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Guy Goffette (Éditeur scientifique)
ISBN : 2710328992
Éditeur : La Table ronde (08/06/2006)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 12 notes)
Résumé :

Lucien Becker est un poète rare et sa voix unique fut saluée par Camus, Paulhan, Bousquet, Cadou, Char. Né en 1911 à Béchy (Moselle), mort à Nancy en 1984, il a composé, en marge de la vie littéraire et de ses mouvements, une œuvre brûlante autour du corps de la femme, seul rempart contre le néant. Résistant pendant la guerre, il ne cessera de résister à la poésie et à ses ent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Piatka
  30 novembre 2013
Pourquoi donc Lucien Becker est-il si peu connu, alors même qu'il a écrit des poèmes universels, a poétisé si magnifiquement l'amour, la femme, son corps, comme peu d'autres poètes ?
Certes, sa poésie est empreinte de gravité, de solitude, de tristesse, mais toujours aussi de l'omniprésence de l'amour, " rien que l'amour ", même quand il est tenté par le néant, quand la mort l'interpelle. Et puis, c'était un solitaire, peu attiré par les mondanités, qui visiblement ne recherchait pas la lumière. C'est sans doute la raison pour laquelle Il reste assez confidentiel.
Pour autant sa poésie mérite mieux que l'oubli, elle mérite de vivre hors des bibliothèques poussiéreuses. Elle évoque le quotidien, les fulgurances de la vie, du sentiment amoureux, du désir charnel.
La découverte, par hasard, de ses quelques 250 poèmes écrits en 25 ans fut pour moi une révélation ; des phrases simples, des mots de tous les jours, une musique élaborée, souvent brûlante, une plénitude rare.
Je l'ai découvert avec
" Les mots ont été créés pour qu'en fermant les yeux
je puisse venir à toi sans faire un mouvement. "
Puis
" La femme est une flamme. Il faut s'y brûler. "
" Chaque regard est le point final que l'homme met à sa solitude. "
Finalement, quatre vers représentatifs des thèmes chers à Becker
" Dans une chambre une femme m'attend
dont le corps à vif va s'ouvrir au mien
dans un instant d'une plénitude telle
que rien ne peut la limiter, pas même la mort. "
Rien que l'amour pour triompher de la mort.
Ce recueil regroupe outre sa poésie complète, quelques entretiens et des lettres échangées avec Bachelard, Camus, Char, Sédar Senghor, pour ne citer que les plus célèbres.
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sabine59
  11 avril 2019
Rien que l'amour.... Comment voulez-vous résister à un tel titre!
Surtout quand il représente si parfaitement la vie de ce poète injustement méconnu. La préface de Guy Goffette est à cet égard très intéressante et révèle la complexité de l'existence de Lucien Becker, qui écrivait, en parlant de lui-même:
" Un homme dont le nom n'est sur aucune lèvre
va devenir un simple trait sur l'horizon"
Il n'a en effet publié que quelques recueils ( beaucoup des textes de cette anthologie sont inédits) et s'est retiré de la vie littéraire tôt, à cinquante ans, pour vivre à la campagne avec la femme de sa vie. Son rapport à la poésie est contradictoire: il écrit , certes , noue des liens avec de nombreux autres poètes comme René Char ou Joe Bousquet ( les lettres présentées à la fin du recueil en témoignent), mais rejette les diners mondains, et se tient à l'écart de toute mode. Et l'acte d'écrire a été par lui jugé comme dérisoire. Sachez aussi qu'il ne vivait pas de sa poésie, il était haut fonctionnaire et a aidé à sauver des juifs durant la seconde guerre mondiale. Humain et actif.
Si j'ai été un peu longue à vous parler de sa vie, excusez-moi, mais c'était un être particulier, tour à tour exalté et désabusé, passionné et abattu. Cela se ressent dans ses textes, solitude et mort côtoient désir et lumière. Et surtout, je ne veux pas qu'il ne soit qu'un " simple trait sur l'horizon"! Je ne veux pas qu'on l'oublie.
Car je vous l'affirme, ses poèmes sont absolument à lire! Incandescents, sensuels, ils célèbrent avec ferveur le corps de la femme, l'amour absolu, le désir plus fort que la mort, qui l'obsède pourtant et lui pèse dans certains poèmes. Oui, rien que l'amour pour conjurer l'angoisse, pour braver l'ennui, pour sublimer la vie...
" Ton coeur est si proche de mon coeur
que nos artères se mêlent les unes aux autres
et ne retrouvent plus à nos fronts qu'une seule tempe
pour faire battre l'espace.
Bateau venu de la haute mer,
je vais très loin au fond de tes plages
et je me renverse dans les fougères
qui naissent de ton corps entr'ouvert."
Puissance de l'évocation, mots charnels et passionnés, incantation à la femme, à la nature aussi, quelle émotion à la lecture de ces textes!
Alors, je vous en prie, découvrez Lucien Becker, il le mérite tant, la réédition que j'ai trouvée est récente, la couverture de toute beauté ( une femme endormie, allongée sur fond noir, entourée d'iris) et peu chère ( 10€50) .
Vibrez de ces mots inspirés et voluptueux, de cet élan amoureux! Ayez comme moi la fièvre! Le printemps nous y invite...


