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ISBN : 2246810787
Éditeur : Grasset (27/08/2014)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 64 notes)
Résumé :
« J’ai découvert l’existence du mal un samedi matin. Je m’en souviens, il n’y avait pas école. »

Tout commence à Labat, petit village des Pyrénées. Orphelin rêveur et blessé par un premier amour déçu, le narrateur quitte son frère et leur enfance buissonnière pour monter à l’assaut de la capitale. Que cherche ce Rastignac en herbe démangé par la vocation romanesque ? Une mère inconnue, la liberté, une revanche, la gloire peut-être. Mais au lieu du nob... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Aaliz
  20 novembre 2014
Mais qu'est-ce donc que cette folie meurtrière envers le monde animal qui s'empare de nos jeunes auteurs de cette rentrée littéraire ?
Après Pierre Raufast qui a fait subir nombre de tortures aux sauterelles et aux rats-taupes, voilà Gautier Battistella qui s'en prend aux limaces.
J'étais très impatiente de découvrir ce premier roman d'un tout nouvel auteur dont le résumé me semblait très alléchant. Je m'étais donc faite une petite idée du contenu du roman. En général, lorsque je commence une lecture avec des attentes et que l'auteur ne prend pas la direction que je supposais, ça se termine souvent en grosse déception.
Eh bien, ça n'a pas du tout été le cas ici. Bien au contraire, Gautier Battistella a su me surprendre totalement et j'ai englouti ce roman avec avidité.
Tout commence en dehors du temps dans un petit village des Pyrénées où les blessés de la vie se retrouvent et cherchent l'oubli et la rédemption. C'est dans ce village que vont grandir le narrateur et son frère après un douloureux passage à l'orphelinat dont une vieille dame au grand coeur, Mémé, les sauve en les adoptant.
De sa voix enfantine, le narrateur nous raconte son enfance, ses liens avec son frère, les bêtises avec les copains, la peur de la vieille sorcière d'à côté, les premiers amours.
Là où le grand frère semble violent, impulsif et extraverti, le narrateur, lui, plus posé, se tourne vers les activités en solitaire et en particulier la littérature. C'est décidé, il sera écrivain.
Diplôme en poche et tel un Rastignac gonflé à bloc, il part défier Paris où il espère que l'attendent opportunités, succès et célébrité.
Mais c'est plutôt comme un Lucien de Rubempré que le narrateur finit par perdre peu à peu ses illusions et pas que. Il doit de plus lutter contre l'influence malsaine de son Vautrin de frère dont les apparitions toujours inattendues semblent coïncider avec les instants les plus sombres et noirs de sa vie.
On comprend progressivement que le narrateur, qui, parallèlement à son travail d'écriture, est également en quête de son identité et de ses origines, n'est pas totalement maître de ses actes et de son esprit. Les « médiocres » du milieu littéraire, les « limaces » en feront particulièrement les frais.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. J'ai adoré ne pas savoir du tout où l'auteur allait m'emmener, j'ai adoré passer du roman presque « terroir du XIXème siècle » écrit dans le style « Petit Nicolas » au roman noir plus contemporain et au style incisif.
Cette évolution du style, du ton, en fonction de l'âge du narrateur est extrêmement bien menée. J'ai adoré ne pas toujours comprendre ce qui se passait dans la tête du narrateur, ces moments de doute, ces questionnements. J'aime les personnages qui intriguent le lecteur et qu'on ne parvient pas tout à fait à cerner, ceux qui vous surprennent et vous tiennent prisonnier de leurs délires au point que vous vous faites manipuler sans vous en rendre compte.
J'avoue quand même que le « secret » était finalement assez prévisible et que j'aurais aimé quelque chose de plus surprenant mais ça n'enlève rien au fait que j'ai englouti ce livre en 2 jours et que je le reprenais toujours avec grand appétit.
