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ISBN : 2867468442
Éditeur : Liana Lévi (27/10/2016)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Dans un immeuble cossu de Vienne, en 1888, la famille Alt occupe tous les étages. Leur titre de noblesse? Le piano sur lequel a joué Mozart, construit par Christoph Alt, le fondateur. Des ateliers sortent encore des pièces exceptionnelles. Une réputation qui leur impose de s'astreindre aux règles de la haute société viennoise. L'arrivée dans la famille de la trop belle Henriette Stein ? d'origine juive qui plus est ? sème le trouble. La jeune femme plonge dans le to... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
berni_29
  17 mai 2018
Ce roman, Mélodie de Vienne, écrit par un certain Ernst Lothar que je ne connaissais pas avant qu'une amie ne me pose ce livre dans les mains, traite de la saga d'une famille autrichienne de 1888 à 1938.
Je voudrais vous parler du personnage principal et je suis un peu gêné car si je vous dis que celui-ci est une maison, vous n'allez pas me prendre au sérieux. Alors, tant pis, allons-y sur place pour faire l'état des lieux et nous en rendre compte. L'adresse se situe dans le centre de Vienne, au 10 de la Seilerstätte, précisément. Donc, nous sommes en 1888 et cette maison a été érigée quatre-vingt-dix sept ans auparavant par un certain Christopher Alt, fondateur d'une entreprise fabriquant des pianos, avec notamment un client plutôt renommé, excusez du peu, un certain Wolfgang Amadeus Mozart.
En 1888, la maison existe toujours, plutôt bien tenue. Austère cependant, à moins que l'austérité ne vienne de ses occupants. Elle héberge la famille Alt au sens large. Une vieille tante au rez-de-chaussée, Sophie Alt, la seule enfant encore vivante du bâtisseur. Un peu partout dans les différents étages, nous voyons ici et là, un frère, des cousins, des cousines, des oncles, etc… Un des petits-fils de son fondateur, Franz Alt songe au mariage. La famille s'apprête à grandir. Donc, quoi de plus naturel que d'ajouter un quatrième étage à une maison un peu serrée entre les autres maisons du quartier.
Car Franz Alt convole en mariage avec Henriette Stein, dite Hettie. Ce n'est pas du goût de tout le monde. Quand on parle de tout le monde, il s'agit bien entendu de la famille Alt. En particulier, le frère de Franz, un certain Otto Eberhard, premier procureur d'une loyauté sans faille à son métier. Pourquoi n'aime-t-on pas cette charmante Hettie, pétillante femme qui aime la joie, apportant un peu de fraîcheur à cette maison sombre, ancienne, figée dans son IXème siècle, voire presque le siècle précédent ...?
Construire un quatrième étage sur un tel édifice est presque une révolution de palais. C'est une pensée audacieuse. Les résidents de cette maison sont de bons viennois, bien comme il faut, c'est-à-dire ennemis farouches du changement. Or donc, ajouter un quatrième étage à une demeure ancienne, faire entrer à l'intérieur de ces murs tout ce qui incarne la différence, n'est-ce pas quand même un peu bousculer les choses si bien en place depuis quatre-vingt-dix sept ans ?
De cette bourgeoisie un peu figée dans ces codes étroits, nous plongeons aussi de plein pied dans l'empire finissant des Habsbourg, dynastie vacillante aux destins multiples tragiques. Il y eut tout d'abord Ferdinand Maximilien Joseph, empereur du Mexique, condamné à mort et exécuté en 1867. Puis, Rodolphe François Charles Joseph, héritier du trône, qui se suicide en 1889. Comme par hasard, le jour du mariage d'Henriette avec Franz. Mais est-ce un vraiment un hasard… ? Puis, Élisabeth de Wittelsbach, duchesse en Bavière, assassinée en 1898 à Genève. Mais oui, rappelez-vous : plus connu sous le pseudonyme de Sissi. Ah oui… Enfin, pour clore cette série macabre, l'une des morts les plus célèbres qui finira par donner le dernier coup de semonce à cet empire usé et entraîner le monde dans une des plus sanglantes guerres, sera l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand…
Donc, vous voyez, l'histoire de cette maison et de ses occupants croise la Grande Histoire de Vienne, de l'Autriche, du monde presque. C'est une maison contradictoire, ambigüe, tortueuse, qui ressemble à l'Autriche. Dans cette maison qui tente de tenir debout en dépit des soubresauts de l'Histoire, la grandeur et la décadence de l'Autriche, nous voyons peu à peu ce personnage d'Henriette grandir, s'affirmer. C'est un personnage magnifique, qui a sans doute épousé son mari par méprise, bousculée sans cesse, mais qui résiste. Elle voit bien que cette maison ne peut pas apporter le bien-être à ses occupants, elle qui vient de la lumière, respire l'insouciance, veut vivre, cette femme qui a toujours cherché à trouver sa place dans cette maison trop grande pour elle.