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Palmyre
  26 décembre 2013
En ce début de matinée, je vous offre un peu de poésie!
Un grand merci à Piatka pour cette découverte! Un grand poète Lucien Becker qui manie les mots délicatement, subtilement pour encenser la femme, et l'amour dans son intimité. Bien que ses poèmes soient parfois empreints de tristesse, de solitude, le recueil de lettres et d'entretiens à la fin de l'ouvrage permet aisément de cerner la personnalité de l'auteur.
Je donnerai le même conseil que Piatka: dépoussiérons nos chères bibliothèques, sortons des sentiers battus et partons à la découverte de poètes qui méritent toute notre attention!
A découvrir! Une pépite d'or!
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Wozniaksandy
  01 juin 2018
Voici le recueil complet des oeuvres de Lucien Becker, réalisé par Guy GOFFETTE sous le titre "RIEN QUE L'AMOUR". Cet ouvrage regroupe, la quasi totalité des poèmes de Becker. On y retrouve aussi des entretiens et une correspondance signée Bousquet, Breton, Char, Dietrich, Paulhan, etc.
Lucien Becker n'est peut-être pas le plus grand poète lyrique de son époque ; mais il sera toujours au plus près du réel, tout en restant farouchement à l'écart de tout artifice.
Dans ses poèmes, il n'y a pas d'orchestration, mais une thématique de l'amour et du silence soutenue par une sorte de contre chant, qui laisse entendre la mort, l'amour et la poésie.
"Rien que l'amour" dresse la figure émouvante d'un homme endeuillé de sa propre vie, finalement peu dupe de ses propres espoirs. La poésie de Lucien Becker est d'une implacable simplicité lorsqu'il s'agit de remettre les hommes à leur place et ne rompt pas avec la quincaillerie lyrique du surréalisme. Ce recueil peut rejoindre les livres vers lesquels on revient sans cesse, pour la fraternité qu'ils entretiennent ou comme sur une épaule amie qui se mérite.
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Bequelune
  21 avril 2018
De Lucien Becker, je connaissais les poèmes d'amour. Cette façon, sublime et originale (aussi bien sur la forme que sur les images déployées) de conter l'amour des femmes, l'amour des corps féminins en mobilisant le soleil, les rivières, la terre, les 5 sens.
Avec ce bouquin qui compile la quasi intégralité de ces écrits publiés, y compris des interviews du poète, je découvre la face "sombre" du personnage : un homme torturé (comme tous les grands amoureux), qui combat une dépression rampante et un ennui du monde gagnant en proportion au fil des années.
Même si je suis moins sensible à ces textes là, je reste un grand admirateur de Lucien Becker. A ce jour, le poète français dont je "goute" le plus les textes et les métaphores. Sans doute pas aussi connu qu'il le mériterait, c'est un des grands poètes de la littérature en langue française.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   28 juin 2015
LOIN DES VILLAGES

Loin des villages caillés, loin des routes
qui courent voir le soleil se lever sur les usines,
nous descendons dans l'été
comme au fond d'une cloche sous-marine.

