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Albert Kohn (Traducteur)
EAN : 9782070785087
140 pages
Éditeur : Gallimard (07/06/2007)
4.58/5   26 notes
Résumé :

C'est le lendemain du jour où il a vu, par la fenêtre, son grand-père se rendre à pied à l'hôpital pour y subir des examens que Thomas Bernhard, à dix-huit ans, tombe gravement malade. Une pleurésie purulente le fera transporter d'urgence dans ce même hôpital, où il connaîtra l'enfer : la salle commune surpeuplée de vieillards agonisants qui se succèdent dans les lits à un rythme a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Dirlandaise
  04 octobre 2012
Thomas Bernhard raconte un épisode de sa jeunesse alors que, tombé gravement malade, il est hospitalisé quelques jours après son grand-père. Les deux hommes se retrouvent donc dans le même établissement mais dans des ailes différentes. Âgé de dix-huit ans, monsieur Bernhard est soigné dans une chambre commune, un mouroir peuplé de vieillards agonisants. L'atmosphère ne contribue donc pas à améliorer son moral qui est au plus bas. L'écrivain est rongé par l'angoisse et le désespoir l'habite presque en permanence. Heureusement, les visites de son grand-père, la personne qu'il aime plus que tout au monde contribuent à maintenir ce qui lui reste de santé mentale. Il voit presque tous les jours des hommes mourir et il constate la froideur du personnel et l'indifférence avec laquelle les cadavres sont emmenés à la chambre de dissection. Il échappera à la mort de justesse mais son avenir de chanteur est compromis à jamais. Il prend alors une importante décision qui influera sur le reste de sa vie.
Ce livre constitue le troisième tome de l'autobiographie de l'écrivain. Il est préférable d'avoir lu les deux premiers et fait la connaissance des personnages évoluant dans l'entourage du jeune homme afin de bien suivre le fil du récit. Comme à l'accoutumée, le texte de monsieur Bernhard est dense et chargé d'amertume. le calvaire constituant son quotidien imprègne le récit d'une atmosphère lourde et pesante. le style contribue à la densité de l'oeuvre car avec monsieur Bernhard, les paragraphes et les chapitres sont absents. Il s'agit donc d'une longue description des tourments moraux et de la détermination à survivre qui viendra le sauver du gouffre qui menace de l'engloutir irrémédiablement. Cette épreuve sera cependant suivie de plusieurs autres mais la volonté du jeune homme lui servira de moteur afin de continuer à vivre malgré son irrémédiable envie d'en finir avec cette vie sordide et étriquée.
Un récit très dur et froid comme l'acier. L'univers de Thomas Bernhard est terriblement triste et je ne peux m'empêcher de ressentir de la pitié pour ce jeune homme aux prises avec des angoisses existentielles excessivement souffrantes. Lorsqu'il est transféré dans un établissement de convalescence, il partage sa chambre avec un étudiant en architecture et il compare sa situation familiale avec celle de son compagnon mieux nanti. C'est émouvant et si triste. Pourquoi certains êtres humains concentrent-ils tant de souffrances à l'intérieur d'eux-mêmes alors que d'autres y échappent ?
Bien que son style soit pour le moins déprimant, j'aime bien lire Thomas Bernhard. Il remue mon âme et attise ma compassion envers l'humanité souffrante. La profondeur de sa pensée et sa froide lucidité me bouleversent toujours autant.
« Nous pensons au suicide quand nous tenons devant nos yeux la note qui nous est présentée un jour, tout en cherchant refuge dans des pensées très basses et vulgaires. Nous oublions que ce qui nous concerne est un jeu de hasard et nous finissons ainsi dans l'amertume. La seule porte de sortie qui nous reste à la fin, c'est qu'il n'y a plus d'espoir. le résultat est le mouroir, où l'on meurt, définitivement. Tout n'a rien été que tromperie. À regarder de près, notre vie entière n'a rien été qu'une éphéméride miteuse portant la date des cérémonies, finalement complètement effeuillée. »
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
moklosmoklos   04 octobre 2007
L’artiste, l’écrivain en particulier, qui ne va pas de temps en temps dans un hôpital, donc ne va pas dans un de ces districts de la pensée, décisifs pour sa vie, nécessaires à son existence, se perd avec le temps dans l’insignifiance parce qu’il s’empêtre dans les choses superficielles… L’artiste, l’écrivain qui, pour quelques raisons que ce soit, se défile devant ce fait est à priori condamné à l’insignifiance absolue. Si nous tombons malades de la façon naturelle et devons aller dans un pareil hôpital, nous pouvons dire que nous avons de la chance.
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Videos de Thomas Bernhard (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Bernhard
En librairie le 18 août 2021.
Allongée dans le cabinet du Dr Seligman, jambes écartées, une jeune femme se lance dans un monologue absolument délirant. Elle s'adresse au médecin qui s'affaire entre ses cuisses et lui raconte ses fantasmes, ses obsessions, son histoire familiale – elle est née en Allemagne mais a fui sa culture et sa langue maternelles pour s'installer à Londres. Exilée dans ce pays autant que dans son propre corps, ses compagnons de route se nomment désormais M. Shimada (créateur japonais de sex-toys), Jason (son psy, qui doit sagement écouter ses obsessions hitlériennes) et K (un homme marié rencontré dans des toilettes publiques). Entre la découverte d'écureuils comestibles et l'art du sexe oral, entre une mère envahissante et le pyjama du Führer, la jeune femme se débarrasse des conventions pour caresser son rêve le plus fou : retrouver sa liberté – et s'offrir un sexe circoncis. Déjà culte dans de nombreux pays, "Jewish cock" est un roman explosif qui a été applaudi par toute la critique à sa sortie. Dans les pas de Thomas Bernhard, Katharina Volckmer explore la culpabilité allemande, la question du genre, l'asservissement de nos corps et le danger des tabous érigés en barrières morales. Un texte puissant qui annonce la naissance d'une écrivaine majeure.
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Dans la catégorie : Mélanges littérairesVoir plus
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