque l'impression d'assister à un condensé du Reader's Digest où on nous aurait épargné les digressions et les effets de style.
Le sentiment est encore renforcé par le récit dans le récit, plutôt astucieusement mené puisque Balzac insère une nouvelle écrite par l'un des personnages principaux et qui permet par analogie de comprendre l'histoire de celui-ci, une sorte de prémisse à l'auto-fiction... Si on rajoute des reproductions de certaines lettres, le roman est vraiment multiforme... Si on ajoute qu'il comprend un triangle amoureux, des intrigues politiques et une peinture de la vie de province, on se dit que ça fait en effet beaucoup pour un roman qui tient en moins de deux cent pages...
L'impression générale est du coup mitigée. On aurait parfois tendance à reprocher à Balzac, comme à beaucoup de ses contemporains, quelques longueurs. J'ai lu certains de ces formats courts (comme Etude de femme) qui m'avait semblé beaucoup plus réussi. j'ai trouvé en revanche plus matière ici à un roman plus étoffé que Balzac ne semble pas avoir voulu prendre le temps d'écrire. le roman est finalement assez manichéen dans sa description des genres: les hommes sont naïfs et emportés par leurs sentiments vers des décisions brutales et les femmes sont décrites comme plus calculatrices, capables de stratagèmes pour arriver à leur fin. On dirait que l'auteur y exprime beaucoup plus ses sentiments personnels ce qui paraît encore plus clair quand on comprend que la nouvelle insérée est clairement aussi autobiographique pour l'auteur que pour le personnage, quand on connaît l'histoire à distance vécue avec Mme Hanska.
C'est peut-être ça aussi qui dérange par rapport au reste de la saga balzacienne, le passage de la peinture d'une société à l'auto-portrait. Balzac semble y régler des comptes avec les femmes et se peindre du coup en victime, ce qui fausse un peu l'authenticité d'une Comédie parfois inhumaine mais habituellement plus juste.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
peloignon
  09 janvier 2013
Voilà un livre étonnant de la part De Balzac.
Il a eu l'idée de montrer le pouvoir des femmes sur la réalité masculine de son époque et ce, en faisant un roman sur un homme où tout passe par le biais d'un personnage féminin.
En effet, toute l'existence d'Albert Savarus est consacrée à l'amour d'une femme qui exige de lui une fidélité absolue jusqu'au décès de son mari et toute son histoire ne nous est donnée que lorsque Mlle Watteville commence à s'y intéresser, ce qui ne se produit qu'à partir du douzième chapitre.
Sans en apprendre encore beaucoup sur le personnage titre du roman, au chapitre 20, Balzac fait lire à son lecteur une nouvelle de dix-huit chapitres écrite par un certain A.S. que Mlle Watteville lit dans une Revue après qu'elle soit tombée amoureuse de ce mystérieux voisin sans l'avoir jamais rencontré en personne. On arrive donc environ au milieu du roman sans trop comprendre encore de quoi il est question.
Par la suite, Mlle Watteville trouve un moyen indiscret de lire la correspondance d'Albert Savarus et l'histoire d'amour exposée dans la nouvelle trouve ainsi une forme plus concrète. Dès lors, Mlle Watteville, après quelques hésitations, s'abandonne à sa passion et choisi de faire d'Albert Savarus son jouet à la vie à la mort. Pour ce faire, il faut l'amener à elle et l'aliéner de son amour avec la mystérieuse italienne de la nouvelle et des lettres.
Balzac nous avertit alors que son récit doit servir de leçon morale aux jeunes filles de ce genre. S'ensuit le déroulement de tous les habiles stratagèmes que Mlle Watteville mettra en branle pour arriver à ses fins, mais quelques erreurs de calculs, dues au fait qu'elle se donne sans compter, et qu'elle ignore la liberté de l'être qu'elle aime d'une passion débridée, vont plutôt détruire complètement ses plans et briser complètement toutes ses chances de bonheur, en même temps que celles de l'homme qu'elle désire et de la femme qui faisait si fièrement patienter le pauvre Albert Savarus.
Évidemment on reconnaît derrière tout cela la relation De Balzac avec Mme. Hanska, dont l'écrivain attendra patiemment la mort de son mari pour l'épouser. D'autre part, l'idée d'évoquer le pouvoir des femmes en ne passant que par le biais de personnages féminins sont des bons points pour ce roman me semble être une très belle idée.
Par contre, la mise en situation est beaucoup trop longue pour un roman aussi court et la leçon de morale est donnée de manière si facile qu'elle ne convaincra personne.
À mon avis, si Balzac avait plutôt écrit une belle lettre passionnée à sa maîtresse, cela aurait sans doute donné un plus beau résultat aussi bien sur le plan amoureux que sur celui de la littérature...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
mu-mu
  13 décembre 2020
J'ai beaucoup aimé ce court roman qui raconte une histoire (des histoires même) sans temps morts, avec de nombreux rebondissements. Quand on l'a commencé, difficile de le lâcher !
Un style original, un rythme particulier avec une nouvelle à l'intérieur du roman et la reproduction de plusieurs longues lettres.
