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EAN : 9782818020203
288 pages
Éditeur : P.O.L. (06/03/2014)

Note moyenne : 3/5 (sur 19 notes)
Résumé :
«Ce qui arriva alors... J'ai prononcé les mots de "surprise sans limites" à propos d'autres événements. Dire maintenant que ma surprise fut sans limites donnerait non une pâle idée (ni même blafarde ou livide) de ce que je ressentis, mais n'en donnerait aucune, tant le désastre dont je fus le témoin, et l'acteur... Je renonce. Je me borne pour l'heure à rapporter les faits sans détour ni commentaire, avec le plus de précision et de vérité possible, dans l'espoir qu'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Herve-Lionel
  10 septembre 2014
N°801 – Septembre 2014.
LE LIVRERené Belletto – P.O.L.
Michel Aventin, scénariste qui a mis son métier en parenthèses et acteur éphémère d'un film de série B vient de perdre sa soeur, Élisabeth, une jeune et célèbre pianiste à qui il était très attaché. Il éprouve le besoin de revenir dans la clinique où cette dernière était soignée avant sa mort pour saluer le médecin et le personnel soignant qui ont été très présents autour d'elle. Sa visite a aussi pour but de rencontrer une infirmière, Eva Tircée, mais cette dernière a quitté l'établissement pour le Midi où elle souhaite désormais s'établir. Il la rencontrera pourtant à la fin quand elle reviendra pour procéder à la vente de son studio parisien. de son côté il s'est séparé de sa femme Liliane et a beaucoup de mal à surmonter toutes ces épreuves, en perd le sommeil et a même quelques petits soucis de santé qu'il combat avec un sédatif. Lors de sa visite à la clinique, il a aperçu, dans la chambre qui avait été occupée par sa soeur, un homme entre deux âges, hospitalisé, qui lui a adressé un regard mauvais [« Jamais ne n'avais vu autant de haine dans le regard d'un homme »]. Il a fixé avec intérêt la chevalière que Michel portait à l'annulaire, un bijou trouvé par hasard et qu'il s'était approprié, un peu comme s'il souhaitait s'en emparer. Cet homme, Cyril Mallier, à la fois mystérieux et mentalement dérangé, lui fait même parvenir une lettre et cette rencontre est tellement obsédante qu'il rêve que cet homme lui annonce sa propre mort.
Michel Aventin est de plus en plus perdu dans sa petite maison parisienne où tout lui rappelle sa défunte soeur. Pour exorciser sa peine, il se raccroche à des tâches quotidiennes même si on sent bien que cela ne sera pas suffisant. Fragilisé par ce qu'il vit, il reste cependant obsédé par le regard de ce mystérieux homme, disparu depuis de la clinique et qu'il souhaite retrouver. Dès lors, le lecteur entre dans le domaine de l'absurde, un véritable délire paranoïaque, une obsession pesante et même un peu dérangeante de suspicion et aussi de mystère. Au vrai, il est difficile de résumer ce roman à cause des fréquents rebondissements qui s'y produisent et qui remettent en question ce qu'on pouvait éventuellement avoir compris. Restent peut-être de grandes idées ou plutôt des impressions.
Il devait être très déprimé ce Michel Aventin pour refaire le monde à sa manière, un peu comme s'il se vengeait ainsi de sa vie ratée, de sa solitude, de ses échecs ; d'autres se jettent dans l'alcool ou la drogue pour oublier. Lui il se réfugie dans le rêve ou dans l'imagination sans qu'on puisse très bien savoir si on est dans le songe ou dans la réalité.(« Était-ce ma vie tout entière que je rêvais, était-ce moi qui me dictais le songe que j'aspirais à coucher sur le papier, l'un de ces jours proches ? »).
Il y a entre les personnages une atmosphère délétère d'hésitation, de confusion, de mystère ; c'est vrai que dans la vraie vie il faut se méfier de tout le monde, y compris de ses proches, mais quand même, cette ambiance malsaine m'a un peu dérangé ! Il y a aussi ces fréquentes obsessions (la chevalière, la voiture, le roman, le film, la mort...) qu'un professionnel de la psychiatrie pourrait sans doute expliquer mais qui m'ont un peu dérouté. Mais celles-ci me semblent contrebalancées par le fantasme qu'il entretient autour des femmes qui croisent son chemin.
Venons-en au livre (qui donne peut-être son titre au roman ?) que Cyril Mallier aurait écrit, ce qui se révèle faux en ce qui concerne son auteur, son histoire, la signification, son titre. Les circonstances de la rencontre que fait Aventin dans la librairie ne sont guère éclairantes et tout semble encore plus confus. La lecture qu'il en fait lui semble insipide et n'est pas sans lui rappeler sa rapide étreinte avec Évelyne Doublier, une avocate rencontrée au hasard de ses pérégrinations.
Pourtant à travers notamment le personnage de Michel, l'idée de mort plane sur ce livre mais, même si ce dernier peut facilement être taxé de timide, on le sent attiré par les femmes qu'il croise dont il tombe facilement amoureux, à cause sans doute de son état de déréliction. C'est un peu comme si, à cause de sa solitude et de son deuil, il cherchait à se raccrocher à un visage de femme. C'est un peu comme si dans ce roman, Éros dansait en permanence avec Thanatos ! Pourtant, Michel est attachant dans ses hésitations, dans cette sorte d'état où il tombe en permanence amoureux de toutes les femmes qu'il croise et qui sont sans doute un antidote à sa solitude, dans son obsessionnelle démarche en direction de sa soeur, dans cette volonté de remettre ses pas dans les siens pour entretenir sa mémoire ou pour la rejoindre dans la mort. Ceux qui ont perdu un être cher n'agissent souvent pas autrement... Quant à l'assassinat d'Évelyne qui apparemment restera une énigme, ce n'est pas cela sans doute qui va arranger son équilibre déjà fragile ! Eva sera peut-être son sauveur ?
J'ai pris ce roman par hasard sur les étagères de la bibliothèque puisque l'auteur m'était parfaitement inconnu. Comme tout le monde j'ai commencé par lire la 4° de couverture qui m'a semblé assez sibylline. C'était sans doute là une raison suffisante pour entamer une rencontre avec un auteur. J'ai donc lu ce roman, sans enthousiasme cependant, peinant même à poursuivre ma lecture à cause d'un style qui m'a paru laborieux et une histoire à rebondissements sans grand intérêt. J'ai pourtant poursuivi, par curiosité sans doute, même si mon sentiment pour ce roman était de plus en plus mitigé au fil du texte, à la fois fiction et réalité. (un personnage comme Mallier, qui se croit tout permis et cherche à s'insinuer dans la vie des autres sans la moindre retenue existe bien dans la vraie vie. Il est un séducteur, ou plutôt un dragueur, insaisissable et audacieux, l'opposé exact de Michel Aventin plus discret et réservé avec les femmes comme si chacune d'elles lui rappelait sa soeur et sa femme. Lui semble cependant évoluer dans un autre monde !).
Je ne suis pas bien sûr d'avoir tout compris et je suis peut-être passé à côté de quelque chose de passionnant sans le savoir mais, le livre refermé, je ressens une sorte de malaise , en tout cas le contraire de ce que j'attends d'un roman : qu'il soit un bon moment de lecture !
©Hervé GAUTIER – Septembre 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Chatoon
  02 juin 2014