J'ai particulièrement apprécié aussi la critique du monde littéraire actuel, la célébrité imméritée de certains auteurs au talent plus que douteux, l'égocentrisme de certains. Gautier Battistella imagine aussi les critiques que lui feront les « professionnels », dénonce la platitude et le mielleux outrancier de certains compliments, parodie certaines éloges faites à des auteurs adulés. J'y ai retrouvé des phrases « bateau » que moi-même j'utilise parfois dans mes avis et je peux vous dire que ça fait réfléchir !
Dans son interview donnée à ONPC, Gautier Battistella affirme avoir imaginé ce monde littéraire qu'il fustige dans son roman mais ça sonne tellement juste ( on peut même s'amuser à identifier certains auteurs) et ça correspond tellement à l'idée que j'en ai aussi que certaines scènes, malgré leur violence, m'ont faite jubiler ( je vais vraiment devoir penser à la psychanalyse moi …)
Bref, je ne saurai que trop vous conseiller la lecture de ce roman d'un jeune auteur prometteur.
« Je ne l'ai pas appelée tout de suite. Elle aurait été capable de se croire irrésistible. le temps de me préparer à la confrontation. J'avalais chaque soir ma gélule de colère. Je lisais un paragraphe de sa dernière romance, dopée au viagra et aux bons sentiments, troublée par les problèmes d'érection du narrateur et les déboires hormonaux de ses conquêtes, dont l'une n'a même pas dix-huit ans et saigne chaque fois qu'elle se fait pénétrer. Heureusement que le héros, un gentil docteur, la sauve des griffes d'un frère envahissant et d'une soeur suicidaire. J'avalais ses mots en me pinçant les narines. Des mots malodorants, qui font mal gratuitement, sournois. Ils vandalisent le lecteur, drainent la méchanceté comme l'abcès de fixation le pus. Lasse avait inventé le bouquin laxatif. L'exercice se révélait chaque jour plus pénible. Souillé, je ne voyais qu'une alternative à ma guérison : me débarrasser d'elle. »

Lien : http://cherrylivres.blogspot..
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Nadael
  04 septembre 2014
À Labat, village isolé quelque part dans les pyrénées, le narrateur vit avec son frère Jeff chez Mémé une partie de son enfance et son adolescence. Orphelins, cette dame d'une grande bonté les a pris sous son aile. Elle est arrivé un jour à l'institut et les a emmenés avec elle dans ses montagnes. Un lieu paisible, respirable. Si Jeff fait les quatre cent coups et prend plaisir à martyriser limaces et autres chats, si une fureur incontrôlable s'empare régulièrement de lui, le narrateur lui, pense être un garçon plus refléchi, plus posé. Depuis tout petit, il a un goût prononcé pour la littérature, et Mémé le pousse dans cette voie avec bienveillance. Elle lui présente une voisine, Madame Petrovna, une personne étrange et extravagante que les enfants du village appellent la sorcière. Dans son antre, des livres à foison, des histoires plein la tête, et une Remington qu'elle lui offrira. Il n'ira pas chercher l'inspiration bien loin pour écrire ses premières lignes, une telle galerie de personnages l'environne : des hommes et des femmes de la campagne, avec leurs idées toutes faites, leur mentalité de paysans, leur rudesse, leurs commérages, leurs médisances. Jeff se moque sans cesse de lui mais cela ne le gêne pas, il l'aime bien quand même ce drôle de frère, qui apparaît et disparaît à loisir... Il a bien remarqué aussi qu'autour de lui, les gens le regarde bizarrement mais cela ne semble pas le tourmenter plus que ça. Adolescent, il tombe éperduement amoureux de Marie, la fille du docteur – un homme qu'il apprécie beaucoup, pour sa culture, sa gentillesse, son écoute –, mais cette passion ne durera qu'un temps. Elle le quittera, le laissant dans une rage folle. Puis Mémé partira à son tour, définitivement. Jeff, s'étant envolé on ne sait où, il règle les formalités du décès et loue la maison. C'est le moment pour lui de partir, de quitter cet endroit.
