AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782710380146
208 pages
Éditeur : La Table ronde (19/05/2016)
3.7/5   101 notes
Résumé :
Benoît quitte femme et enfants pour tenter fortune à Paris. Rastignac triste, il s'égare dans le Père-Lachaise. Quand il revient au pays, sa mère le prend pour un amant de sa femme et tue l'épouse supposée infidèle. Maintenant Benoît peut revenir à Paris. Parce qu'on flaire sur lui l'odeur du crime, la capitale s'offre à lui. Pas pour longtemps. Un nouveau caprice du tout-Paris, et il est rejeté. Une fable comique et triste, une petite musique aigre-douce, le ton in... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
3,7

sur 101 notes
5
5 avis
4
10 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
0 avis

Renod
  01 mai 2018
Une maison, une épouse et deux enfants. Benoît devrait être comblé et pourtant, à la Libération, il décide de tout quitter pour vivre sa vie. Il s'arrache de la quiétude de son petit village des Charentes pour conquérir Paris. Cette échappée lui permet de s'extraire de l'amour étouffant de sa mère et de la mésentente qui règne dans son couple. Benoît débarque dans la capitale encombré d'un poulet et d'une plante en pot. Penaud, il part en quête de lointaines relations qui ne se précipitent pas pour l'accueillir. Ces déconvenues vont lui ôter ses maigres illusions. Si les mésaventures de ce provincial dans une capitale inhospitalière amusent, le roman pose de véritables problématiques existentielles. Derrière le vagabondage de Benoît se terre une profonde solitude à laquelle il semble impossible d'échapper. Tout échange avec autrui est vain. La vie en société n'est qu'une grosse farce où chacun fait figuration. L'important, c'est le rôle que l'on se donne ou à défaut, que l'on vous offre. L'auteur utilise des images d'une grande finesse comme ce miroir dans une chambre d'hôtel dont on se demande s'il n'est pas une glace sans tain, qui figure la conscience de notre héros. Benoît qui croyait redevenir maître de son existence va être le jouet des événements et se faire bringuebaler par un destin au cours absurde. « L'humeur vagabonde » est un récit charmant au ton aigre-doux qui porte un regard grave et lucide sur le monde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
Levant
  11 juillet 2016
J'avais fait connaissance avec Antoine Blondin sans le savoir, en regardant le film Un singe en hiver. Belmondo s'y livre à quelques passes de tauromachie sur le capot des voitures passant dans la rue. J'ignorais que ce dernier ne faisait que reproduire ce que l'auteur facétieux avait eu l'occasion de risquer dans ses frasques juvéniles.
L'époque où le tour de France cycliste n'était pas vécu en direct comme aujourd'hui donnait à quelques chroniqueurs habiles l'occasion de faire valoir leur maîtrise de la langue. On ne l'attend pas vraiment d'un journaliste sportif. Antoine Blondin s'est fait connaître du grand public en ce temps-là. Au-delà des exploits sportifs de nos coureurs, sa plume en a séduit plus d'un avec sa gouaille et son verbe facile. Mais réduire Antoine Blondin à ses chroniques bien tournées ferait oublier qu'il a été un auteur primé. le lire me fait que cautionner le succès dont il a été gratifié.
Je le découvre donc avec son deuxième roman, L'humeur vagabonde. J'ai trouvé l'intrigue un peu faible. C'est un ouvrage déséquilibré dans sa construction, entre l'escapade parisienne de son héros narrateur, Benoît Laborie, et l'événement, dont on ne dira rien, qui découvre tardivement la raison d'être de l'ouvrage. Mais j'ai compensé ma déconvenue par l'exploration d'une écriture témoignant d'une grande finesse d'esprit, en oscillation permanente entre humour et gravité.
En littérature on n'a d'intérêt à l'égard d'un trait d'humour que le temps d'un sourire. A moins qu'il ne soit soutenu par une culture et une maîtrise de la langue qui en feraient une écriture tout en spontanéité, sans lourdeur, qui ne mendie pas la louange. C'est le cas avec Antoine Blondin dont le style sobre, espiègle, piquant à souhait, ne fait de victime que celui qui n'aura pas compris le calembour.
Comme souvent, l'humour est un rempart derrière lequel se retranche l'émotif. Benoît Laborie n'en est pas dépourvu. Faut-il y voir un trait de caractère de son auteur ? Joseph Kessel ne disait-il pas que "la véritable biographie d'un écrivain, ce sont ses personnages".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
fran6h
  04 avril 2014
Tout quitter, prendre le train, abandonner femme et enfants. Les enfants qui ne parlaient pas encore. La femme qui ne parlait plus. C'est dans un grand silence que Benoit Laborie quitte Mauvezac pour rejoindre Paris.