Bizarre, vous avez dit bizarre…
Michel Aventin vient de perdre sa soeur, pianiste de renom. Lui, scénariste aussi très connu, vient de se séparer de sa femme et ne surmonte pas ses chagrins. Il somatise à l'envie tous ses fantômes et ritualise son quotidien grâce à des tâches qui le rassurent. Il erre de médication contre l'insomnie en investigations médicales à la recherche d'une possible pathologie- expression de toutes ses angoisses.

de retour dans la clinique où le personnel a aidé sa soeur dans ses derniers moments, il croise un homme au regard haineux, maléfique, fou, impuissant qui lui fait parvenir une lettre...

Dès lors, attendez-vous à passer trente six heures chrono en Absurdie. de surprise en surprise, René Belletto nous entraine dans son univers fantasmagorique. Ne cherchez surtout pas une réalité qui filera de page en page. Mais assurément vous serez transportés tout au long de ce fascinant livre dans le « le Livre », impossible à résumer.
L'auteur nous avait habitués à ses atmosphères à suspens. Ici se déroule un long et ténébreux cauchemar, un rêve éveillé, un film à multiples scénarii. Plusieurs fois vous vous frotterez les yeux, mais vous n'y serez toujours pas.
Science-fiction, policier, fantastique, vous serez ballottés entre le réel et le fantasme. L'auteur nous déroute et nous perd dans ce labyrinthe peuplé d'impasses qui laissent perplexe. Plus vous avancerez dans cette lecture, pourtant construite de phrases simples, plus vous serez perdus par ses personnages qui s'enlisent, doutent, s'aiment, disparaissent dans un quotidien de plus en plus glauque.
Entre la vie, l'amour, la mort, le héros désespéré s'englue dans des ambivalences troublantes.