Ce roman est vraiment très différents des autres oeuvres De Balzac que j'ai pu lire, avec un récit ininterrompu et l'absence totale de longues descriptions, mais la fin tellement triste, reste fidèle à Balzac.
Vous pouvez retrouver ce roman gratuitement en PDF en quelques clics !
Commenter  J’apprécie          282
Allantvers
  21 janvier 2018
Sur la base d'une construction romanesque un peu déroutante (avec une nouvelle enchâssée dans ce court roman), Balzac nous offre là , à travers un récit d'amours contrariés par divers facteurs, au premier desquels l'argent bien sûr, de savoureux portraits de personnages enflammés mais tenus par leur rang, corsetés par leur éducation et asservis par leurs divers degrés de fortune.
Toujours cette impression terrible dans les romans balzaciens que les hommes ne sont que des marionnettes déterminées par leur condition sociale, que Balzac nous éclaire en notaire consciencieux, ironique et désabusé, et ce d'autant plus que ceux-là s'agitent dans une de ces provinces mortifères (cette fois-ci c'est Besançon qui prend cher) qui semblent ne tenir que par la comptabilité que l'on peut mettre au crédit de chacun.
Un roman froid, triste et beau.
Challenge XIXème siècle 2018
Challenge Multi-défis 20148
Commenter  J’apprécie          260
monocle
  30 août 2020
Mme la baronne de Watteville tient sa maison d'une main de fer. Sa fille Rosalie est tenue sous une surveillance de chaque instant. Presque adulte elle n'a jamais lu qu'un livre : le missel.
Besançon est en émoi Un nouvel avocat venu d'ailleurs vient de s'installer. Il a tôt fait de s'attirer les faveurs de ses clients et des notables : il fait trembler les prétoires.
Rosalie, qui pourtant était promise à monsieur de Soulas qu'elle trouve fade, se prend de curiosité pour cet avocat presque voisin. Elle le surveille et par l'intermédiaire de la complicité des domestiques intercepte son courrier. La curiosité se mue en amour obsessionnel. Elle cache des lettres, en falsifie d'autres afin de garder cet homme qu'elle vénère auprès d'elle, c'est-à-dire à quelques dizaines de mètres de son jardin.
Mais le résultat de son complot donnera des résultats stupéfiants.
Impossible de conclure ce résumé sans mentionner ce court paragraphe qui concerne monsieur de Soulas qui épousa la mère au lieu de la fille : "Madame de Soulas a deux enfants, un garçon et une fille ; elle a rajeuni ; mais le jeune monsieur de Soulas a considérablement vieilli. — Ma fortune me coûte cher, disait-il au jeune Chavoncourt. Pour bien connaître une dévote, il faut malheureusement l'épouser !
Qu'en penser
Il faut bien reconnaître que cette histoire est compliquée, la lecture pour aboutir doit être attentive, mais il s'agit là d'un véritable trésor. Balzac explose dans tout son génie pour synthétiser une telle épopée.
Lieu de l'histoire : Besançon
période : approximativement 1830 - 1835
Personnages
– Duc d'ARGAIOLO :
– Duchesse Francesca d'ARGAIOLO (née Soderini, elle devient la duchesse de Rhétoré à la fin du roman) : Rosalie découvre que c'est là le « véritable » nom de l'héroïne qui, dans la nouvelle de Savarus, L'Ambitieux par amour, se fait passer pour une anglaise nommée Miss Fanny Lovelace, alors qu'elle serait la princesse Gandolphini, née Colonna. Se croyant trompée par Albert Savarus, d'après les fausses lettres de Rosalie, elle épouse le duc de Rhétoré. Plus tard, lors d'un bal à l'Opéra, Rosalie finit par lui révéler toute sa machination, car elle ne veut pas « être seule à souffrir ».
– Monsieur de CHAVONCOURT : député royaliste de Besançon, mais il est l'un des « fameux Deux-Cent-Vingt-et-Un » qui sont voté l'Adresse de mars 1830, premier signe de la Révolution de Juillet. Donc réélu en 1835 contre le légitimiste Savarus. Il a deux filles à marier, Victoire et Sidonie.
– Abbé de GRANCEY : vicaire général à Besançon, familier des Watteville. Il joue dans l'intrigue un rôle très actif.
– Duc de RHETORÉ : fils aîné du duc et de la duchesse de Chaulieu, frère de Louise de Chaulieu (Mémoires de deux jeunes mariées).
Albert SAVARUS : fils naturel d'un grand seigneur belge. Son histoire est celle de Rodolphe dans L'Ambitieux par amour. Il devient frère Albert à la Grande Chartreuse.
– Prince SODERINI : père de Francesca d'Argaiolo, -
– M. de VAUCHELLES : ami d'Amédée de Soulas et du fils Chavoncourt. Il doit épouser Victoire de Chavoncourt.
– Baronne de WATTEVILLE (née Mlle Clotilde de Rupt)
– Rosalie de WATTEVILLE
PERSONNAGES « DE LA NOUVELLE » (« L'Ambitieux par amour ») :
– le comte BORROMEO : personnage « réel », propriétaire des îles Borromée, sur le lac Majeur.
– le prince et la princesse COLONNA : les parents de la princesse Gandolphini. Ils ont loué une superbe villa au bord du lac de Genève pour y accueillir leur fille et leur gendre.
– le prince GANDOLPHINI : napolitain, « ancien partisan du roi Murat et victime de la dernière révolution », il vit en exil en Suisse. D'abord caché dans le bourg de Gersau, au bord du lac des Quatre-Cantons, il se fait passer pour un vieil anglais, père d'une certaine Fanny Lovelace, en réalité sa femme.
– La princesse Francesca GANDOLPHINI : née Colonna.
– RODOLPHE : son histoire est celle d'Albert Savarus.




