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ISBN : 2070442896
Éditeur : Gallimard (26/01/2012)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 55 notes)
Résumé :
Année 1096. Lorsque son oncle, Bohémond de Tarente, décide d'abandonner Syracuse et de répondre à l'appel à la Croisade lancé par le pape Urbain II, le prince Normand Tancrède de Hauteville y voit la récompense de ses prières vibrantes. Quitter un Occident qui, inexorablement, s'enténèbre, et marcher sur Jérusalem pour délivrer le Tombeau du Christ et baigner dans la lumière de Dieu... Quel destin plus glorieux pourrait-il y avoir pour un jeune chevalier qui a grand... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  28 septembre 2013
Pour résumé il s'agit la quête idéelle d'un idéaliste : un personnage empathique qui cherche à imposer la paix pour trouver la paix. Et pour un connaisseur, je dirais que le réel point de divergence est la mort de Bohémond lors de la prise d'Antioche suivie de l'armée turque qui rebrousse chemin ou lieu d'assiéger les croisés dans la cité.
Car la partie l'Apostat est particulièrement bien documentée d'un point de vue historique : la démarche est très séduisante de s'immerger ainsi dans la 1ère Croisade avec la narration à la 1ère personne, et mieux on connaît les événements réels et mieux on peut apprécier le récit d'Ugo Bellagamba qui nous mène de la Sicile à Jérusalem.
La 2e partie, dans laquelle l'appellation uchronie prend tout son sens, m'a moins séduit : multiplication des ellipses temporelles, écriture plus froide, narration plus détachée, introspection beaucoup plus intellectualisée. Un style particulier aussi caractérisé par la concision (les phrases courtes constituent l'essentiel de sa prose) qui masque une grande maîtrise de la langue française, qui s'épanouit dans les trop rares passages descriptifs. Pour le meilleur et pour le pire, j'ai un peu retrouvé le ton, le style et les thèmes du cultissime René Barjavel ! Bohémond, Raymond de Saint-Gilles, Godefroy de Bouillon, les Pierres de Sang… avaient une présence qu'on retrouve moins dans Gaston, Clorinde, le Vieux et ses Assassins, qui sont plus dans la réflexion que dans l'action. D'ailleurs tous ses personnages auraient effectivement mérité quelques pages de plus.
Heureusement l'unification de l'umma et le lancement du djihad permet au récit de ne pas terminer en eau de boudin.
Religion, fanatisme, violence, manipulations, personnages qui doutent d'eux-mêmes et de leur mission, j'ai vu en Tancrède, Gaston, Clorinde, le Vieux de la Montagne… de nombreux protagonistes du "Prince du Néant" : Sarbon et Tancrède même quête ? Achamian et Gaston même combat ? Heureusement que les 2 oeuvres ne boxent pas du tout dans la même catégorie, car la comparaison aurait été quand même rude avec le chef d'oeuvre de Richard Scott Bakker.
Ce "Tancrède" me donne envie de me replonger dans "Les Croisades Vues par les Arabes" d'Amin Maalouf, mais aussi dans les nouvelles très intenses de R.E. Howard contenus dans le recueil "Le Seigneur de Samarcande". Car nombre d'acteurs des croisades sont de parfaits candidats à des romans historicisants ! (je pense notamment à Conrad de Montferrat, aux sonorités quasiment howardiennes, qui serait quasiment devenu roi de ses propres mains s'il n'avait été assassiné par 2 envoyés du Vieux de la Montagne à la sortie de sa messe de couronnement)
Ce "Tancrède" donne aussi envie de (re)lire :
- la "8e colline de Rome", un roman complètement historique pour le coup qui se déroule dans la Nice romaine
- l'excellent "Double Corps du Roi" coécrit avec Thomas Day !
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boudicca
  19 mai 2012
Ugo Bellagamba nous entraîne avec « Tancrède » dans un Orient du XIe siècle en pleine mutation, bouleversé par l'arrivée des armées chrétiennes envoyées dans le cadre de la fameuse Première Croisade. Pour son premier roman solo (il en avait déjà co-écrit deux avec Thomas Day), l'auteur a donc opté pour un mélange de fantasy et d'histoire et nous propose une uchronie centrée sur la personne du prince normand Tancrède de Hauteville. Le principal attrait de l'ouvrage réside avant tout dans la reconstitution du contexte historique à propos duquel l'auteur s'est manifestement abondamment renseigné. Les alliances, les trahisons, les batailles, les sièges, les massacres... : Ugo Bellagamba revient sur les différentes étapes de cette première « guerre sainte » à mesure que les croisés progressent de ville en ville, de Nicée à Jérusalem en passant par Antioche ou encore Dorylée. Des noms emprunts d'un certain exotisme qui donne l'occasion à l'auteur de proposer une vision de cet Orient du XIe siècle particulièrement saisissante, pleine de beauté et de mystère et surtout jamais caricaturale.
L'intrigue est quant à elle relativement bien ficelée et c'est non sans une certaine avidité que le lecteur suit les pérégrinations du protagoniste qui va devoir surmonter bien des épreuves et va parcourir bien du chemin. D'un chevalier chrétien sûr de sa foi à un apostat rejeté par ses paires en passant par un espion-assassin : les rôles endossés ne manquent pas et leur diversité tient sans mal le lecteur en haleine tout au long du roman. Un bémol toutefois : le personnage de Tancrède qui ne m'a que peu touché. En dépit de l'intérêt que l'on porte au long cheminement intellectuel suivi par le héros, on peine en effet à s'attacher à ce chevalier trop froid, trop distant dont on ne parvient pas toujours à bien saisir la personnalité et les véritables motivations. Les personnages secondaires peuvent quant à eux paraître quelque peu effacés au début du roman mais, fort heureusement, l'auteur nous offre dans la seconde partie une galerie de portraits très réussis et, pour le coup, plus marquants que le personnage de Tancrède lui-même.
Ugo Bellagamba signe avec « Tancrède » un bon roman dans lequel il se plaît à modifier le parcours d'un chevalier chrétien parti entreprendre la Première Croisade. L'auteur mêle ainsi savamment fantasy et Histoire et, si le personnage principal peine à convaincre, on en reste pas moins saisi devant la vision proposée ici de cet Orient du XIe siècle revisité.
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Sileva76
  31 mai 2018
Je tiens à remercier l'auteur pour le bon moment passé en lisant son livre. Il est certainement un peu convenu de remercier, mais je tenais à le faire. Il est très agréable d'avoir une bibliographie à la fin de l'ouvrage (pour une uchronie), car cela permet d'aller voir d'un peu plus près, de creuser le sujet. Certains auteurs médiatiques de romans historiques (je ne citerais pas de noms) ne le font pas. En effet, pour un roman qui aborde un sujet historique, il me semble intéressant, après coup, de pouvoir en savoir un peu plus sur l'intrigue et sur les personnages, et si possible en allant voir aux sources utilisées par l'auteur lui-même.
En tout cas c'est très agréable à lire. Un reproche que je pourrais toutefois formuler est la lenteur avec laquelle je suis entré dans l'histoire. En effet, le début m'a semblé un peu long, jusqu'à ce que l'histoire se mette en place. Sinon, je trouve l'évolution psychologique du personnage de Tancrède très bien rendue. Je n'en dirais pas plus sur l'histoire que le résumé de l'éditeur ci-dessus (il faut découvrir le livre). Peut-être les scènes de combat sont aussi trop démonstratives.
Les Croisades sont le coeur de l'histoire et l'auteur a voulu (il me semble) donner une certaine profondeur aux événements historiques tout en ajoutant des éléments classiques en science-fiction (comme les Musulmans qui détiennent des armes "futuristes"). le rapport des personnages à la religion, à leur perception de l'autre est une réussite indéniable du livre. C'est d'actualité en un certain sens (et en surinterprétant peut-être la volonté de l'auteur).
