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ISBN : 2070371115
Éditeur : Gallimard (16/05/1979)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 90 notes)
Résumé :
Benoît quitte femme et enfants pour tenter fortune à Paris. Rastignac triste, il s'égare dans le Père-Lachaise. Quand il revient au pays, sa mère le prend pour un amant de sa femme et tue l'épouse supposée infidèle. Maintenant Benoît peut revenir à Paris. Parce qu'on flaire sur lui l'odeur du crime, la capitale s'offre à lui. Pas pour longtemps. Un nouveau caprice du tout-Paris, et il est rejeté. Une fable comique et triste, une petite musique aigre-douce, le ton in... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  01 mai 2018
Une maison, une épouse et deux enfants. Benoît devrait être comblé et pourtant, à la Libération, il décide de tout quitter pour vivre sa vie. Il s'arrache de la quiétude de son petit village des Charentes pour conquérir Paris. Cette échappée lui permet de s'extraire de l'amour étouffant de sa mère et de la mésentente qui règne dans son couple. Benoît débarque dans la capitale encombré d'un poulet et d'une plante en pot. Penaud, il part en quête de lointaines relations qui ne se précipitent pas pour l'accueillir. Ces déconvenues vont lui ôter ses maigres illusions. Si les mésaventures de ce provincial dans une capitale inhospitalière amusent, le roman pose de véritables problématiques existentielles. Derrière le vagabondage de Benoît se terre une profonde solitude à laquelle il semble impossible d'échapper. Tout échange avec autrui est vain. La vie en société n'est qu'une grosse farce où chacun fait figuration. L'important, c'est le rôle que l'on se donne ou à défaut, que l'on vous offre. L'auteur utilise des images d'une grande finesse comme ce miroir dans une chambre d'hôtel dont on se demande s'il n'est pas une glace sans tain, qui figure la conscience de notre héros. Benoît qui croyait redevenir maître de son existence va être le jouet des événements et se faire bringuebaler par un destin au cours absurde. « L'humeur vagabonde » est un récit charmant au ton aigre-doux qui porte un regard grave et lucide sur le monde.
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Commenter  J’apprécie          280
Levant
  11 juillet 2016
J'avais fait connaissance avec Antoine Blondin sans le savoir, en regardant le film Un singe en hiver. Belmondo s'y livre à quelques passes de tauromachie sur le capot des voitures passant dans la rue. J'ignorais que ce dernier ne faisait que reproduire ce que l'auteur facétieux avait eu l'occasion de risquer dans ses frasques juvéniles.
L'époque où le tour de France cycliste n'était pas vécu en direct comme aujourd'hui donnait à quelques chroniqueurs habiles l'occasion de faire valoir leur maîtrise de la langue. On ne l'attend pas vraiment d'un journaliste sportif. Antoine Blondin s'est fait connaître du grand public en ce temps-là. Au-delà des exploits sportifs de nos coureurs, sa plume en a séduit plus d'un avec sa gouaille et son verbe facile. Mais réduire Antoine Blondin à ses chroniques bien tournées ferait oublier qu'il a été un auteur primé. le lire me fait que cautionner le succès dont il a été gratifié.
Je le découvre donc avec son deuxième roman, L'humeur vagabonde. J'ai trouvé l'intrigue un peu faible. C'est un ouvrage déséquilibré dans sa construction, entre l'escapade parisienne de son héros narrateur, Benoît Laborie, et l'événement, dont on ne dira rien, qui découvre tardivement la raison d'être de l'ouvrage. Mais j'ai compensé ma déconvenue par l'exploration d'une écriture témoignant d'une grande finesse d'esprit, en oscillation permanente entre humour et gravité.
En littérature on n'a d'intérêt à l'égard d'un trait d'humour que le temps d'un sourire. A moins qu'il ne soit soutenu par une culture et une maîtrise de la langue qui en feraient une écriture tout en spontanéité, sans lourdeur, qui ne mendie pas la louange. C'est le cas avec Antoine Blondin dont le style sobre, espiègle, piquant à souhait, ne fait de victime que celui qui n'aura pas compris le calembour.
Comme souvent, l'humour est un rempart derrière lequel se retranche l'émotif. Benoît Laborie n'en est pas dépourvu. Faut-il y voir un trait de caractère de son auteur ? Joseph Kessel ne disait-il pas que "la véritable biographie d'un écrivain, ce sont ses personnages".
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fran6h
  04 avril 2014
Tout quitter, prendre le train, abandonner femme et enfants. Les enfants qui ne parlaient pas encore. La femme qui ne parlait plus. C'est dans un grand silence que Benoit Laborie quitte Mauvezac pour rejoindre Paris.
Benoit Laborie, un anti-héros, une sorte de Meursault avec sa mère en plus. Car l'amour maternel joue ici un rôle central.
A Paris, plein d'espoir, il va chercher à nouer les contacts que sa mère a gardés pour trouver une situation. Mais personne ne se souvient d'eux. Tout le monde ignore ce provincial et son pot d'azalée.
Commence l'errance, et une semaine terrible où les situations cocasses s'enchainent. Désespoir. Il décide de rentrer à Mauvezac, sans rien dire, pour faire la surprise à sa femme. C'est au moment de ces retrouvailles que par un malentendu se produit un évènement dramatique qui bouleversera sa vie.
Benoit Laborie, le médiocre, devient alors l'attraction de la justice et de la presse. de retour à Paris il devient le centre d'intérêt de toute cette société qui l'avait si superbement ignoré. Mais cet intérêt soudain s'éteindra peu à peu alors que le procès dévoilera le manque de consistance du personnage.