Benoit Laborie, un anti-héros, une sorte de Meursault avec sa mère en plus. Car l'amour maternel joue ici un rôle central.
A Paris, plein d'espoir, il va chercher à nouer les contacts que sa mère a gardés pour trouver une situation. Mais personne ne se souvient d'eux. Tout le monde ignore ce provincial et son pot d'azalée.
Commence l'errance, et une semaine terrible où les situations cocasses s'enchainent. Désespoir. Il décide de rentrer à Mauvezac, sans rien dire, pour faire la surprise à sa femme. C'est au moment de ces retrouvailles que par un malentendu se produit un évènement dramatique qui bouleversera sa vie.
Benoit Laborie, le médiocre, devient alors l'attraction de la justice et de la presse. de retour à Paris il devient le centre d'intérêt de toute cette société qui l'avait si superbement ignoré. Mais cet intérêt soudain s'éteindra peu à peu alors que le procès dévoilera le manque de consistance du personnage.
La vie de Benoit n'est qu'une salle d'attente de gare, avec les trains qui partent sans nous, et ceux qui partent trop tard, et ceux qui ne partent pas. Et dans cette salle d'attente, les figurants regardent leur vie défiler, sans prise sur elle, sans prise sur rien.
Un texte poétique et plein d'une souffrance larvée, cachée sous l'humour et l'absurdité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
franksinatra
  30 juillet 2021
Au lendemain de la seconde guerre modiale, Benoit Laborie, agriculteur bachelier à Mauvezac, né à Paris, s'ennuie entre une épouse mutique, deux jeunes enfants dont il ne s'occupe pas et une mère surprotectrice. Il quitte son exploitation pour rejoindre la capitale avec dans son viatique un poulet et un pot d'azalée pour, si ce n'est y faire fortune, au moins pour s'y réaliser et être heureux. Hélas, entre des parents et des connaissances qui se désintéressent complètement de lui, une visite au Père Lachaise qui se termine au poste de police et un logement dans un hôtel de passe, le pauvre hère se rend vite compte que l'adaptation d'un provincial à la vie parisienne n'est pas aussi évidente que ce qu'il pouvait imaginer du fond de ses Charentes. Au bout d'une semaine, il abandonne et reprend le train pour rentrer chez lui. Les désagréments vécus à Paris ne sont rien comparés au drame qui va se jouer à son retour à la ferme, drame qui va entrainer un revirement complet du comportement de la famille de Paris.
Antoine Blondin, plus connu comme chroniqueur sportif du Tour de France à la gouaille formidable et dont la verve a contribué à forger la légende de la plus grande épreuve cycliste du monde est aussi un écrivain à découvrir. Dans ce roman en deux parties disproportionnées, l'auteur de "Un singe en hiver", adapté au cinéma, nous montre tout son talent. Dans un style que je qualifierai de délicieusement suranné, utilisant un vocabulaire recherché, soigné et soutenu comme on n'en rencontre plus guère, Blondin impose un rythme tranquille presque languissant en complète adéquation avec la psychologie du personnage principal qui apparait comme un être au tempérament docile, presque soumis mais aussi finalement assez insensible. Cette histoire à la fois profondément dramatique et humaine, traitée, du moins dans sa première partie, avec humour et légèreté, lui permet d'opposer aussi très clairement les caractères parisiens et provinciaux, le premier faisant montre d'assurance, de frivolité inconstante et souvent de snobisme face au second, terre à terre, respectueux mais aussi naïf et effacé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
lecassin
  14 décembre 2011
Troisième opus « de jeunesse », bien qu'on ne puisse pas vraiment parler de trilogie si on le joint aux deux premiers, « L'Humeur vagabonde » complète le tableau de l'immédiat après guerre vu par Antoine Blondin : à l'insouciance de « l'Europe buissonnière » et au désarroi des « Enfants du bon Dieu » succède le désenchantement.
Après la Seconde Guerre mondiale, les trains recommencèrent à circuler. le « héros », Benoît Laborie a l'humeur vagabonde. Jeune agriculteur, il décide de tout quitter : sa Charente natale, femme et enfant. Il monte à Paris et espère bien y faire fortune. Echec et retour à la maison… où sa propre mère ne le reconnaît pas et le prend pour un amant de sa femme … Drame !
On retrouve ici tout Blondin dans le désenchantement et la solitude de son (anti) héros confronté à l'absurdité de l'existence ; plus : cette petite musique aigre-douce d'une écriture d'une grande finesse.
Commenter  J’apprécie          120