L'auteur nous fait entrer derrière les façades baroques des maisons viennoises pour comprendre cela de l'intérieur. C'est une maison où ses occupants, les membres d'une seule famille, ne se sont pas aimés en définitive. Peu à peu, la maison se vide au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la guerre, de l'horreur, de la barbarie à visage humain. Cela devient une maison de fantômes. Comment quitter cette maison pour tenter d'échapper aux souvenirs, cette maison qui a désappris à cette femme libre, à savoir agir.
Henriette est une femme délicatement insolente, face à l'ordre, au pouvoir, face à la police secrète d'Etat, face aux préjugés, face à la rue, face à la barbarie qui monte peu à peu, comme une gangrène et qui installera le national-socialisme aux commandes, unifiant le IIIème Reich. Mais comment résister à la bête immonde… ?
Il y a d'autres beaux personnages. Selma Rosner, comédienne de son métier, révoltée comme elle, qui croisera la vie du fils d'Henriette et de Franz, ils s'aimeront d'un amour fou.
Il y a aussi la cousine Chris, mystique, devenue sœur Agathe, qui vient de temps en temps au gré de l'histoire fermer les yeux de ceux qui s'en vont.
Parfois Henriette se demande, « de quels malheurs ne suis-je coupable » ? Il ne suffit pas de rajouter un quatrième étage à une maison pour ne plus se sentir à l'étroit, dans une maison figée dans son conformisme à l'odeur de naphtaline. Mais la peur des conventions, n'est-ce pas pourtant cela qui a guidé Hettie vers son destin...?
Ce livre est noir, forcément, mais d'une beauté qui ne m'a pas laissé indifférent, tant dans les phrases que dans les personnages. Pourtant l'espoir demeure là en filigrane. Il est notamment écrit « ne pas douter que l'impasse actuelle doit un jour prendre fin et qu'il y eût un avenir après ».
A la fin du livre, l'auteur prend la parole. Nous sommes en 1944. La seconde guerre mondiale s'achève douloureusement. Les Alliés viennent de proclamer une Autriche nouvelle et libre. Je voudrais savoir ce qu'est devenue cette maison. Euh ! Non finalement, pas forcément cette maison… Mais plutôt celles et ceux qui y ont vécu, qui ont peut-être survécu à cette barbarie… Les fantômes du 10 de la Seilerstätte...
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cmpf
  27 mai 2018
Sur certaines éditions un bandeau interpelle le lecteur “Le Downton Abbey de Vienne” ce qui égare le lecteur potentiel, il me semble que Downton Abbey a pour particularité de présenter de façon égale la vie de la famille Crawley et celle des domestiques, ce qui n'est absolument pas le cas de ce roman. Quant au titre original der Engel mit der Posaune : Roman eines Hauses, il est plus explicite que le titre français car il s'agit bien du roman d'une maison. Les premières pages sont d'ailleurs consacrées à la présentation des différents étages et de leurs habitants. J'ai pris note du nom des habitants et de leurs liens de parenté afin de m'y retrouver.
Les Alt ont pour titre de gloire que leur ancêtre ait fondé une entreprise de facteur de piano et d'avoir eu pour client des musiciens aussi prestigieux que Mozart. Franz choisit bientôt pour épouse la fille du professeur Stein, Henriette. Mais Henriette a pour la famille Alt un passé douteux, elle a passé beaucoup de temps avec le prince Rodolphe. Elle aura beaucoup de mal à s'habituer à cette maison et ses habitants.
L'histoire de cette famille bourgeoise se mêle à celle de l'Autriche-Hongrie depuis les années 1880 jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. Nous y voyons le suicide de Rodolphe, le meurtre de François Ferdinand, la montée du nazisme,...
J'ai aimé cette saga familiale qui permet de découvrir Vienne.