La vie de Benoit n'est qu'une salle d'attente de gare, avec les trains qui partent sans nous, et ceux qui partent trop tard, et ceux qui ne partent pas. Et dans cette salle d'attente, les figurants regardent leur vie défiler, sans prise sur elle, sans prise sur rien.
Un texte poétique et plein d'une souffrance larvée, cachée sous l'humour et l'absurdité.
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LPL
  24 mars 2015
On connaît Blondin pour Un singe en hiver, on le connaît moins pour ce roman - le troisième de son oeuvre - où le lecteur accompagne le narrateur dans une double errance : celle d'un homme, "un petit provincial un peu gêné aux entournures" dans le Paris de l'après-guerre, celle d'un père dans le monde éreintant des doutes et des sentiments illisibles. le point de départ de cette double errance est le même : Mauvezac, le village natal des Charentes où se cristallisent les échecs d'une situation, d'un mariage, et de l'affirmation d'un fils face à l'amour maternel ; Mauvezac que Benoît Laborie quitte pour préférer Paris et y tenter fortune. Mais l'arrivée à la gare d'Austerlitz est le début d'une lente tragédie où toutes les pierres de l'édifice vont s'installer avec malice.
Trop jeune, peut-être un peu trop innocent, le jeune Laborie est emporté dans un tourbillon de mésaventures : toutes presque insignifiantes, mais toutes révélatrices de son inaptitude à affronter l'agitation d'une capitale. Il s'y laisse prendre comme si la passivité le sortirait mieux d'affaire que la contre-attaque ; elles se succèdent. Blondin nous dresse une réflexion sur le hasard des situations, sur les successions de coïncidences que d'aucun ne veut, à son sens, croire comme le fruit de l'ironie du sort. Laborie pense alors qu'il est temps de rentrer car son errance parisienne a au moins éclairci le marasme de ses sentiments. Il part par où il est venu : Gare d'Austerlitz, retour à Mauvezac, auprès de son foyer. Et voilà que toutes les pierres de la tragédie sont réunies.
Construit autour de la dynamique du voyage, l'image du train sous-tend la narration dès les premières lignes : "Après la Seconde Guerre mondiale, les trains recommencèrent à rouler" ; jusqu'aux dernières : "Un jour, nous prendrons des trains qui partent", pour maintenir présente l'impression de mouvement. Et quand l'écho des chemins de fer pourrait se dissiper après de trop nombreuses pages sédentaires, et avec elle l'atmosphère d'instabilité, tantôt le hasard frappe, tantôt Blondin ramène son narrateur dans un bureau de poste, "ce hall, vaste comme une gare", autre lieu où la notion de départ, de passage, et de retour est omniprésente. Ecriture vive et poétique, L'humeur vagabonde raconte le destin d'un homme ordinaire, ballotté par les aléas de la vie et les faiblesses du coeur.
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lecassin
  14 décembre 2011
Troisième opus « de jeunesse », bien qu'on ne puisse pas vraiment parler de trilogie si on le joint aux deux premiers, « L'Humeur vagabonde » complète le tableau de l'immédiat après guerre vu par Antoine Blondin : à l'insouciance de « l'Europe buissonnière » et au désarroi des « Enfants du bon Dieu » succède le désenchantement.
Après la Seconde Guerre mondiale, les trains recommencèrent à circuler. le « héros », Benoît Laborie a l'humeur vagabonde. Jeune agriculteur, il décide de tout quitter : sa Charente natale, femme et enfant. Il monte à Paris et espère bien y faire fortune. Echec et retour à la maison… où sa propre mère ne le reconnaît pas et le prend pour un amant de sa femme … Drame !
On retrouve ici tout Blondin dans le désenchantement et la solitude de son (anti) héros confronté à l'absurdité de l'existence ; plus : cette petite musique aigre-douce d'une écriture d'une grande finesse.
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critiques presse (1)
Telerama   14 décembre 2011
Si l'intrigue est mince, l'écriture s'impose, telle une musique traversant le temps et les modes. Blondin flâneur aime les hommes ordinaires, les rêveurs insatiables, les poètes de comptoir.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
LevantLevant   10 juillet 2016
Mais les miroirs embués par trop de souvenance s'obstinent à ne répondre qu'au passé et c'est une tentation assez commune aux hommes que de chercher au-delà, que de les retourner pour savoir ce qu'il y a derrière. Vieux mystère décevant : on n'y trouve rien qu'on ne leur ait apporté ; les miroirs sont nos auberges espagnoles.
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RenodRenod   01 mai 2018
Les hommes ont peur de l’absurde ; c’est, à sa manière, une part divine dans les choses qu’il s’agit de réduire à toute force, un gag de Dieu qui ne fait pas rire.
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lecassinlecassin   13 décembre 2011
Un jour nous abattrons les cloisons de notre prison ; nous parlerons à des gens qui nous répondront ; le malentendu se dissipera entre les vivants ; les morts n'auront plus de secrets pour nous. Un jour nous prendrons des trains qui partent.
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RenodRenod   30 avril 2018
La jalousie ne libère pas, elle attache. C’est dans le moment que nous serions le plus vacants pour les aventures que le goût nous en passe ; alors, aucune femme ne remplace une autre.
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LPLLPL   22 mars 2015
La vision d'un père, après le travail, conduisant par la main un petit garçon vers le tas de sable, leurs querelles tendres, leur complicité évidente, m'arrachaient les larmes des yeux. Ni veufs ni orphelins... la langue n'a pas inventé de nom pour qualifier ceux qui sont privés de leurs enfants.
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Antoine Blondin présente son ouvrage L'Ironie du sport. Un recueil de deux cents articles publiés dans le magazine L'Equipe. Antoine Blondin évoque également sa carrière et le groupe des hussards.
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