critiques presse (1)
Telerama   14 décembre 2011
Si l'intrigue est mince, l'écriture s'impose, telle une musique traversant le temps et les modes. Blondin flâneur aime les hommes ordinaires, les rêveurs insatiables, les poètes de comptoir.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   30 avril 2020
Ma mère, qui habitait une petite maison de veuve à l’extrémité du bourg, était instruite de mon projet et ne le désapprouvait pas. Elle faisait peu de cas de ma femme, estimant qu’une épouse contractée dans les péripéties de l’exode s’inscrivait au titre des dommages de guerre. Denise nous était arrivée en Juin-Quarante avec un matelas sur la tête. Je n’avais eu de cesse que je ne le lui eusse mis sous les reins. Ce point acquis, nous avions construit un pavillon en meulière autour de ce matelas, entrepris un élevage autour de ce pavillon, dressé des barbelés autour de cet élevage. J’ignorais si je devais me compter au nombre des deux millions de prisonniers dont il était question.

J’étais bien traité cependant et l’immobilité à laquelle nous étions contraints satisfaisait un canton rêveur de ma nature. Vint l’armistice et, avec lui, nos premières querelles. Il se produisait de vastes mouvements dans le monde qui me mirent des fourmis dans l’imagination. Je crus ne pas aimer la terre, ni ses racines, ni ses silences, mais plutôt les voyages et les villes où sonne minuit. Sous mon enveloppe provinciale, un caprice de bachelier me dictait que ma véritable patrie était autre part. Ma mère avait beaucoup de considération pour ce baccalauréat que j’avais obtenu, quelques années auparavant, à la faveur d’une session spéciale pour les jeunes moissonneurs. Elle serrait mon diplôme, le seul qui eût jamais sanctionné les mérites de la famille, entre ses conserves de fruits et ses trousseaux de clefs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
LevantLevant   10 juillet 2016
Mais les miroirs embués par trop de souvenance s'obstinent à ne répondre qu'au passé et c'est une tentation assez commune aux hommes que de chercher au-delà, que de les retourner pour savoir ce qu'il y a derrière. Vieux mystère décevant : on n'y trouve rien qu'on ne leur ait apporté ; les miroirs sont nos auberges espagnoles.
Commenter  J’apprécie          150
RenodRenod   01 mai 2018
Les hommes ont peur de l’absurde ; c’est, à sa manière, une part divine dans les choses qu’il s’agit de réduire à toute force, un gag de Dieu qui ne fait pas rire.
Commenter  J’apprécie          200
lecassinlecassin   13 décembre 2011
Un jour nous abattrons les cloisons de notre prison ; nous parlerons à des gens qui nous répondront ; le malentendu se dissipera entre les vivants ; les morts n'auront plus de secrets pour nous. Un jour nous prendrons des trains qui partent.
Commenter  J’apprécie          130
RenodRenod   30 avril 2018
La jalousie ne libère pas, elle attache. C’est dans le moment que nous serions le plus vacants pour les aventures que le goût nous en passe ; alors, aucune femme ne remplace une autre.
Commenter  J’apprécie          150

Videos de Antoine Blondin (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Blondin
Pierre Assouline présente l'oeuvre d'Antoine Blondin aux éditions La Table Ronde. Entretien avec Pierre Coutelle.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/75170/antoine-blondin-l-humeur-vagabonde
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat
+ Lire la suite
autres livres classés : légendes de la table rondeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2370 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre