AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070435487
256 pages
Gallimard (04/07/1985)
3.4/5   21 notes
Résumé :
Le Sentier est un beau quartier. On y rencontre des stylistes, des commerçants, des putains, à tous les coins de rue et même, parfois, un tueur. Un tueur qui aime, qui adore la mode et qui la coupe et la façonne au ciseau électrique ou ... au rasoir.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
KiriHara
  26 mars 2022
Joseph Bialot est un auteur de langue française né à Varsovie en 1923 et mort en 2012 à Paris.
Il s'installe avec sa famille au début des années 1930 à Belleville.
Il est déporté à Auschwitz en 1944 où il passera près de 6 mois avant d'être libéré et retrouvera miraculeusement ses parents et réintègrera l'entreprise de prêt-à-porter familial.
Je m'étale rarement sur la vie des auteurs, mais les quelques renseignements donnés sont nécessaires à comprendre les romans (du moins les premiers) de l'auteur.
Effectivement, le tout premier, celui qui nous intéresse aujourd'hui, s'intitule « le salon du prêt-à-saigner » et le second « Babel-ville » (car il se déroule à Belleville).
« le salon du prêt-à-saigner » est publié dans la série « Super Noir » de Gallimard en 1977 et remporte le Grand Prix de la Littérature Policière en 1979.
Les meurtres s'enchaînent dans le Sentier et le commissaire Faidherbe et l'O.P. Chaligny, ainsi que l'inspecteur Brancion sont chargés de l'enquête…
Bon, résumé très succinct que celui que je viens de faire, mais je ne m'étendrais pas plus sur l'histoire qui est à la fois simple et complexe et qu'il vaut mieux découvrir par soi-même que de se la faire conter par un autre (même si cet autre, c'est moi).
Joseph Bialot, avec ce premier roman, intègre immédiatement le statut d'écrivain prometteur (il fut récompensé pour celui-ci), mais surtout ma liste des auteurs dont je me demande pourquoi je ne les ai pas connus plus tôt.
Effectivement, avec un écrivain de langue française publié dans l'une de mes collections préférées de la seconde moitié du XXe siècle, la Série Noire de Gallimard, maniant à la fois l'humour, les réflexions sociétales, les intrigues policières, une certaine poésie, l'art de la description et bien d'autres choses encore, il était évident que la rencontre serait pour le moins plaisante.
Mais ce qui m'a tout d'abord surpris, dans ce roman, c'est la maîtrise totale dont fait preuve l'auteur.
Maîtrise de sa plume, tout d'abord. D'une plume particulière, en plus, qui ne cherche pas à singer, mais qui, au contraire, s'octroie le droit d'innover, de plonger dans l'humour bon enfant, dans l'ironie mordante, dans la dénonciation, dans la réflexion, dans la poésie, sans jamais demander l'autorisation au lecteur.
Maîtrise de son histoire, ensuite, qui donne pourtant l'air de partir un peu dans tous les sens, du fait de la volonté de l'auteur d'aborder différents sujets, de démontrer ses capacités, et qui, pourtant, va là où il l'a voulu l'emmener.
Maîtrise, surtout, de sa narration. Trop, d'ailleurs.
Il était étonnant, dans un premier roman de faire preuve d'autant de maîtrise, de maîtrises, même (avec un « s »).
Car, on a tendance, dans une première oeuvre, à vouloir tout donner et on finit par en mettre trop.
Pas là, à part dans la narration, mais c'est probablement un détail qui ne gêne que moi.
Effectivement, Joseph Bialot use là d'un schéma narratif qui est devenu, depuis, une mode chez les écrivains de Thriller, celui (le schéma) d'alterner à coup de courts chapitres, les avancées dans des histoires parallèles.
Cet artifice, destiné à dynamiser une intrigue, est plutôt plébiscité par les lecteurs, raison pour laquelle tous les Best Sellers actuels du genre en usent et en abusent.