Il arrive à Paris, de l'énergie à revendre. Il ambitionne de faire son entrée dans l'univers parisien littéraire, d'écrire un roman, de se faire un nom. Il trouvera un emploi de pigiste et jour après jour, il sent une colère montée en lui ; il ne pensait pas revoir les limaces de son enfance, pourtant ici ça grouille de partout. Plus que de la déception, c'est de l'écoeurement. La seule satisfaction est lorsqu'il retrouve sa mère, celle qui l'a porté dans son ventre, celle qui lui a donné la vie, celle qui l'a fait tel qu'il est. Elle est à Saint-Anne, internée là depuis toujours... Elle ne s'aperçoit pas de sa présence mais pour l'instant ça semble lui suffire.
Il est dégoûté par la capitale, ressentant pour elle une haine ingérable. Des pensées violentes assaillent son esprit constamment. Les acteurs du monde littéraire et les médias l'exècrent au plus haut point. Une sensation d'horreur colle à sa peau, quelque chose à l'intérieur de lui semble lui dicter ses faits et ses gestes. Il suffoque. Alors sur les conseils du docteur – avec qui il entretient une correspondance régulière –, il part pour Bangkok... où il fera la connaissance d'un auteur ayant reçu le Prix Goncourt des années auparavant, un certain Philippe Grêle...
Voici un roman brillant, épatant, difficilement racontable. Avec habileté, Gautier Battistella tisse une histoire d'une incroyable puissance. Les personnages (le narrateur fait très vite penser à Rastignac) ont de l'épaisseur, une présence indéniable ; l'écriture est tour à tour incisive, poétique, imagée... elle bouscule ; l'histoire de ce garçon que l'on suit depuis son enfance est racontée avec justesse, on sent l'évolution de sa pensée au fil des ans grâce aux différents tons et vocabulaire utilisés ; l'auteur, acerbe, profite de ce premier roman pour confier sa vision de la littérature moderne et de ses auteurs actuels, dénonçant les dérives, la place des médias ; et puis il évoque le poids de l'héritage, la filiation, ce fil tenu qui lie les êtres d'une même famille et qui entrave leur liberté. J'avoue avoir lu certains passages en diagonal, quand la violence se faisait trop atroce et dérangeante mais ce roman est brillant, je me répète, avisé et intelligent. Un coup de coeur.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Kittiwake
  25 avril 2015
Il n'y a pas que le jeune homme qui soit prometteur : l'auteur est indiscutablement à suivre, tant ce premier roman révèle des capacités de conteur remarquables. Dès les premières pages, le lecteur est entraîné dans une ambiance intrigante où rêve et réalité se mêlent pour mieux le perdre.
Le narrateur revient sur son enfance, adopté par une brave femme, dans un petit village de montagne, lieu de ses premières expériences de cruauté, entrainé par un frère inquiétant. Vus par les yeux de cet orphelin, les lieux et les personnes sont tous un peu angoissants, mais le récit est si logique que le doute est permanent.
Les années passent et le goût des livres et de l'écriture, conduisent le jeune homme à la capitale. Galères et succès éphémères se succèdent, avec en filigrane, la recherche des origines, les amours déçues, et les désillusions (la caricature, mais en est-ce une?, du milieu fermé des auteurs à succès est croustillante). Cette fois encore, la réapparition du frère mène le jeune homme sur des sentiers pernicieux. C'est presque un jeu de l'oie, avec des avancées qui peuvent vous mener en enfer ou au paradis, de fausses pistes en révélations inattendues.
C'est ce narrateur déconcertant qui mène la danse, diabolique et touchant, soufflant le chaud et le froid pour un récit captivant, et une fin habilement amenée, car si l'issue se laisse peu à peu entrevoir, le doute subsiste.
C'est une expérience de solipsisme, que se définit comme une « attitude du sujet pensant pour qui sa conscience propre est l'unique réalité, les autres consciences, le monde extérieur n'étant que des représentations ». Toute la force du récit vient de la narration à la première personne, qui fait que l'on ressent sans intermédiaire les émotions de cet intrigant héros.
C'est aussi un récit initiatique, au sens où les interlocuteurs rencontrés vont chacun à leur manière façonner le destin du narrateur, pour le meilleur où le pire.
Excellente découverte, à lire sans délai.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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LeaTouchBook
  02 septembre 2014
Curieuse pour cette nouvelle rentrée littéraire de découvrir les premiers romans et donc les nouvelles têtes littéraires, le roman de Gautier Battistella m'intriguait tout particulièrement. D'une part parce que l'histoire traitait de la naissance de l'amour des mots chez un jeune garçon d'autre part par une comparaison avec un certain Rastignac.
Sans pour autant être un coup de coeur, ce fût une très bonne découverte. Tout d'abord au niveau des personnages : le narrateur nous fait découvrir toutes ses pensées et ses part d'ombre mais démontre au fil du récit qu'il ne se connait pas forcément. J'ai eu dès le départ une véritable tendresse pour ce jeune garçon qui va devoir se battre pour faire sa place sans pour autant réussir, un ensemble de choix se porte à lui dont le plus important est celui du dénouement. Je garde comme personnage favori Madame Petrovna qui va apporter la plus grande part d'imagination au protagoniste central; quoique Mémé au travers de son amour inconditionnel est le pilier du jeune homme.
Le point que j'ai vraiment adoré, point subtil sans nul doute est l'évolution du style en adéquation avec la maturité du personnage. En effet l'histoire nous est au départ racontée par un enfant, puis un adolescent et enfin un adulte : le lecteur remarquera alors cette progression dans la narration qui est la marque d'un auteur qui maîtrise les mots de façon incontestable.
J'ai l'impression que Gautier Battistella cherche à renouer avec nos classiques tant par le personnage, que cette exigence de qualité dans le style, le canevas et une touche de folie. Si ce livre n'approche pas encore du Stendhal, je serai très curieuse de suivre les prochains ouvrages de cet écrivain.
Pourquoi je n'ai pas eu un coup de coeur ? Je l'ai eu pour toute la partie enfance/adolescence mais il y a eu un moment de relâchement ou non...plutôt la recherche absolue d'un rebondissement : la folie meurtrière de l'auteur. J'ai eu réellement peur que l'on parte dans du Bret Easton Ellis mais cela a été évité. J'aimais cette première partie qui me rappelait Mensonges et trahisons et plus si affinités avec Edouard Baer (excellent film : sincère, simple et respectueux de la passion littéraire) mais petit à petit cette innocence laisse place à un questionnement du lecteur : où est-ce que Monsieur Battistella veut nous mener ? La part sombre débarque et va nous laisser interloquée : positivement ou non, cela dépendra de la sensibilité de chacun.
La partie violente ne laissera personne indifférent mais je n'ai pas trouvé que c'était la plus intéressante. Ne pas mettre de sang et de sexe dans un livre, ne veut pas dire qu'il sera ennuyeux bien au contraire. La première moitié est digne des plus grands et souligne de manière absolue le talent de l'auteur.
Je dois avouer qu'ayant lu énormément de thrillers, le dénouement était très prévisible. Alors en définitive ? Une écriture et un style excellents, une histoire bien menée avec des moments de doute pour le lecteur, un dénouement prévisible. Pour la suite ? Gautier Battistella est un futur grand romancier, un écrivain dans le style, dans l'ambiance. A lui de poursuivre en crescendo, à chercher toujours et encore à surprendre mais sans partir à l'opposée de ce que le début laisse à penser...
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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Puszi
  23 novembre 2014
J'ai lu ce livre sur les précieux conseils de ma libraire indépendante préférée car c'est un de ses coups de coeur de cette rentrée littéraire 2014. Elle l'a donc exposé dans sa vitrine et un jour, une dame a poussé la porte de sa librairie pour lui demander ce qu'elle en avait pensé. Et cette dame n'était autre que la femme de l'auteur.
Aussi elle a organisé une rencontre autour de Gauthier Battistella et pour que les échanges soient encore plus riches, elle a proposé à 4 de ses clients de le lire avant la rencontre qui a eu lieu hier.
J'ai eu la chance de faire partie des 4 clients.
Le livre est construit en 3 parties très différentes aussi par leur style que par leur thème.
Tout démarre à Labat, un petit village montagnard en Ariège où Jeff et son frère, le narrateur, sont recueillis chez Mémé après avoir fait plusieurs orphelinats et familles d'accueil. Jeff c'est la caïd tandis que le narrateur est plus intello. Il réussit à l'école, aime les mots, écrire...
Leur voisine est la mystérieuse Madame Petrovna. du coup, elle leur fait penser à une sorcière.
Il y a aussi le bon Dr Blandin et sa fille Marie.
Le narrateur est en quête de son identité. Il découvrira la vérité en fouillant dans l'armoire de Mémé.
Changement de décor pour la 2ème partie. Nous voici à Paris. le narrateur découvre la ville, le métro "ce bolide de ferraille harassé qui frissonne et bougonne comme un vieillard paralytique. Il ne connaît que deux saisons. En été, la wagon empeste l'animal moie, le McDo tiède et une foule de relents indistincts. L'hiver, dans le métro, devient tolérable mais plus meurtrier."
Il devient pigiste pour un petit journal Rétro et il s'achète une machine à écrire Remington sur laquelle il commence à écrire. J'ai trouvé tout ce passage sur l'achat de la Remington très savoureux.
Dans cette 2ème partie l'auteur se livre à une réflexion sur l'écriture, le métier de journaliste... Je me suis beaucoup amusée en lisant certains passages. Et tout ce qui touche à sa mère et les visites que la narrateur lui rend m'a à la fois émue et touchée.
Quant à la 3ème partie, j'avoue ne pas avoir trop accroché à tout ce qui se passe à Bangkok ne comprenant pas tellement le lien avec ce qui précède. Pour moi il y avait trop de tout : sexe, alcool, bagarres... Fort heureusement, j'ai poursuivi la lecture et ça en valait la peine pour connaître le dénouement de l'histoire.
Au final, je suis contente d'avoir lu ce livre et d'avoir rencontré l'auteur. Nos discussions d'hier m'ont apporté des clés de compréhension.
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critiques presse (3)
Chro   16 décembre 2014
Les deux exergues témoignent qu’on passe d’un extrême à l’autre : Le Petit Nicolas et American Psycho. Battistella ne fait pas les choses à moitié (400 pages, du souffle, des rebondissements), et ose toutes sortes de jeux casse-gueule, en les réussissant : l’autocommentaire, la satire du milieu littéraire (un joli personnage d’écrivaine hystérique, mélange d’Angot et de Pancol), le doute sur la réalité. C’est rondement mené, les effets sont ménagés avec art (on ne voit rien venir).
Lire la critique sur le site : Chro
Lexpress   27 octobre 2014
Critique gastronomique, Gautier Battistella livre un premier roman rageur, à la plume finement ciselée, assumant sa filiation avec les grands récits d'initiation.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   05 septembre 2014
Toulousain de trente-huit ans, Gautier Battistella donne l'impression d'avoir déjà écrit dix livres. Maîtrise, souffle, vigueur, il a beaucoup d'atouts dans son jeu.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   04 septembre 2014
« J'ai quitté Labat sans regrets. Elle m'avait pourtant accueilli, cette montagne, peut-être même sauvé. J'avais semé des échos plein ses champs, ses sentiers. Les rues du village montaient vers mes cachettes, mes quatre cents coups, mes trésors ensevelis, mes baisers volés. J'avais juste envie d'autre chose, besoin d'immensité. Si je quittais ce désert, c'était pour l'océan, par pour une flaque. Je ne voulais pas de transition. Je ne fuyais pas la campagne pour une demi-ville, avec deux bars-tabacs, un cinéma, et « rendez-vous devant la Poste à dix-sept heures ». La province, j'avais donné. Je voulais agir au coeur, au centre. J'ai pris un billet pour Paris. Je connaissais là-bas deux femmes qui ne m'attendaient pas. »
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NadaelNadael   04 septembre 2014
« Mémé est morte en équeutant les haricots verts. Je l'ai trouvé affaissée sur la table, la joue écrasée contre le bois, les yeux tournés vers la fenêtre, ouverts. Elle est morte sans prévenir : ainsi s'en vont les gens modestes, c'est une tradition, je crois. Mémé aurait été ennuyée de laisser un remords derrière elle. J'ai soulevé sa tête, nettoyé sa joue des queues de haricot qui s'y étaient incrustées, relevé son corps pour l'asseoir de nouveau. La vieillesse s'était échappée avec elle. Elle était redevenue la Mémé éblouissante des premières années, celle de notre enfance, d'avant ma naissance, l'adolescente pétillante que j'imaginais en rêve. Je me suis assis en face d'elle pour contempler cette femme d'un autre siècle et, lorsque la nuit est tombée, j'ai allumé une bougie. »
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NadaelNadael   04 septembre 2014
« L'écriture honnête n'existe pas. Rien n'est plus subjectif qu'une virgule, plus vicieux qu'une parenthèse (l'auteur fait mine d'avoir tout dit, mais au moment où l'attention du lecteur se relâche, tac ! Il fait un bébé dans le dos de la phrase). Je croyais que les mots guérissaient, je m'étais trompé. Ils allègent le présent, c'est tout. Le temps passe, les blessures demeurent : celles que l'on croyait cicatrisées s'ouvrent à la première maladresse de la mémoire. Les plus belles pages de littérature exaltent la tristesse, parlent d'amours déçue, de pardons et de réconciliations impossibles. Mon enfance a été rugueuse, pleine d'échardes. »
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NadaelNadael   04 septembre 2014
« L'écriture me démangeait. Je ne savais pas par où commencer à gratter. Labat était un village sans histoires, qui s'en racontait beaucoup. Il suffit de retourner la terre de quelques centimètres pour voir surgir les vers. J'ai pris les villageois, leurs gueules taillées dans la nuit, leurs jalousies, leurs secrets, et j'ai secoué. Ainsi a commencé une connaissance intime, obscure, de la nature humaine. »
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PusziPuszi   23 novembre 2014
p.263 "Etre un loser de nos jours est une bénédiction. Une preuve d'intégrité. La dernière façon d'être libre... Imagine un ministère aux Médiocrités chargé de s'assurer que le niveau intellectuel moyen de notre nation n'excède pas le point limite. Tu ne ris pas ? Pense au carnage si sept milliards d'individus se trouvaient du jour au lendemain dotés d'une intelligence supérieure ! Les religions imploseraient, les islamistes se feraient exploser en criant Allah Babar, Arte rachèterait TF1."
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Videos de Gautier Battistella (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gautier Battistella
Quatre ans après son premier roman, Gautier Battistella revient en librairie avec une histoire d'effacement. Simon Reijik a pour étrange profession d'effacer les réputations numériques pour permettre aux gens de refaire leur vie. Mais, lui aussi, sera bientôt rattrapé par sa propre histoire quand il reçoit, un soir, un appel téléphonique le rappelant sur les terres de son enfance.
En savoir plus "Ce que l'homme a cru voir" : https://www.hachette.fr/livre/ce-que-lhomme-cru-voir-9782246859734
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