Avec le coeur remonté jusqu'à la mort,
nous laissons le ciel se souder à nos yeux.
Je tiens ton visage dans ma main ouverte
comme s'il était ma seule richesse.

Ton regard lourd de cils est si mince et si long
qu'il est facile à ma vie d'en faire son horizon.
Avec tout le poids de l'espace sur la nuque,
tu viens, d'un seul baiser, te délivrer sur ma bouche.

Il nous faudra des années
pour revoir l'oiseau de clarté
qui se jetait chaque matin dans la vitre
et qu'on retrouvait, tué, le soir en plein miroir.

PLEIN AMOUR - Les pouvoirs de l'amour
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PiatkaPiatka   30 novembre 2013
LES POUVOIRS DE L'AMOUR - 11

Tes cheveux se dénouent sur mon corps
comme une moisson de blé perdue
au détour d'un champs de rosée
dans un matin qui n'a pas de bords.

Tu cherches mes lèvres avec la soif
de quelqu'un qui a traversé le monde
pour aller voir la neige fondre
sur des sommets moins hauts qu'un baiser.

Tu es vivante comme peut l'être
le cri d'un fruit qu'on mord.
En t'aimant, je prends tout l'or
qui veille à l'entrée de ta chair.
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PiatkaPiatka   30 novembre 2015
Le bouquet de l'air entre les lèvres,
tu descendais le haut escalier
qui menait de ton existence à la mienne
et j'avais le vertige pour toi.

Quand mon coeur cherchait ton coeur
sous sa mince écorce de vie,
nos regards étaient si près l'un de l'autre
qu'ils ne faisaient plus qu'une seule allée de cils.

Il semblait que, captive de mes mains,
tu ne puisses plus vivre sans moi sur la terre.
Ton corps n'était plus qu'un feuillage
qui frémissait au gré de mon désir.

Le ciel n'était pas plus nu que ta chair
quand elle se dressait près de moi
comme la seule source
que mes doigts aient jamais pu retenir.

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sabine59sabine59   07 mars 2017

Avant d'entrer dans les bois,
La pluie frappe aux feuilles
Qui sont pour elles le seuil
D'une solitude sans poids.

Elle a parcouru tout l'espace
Pour venir sans hâte couler
Dans d'obscurs sentiers
Où rien ne doit marquer son passage.

Il suffit pourtant d'un rayon de soleil
Pour qu'éclate sa présence ,
Pour qu'un instant la forêt pense
Aux vitres dont elle l'émerveille.

Un couchant doit surgir
De cet incendie d'eau
Où là terre s'éclaire de ce qu'elle a de plus beau
Parce qu'elle aime les forêts à en mourir.



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sabine59sabine59   06 septembre 2017

Du soleil il ne reste que quelques étoiles
qui tournent lentement avec le ciel
et le jour pour qui l'univers n'était pas assez grand
se laisse capturer dans les lampes.

De toi je ne discerne plus qu'une épaule
comme un couchant au bord du drap,
qu'une tempe où, telle une source,
le sang fait remuer ses herbes les plus hautes.

Mais tes yeux fermés sont les bourgeons
d'où va surgir demain toute la forêt
et la voix que tu gardes, posée sur tes lèvres,
donnera, en me nommant, un nom au silence.

La nuit continue à marcher de son pas de géant
sur chaque semence de la terre,
sur ta gorge vissée à fond dans mes mains,
sur le rêve où nous allons nous rencontrer.








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