+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
peloignonpeloignon   08 janvier 2013
Cette profession de foi, cette déclaration d’ambitieux, ce récit de sa vie et de son caractère fut, ... un chef-d’œuvre d’adresse, de sentiment, de chaleur, d’intérêt et de séduction. Ce tourbillon enveloppa les électeurs. Jamais homme n’eut un pareil triomphe. Mais malheureusement la Parole, espèce d’arme à bout portant, n’a qu’un effet immédiat. La Réflexion tue la Parole quand la Parole n’a pas triomphé de la Réflexion.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
AllantversAllantvers   17 janvier 2018
Amédée possédait le talent de débiter avec la gravité bisontine les lieux communs à la mode, ce qui lui donnait le mérite d'être un des hommes les plus éclairés de la noblesse. Il portait sur lui la bijouterie à la mode, et dans sa tête les pensées contrôlées par la Presse.
Commenter  J’apprécie          150
AllantversAllantvers   18 janvier 2018
L'éducation des filles comporte des problèmes si graves, car l'avenir d'une nation est dans la mère, que depuis longtemps l'Université de France s'est donné la tâche de n'y point songer.
Commenter  J’apprécie          200
AMR_La_PirateAMR_La_Pirate   22 novembre 2016
Madame Watteville, jeune fille dévote, fut encore plus dévote après son mariage. Elle est une des reines de la sainte confrérie qui donne à la haute société de Besançon un air sombre et des façons prudes en harmonie avec le caractère de cette ville.

Quand une bêtise amuse Paris, qui dévore autant de chefs-d’œuvres que de bêtises, il est difficile que la province s'en prive.

il est nécessaire d'expliquer Besançon en quelques mots. Nulle ville n'offre une résistance plus sourde et muette au Progrès. A Besançon, les administrateurs, les employés, les militaires, enfin tous ceux que le gouvernement, que Paris y envoie occuper un poste quelconque, sont désignés en bloc sous le nom expressif de la colonie. La Colonie est le terrain neutre, le seul où, comme à l'église, peuvent se rencontrer la société noble et la société bourgeoise de la ville. Sur ce terrain commencent, à propos d'un mot, d'un regard ou d'un geste, des haines de maison à maison, entre femmes bourgeoises et nobles, qui durent jusqu'à la mort, et agrandissent encore les fossés infranchissables par lesquels les deux sociétés sont séparées.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
AMR_La_PirateAMR_La_Pirate   22 novembre 2016
Pendant la nuit Philomène put dévorer cette nouvelle, la première qu'elle lut de sa vie ; mais elle ne se sentait vivre que depuis deux mois ! Aussi ne faut-il pas juger de l'effet que cette oeuvre dut produire sur elle d'après les données ordinaires. Sans rien préjuger du plus ou du moins de mérite de cette composition due à un Parisien qui apportait en province la manière, l'éclat, si vous voulez, de la nouvelle école littéraire, elle ne pouvait point ne pas être un chef-d'œuvre pour une jeune personne livrant sa vierge intelligence, son coeur pur à un premier ouvrage de ce genre.

Cette charmante créature avait admirablement compris qu'une des premières conditions de l'instruction chez une femme, est d'être profondément cachée.

Une mère élève sévèrement sa fille, la couve de ses ailes pendant dix-sept ans, et dans une heure, une servante détruit ce long et pénible ouvrage, quelquefois par un mot, souvent par un seul geste !

Dans le silence et la solitude, la perspective de cette lutte avait rallumé sa passion et ses mauvaises pensées. Elle développait par avance sa témérité romanesque en faisant plans sur plans. Quoique de tels caractères soient exceptionnels, il existe malheureusement beaucoup trop de Philomène, et cette histoire contient une leçon qui doit leur servir d'exemple. […] Et, tout en machinant ses plans, cette étonnante fille faisait des pantoufles à son père de l'air le plus naïf du monde. Elle redoubla même de candeur et d'innocence en comprenant à quoi pouvait servir son air d'innocence et de candeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Honoré de Balzac (126) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Honoré de Balzac
Après avoir parcouru l'Ukraine pour y exhumer les grandes mémoires enfouies de l'autre Europe, Marc Sagnol y est retourné au milieu des bombardements pour en contempler les ruines.
Les images et les mots, comme une invitation au voyage, nous plongent dans des mondes évanouis, sur les traces des grands penseurs d'autrefois. Avec lui, on arpente la terre noire de l'Est à travers villes et villages, aux côtés De Balzac, de Joseph Roth en Galicie et Bucovine, de Leopold von Sacher-Masoch à Lemberg-Lviv, de Paul Celan à Czernowitz…
C'est en connaisseur de la philosophie et de la littérature que Marc Sagnol traverse les « terres de sang » abîmées par tous les chaos. Terres qui furent celles de la plus haute civilisation et des plus grands malheurs. Quelle fut la culture juive, jadis florissante en ces lieux, et qu'en a-t-il été de sa disparition dans la Shoah ? Qu'est-il advenu de ces mondes révolus ? Comment penser la tragédie d'hier au regard du drame d'aujourd'hui ? Une plongée dans les siècles pour dire que notre destin se joue d'abord là-bas. Actuelle parce que inactuelle, une grande fresque littéraire. Un récit d'exception.
Germaniste, philosophe, Marc Sagnol est l'auteur de nombreux ouvrages dont Tragique et tristesse. Walter Benjamin, archéologue de la modernité, primé par l'Académie française, ainsi que d'un film sur Paul Celan, Les eaux du Boug.
+ Lire la suite
autres livres classés : comedie humaineVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Connaissez-vous La Peau de Chagrin de Balzac ?

Comment se comme le personnage principal du roman ?

Valentin de Lavallière
Raphaël de Valentin
Raphaël de Vautrin
Ferdinand de Lesseps

10 questions
743 lecteurs ont répondu
Thème : La Peau de chagrin de Honoré de BalzacCréer un quiz sur ce livre