Captivant suspens où le sentiment a la part belle et où l'étrangeté est habilement distillée entre rêve et réalité. le délire du narrateur entretient le suspens. La frontière entre intrigue et manipulation est très ténue.
Les différents niveaux de lecture déploient une efficacité impressionnante pour convaincre le lecteur à l'aide de suppositions hasardeuses et de théories fumeuses, d'une réalité qui ne l'est pas. L'univers Lynchéen est constamment présent.
Une chose est certaine : ne commencez pas « le livre » sans disposer de quelques heures devant vous. Une fois entamée, sa lecture ne vous lâchera plus.
Et sa petite musique entêtante vous poursuivra longtemps la dernière page tournée…
Vous l'aurez compris, j'ai brulé avec une profonde délectation dans l'enfer de Monsieur Belletto.

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motspourmots
  19 mai 2014
Curieux objet littéraire. Je n'avais encore rien lu de René Belletto, c'est une totale découverte. Qui me laisse perplexe. Ce qui est déjà un bon point puisqu'il ne me laisse pas indifférente. En fait, je me demande si j'ai toutes les clés pour comprendre complètement le propos de l'auteur qui semble avoir un univers très particulier. Pendant tout le temps de la lecture, j'ai eu l'impression de passer à côté de quelque chose. Ce qui est peut-être un des effets recherchés.
J'ai bien sûr été intriguée par la quête permanente du héros, Michel Aventin, perdu dans ses questions, isolé dans sa petite maison du XVII ème arrondissement, enfermé dans ses gestes du quotidien (courses, ménage, nettoyage attentionné de sa chevalière) comme s'il se raccrochait à quelque chose de tangible pour ne pas perdre la raison. Un comportement légèrement obsessionnel même si l'on comprend très vite que cet homme n'a pas encore réussi à faire le deuil de sa soeur, musicienne, décédée quelques mois auparavant. Cet événement l'a éloigné de son travail (il était scénariste pour le cinéma) et il semble se raccrocher à ce qui lui rappelle sa soeur et leur vie commune. La musique, les objets d'elle qu'il a conservés, partitions, guitares et ce petit luth qui lui sert de porte-clés. Et la clinique où elle a passé ses dernières semaines, ainsi que le personnel soignant qui les ont entourés tous les deux. Un homme, ou plutôt son regard aperçu dans la chambre 18, celle qu'occupait sa soeur, va déclencher chez cet homme fragilisé tout un processus inquiétant mêlant questionnements, menaces criminelles et rencontres intrigantes.
Embarqué à sa suite, le long des rues parisiennes, le lecteur ne sait s'il a simplement affaire à un homme déstabilisé en proie à une imagination un peu débordante...
Lien : http://motspourmots.over-blo..
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Cris79
  16 avril 2015
Un roman très personnel dans lequel l'auteur raconte "sa" vie, ses questionnements, ses rencontres, ses rêves et cauchemars, les morts et les amours. Tout est mêlé et lune certaine douceur malgré les situations horribles se dégage de cette lecture. J'ai bien aimé.
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critiques presse (2)
Lexpress   27 mars 2014
Les situations les plus folles dans un quotidien des plus réalistes: la méthode gagnante d'un écrivain en grande forme.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   05 mars 2014
D'où vient cette sensation de calme absolu au milieu de toutes ces trépidations ? De la sensibilité vive de l'auteur, qui ose l'éperdu.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   25 mars 2019
Je me levais alors et caressais tendrement son ventre, et même le baisais – et même, dans ma feinte avidité d'imposer silence au gazouillis (plutôt que « gargouillis »), le mordais à pleine lèvres, que serait le monde sans ces gazouillis de Liliane, me disais-je, c'était à l'époque du plus intime et du plus éperdu de notre union – comme est aveuglante l'illusion de l'amour !
Page 64
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Herve-LionelHerve-Lionel   09 septembre 2014
Vous allez encore me trouver drôle,mais je ne me suis jamais senti aussi bien que depuis que je suis mort ...
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Herve-LionelHerve-Lionel   10 septembre 2014
Était-ce ma vie tout entière que je rêvais, était-ce moi qui me dictais le songe que j'aspirais à coucher sur le papier, l'un de ces jours proches?
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Herve-LionelHerve-Lionel   09 septembre 2014
Jamais ne n'avais vu autant de haine dans le regard d'un homme.
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motspourmotsmotspourmots   19 mai 2014
Je n'étais pas seulement (...) un personnage entre mille du récit de ma vie, j'en étais aussi le maître d'oeuvre (du moins en étais-je persuadé) et comptais bien le rester jusqu'à la dernière seconde.
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Péril en la demeure (1985), film de Michel Deville. Le scénario est adapté du roman Sur la terre comme au ciel de René Belletto.
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