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sl972
  18 février 2018
Mélodie de Vienne est un roman difficile à présenter. Je commencerais en disant franchement : ne vous fiez pas à la publicité de l'éditeur. le résumé n'est pas tout à fait exact et le bandeau « le Downton Abbey de Vienne » entretient la confusion.
Tout commence par des fiançailles. le fiancé est très amoureux, la fiancée en aime un autre, la famille du futur marié n'est pas très enthousiaste, pour ne pas dire qu'elle désapprouve totalement cette union ; c'est un scénario bien connu. Ce pavé nous propose de suivre le destin de ce couple, de leurs enfants, des membres de leur famille et, point non négligeable, de l'Autriche.
Car c'est vraiment de l'Autriche qu'il s'agit. Une Autriche comme on la connaît peu, bien loin des images qu'elle évoque habituellement. Nous sommes à Vienne, l'empereur est respecté, pour ne pas dire vénéré, on s'enferme dans le carcan des bonnes manières et on s'aveugle délibérément à la réalité en défendant haut et fort les traditions. Mais l'empire Habsbourg touche à son terme, et sa fin ne sera vraiment pas belle.
Il m'a fallu du temps pour lire ce pavé, surtout parce que j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire. Je ne m'attendais pas vraiment à ce genre de roman et les personnages principaux ne sont pas mes héros favoris
Le résumé m'a fait penser à une grande saga familiale mais, même si nous rencontrons tous les membres de la famille Alt, nous suivons surtout Henriette, la fiancée dont je vous parlais plus haut, et son fils aîné, Hans. le point commun de ces deux personnages est leur tendance à l'excès ; ce sont vraiment des personnages romantiques, au sens premier du terme, toujours plongés dans des transports extrêmes, séparés des autres par une vision qu'eux seuls perçoivent, peu aimés et à peine tolérés par la famille Alt.
On assiste, certes, aux grands événements de la fin du XIXème siècle et de la première moitié du XXème siècle, mais Henriette ne comprend rien à la politique et Hans est enfermé dans son idée de l'homme autrichien. Autant dire que, s'il ne connaît pas un minimum de l'histoire moderne, le lecteur est totalement perdu.
De plus, je dois avouer que le personnage d'Henriette m'ennuyait horriblement. J'ai toujours du mal avec les femmes aussi insouciantes et légères, qui se complaisent dans leur égoïsme sans s'en rendre compte. Avec Mme Fran Alt, j'étais servie.
Verdict : c'est une lecture intéressante, ne serait-ce que pour l'image de Vienne qui nous est proposée mais je ne suis pas sûre que tous les lecteurs, même les plus aguerris, apprécieront. Mélodie de Vienne me semble finalement être l'un de ces classiques toujours encensés par le grand public mais dont très peu ont sincèrement apprécié la lecture.
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pasiondelalectura
  11 juin 2018
Ce vaste roman est la saga de la famille Alt, des facteurs de pianos de père en fils et le livre s'articule autour de leur vaste demeure sise au 10 Sielerstätte, au coeur de Vienne. L'ancêtre Christophe Alt avait fabriqué un piano sur lequel a joué Mozart et la famille garde cette pièce comme un trésor dans leur salon jaune, une salle réservée aux réceptions.
La famille Alt au complet reside dans cette maison qui est divisée en appartements. Tous les personnages de cette vaste famille sont intéressants et bien esquissés. Nous serons les témoins privilégiés des avatars d'une famille autrichienne mais derrière la saga des Alt l'auteur nous livre l'histoire de l'Autriche entre 1890 et 1940 environ.
L'ascension sociale de cette famille dans le cadre rigide de la société impériale austro-hongroise du XIXè siècle, oblige les Alt à se conformer aux règles de la Haute Société Viennoise.
Franz Alt est issu de la troisième génération, il tombera amoureux de la belle Henriette Stein qui a des origines juives, ce qui déplaira au clan Alt. le mariage se fera contre tous et ce sera un mariage mal assorti malgré la naissance de quatre enfants dont le dernier est adultérin. Henriette a des moeurs trop libres pour l'époque. Les deux fils ainés son totalement différents : l'aîné, Hans sera le préféré de sa mère et deviendra un patriote; le deuxième Hermann s'opposera à la famille et deviendra pro nazi.
La fabrique de pianos va subir les temps nouveaux avec la révolte des ouvriers puis la réquisition par les nazis dans le cadre de la réorganisation des milieux d'affaires en raison des deux ascendances juives (la mère de Hans et Selma son épouse).
Le choc culturel fut particulièrement violent en Autriche à la fin du XIXè siècle, ce qui va secouer toutes les classes sociales mettant en cause les fondements même du pouvoir et de la légitimité. Ceci explique l'exceptionnelle éclosion culturelle de Vienne à cette époque.
Derrière la saga de la famille Alt défilent des faits historiques de premier plan tels que la fin de l'Empire austro-hongrois avec François-Joseph qui, au cours de 70 ans de règne, ne vit pas venir les changements, puis le suicide du Prince héritier Rodolphe (amant d' Henriette dans le roman), l'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, la Première Guerre Mondiale, l'essor du mouvement ouvrier, la montée du nazisme et l'Anschluss de l'Autriche...
C'est une pépite, un livre intéressant et facile à lire dont le sujet recoupe un peu celui de l'oeuvre maitresse de son contemporain Robert Musil, de seulement 10 ans son aîné L'homme sans qualités, un autre roman sur le même thème mais difficile à lire car avant-gardiste et comportant plus de 2000 pages; ce livre n'a été disponible en français que depuis 2011 (deux tomes en Allemand parus en 1930 et 1933).
Une saga d'une ampleur comparable à Les Buddenbrook de Thomas Mann (1901) et à La famille Karnovski d'Israel Joshua Singer (1943).
Lien : https://pasiondelalectura.wo..
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MBLOOS
  08 décembre 2016
MELODIE DE VIENNE ERNST LOTHAN
Sur fond de saga familiale les Alts ont comme titre de noblesse envers l'Empereur le piano sortant des ateliers C. Alts sur lequel à joué Mozart.
Mais à travers eux j'ai découvert d'abord l'esprit Austro-Hongrois puis Autrichien que je n'imaginais pas et qui manque cruellement dans nos livres d'histoire. J'ai beaucoup appris et compris. La fin me donna le coeur lourd, La famille est fictive sauf la l'histoire. Et je citerais le LITERAISHE WELT
: Les meilleurs romans sont ceux dans lesquels l'impardonnable brutalité de l'histoire se reflète dans les destins individuel. C'est valable encore aujourd'hui. J'ai vraiment aimé ce roman et surtout le côté historique vu des Autrichiens. Je le conseille
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
pasiondelalecturapasiondelalectura   11 juin 2018
page 288 Fritz Alt , frère de Hans, opine ainsi…D’accord, ailleurs qu’en Autriche on dirait que c’est de la folie ! Mais en Autriche, la folie procède de la méthode. L’Autriche est une communauté obligée, ça ne t’avait jamais frappé? Une cohabitation d’éléments disparates ! Les Tchèques détestent les Allemands. Les Polonais les Tchèques. Les Italiens les Allemands. Les Polonais les Tchèques. Les Italiens les Allemands. Les Slovaques les Tchèques. Les Slovènes les Slovaques. Les Ruthènes les Slovènes. Les Serbes les Italiens. Les Roumains les Ruthènes. Et les Hongrois tout ce qui n’est pas eux…Ceci donne une idée du rempart qui a constitué l’Autriche face à tant d’identités différentes, sans compter que l’Autriche est une frontière occidentale de l’Europe.
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amontionamontion   29 mai 2017
Car je songe à la beauté crée par Dieu, à laquelle les hommes n'ont absolument aucune part si ce n'est pour la célébrer. La beauté qui survit aux dictatures des fous de pouvoir, des machines, de l'argent et du nivellement. Si le monde mécanisé se condamne à la stérilité de l'utilité absolue, seul pourra l'en délivrer le monde de notre frère Mozart. C'est là que réside la mission éternelle de l'Europe, même si l'Amérique ne voir en elle maintenant - non sans raison - qu'un cimetière pour ses fils. Car l'esprit de l'Europe se nomme Platon, Erasme et Mozart, et non Napoléon et Hitler. Et parce que la force ne cède qu'à la force, c'est la force de Mozart qui arrachera définitivement son inhumanité à la puissance des machines et à la logique de pouvoir.
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amontionamontion   29 mai 2017
Tu es idéaliste ! Mais comme malheureusement tu te prends pour un réaliste, tu es un utopiste. Ne me regarde pas comme ça ! Les idéalistes ne savent pas vivre, mais ils savent comment on devrait vivre. Les réalistes ne savent rien d'autre que vivre. Les utopistes, ni l'un ni l'autre.
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