Je dirais que l'histoire est plutôt prenante. J'ai lu le roman assez rapidement, ce qui est rare me concernant. Les personnages sont assez bien réussit. Pour autant, le livre étant court, il ne faut pas s'attendre à une psychologie très recherchée. C'est même parfois caricaturale. C'est aussi le contexte de l'histoire qui veut ça.
D'une manière générale, j'ai beaucoup apprécié ce roman. Les prix obtenus sont mérités. Malgré tout, j'ai été un peu déçu par des passages qui manquent de profondeurs et de subtilités (parfois ennuyeux, mais ça passe vite !). Aussi, l'intrigue est longue à se mettre en place, ce qui rend ennuyeuses les premières pages.
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Walktapus
  06 décembre 2010

C'est un roman assez court mais riche, dont le personnage central et narrateur est Tancrède de Hauteville, Normand de Sicile qui participa à la première croisade. le début suit la trame historique, et puis on diverge petit à petit pour tomber dans... l'uchronie bien sûr. Tancrède est un personnage historique, repris dans la Jérusalem Délivrée, du Tasse, et le projet de ce livre prend sa source dans le Tancrède de Campra opéra recréé par le grand père de l'auteur. Mais on est loin du Baroque, ici.
Le Tancrède de ce livre est un croisé en quête mystique, à la différence de ses collègues dépeints comme ayant des appétits plus « terrestres ». Il va se transformer mentalement et changer ses allégeances au fur et à mesure que son parcours l'écarte de celui du Tancrède historique. Sa soif d'absolu va le mener, à travers bien des transformations dans tout l'orient, de Byzance à Jérusalem, du Caire à la forteresse d'Alamut. le livre décrit une géopolitique convaincante, et parfois complexe de cet espace, entre Croisés, Byzantins, Turcs, Fatimides, Sunnites et Assassins. Les connaissances historiques de l'auteur sont très solides. D'ailleurs il est historien.
Malgré le style élégant, et le souffle parfois violent qui anime le livre, je n'ai pas réussi à rentrer dedans, ni surtout à me laisser convaincre par le personnage ou l'histoire, à tel point que j'ai abandonné le livre en plein milieu pendant trois semaines avant de me forcer à le reprendre. Je ne sais pas si c'est du au caractère un peu « désincarné » du style, à une psychologie assez peu convaincante du personnage, ou simplement au fait que ses aspirations me sont tout à fait étrangères. Ou peut-être est-ce du à la brièveté du texte. En dehors de Tancrède, il n'y a pas vraiment de place pour autre chose dans le texte.
Mon sentiment est donc mitigé, mais je retiendrai le côté original du livre, et un jeune auteur à suivre de près.
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Arakasi
  04 juillet 2012
"Tancrède" est une uchronie se déroulant durant les croisades à la fin du XIe siècle et racontant l'histoire d'un jeune croisé normand, Tancrède de Hauteville. Ardent chrétien, celui-ci voit comme une bénédiction du Ciel la décision de son oncle Bauhémont de se joindre aux armées occidentales pour aller délivrer le tombeau du Christ.
Hélas, les choses ne se passent pas comme prévu… de famines en massacres, en passant par les épidémies de fièvre, les lynchages et autres joyeusetés, les illusions de Tancrède ne vont pas tarder à se briser sur les murailles poussiéreuses de Jérusalem. Déchiré entre sa foi et sa conscience, sa loyauté pour ses compagnons de guerre et son admiration grandissante pour l'adversaire musulman, le jeune normand va devoir choisir un camp. Sa décision influencera non seulement son avenir, mais ceux de l'Occident et de l'Orient... Très habile uchronie et fascinant roman historique, "Tancrède" est un plaisir à lire, un de ces romans qui parviennent à être très divertissants, tout en regorgeant de thématiques passionnantes autour des divergences culturelles et religieuses.
Ajoutant au passage que le roman donne une vision extrêmement bien renseignée et détaillée des croisades : pour peu que l'on s'intéresse un peu à cette période de l'Histoire, on termine sa lecture avec une envie dévorante de se procurer une demi-douzaine de bouquins sur le sujet pour démêler la réalité et de l'uchronie.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   28 septembre 2013
Ici, à Alep, point d'impasses obscures, point de venelles envahies par la boue ou les immondices. Des places carrées ponctuent l'espace urbain à intervalles réguliers, jouant le rôle de puits de lumière et d'attracteurs d'activité commerciale. Les étals des maraîchers s'y disputent l'espace avec les marchands de textiles, formant une enivrante mosaïque de couleurs, de textures et de senteurs. Mais, et j'en admire toute la pertinence, les artisanats les plus bruyants et les plus polluants ont été relégués à la périphérie de la cité : tanneurs, teinturiers et forgerons sont là-bas, à l'ombre des murailles. Les vents emportent leurs fumées loin du centre. Le quartier des bains, à ciel ouvert, jouxte celui des affaires, et l'hôtel des monnaies n'est pas loin de la grande halle où se négocient, à haute voix, les plus précieuses des marchandises apportées par les caravanes. Le minaret de la Grande Mosquée, point focal de la ville, est visible dans quelque endroit où l'on se trouve. Sa blancheur effilée, d'où monte l'appel à la prière plusieurs fois par jour, est l'équivalent de l'étoile polaire qui, dans l'ordonnancement céleste, indique la direction du nord.
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TeaSpoonTeaSpoon   16 mai 2012
Les Pyramides sont filles du Temps. Si une civilisation les a bâties, sans doute était-elle antérieure au Déluge et il ne reste d'elle que la Pierre, immuable. Je crois qu'elles ont été libérées du sable, lorsque le vent a soufflé sur le désert, pour la toute première fois. Elles seront toujours là, j'en suis sûr, bien après la fin des hostilités en Terre Sainte, bien après la Croisade et la chute de tous les royaumes chrétiens d'Occident. Elles verront sans doute des Empires se dresser et retomber, avant que leur substance ne soit entièrement rongée par le vent du sud.
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PazouPazou   19 novembre 2014
Je repère immédiatement Baudouin, encadré par ses chevaliers à l’air farouche. Ils ressemblent plus à des mercenaires qu’à des pénitents. Lui-même, petit et gros, le visage mangé par une barbe sale et le baudrier de travers, ressemble à l’un de ces barons félons qui écument les frontières des principautés occidentales à la recherche de richesses à dérober. Il n’a rien de la dignité de son aîné. C’est bien simple, à ses côtés, le truculent Bohémond aurait pu passer pour un ascète accompli.
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PazouPazou   18 novembre 2014
Dans le regard du jeune sultan, je ne peux déceler aucune duperie.
Pourtant, on dirait qu’il récite des phrases apprises par cœur.
« Pourquoi faire appel à moi ?
- Parce que toi et tes chevaliers êtes désormais une pièce libre sur l’échiquier du Destin. Parce que je crois qu’une trentaine de guerriers déterminés, emmenés par un chef aux idées claires, peut changer le futur mieux que cents armées. Si tu m’aides, je te livrerai les clefs de la sauvegarde de Jérusalem. »
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AlfaricAlfaric   28 septembre 2013
La Croisade me paraît hanté d’arrière-pensées inavouables et entaché d’un fanatisme qui confine à l’idolâtrie : la foi la plus pure n’a besoin ni de fiefs ni d’objets sacrés.
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Videos de Ugo Bellagamba (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ugo Bellagamba
Extrait de la conférence "Apocalypse tomorrow" aux Utopiales 2017 avec A.Jestaire, U.Bellagamba, C.Bec, P.Bordage et D.Tron.
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