Mais, personnellement, je préfère les narrations linéaires, les intrigues ne développant qu'une seule histoire, même si j'ai bien conscience qu'il est plus ardu pour un écrivain de parvenir à instiller un grand suspens dans ces conditions (mais c'est alors la consécration quand ils y parviennent).
Bialot, dans ce roman, propose un grand nombre de personnages.
Trop, serais-je tenté de dire, car j'ai eu le tort de débuter ma lecture par petites tranches, le soir, alors que j'étais un peu trop fatigué pour me concentrer et retenir des détails trop nombreux, ce qui m'a empêché, dans un premier temps, de bien entrer dans cette histoire.
Quand les personnages sont nombreux, mieux vaut être concentré.
Et l'auteur n'hésite pas à passer de l'histoire de l'un à l'histoire de l'autre, sur quelques lignes. Sachant, bien sûr, que toutes les histoires seront reliées à un moment ou à un autre.
Ici, Bialot ne s'embête pas à attendre le prochain chapitre pour changer de lieu, de point de vue, d'histoire, de personnage. Non, il le fait quand il veut.
Comme souvent, pour un premier roman, l'auteur s'appuie sur quelque chose qu'il connaît bien.
Ici, le Sentier, l'ambiance, les gens, le métier…
Et l'on sent que l'auteur connaît et aime ce quartier. On sent l'empathie sans laudation ni concession.
Je parlais d'une rare maîtrise pour un premier roman, mais deux détails peuvent expliquer cette incroyable qualité.
La première est que l'auteur avait le goût des études. Ayant dû les interrompre à l'arrivée de la guerre, il les reprendra bien après pour obtenir une licence en psychologie en 1969.
La seconde, et pas des moindres, est que ce premier roman intervient tardivement dans la vie d'un écrivain.
Effectivement, c'est à 55 ans qu'il écrit cette oeuvre liminaire.
Et cette maturité d'homme explique la maturité de l'écrivain.
Bref, peu importe l'âge de l'écrivain, peu importe son passé, peu importe sa formation, la seule chose à retenir est la qualité de son premier roman qui promet un bel avenir à son auteur.
Car ce roman comporte à la fois tout ce que voulait y mettre Joseph Bialot et bien plus encore.
Au final, un excellent premier roman, foisonnant et parfaitement maîtrisé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
grm-uzik
  09 septembre 2016
Tout premier roman de Joseph Bialot sorti en pleine période Giscardienne : l'année de l'enlèvement du baron Empain, la mort de Claude François, l'évasion de Jacques Mesrine de la prison de la santé puis le naufrage du pétrolier Amoco Cadiz au large de Portsall.
Dans "Le salon du prêt-à-saigner" des cadavres se succèdent, une femme est égorgée, un homme poignardé et les flics sont sur les dents. le commissaire Faidherbe, son adjoint Chaligny et le policier Brancion mènent l'enquête qui s'avère compliquée et contenant très peu d'éléments. L'enquête les mènera sur les traces d'un tueur qui laissera de nombreux cadavres sur sa route, notamment une famille d'origine turque. Attention aux gosses car eux aussi, ils peuvent être très dangereux.
La trame est finement bien racontée avec style et fougue par notre regretté maître du polar français. On rit, on s'effraie, c'est drôle et
violent ou voir même, c'est drôlement violent. Une course poursuite passionnante entre la police et un tueur sans scrupule. Monsieur Bialot nous entraîne dans un roman effréné aux chapitres courts et rythmés, parsemés d'humour, dans le quartier du Sentier. Les personnages sont dans son ensemble plutôt bien campés et assez crédible que l'intrigue policière est très bien menée. Un excellent roman très court qui se lit à une vitesse folle. Un véritable polar sombre et sanglant que je vous conseille vivement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Rodin_Marcel
  07 mai 2015
Bialot Joseph - "Le salon du prêt à saigner" – énième réédition, en 2000 et chez Gallimard dans la collection "folio policier", de ce roman sorti en 1978. (ISBN 978-2070410309)

Un classique, qui avait fait pas mal de bruit à sa publication en 1978. Une plume, un style, un humour décapant. Des allusions mordantes aux modes immédiatement post-soixante-huitardes (toute la presse à la mode y passe, même Charlie-Hebdo, et la mobilisation d'un certain Sigmund accompagne Marx et Engels en marchands d'articles de mode), aux réalités quotidiennes du bon peuple (les chroniques radiophoniques de Ménie Grégoire citées en page 52, l'incendie du bidonville et ses conséquences ministérielles page 96 etc). Une explication aussi brève que pertinente sur le phénomène faisant que les femmes – même archi "libérées" – suivent en fait la mode (page 136).

Je l'avais relu pour vérifier si Joseph Bialot s'y livrait, comme dans "la nuit du souvenir", à une insertion dans le récit de son passé de déporté, mais rien de tel.

Un classique du roman policier "à la française"... Incontournable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Villebard
  09 mai 2021
On retrouve la patte de Léo Mallet qui emmenait ses lecteurs dans les quartiers de la capitale, le persiflage de Fréderic Dard et la sociologie de Simenon. Les aphorismes pimentent le texte, il conviendrait de lire avec un petit carnet sous la main pour les noter au passage. Comme toujours chez Bialot, les clins d'oeil à l'actualité, au cinéma se glissent de façon subliminale et farceuse. L'auteur s'amuse avec les noms de ses personnages, tous les flics portent des noms de stations de métro ! Ecrit à la fin des années soixante-dix, les “vieuxˮ revisitent une ville qui a disparu… Un parcours plaisant et mélancolique.
Commenter  J’apprécie          30
dictus
  06 février 2019
Fripe et fripouilles.
Joseph Bialot nous emmène dans un quartier parisien qu'il connaît bien (il y a vécu), le Sentier, où se côtoient ateliers de confection et commerces interlopes, multiethniques.
Une guerre de bandes fait rage, décimant grisettes et gisquettes, mercantis et marlous. le tandem policier Faidherbe-Chaligny, chargé d'élucider les meurtres qui se succèdent, a du fil à retordre !
Intrigue cousue main, rythme soutenu, tableau fidèle de l'atmosphère et des lieux (les noms de rue sont authentiques), l'ensemble pimenté par l'humour de l'auteur, font de ce roman une réussite.
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   08 janvier 2018
Sous le règne du fais-ce-qu’on-te-dit-et-ne-fais-pas-ce-que-je-fais, tu trouves le monde con, les parents bornés, le travail chiant, les études imbéciles, tu flippes, alors un jour, par un copain, par une nana, c’est la défonce, extra, et le besoin grimpe, la seringue, le pied, le plaisir, la lumière, et la came commence à te bouffer, elle te bouffe, un cancer total, absolu, tout y passe,métastases dans la tête, dans le cœur, dans les couilles, tu essaies la cure, dur, très dur, infernal, ça va si t’as quelqu’un pour t’aider, pour t’écouter, mais tu trouves qui, tes parents, ils tremblent, ragots du voisinage, tu parles un fils camé, c’est comme s’il était pédé, péché capital, la tare de la famille, les copains, s’ils sont comme toi ils viennent se shooter avec toi s’ils n’y touchent pas alors, ils te regardent, essaient de comprendre, un instant, savent que t’es foutu, que tu n’as plus qu’une seule liberté, courir après la came pour ne pas manquer, les nanas, qu’est-ce que c’est les nanas, t’essaies encore une fois d’échapper, t’as plus de sang dans les veines, seulement un liquide puant, pollué par l’héroïne, du purin à la place du sang rouge, un mec disait qu’il voulait regarder-Dieu-en-face en fait de dieu ce que tu regardes c’est toi, au niveau zéro, au niveau néant, au niveau
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
RustyheartRustyheart   11 avril 2021
Simone, la jeune femme, arriva enfin. Elle s'écroula sur les coussins, accepta un jus d'orange. Brancion la dévisageait sans vergogne, fasciné par l'allure et les vêtements de la jeune femme. De plus, elle représentait un univers tabou, un monde où les flics n'avaient pas accès. Le petit ghetto, à la fois doré et fauché, des stylistes, mannequins, photographes publicitaires, journalistes qui travaillent, créent, diffusent, imposent une façon de se vêtir, de se déshabiller, de rêver. Un milieu clos où la futilité, la grâce, la poudre aux yeux servent de carte de visite et où le talent sous – tend une idéologie oppressante qui enveloppe chacun de l'invisible filet du rétiaire.
Le piège fonctionne avec une telle souplesse, une telle précision, que même la contestation n'a pas su l'éviter. L'espèce d'anti – mode, sécrétée pour et par certaines femmes de la rive gauche, n'échappe pas au conformisme et tombe à son tour dans la trappe de l'objet à regarder, à posséder, à consommer. Et ce n'est pas l'anti – fringue, le chiffon – pouillerie, le vêtement – alibi acheté aux Puces, aux surplus ou dans un souk qui y changera quoi que ce soit. La récupération sera immédiate et le style « clocharde », à son tour, deviendra objet d'envie. Personne n'y échappe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
grm-uzikgrm-uzik   09 septembre 2016
- "La séquence coutumière du grand jeu barbare qu'on nomme contrôle de police déroula son rituel. Une sorte de jeu de l'oie de la misère et de l'absurde où les dès sont remplacés par des documents administratifs : carte de ceci, carte de séjour, carte de cela, carte de travail. Les vainqueurs gagnent le droit de continuer à vivre sur place. Les autres, comme dans tous les jeux de l'oie, laissent passer un tour, font des séjours en prison, récoltent le droit d'aller se faire voir ailleurs."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
grm-uzikgrm-uzik   09 septembre 2016
- "Seule, stoïque, sous son parapluie, une fille aux seins énormes s'appuyait au mur de la pharmacie, à l'angle de la rue Sainte-Apolline. Le pouce de sa main droite s'incrustait entre ses seins, accentuait le côté ludique de cette poitrine gigantesque capable de ramener au stade oral tous les complexés de 3 à 90 ans ; elle n'était pas érotique, ou porno, non ; c'était plus simplement, une curiosité à voir, comme dans le "Michelin" : "1 étoile, bonne table dans sa catégorie.""
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   08 janvier 2018
La psychanalyse ne le passionnait guère et en fait de transfert il ne connaissait que celui du Quai des Orfèvres à Fleury-Mérogis ou à Fresnes. Quant à la Santé mentale il n’en appréciait qu’une, mais elle n’avait rien de mentale.
Commenter  J’apprécie          20

Video de Joseph Bialot (2) Voir plusAjouter une vidéo

Joseph Bialot : C'est en hiver que les jours rallongent
Olivier BARROT, depuis le café "Le Rostand" à Paris, présente le livre "C'est en hiver que les jours rallongent" (éditions le Seuil) de Joseph BIALOT. L'auteur parle de son livre avec Barrot.
autres livres classés : romans policiers et polarsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
2340 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre